‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 82 sur 364 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Il fait conDatlre que la crainte de redoibier leur tristesse Ta empêché de les aller voir ; et il les eihorte de faire grâce à rhomme incestueux , et de lui pardonner. 11 marque aussi que les grands travaui de sa prédication ont été accompagnés d'un grand fruit , quoique la bonne odeur qu'elle a répandue partout, ait élé pour quelques-uns une occasion de mort.

1. Statui autem hoc ipsum apud 1. Or, j'ai pris cette résolution en moi> me , ne iterùm in tristitià venirem même , de ne point retourner vous voir ad vos. pour vous contrister.

De ne point retourner vers vous. Ne iterum in tristitià venirem ad vos. Quelques-uns font tomber Viterum sur venirem : je n'ai point voulu faire ce second voyage chez vous, afin de ne vous point contrister. D'autres joignent iterûm avec in tristitià : je n'ai point voulu vous aller voir, de crainte qu'après vous avoir causé de la tristesse par ma lettre précédente, je ne vous en causasse encore par les réprimandes que je n'aurais pu nie dispenser de vous faire étant présent.

2. Si enim ego contristo vos , et 2. Car si je vous contristais , eh 1 de qui quis est, qui me Istifîcet, nisi qui pourrais-je recevoir quelque joie, hors conlrisiatur ex me? ceux que j'aurais ainsi contrislés ?

CniPITRE II. 1K7

Hors e9ux que jf aurait ainsi eontrittés. C'est-à-diro puisque e'evt de toii4 que j'attends la joie et la cousolalion, commeut seriez-vons en état de m'en donner, si je TOUS attristais moi-même? Quelques-uns eipliquent ainsi tout ce verset : Car si je vous ai centristes par ma première lettre, qui est-ce qui doit contribuer à nia joie ei â ma consolation? N'est-ce pas ceux-là mêmes n qui j'ai causé une tristesse salutaire? Mais le premier sens parait plus suivi et plus naturel.

3. Et hoc ipsum scripsi vobis , ut 3. Et c'est ce que je vous ai écrit « pour non cùm Yeuero , tristitiam super D'avoir point en venant chez vous tristesse tristiiiam habeam , de quibus opor- sur tristesse , au sujet de ceux dont taerat me gaudere : confidens in om- j'aurais dû recevoir de la joie : croyant nibus vobis , quia meum gaudiura , certainement de vous tous , que ma joie omnium vesLrûm est. est généralement la vôtre.

Et eeit ee que je vou9 ai écrit. En supposant que l'apôtre veut parler de ce qu'il a écrit dans cette épitre, le sens de ces paroles sera : Et c'est ce que je viens de vous marquer, que je n'ai point voulu vous aller voir, de peur de trouver à mon arrivée un surcroît de douleur. Mais il vaut mieux, ce semble , expliquer ces paroles , et hoc ipsum scripsi vobis , en les rapportant à l'épitre précédente en cette manière : et c'est pour cela que j'ai pris le parti de vous écrire, comme j*ai fait dans ma première lettre; afin que tout soit en ordre, quand je vous irai voir, et que je n'aie pas é mon arrivée le même sujet de douleur que j'avais en vous écrivant. Cette inte;'pré(ation est confirmée par le verset suivant. — Croyant eertainemeni de vous tous. Me flattant que vous vous faites tous un sujet de joie de ce qui eu est un pour moi ^ et qu'ainsi vous vous mettrex toasen état de ne me procurer que de ta joie,

4. Nam ex Diultâ tribulatione , et 4. Car je vous ai écrit avec beaucoup aogustià cordis scripsi vobis per de larmes, accablé d'affliction, et le cœur ffluUasiacrymas;nonutcoDtristemini, serré de douleur; non pour vous consed ut sciatis quam charitatem ha< trfster , mais afin que vous voyiez comme beam abundaotiùs in vobis. j'ai bien plus de charité pour vous que

pour les autres.

5. Si quîs autem constristavit , non 5. Que si quelqu'un a causé de la trisme contristavit : sed ex parte , ut non tesse , ce n'est pas à moi seul qu'il en a onerem omnes vos. causé : mais , pour ne vous pas charger

tous, cela ne vient que d'un particulier.

Que ti quelqu'un, etc. Dans la première épitre aux (iOrinthiens, saint Paul paraissait les avoir tous rendus responsables de l'inceste commis parmi eux. Ici il adoucit la sévérité de ses réprimandes, il reconnaît pour leur décharge, que loin d'avoir consenti ou coiinivé au crime, ils en ont été véritablement affligés. Au reste, l'obscurité du texte «acre rend ce verset susceptible de différentes explications. Par exemple, outre la manière dont on a traduit ces paroles, Sed ex parte, on pourrait, en sous-enfendant eonitistavil vos, leur donner ce sens : mais vous-mêmes, au moins pour la plupart, vous eu avez été aussi attristés. Les eommeiitateurs fournissent encore d'autres explications de ce verset, qu'il serait trop long de rappoi-ter.

6. Suffîcit illi, qui ejusmodi est, 6. Pour l'homme que cela regarde, après objurgatio hxc. qua; fit à pluribus : une correction ainsi faite par plusieurs, il

ne faut rien de plus :

7. lia ut è contrario magis donetis , 7. Il est mieux au contraire que vous lui etconsolemini , ne forte abundantiori fassiez grâce, et que vous le consoliez ; de tristitià absorbeatur qui ejusmodi est. peur qu'un homme comme lui ne soit

abîmé dans une trop profonde tristesse.

6. 7. Saint Paul étant satisfait de la manière dont les Corinthiens s'étaient compoités à l'égard de l'incestueux , et des marques de pénitence que le coupable avait données, veut bien user avec lui d'indulgence. «C'est assez , dit l'apôtre , que cet homme ait été Kpris en pleine assemblée, ainsi que je l'avais ordonné , et qu'il soit demeuré depuis ce temps-là exclu de la société des fidèles. Je juge que vous devez aujourd'hui lui faire grâce, en abrégeant le temps de son excommunication , et en le recevant avec bonté, de peur qu'un accablement de tristesse ne le porte à quelque excès de désespoir.

B. Propter quod obsecro vos , ut 8. C'est pourquoi je vous conjure de lui eonfirmetis in iilum charitatem. donner toujours des marques de votre

charité.

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