COMMENCEMENT DE L'ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
Ainsi qu'il est écrit dans le prophète Ésaïe : « Voici j'envoie mon messager pour te précéder Et te préparer le chemin ? ; Une voix crie dans le désert :
Préparez la voie du Seigneur *, Aplanissez ses sentiers 4,»
Jean parut dans le désert, donnant et prêchant un baptême de
1 Ou : de la Bonne Nouvelle de Jésus-Ghrist. Plusieurs anciens manuscrits ajoutent fils de Dieu. Ces mots: Commencement de l'Évangile de Jésus-Ghrist, forment le titre du début de l'Évangile de Marc. On peut cependant, en ponctuant autrement le texte, traduire ainsi les premiers versets : Le commencement de l'Évangile de Jésus-Christ se fit selon cette parole écrite dans le prophète Ésaie :
« Voici j'envoie mon messager pour te précéder Et le préparer le chemin ; Une voix crie dans le désert :
Préparez la voie du Seigneur * Aplanissez ses sentiers.»
Jean parut dans le désert, donnant et préchant, etc.
2 Cette première phrase ne se trouve pas dans Ésaïe, mais dans Malachie 83, 1. Voy. Matth. 11, 10.
3 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : Une voix crie: Préparez dans le désert la voie du Seigneur.
4 Ésaïe 40, 8, Voy. Matth. 8. 8.
* Ou: Une voix crie: Préparez dans le désert.
[oo
D REP ER nie à ERP ρσστ τς repentance 1 pour la rémission des péchés. Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem accouraient à lui et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en confessant leurs péchés.
Jean avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour des reins, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il disait dans sa prédication : «Il va venir, après moi, celui qui est plus puissant que moi! Je ne suis pas même digne, en me baissant, de délier la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés d’eau ; mais lui vous baptisera avec l'Esprit samt?, »
Or, ce fut en ces jours mêmes que Jésus arriva de Nazareth en Galilée et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
Soudain, comme il sortait de l’eau, il vit les cieux ouverts et l'Esprit en forme de colombe descendre sur lui, et des cieux vint une voix : (Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je me complais.»
Et l'Esprit aussitôt entraina Jésus au désert; et il fut quarante jours dans le désert, tenté par Satan, et il fut parmi les bêtes, et les anges le servaient.
Après que Jean eut été livré, Jésus se rendit en Galilée et y précha l'Évangile“ de Dieu: «Les temps sont accomplis; le Royaume de Dieu est proche ; repentez-vous et croyez à l'Évangile 5. Ὁ
Comme 1] longeait la mer de Galilée, il vit Simon et son frère André jetant leurs filets dans la mer, car ils étaient pêcheurs. Jésus leur dit: «Venez après moi et je vous ferai devenir des pêcheurs
1 Ou: de conversion.
2 Ou : dans l'Esprit saint. Voir note sur Matth. 8, 11. Quelques anciens manuscrits lisent : vous baptisera d'Espril saint.
3 Je me complais, Voir note sur Matth. 8, 17.
# Ou: La Bonne Nouvelle,
ὅ Ou: convértissez-vous et ayez foi en la Bonne Nouvelle.
d'hommes.» Sur-le-champ ils abandonnèrent les filets et le suivirent. S'étant avancé un peu plus loin, il vit, dans leurs barques, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui raccommodaient 1 leurs filets. Il les appela aussitôt; et ceux-ci, laissant leur père Zébédée dans la barque avec les hommes de service, partirent à sa suite.
Ils arrivèrent à Capharnaüm. Il commença immédiatement à entrer les jours de sabbat dans la synagogue et à y enseigner ?; et ils étaient extrêmement frappés de son enseignement; car il le donnait comme ayant autorité *, et non comme les Scribes.
Il y avait à ce moment même dans leur synagogue un homme possédé d’un esprit impur ; 1l s’écria: «Qu’y a-t-il entre nous et toi*, Jésus de Nazareth? Tu es venu pour nous perdre”; je sais 6 qui tu es : le Saint de Dieu!» Jésus alors le menaça : «Tais-toi ! sors de cet homme !» Agitant violemment le possédé, l'Esprit impur sortit de lui en poussant un grand cri. Tous les assistants, terrifiés, s'interrogeaient les uns les autres : « Qu'est-ce que ceci? Voilà un enseignement nouveau! il commande avec autorité? même aux Esprits impurs$, et ils lui obéissent.» Sa renommée se répandit promptement et partout aux environs, dans la Galilée entière,
En sortant de la synagogue, ils se rendirent tout d’abord, accompagnés de Jacques et de Jean, dans la maison de Simon et
1 Qui raccommodaient. Voir sur ces mots la note sur Matth. 4, 21.
? Quelques anciens manuscrits lisent : à enseigner les jours de sabbat dans la synägogue.
