CHAPITRE IV
toe par la pureté de la doctrine qu'aBDOBcenl les apètres, la parole de Dieo a élé manifestée à lODs , hormis à ceui dont les esprits sont aveuglés : que les apAlres souffrent beaucoup d'adversités , mais sans y succomber : qu'un moment d'affliction produit une grande gloire qui n'a point de fin.
1. iDBÔhabentesadministrationem, 1. C'est pourquoi, dans le ministère
juita quod niisericordiam consecuti que nous avons par la miséricorde qui
sumus , non deficimus : nous a été faite , nous ne nous laissons
point abattre :
2. Sed abdicamus occulta dedecoris, 2. Mais aussi nous renonçons aux choses non ambulantes in astutiâ , neque qu'on a soin de cacher, et dont on a adultérantes verbum Dei , sed in ma- honie ; n'ayant point une conduite artifinifestatione veritatis commendanres cieuse , et ne corrompant point la parole nosmelipsos ad omnem conscientiam de Dieu : au contraire, nous attirant par hominum coram Deo. la manifestation de la vérité l'estime des
hommes, quels qu'ils soient , au jugement de leur conscience devant Dieu.
1. 2. (^est pourquoi f efe. Dieu donc nous ayant appelés par sa grâce à ce ministère glorieux de l'apostolat, il n'y a ni dangers ni persécutions, qui nous empêchent de nous CQ acquitter STec toute la liberté convenable. Loin de nous cacher comme font ceux dont les actions sont honteuses . nous nous conduisons sans déguisement, nous prêchons l'Evangile dans toute sa pureté; nous ne cherchons a nous rendre rccomraandables, qu en manifestant la vérité ouvertement , et en forçant ceux qui sont témoins de notre conduite, à en rendre devant Bleu, et selon leur conscience, un témoignage avantageux.
3. Quôd si etiam opertum est Evan- 3. Que si après cela notre Evangile est gelium nostrum , in lis qui pereunt caché , c'est pour ceux qui périssent qu'il esi operlura : est caché :
Pour ceux qui périssent. Pour ceux qui veulent périr , qui refusent d'ouvrir les yeux à la lumière qu'on leur présente, iu reste quand l'apôtre dit que l'Evangile n'est caché qu'aux incrédules volontaires , il est évident que cela se doit entendre de la connaissance des mystères du christianisme , et non de l'intelligence exacte du texte des livres évangéliques.
4. In quibus Deus hujus sœculi 4. Parmi lesquels le Dieu de ce monde excscavit mentes infidelium , ut non a aveugle l'esprit des infidèles ; en sorte fulgeat illis illuminatio evangelii glo- que la lumière de l'Evangile , qui est la Tis Christi , qui est imago Dei. gloire de Jésus-Christ , l'image de Dieu ,
ne luit point sur eux.
Le Dieu de ee monde a aveuglé l'esprit des infidtles, Deus hujus sœculi excœcavit wcft(e» infidelium. Il y a trois manières différentes d'entendre ces paroles. Quelquesuns , surtout parmi les interprètes grecs , prennent le nom de Dieu dans le sens propre pour le vrai Dieu , auteur et créateur de ce monde. Mais la plupart de ceux qui suivent <%t(e interprétation , ne font pas rapporter hujus sœculi à Deus , mais à infidelium , ^ ils arrangent ainsi la phrase : Deus eœcœcavit mentes infidelium hujus stBculi, Dieu a aveuglé l'esprit des infidèles de ce siècle. D'autres entendent par le Dieu de ce monde le démon , que Jésus-Christ a appelé lui-même le prince de ce monde ^ prineeps hujus ^unii. Enfin il y en a qui croient que par le Dieu de ce monde, saint Paul a voulu ntarquer l'amour des plaisirs sensuels, conformément a ce que dit ailleurs le même Bpôlre en parlant des gens de bonne chère , qu'ils n'ont point d'autre Dieu que leur centre, qvorum Deus venter est. Les deux dernières explications peuvent paraître n^oins forcées et plus naturelles que la première.
16<4 II. EPITRE DE S. PAUL AUX coriuthiehs.
