‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 74 sur 364 · CHAPITRE XY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XY

un état de mort spirituelle et de dHinnution : Dimitte morlu(*s sepelire moriuof tuos. Mal. 8. 22. Cûm ettelis mortui delielis elpecealis vestri*. Efhes, 2. \ . S'il n'y a point de résurrection, dit l'apôtre, à quoi aboutiront les travaux immenses de ceux qui s'emploient à la conversion des infidèles? Tout cela sera également inu^^ile pour les uns et pour les autres. Cette explication ne fait aucune violence au texte sacré : elle suppose seulement une métaphore, dontVusage est autorisé et établi par plusieurs endroits du nouveau Testament, et dont Jésus-Christ lui-même s est servi. D'ailleurs , elle est parfaitement conforme é ce que l'apôtre à dit ci<des8us : Si les morts ne ressuscitent 'point , c'ett en vain qu>e xious croyez : car vous êtes encore dans le péché; et à ce qu'il ajoute immédiatement après les paroles que nous examinons : Et nous autres pourquoi courir des dangers d tous moments ?

90. Ut quid et nos perlclitamur 30. Et nous autres, pourquoi courir Jcs

omni horà ? dangers à tous moments ?

31. Quotidiè morior per vestram 31. Oui , mes frères , par la gloire qui gloriani , fratres , quam habeo ih me revient à votre sujet en Jésus-Christ Christo Jesu Domino nostro. Notre-Seigneur , je meurs chaque jour.

Par la gloire qui me revient, Quotidiè morior per vestram gloriam. Selon la plupart des interprètes , ces paroles contiennent une espèce de serment dont l'apôtre se sert pour prouver que sa vie n'est qu'une mort continuelle. Il atteste à cet efiFet la conversion raéroedes Corinthiens, qui fait à la vérité sa gloire en Jésus-Christ, mais qui est le fruit d'une infinité de fatigues et de travaux. On ne peut nier que cette explication ne paraisse la plus conforme au texte grec. D'autres cependant , même parmi les commentateurs grecs, traduisent per vestram gloriam, comme s'il y avait, propter vestram gloriam. Je m'expose tous les jours à la mort, afin d'avoir quelque sujet de me glorifier du progrès que l'Evangile fait parmi vous.

32. Si secundùm hominem ad bes- 32. À parler selon l'homme , que me tias pugnavi Ëphesi , quid mihi pro- sert d'avoir combattu contre les bêtes à dest, si mortui non resurgunt ? Ephèse, si lesmorts ne ressuscitent point? Maoducemus , et bibamus : cras enim Mangeons, et buvons : aussi bien mour • ffioriemur (1). rons-nous demain.

A parler selon l'homme, que me sert d'avoir comhattu? Voici encore un endroit, où l'on est partagé entre le sens propre et le sens figuré. Plusieurs prétendent que saint Paul fut effectivement condamné à être exposé aux bêtes dans l'amphithéâtre d'Ephèse. Le silence de saint Luc touchant un événement aussi extraordinaire dont il aurait dû être témoin , celui même de saint Paul dans l'énumération si circonstanciée qu'il fait ailleurs des dangers et des travaux de son apostolat, fournissent contre ce sentiment un préjugé presqu' invincible : et c'est ici qu'il semble que l'argument négatif doit avoir toute la force d'un argument positif. Quelques-uns pour appuyer cette opinion , se prévalent de l'émotion furieuse qu'un certain Démétrius excita à Kphèse contre saint Paul , et dont il est parlé au ch. 19 des A.ctes. Mais ces auteurs ne font pas attention que cette émeute n'était pas encore arrivée lorsque saint Paul écrivit sa première épître aux Corinthiens. Il paraît donc plus raisonnable de se rtfnger du parti de ceux qui ont recours au sens figuré, et qui, par ce combat de l'apôtre contre lea bêtes, n'entendent autre chose que les disputes et les traverses qu'il eut à soutenir de la part des infidèles et des ennemis du nom chrétien. Pour ce qui est de ces paroles tecundûm hominem , la manière la plus naturelle de les expliquer, c'est de supposer qu'elles se doivent lire en parenthèse, ainsi qu'elles se lisent en efifet en d'autres endroits : Seeundûm hominem dico, Rom. 3. 5. Galat, 3. 15. A regarder les choses humainement, dit l'apôtre, s'il est vrai qu'il n'y a point de résurrection, qu'était-il besoin que je m'exposasse à tant de fatigues? Les impies n'ont-ils pas raison de tenir le langage que l'Ecriture leur met à la bouche : Mangeons , etc.

33. Nolite seduci : corrumpunt mo- 33. Ne vous laissez pas séduire : les Tes bonos colloquia maia. mauvais entreliens corrompent les bonnes

mœurs.

Ias mauvais entretiens corrompent les bonnes moeurs. Saint Jérôme remarque que cette sentence est tirée d'une comédie du poète Menandre. Ce ne serait pas la première fois que saint Paul se serait servi du témoignage des auteurs profanes.

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(l)Sap.2. 6. -Ts 22. 13. et 56. i2.

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