3 Ou : comme ayant puissance.
1 Οὐ a-t-il entre nous et toi? Cette expression équivaut ici à: que nous veux-tu? Noir Évang. de Jean 2, 4, où la même question signifie laisse-moi faire.
5 On peut, d’après une autre ponctuation, mettre cette phrase sous forme interrogative : Es-tu venu pour nous perdre?
5 Quelques anciens manuscrits lisent : nous savons.
7 Ou : avec puissance.
$ On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : Voilà un enseignement nouveau en fait d'autorité... il commande même aux Esprits impurs… etc.
Quelques anciens manuscrits lisent au singulier : 11 se rendit tout d’abord, accompagné.
PS ι
d'André. La belle-mère de Srmon était couchée ; elle avait la fièvre. On s’empressa de le dire à Jésus. Alors, s’approchant d’elle, il la prit par la main et la fit lever. La fièvre disparut et elle se mit à les servir.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui apporta tous les malades et les démoniaques. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit plusieurs malades atteints de maux divers ; il chassa aussi beaucoup de démons et il défendait aux démons de parler, parce qu'ils savaient qui il était.
S’étant levé de grand matin, avant le jour, il alla dans un lieu solitaire et là 1] priait. Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche. Quand ils l’eurent trouvé, ils lui dirent : « Tout le monde te cherche. » Il leur répondit : «Allons dans les villages voisins, afin que j'y prèche aussi, car c’est pour cela que je suis sorti.» Il alla donc prècher dans leurs synagogues et dans toute la Galilée, en chassant les démons.
Un lépreux vint à lui et, se jetant à ses genoux, lui adressa cette prière : «Si tu le veux, tu peux me guérir!.» Il en eut compassion ?; 1l étendit la main et le toucha en disant : «Je le veux, sois guéri.» La lèpre disparut à l'instant ; cet homme fut guéri. Jésus le congédia immédiatement, en lui donnant cet avertissement sévère : «Garde-toi de parler de ceci à personne ; mais va te montrer au prêtre et offre pour ta guérison ce que Moïse a prescrit ; que ce leur soit un témoignage ὃ.» |
Mais, à peine parti, le lépreux se mit à répandre la nouvelle et a la proclamer ; de sorte que Jésus ne pouvait plus même paraître publiquement dans une ville; mais il se tenait dehors dans des endroits déserts, et on venait à lui de toutes parts.
Quelques jours après, il retourna à Capharnaüm.
1 Voir note sur Matth. 8, 2 et 3.
2 Voir note sur Matth. 9, 30.
3 Que ce leur soit un témoignage. Voir note sur Matth. 8, 4.
On apprit qu'il était dans telle maison, et on y accourut en si grand nombre qu'il n’y avait plus de place même devant la porte.
Il leur annonçait la parole, lorsque survinrent des gens lui amenant un paralytique, porté par quatre hommes. Comme il leur était impossible de parvenir jusqu'à lui à cause de la foule, ils démolirent le toit! au-dessus de la place où il se trouvait; et, l'ouverture faite, ils descendirent le grabat sur lequel était couché le paralytique. Jésus, voyant leur foi?, dit à ce paralytique : «Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Il y avait là quelques Scribes qui se tenaient assis et ces pensées leur montaient au cœur: «Comment cet homme peut-il parler ainsi? Il blasphème! Qui peut pardonner des péchés que Dieu seul ?» Jésus connut aussitôt, par son esprit, qu’ils faisaient intérieurement ces réflexions, et il leur dit: «Pourquoi de telles pensées dans vos cœurs? Lequel est le plus facile de dire, à ce paralytique : «Tes péchés sont pardonnés »; ou de lui dire : «Lèvetoi, emporte ton grabat et marche!» Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme ἃ sur la terre le pouvoir de pardonner des péchés 5...» s'adressant au paralytique : «A toi, je dis : Lève-toi! emporte ton grabat et retourne dans ta maison. »
Et l’homme se leva, prit immédiatement son grabat et sortit devant tout le monde; tous en étaient stupéfaits et glorifiaient Dieu : «Jamais, disaient-ils, nous n’avons rien vu de pareil!»
