CHAPITRE m
oracles et des promesses de Dieu était sans doute le principal. îVofi fecU taliier omni nationi, et judicia sua non manifestavil eis. Ps. 147. 20. Voyex aussi le 4. ch. du Deutéronotne , versets 7. 8. Ce fut en vertu de ces promesses que TEvaiigile fut annoncé aux Juifs, avant que d'être prêché aux nations. Non tum misius nisi ad oves qutt pen'erunt domûs hraéi. Math. 15, 24. Vohis oporlebat primûm loqui regnum Dfi. Act. 13. 46.
3. Quid eDÎm si quidam illoram non 3. Car si quelques-uns d'eux n'ont pas crediderunt : Numquid incredulitas cru, leur incrédulité rendra-t-elle \aine In illoruni fidem Deievacuabit? Absit (1). parole que Dieu a donnée? Non, sans doute.
Leur incrédulité rendra-t^elle vaine la parole que Dieu a donnée ? Leur incrédulilé a-t-elle dû empêcher la venue du Messie et le salut des hommes? L'apôtre use ici de beaucoup de ménagement i l'égard des Juifs : Il n'attribue qu'a queiqi^es-uns d'eux ce qui était commun à presque toute la nation. Il les dispose peu à peu â entendre vc qu'il leur développe dans la suite plus clairement; que les prouiesses de Dieu , dont ils se sout rendus indignes par leur incrédulité, ont été accomplies, et ont eu leur effet dans la personne des gentils.
4. Est autem Deus verax : omnis 4. Dieu dit toujours vrai, au lieu que autem bomo mendax , sicut scriptum tout homme est menteur, selon qu'il est es^:Ut justiGcerisinsermonibustuis, écrit : a6n que vos paroles se justifient, cliTtneas cùni judicaris (2). et que vous gagniez votre cause lorsqu'on
vous juge.
Tout homme est menteur. Le mot de menteur parait avoir ici une signification plus étendue que dans i*usage ordinaire : Il peut signifier tout défaut de fidélité dans l'homme a l'égard de Dieu. Est autem Deus verax, omnis autem homo mendax: Quoique tout homme soit sujet à man(|uer à ce qu'il doit à Dieu, Dieu ne manque pas pour cela à sa parole. — Afin que vos paroles se justifient ^ elc, }Liï sorte que l'iniquité de l'homme ne sert qu'à faire éclater davantage la fidélité «le Dieu é garder ses promesses; et que si l'homme osait entrer en discuesion avec Dieu, le bon droit et l'équité paraîtraient entièrement du côté de Dieu. Les paroles qu'emploie l'apôtre, sont celles de David , qui ftprès son péché ne laissa pas de s'adresser à Dieu , de te faire souvenir de ses promesses, et de lui en deraandej^raccomplissemei>t,
5. Si autem iniquitas nostra justi- 5. Que si notre iniquité fait éclater la tiam Dei commendat, quiddicemus? justice de Dieu, que dirons-nous? Dieu Numquid iniquus est Deus , ([ui infert est-il injuste d'exercer sa colère ? iram?
6. (Socundùm hominem dico.) Ab- 6. (Je parle à la manière des hommes.' sit. AlioquinquomodôjudicabitDeus Non , sans doute. Autrement, comment bunc mundum ? serait-il le juge du monde ?
7. Si enira veritas Dei in meo men- 7. Mais quoi» si la fidélité de Dieu le dacio abundavit in gloriam ipsius : fait glorifier davantage à l'occasion de quid adhuc et ego tamquàm peccator mon infidélité, comment moi , après cela, judicor ? suis-je jugé comme pécheur ?
S. Et non (sicut blasphemamur, et 8. Et que ne faisons-nous le mal , afin sicut aiunt quidam nos dicere) facia- qu'il en arrive du bien ; selon qu'où nous mus ma la ut veniant bona : Quorup) l'impose calomnieusement , et que quel* damoatio justa est. gues-uns nous le font dire? C'est avec
justice que ces gcns-là sont condamnés.
7. S. La plupart des interprètes sont persuadés que ces deux versets ne contiennent qu'une répétition plus étendue et en d'autres termes de l'objection proposée au verset 5, et é laquelle saint Paul a répondu au verset 6. Le Cardinal Tolet prétend au contraire que saint Paul dans ces deux versets donne de nouvelles réponses à l'objection qu'il s'est faite, verset 5. Et voici de quelle manière ce commentatenr explique tout cet endroit. Dirons-nous que Dieu soit injuste d'exercer sa colère? Non, sans doute. Autrement pourrait-il être le Juge du monde? Car, continue l'apôtre, si la vérité de Dieu et sa fidélité A garder ses promesses éclatent davantage par mon mensonge et par mes péchés, la même vérité ne paraitra-t-«lle pas aussi, lorsqu'il méjugera et me
il) 2. Tim. 2. 13. — <2; Joan. 3. 33. - Ps. 1 15. 1 1. et 50. 6.
punira cnrinme pécheur. Quid adhuc Judicor? Comment snis-je jugé, et puni comme pécheur? N'est-ce pas parce que Dieu est juste? Voudrait-on qu'il fût permis de commettre le mal, pour qu'il en arrive du bien? (Ainsi qu'on nous accuse faussement de l'enseigner.) Non, tons ceux qui agissent de la sorte, seront justement condamnés. Cette explication que l'auteur avoue être subtile, parait à quelques-uns peu forcée.
