‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 94 sur 364 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

TapAtre fait voir combien il aime les Corintbiens ; quelle joie il a ressenti de leur changement de vie , même au milieu de ses tribulations ; et quel bien a produit la tristesse que sa lellre leur avait causée.

1. HAsergohabentes promissiones, 1. Sur ces promesses donc , mes biencharissimi, mundemus nos ab omni aimés, nettoyons-nous de toute souillure inquinamento carnis et spiritùs , de la chair et de l'esprit ,

Perficientes sanctifîcationem in ti- Achevant de nous sanctifier dans la

more Dei. crainte de Dieu.

2. Capite nos. Neminem Ixsîmus, 2. Renfermez-nous dans votre cœur, neminem corrupimuSi neminem cir- Nous n'avons nui à personne, nous nV cumvenimus. vous perverti personne , nous n'avons usé

de surprise envers personne.

Renfermez-nous dans votre cœur, Capiie nos. Ces paroles ont rapport à ce que l'apôtre venait de dire au chapitre précédent, v. 13. dihtamini et vos , ouvrez-nous aussi votre cœur» Il veut leur faire sentir le tort qu'ils ont de lui préférer certains faux docteurs, qui ne cherchent qu'à les tromper et à les séduire, au lieu qu'il ne s'est jamais proposé que leur avantage , sans aucune vue d'intérêt propre. Quelques interprètes donnent à ces paroles, capiie nos^ cet autre sens : Recevez bien ce que je vais vous dire; si je parais dire quelque chose à ma louange, prenez-le en bonne part. — Nous n'avons perverti personne. Neminem corrupimus. Plusieurs croient que par ce mot aussi bien que par ces deux autres, lœsimus, circumvenimus , saint Paul veut marquer combien sa conduite désintéressée a été opposée à celle de quelques prédicateurs de l'Évangile , qui ne cherchent qu'à tirer de largent, et à s'enrichir aux dépens de ceux qu'ils instruisent.

3. Non ad condemnationem vestram 3 Je ne le dis point pour vous condamdico.Praediximusenim quôd in cordi- ner. Car nous venons de vous dire que

(1) 1. Cor. a. 16. 17. et 6. 19. - Levit. 26. 12. —^2) Is. 52. II.- (3) Jer. 31. d.

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bus nostris estis , ad commor iendam , nous vous avons dans le coeur pour mourir et ad convivendum. el pour vivre avec vous.

Pour tout condamner. Pour me plaindre de tous, ou voua accuser d'ingratitude à mon égard.

4. Multa mihi 6ducia est apud vos, 4. J'en use à votre égard avec beaucoup multa mihi gloriatio pro vobis, reple- de confiance : J'ai bien de quoi me gloritus sum consolatione , superabundo fier à votre sujet , je suis rempli de consogaudio in omni tribulatione nostrâ. latlon , le suis dans un excès de joie au

milieu de toutes nos tribulations.

À voire tujel. A roccaston de la déférence que vous avez eue pour let avis que je TOUS ai donoés dans ma première lettre.

5. Nam et cùm venissemus in Ma- 5. Car même depuis notre arrivée en cedoDîam, nuilam requiem habuit Macédoine, nous n'avons eu nul repos caroDostra, sedomnemtribulationem selon la chair, et nous avons soulfert passi sumus : foris pugn» , intùs toutes sortes de tribulations ; combats timorés. audehors , frayeurs au-dedans.

Combat au-^ehors , fraynuri at^edant. Combats et persécutions à soutenir de la part des infidèles et de ceux qui sont hors de l'Eglise. Frayeurs «u-dedens de l'Eglise de is part des faux frères et des ennemis domestiques , qui troublent la paix ou qui altèrent ia foi des fidèles. Quelques-uns entendent par les frayeurs du dedans les peines et les inquiétudes d'esprit; mais la première explication est des plus habiles interprètes.

6. Sed quîconsolatur hiimiles, con- 6. Mais Dieu qui console ceux qui sont solatus est nos Deus in adventu Titi. humiliés , nous a consolés par la venue

de Tite :

7. Non solùm autem in adventu 7. Et non-seulement par sa venue, mais cjus , sed etiam in consolatione, quâ aussi parce qu'il a eu de la consolation coDsolatus est in vobis, referens nobis avec vous ; lui-même nous rapportant vestrom desiderium , vestrum iletum, votre empressement , vos larmes, votre restram smulationem pro me, ità ut zèle pour moi : de sorte que ma joie en a magis gauderem. été plus grande.

Votre emprenement. Vettrumdetiderium. Le désir et l'impatience que vous avez de me voir, ou plutôt Totre empressement pour remédier aux désordres sur lesquels je Toos écrivais. C'est le sens que le mot detiderium parait avoir au v. 1 1. et qu'il doit conséquemment avoir ici.

8. Quoniam etsi contristavi vos in S. Car si je vous ai contristés par ma epistolà, non me pœnitet : et si pœ- lettre, je ne m'en repens pas. El quand nueret, videns quôd epistola illa (et j'aurais à m'en repentir , voyant que cette jsiad boram) voscontristavit, lettre vous a contristés (quoique ce n'ait

été que pour un temps),

9. Nunc gaudeo : non quia contris- 9. Je m'en réjouis à cette heure ; non tati estis , sed quia contristati estis parce que vous avez été contristés , mais ad pœnitentiam. Contristati enim parce que vous l'avez été jusqu'à faire estis secundiim Deum , ut in nullo pénitence. Aussi votre tristesse a été selon detrimentum patiamini ex nobis. Dieu : si bien que vous n'avez reçu de

notre part aucun préjudice.