5. Kon enim nosmetipsos pisdica- 6. Car nous ue nous prêchons pas nousmus, sed Jesum Christum Dominum mêmes, mais nous prêchons Jésus-Christ nostrum : Notre Seigneur :
Nos aulem servos \estros per Je- Et nous faisons profession nous autres
sum : d'être vos serviteurs pour l'amour de
Jésus :
6. Quoniàm Deus, qui diiii de tene- 6. D'autant que Dieu, qui commanda bris tucem splendescere , ipse illuxit que la lumière sortit du milieu des téjncordibusnostris^adilluminationem nèbres, a répandu lui-même sa clarté scientise claritatis Dei , in facie Christi dans nos coeurs , pour faire paraître avec Jesu. plus d'éclat la gloire de Dieu dans ce qui
parait de Jésus-^^hrist.
D'autant que Dieu, etc. Car de roêmeque Dieu dans la création fait paraître la lumière an milieu des ténèbres, ainsi il a répandu dans nos cœurs la lumière de l'Evangile, et a dissipé les ténèbres de l'ignorance ou nous étions plongés ; afin que nous répandions nous-mêmes , et que nous communiquions aux autres cette divine lumière, qui se fait voir en Jésus-Christ comme dans la vive image de Dieu. Les interprètes grecs font rapporter in facie Chrisli à illuœit in eordihu» nostrit. Dieu a répandu la lumière dans nos cœurs par Jésus-Christ ; ce qui ne fait pas un sens fort diiSiérent du précédent. Mais d'autres joignent m facie Christi avec ad illuminationem scientiœ en cette manière : afin que nous éclairions les autres au nom et de la part de Jésus-Christ, comme représentant Jésus-Christ. Us s'autorisent du texte grec où on lit, |v Tcpoufà^rea Vnaorj Xptçoxjy ce qu'on peut traduire en la personne de Jésus-Christ.
7. Habemus autem thesaurum is- 7. Mais nous avons ce trésor dans des tum in vasis fictilibus : ut sublimitas vases d'argile : afin que ce qu'il y a de sit virtutis Dei, et non ex nobis. sublime en nous , vienne de la vertu de
Dieu , et non pas de nous.
Aous avons ce trésor dans des vases d'argile. Dieu a confié ce ministère de la prédication évangélique à des hommes tels que nous sommes, fragiles et sujets à mille infirmités corporelles et spirituelles ; afin que ce qui parait en nous de puissance et de force , soit attribué à Dieu et non à nous.
8. In omnibus tribulationem pati- S. Nous trouvons partout des sujets mur, sed non angustiamur : aporia- d'affliction, mais cela ne nous réduit pas mur , sed non destituimur : à l'extrémité : nous sommes dans de
grandes inquiétudes, mais nous ne sommes pas sans ressource :
Mais cela ne nous réduit pas à l'extrémité. Dieu ne permet pas que les choses soient portées contre nous jusqu'aux dernières extrémités. Le verbe aporiamur^ que la version française rend ainsi , nous sommes dans de grandes inquiétudes, est formé sur le verbe grec aTTOpsîffdac, qui peut aussi signifier, être dans l'indigence. C'est pourquoi quelques-uns donnent à ces paroles , aporiamur , sed non destituimur , cet autre sens : nous sommes dans l'indigence ; mais Dieu ne permet pas que nous manquions entièrement de tout.
9. Persecutionem patimur , sed non 9. Nous sommes persécutés , mais nous derelioquimur : dejicimur , sed non ne sommes pas abandonnés : nous sommes perimus : renversés , mais nous ne périssons pas :
Nous sommes renversés. Nous nous trouvons dans de si fâcheuses conjonctures , qu'il semble que ce soit fait de nous.
10. Semper mortificationem Jesu 10. Portant toujours dans notre corps in corpore nostro circumferentes, ut la mortification de Jésus, en quelque ]iea et vita Jesu manifestetur in corpori- que nous allions, afin que la vie de Jésus bus nostris. se fasse voir aussi dans nos corps.
Saint Chrysostôme , et ceux qui Tont suivi , expliquent ainsi ce verset et le verset 1 1 , qui n'est qu'une répétition du précédent. Nous représentons continuellement par dos travaux et nos afilictions la mort et la passion de Jésus-Christ, afin de manifester aussi en nous-mêmes la vie et la résurrection de Jésus-Christ. C'est-à-dire nos souffrances sont