9. Quid ergol Prflecellimus eos? 9. Quoi donc! Avons-nous quelque Nequaquànx. Causati enim sumus Ju- avantage sur eui ? Nullement. Car nous dœos , et Graecos omnes sub peccato avons prouvé que les Juifs et les gentils esse (1)» sont tous assujettis au péché,
Quoi donc, ete. Ces paroles ont rapport au verset l. Quelque avantage que nous ait donné la loi, devons-nous pour cela nous préférer aux gentils? ?(ullement; puisque tous ces avantages ne nous ont pas empêchés de tomber dans les mêmes désordres qu'eux, et que nous sommes comme eux dans l'impuissance d'être justifiés autrement que par la grâce de Jésus-Christ.
10. Sicut scriptum est : Quia non 10. Selon ^ui est écrit : 11 n'y a pas un est justus quisquam (2) : homme de bien;
Selon qu'il etl écrit. Ce que cite l'apôtre depuis ce verset jusqu'au 18 inclusivement , se trouve de suite dans le psaume 13 selon l'édition latine. Le texte hébreu et le texte grec de ce psaume ne contiennent que trois des versets qui sont ici rapportés, le dixième, l'onsième et le douzième. Les versets suivants se trouvent dans différents autres endroits de l'Ecriture, et plusieurs croient qu'ayant été joints par saint Paul aux trois versets du psaume 13, ils ont été mis de suite dans la version latine de ce psaume. — Il n'y a pa* un homme de bien , etc. Quoique ce que dit l'apôtre regarde tous les hommes tant Juifs que gentils, il ne s'en suit pas qu'il n'y eût aucun homme juste, soit au temps de saint Paul, soit au temps de David. Ces paroles signifient seulement que personne n'a été exempt de péché , que la justification n'a pu être produite ni par la loi de Moïse, ni par la lui naturelle , et qu'elle n'esit l'effet que de la grâce de Dieu et de la foi en Jésus-CShrist. Ce serait aussi une erreur de conclure de là que toute les actions des pécheurs et des infidèles sont des péchés, et qu'ils sont dans l'impuissance de faire aucun bien dans l'ordre naturel.
11. Non est intelligens , non est re- 11. Nul n'a de la sagesse , nul ne cherche quirens Deum. Dieu.
12. Omnes declinaverunt , simul 12, Tous se sont égarés, ils ne sont plus inutiles facti sunt ; non est qui faciat propres à rien. Il n'y a point d'homme qui bonum , non est usque ad unum. fasse le bien , il n'y en a pas même un seul.
13. Sepulcrum patens est guttur eo- 13. C'est un sépulcre ouvert que leur rum ; linguis suis dolosè agebant; ve- gosier; ils ont employé leurs langues à la nenum aspidum sub labiis eorum (3) : fourberie ; ils ont sous leurs lèvres le venin
des aspics :
14. Quorum os malediclione , et 14. Leur bouche est pleine d'imprécaamaritudine plénum est (4): lions et de fiel :
.. 15. Yeloces pedes eorum ad effun- Itf. Leurs pieds ont de la vitesse , dendum sanguinem (5) : quand il s'agit de répandre le sang :
16. Contritio et infelicitas in viis 16. Toutes leurs démarches tendent à eorum. opprimer les autres , et à faire des misérables.
17. El viam pacis non cognoverunl : 17. Ils ne savent ce que c'est que la paix :
15. Non est timor Dei ante oculos IS. Us n'ont point la crainte de Dieu eorum (6). devant les yeux.
19. Scimus autem quoniàm qu»- 19. Nous savons au reste que tout ce cumque lex loquitur , ils, qui in lege que dit la loi , c'est à ceux qui sont sous la sunt loquitur : ut omne os obstruatur, loi qu'elle le dit : Afin que personne n'ait et subditus fiât omnis mundus Dec : rien à dire, et que le monde entier soit
soumis à Dieu :
Nous savons au reite, ete. C'est-à-dire que ces passages étant tirés des livres de la
(l)Gal. 3.22.-Sup. 2. 17.-Inf. 11. — (2) Ps. 13. 2. — (3)Ps. 5. Met 139.4. Jac. 3. 8. — (4) Ps. 9. 7. — (5) Isa. 59. 7. - Prov. 1. 16. — (6) Ps. 35. l.