Si bien que voui n'aeex reçu de notre part aucun préjudice. En sorte que loin d'avoir rien à me reprocher au sujet de la tristesse que je vous ai causée, je n'ai qu'à me réjouir avec vous du profit que vous en avez retiré.

10. Qus enim secundùm Deum 10. Car la tristesse qui est selon Dieu , tristitia est, pœnitentiam in salutem fait faire une pénitence constante pour le stabilem operatur : saeculi autem tris- salut : au contraire , la tristesse du siècle litia mortem operatur (1). cause la mort.

La tristeise du tiède eaute la mort. Une tristesse toute humaine qui n'a rien du

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(l) i. Pet. 2. 19.

174 II. EPITRE DE S. PAITL AUX CORINTHIEIVS.

surnaturel pour objef , n'est capable que d'abréger la y\e et de causer la mort. C'est ainsi qu'on Ut dans l'Ëcriture : Multot occidil irisUlia, la tristesse a fait mourir plusieurs personnes. Eccli, c. 30. 25.

11. Ecce enim hoc ipsum, secundùm 11. En effet , d'avoir eu celle tristesse Deum coDlristari vos, quanlam in selon Dieu, voyez combien cela vous a vobis operalur sollicitudinem : sed portés à être vigilants : mais qui plus est , defensionem, sed indignatiuneni , sed a vous justifier; mais, à avoir de l'inditimorero , sed desiderluro , sed œmu- gnation, de la crainte, de rempressement; lalionero, sed vindictam. In omnibus mais , à concevoir du zèle ; mais , à punir exbibuistis vos incontaminatos esse le crime. Vous avez montré en toutes façons negotio. que vouB* étiez nets sur cette affaire.

Sur cette affaire. C'est-à-dire selon l'explication la plus commune, sur ce qui regarde le crime de rincestiieux , dont il a été parié dans la première épitre. Quelquesuns entendent par cette affaire les scbismes et les divisions causées par la préféreuce qu'on donnait à certains docteurs au-dessus même de saint Paul.

12. Igitur , et si scripsi vobis , non 12. C'est pourquoi , si je vous ai écrit , propter euro qui fecit injuriam, nec ce n'est point à cause de celui qui a fait propter eum qui passus est : seti ad l'Injure , ni à cause de celui qui l'a soufmanifeslandam sollicitudinem nos- ferle; mais pour faire paraître les soins tram quam babemus pro vobis empressés que nous avons pour vous

Ce fi est point à cause de celui qui a fait Vinjure. C'est-à-dire en supposant qu'il s'agit de Tinceste : ce n'est point uniquement à cause de l'incestueux, ni à cause de son père, dont la mémoire a été déshonorée . que je vous ai écrit; j'ai eu particulièrement en vue de vous marquer le soin que je prends de tout ce qui vous regarde. Si l'on suivait le second sentiment rapporté dans la note précédente, le sens de ce verset paraîtrait plus simple et plus naturel en cette manière : Si je vous ai écrit, ce n'est point précisément à cause de ceux qui ont fait l'injure pour me plaindre d'eux, ni à cause de moi qui l'ai reçue pour en demander satisfaction, mais pour 'faire paraître , etc.

13. Coram Deo : ideô consolati su- 13. Devant Dieu : c'est ce qui nous a mus. In consolalione autem nostrà consolés. Mais dans la consolation que abundantiùs magis gavisi sumus su- nous avons reçue , nous avons eu un surper gaudio Titi, quia refectus est croit de joie par celle de Tite , que vous spiritus ejus ab omnibus vobis. avez tout fait revivre.

14. Et si quid apud illum de vobis 14. Et si je me suis gloriGé auprès de lui gloriatus sum , non sum confusus : de quelque chose à votre sujet, je n'en ai sed sicutomnia vobis in veritate locuti point eu de confusion : mais comme nous sumus, ita et glorialio nostra, quœ vous avons dittouteschosesselon la vérité, fuit ad Titum , veritas facta est. aussi celles dont nous nous sommes glorifiés auprès de Tite , sont la vérité même.

Si je me suis glorifié, eic. L'apôtre fait enlondre aux Corinthiens, qu'avant que de leur envoyer Tite, il lui avait souvent parlé d'eux avantageusement, qu'il s'était fait honneur auprès de lui de leur progrès dans le christianisme , de leur attachement pour sa personne, et de leurs autres vertus. Le sujet de sa joie, c'est que dans le témoignage avantageux qu'il leur avait rendu auprès de Tite. il s'est trouvé n'avoir dit que la vérité , non plus que dans toutes les autres choses qu'il leur a dites à eux-mêmes.

15. Et viscera ejus abundantiùs in 15. Sa tendresse pour vous croit même vobis sunt : reminiscentis omnium de plus en plus, quand il se souvient de vestrûm obedientiam : quomodô cum la soumission que vous avez tous eu pour timoré et tremore eicepistis illum. lui , avec quelle crainte cl avec quel tremblement vous l'avez reçu.

16. Gaudeo quôd in omnibus con- 16. Je me réjouis de pouvoir agir librefîdo in vobis. ment avec vous en toutes choses.

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