De nouveau, il se dirigea vers la mer. Toutes les multitudes venaient à lui, et il les enseignait. En passant, il vit Lévi, fils d’AIphée, assis au bureau du péage“, Il lui dit: «Suis-moi!» et il se leva et le suivit. “
1 Le toit plat et formant terrasse, comme dans toutes les maisons d’alors. L’escalier qui y conduisait était extérieur. Voir note sur Luc 17, 31.
? Leur foi. Voir note sur Matth. 9, 2.
3 Phrase incomplète. Voir note sur Matth. 9, G.
4 Voir note sur Matth, 9, 9.
t2 [Re]
Jésus était à table dans la maison de Lévi, et il arriva que beaucoup de publicains! et de pécheurs? s’y trouvèrent avec lui et avec ses disciples; car ils étaient nombreux et ils l'avaient suivi, ainsi que les Scribes* d’entre les Pharisiens. Ceux-ci, le voyant manger avec les publicains et les pécheurs, dirent à ses disciples : «Pourquoi mange-t-il* avec des publicains et des pécheurs?» Ce qu'ayant entendu, Jésus leur dit: «Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, ce sont les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Les disciples de Jean et les Pharisiens jeünaient. Ils vinrent lui demander : « Pourquoi les disciples de Jean et ceux des Pharisiens pratiquent-ils le jeûne,ftandis que tes disciples ne le pratiquent pas ?
Jésus leur répondit : «Les amis de l’époux ὅ peuvent-ils jeüner pendant que l'époux est avec eux. Tout le temps que l'époux est avec eux, ils ne peuvent jeüner. Des jours viendront où l’époux leur sera enlevé; ils jeüneront dans ces jours. »
«Personne ne eoud un morceau d'étoffe neuve à un vieux vêtement : autrement le morceau neuf emporte une partie du vieux vêtement qu'il recouvre et fait une plus grande déchirure. Personne, non plus, ne verse du vin nouveau dans de vieilles outres : autrement le vin fera éclater les outres, et il sera perdu, les outres aussi. »
ΠῚ arriva — un jour de sabbat — que Jésus passa par les blés7. Ses disciples se mirent, chemin faisant, à cueillir des épis: « Vois donc », lui dirent les Pharisiens, «pourquoi font-ils ce qu'aux jours
1 Voir note sur Matth. 9, 10.
2 Voir note sur Matth. 9, 10.
3 Quelques anciens manuscrits lisent : des Scribes.
4 Mange-t-il. Plusieurs anciens manuscrits ajoutent : οἱ boit-il. 5 Les amis de l'époux. Voir note sur Matth. 9, 15.
6 Littéralement : de drap écru.
7 Quelques anciens manuscrits lisent : que Jésus passa le long des blés,
de sabbat il n’est pas permis de faire?» Il leur répondit : « N’avezvous jamais lu ce que fit David quand il fut contraint par la nécessité et qu'il eut faim, et ce que firent ses compagnons ? Comment, sous le grand-prêtre Abiathar, 1l entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition !, qu'il n’est permis qu’aux prêtres de manger, et en donna à ceux qui étaient avec lui? » Et il ajouta : «Le sabbat ἃ été fait pour l’homme? et non pas l’homme pour le sabbat5. C’est pourquoi le Fils de l’homme est maître aussi du sabbat. »
Une autre fois, il entra dans une synagogue, où se trouvait un homme qui avait la main paralysée“. Ils 5 l’observèrent pour voir si, un jour de sabbat, il le guérirait ; ils voulaient un prétexte à accusation. Jésus alors s’adressa à l’homme dont la main était paralysée : « Lève-toi au milieu de nous tous!» Puis il leur dit: «Aux jours de sabbat. est-il permis de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre 6?» Ils gardèrent le silence. Alors, jetant sur eux un regard de colère, affligé d’un tel aveuglement de cœur, il dit à l’homme : «Étends ta main!» Il l’étendit et sa main fut guérie.
Quant aux Pharisiens, ils sortirent et allèrent immédiatement se concerter avec les Hérodiens 7 sur les moyens de le perdre.
Jésus se retira, avec ses disciples, du côté de la mer; et une foule considérable, venue de Galilée et de Judée, l'y suivit. C'était une multitude immense, arrivant de Jérusalem, de l’Idumée, des terres situées au delà du Jourdain, des environs de Tyr et de Sidon, qui, à la nouvelle de ce qu'il faisait, venait à lui.
1 Voir note sur Matth. 12, 4.
2 Grec: à cause de l’homme.
3 Grec: à cause du sabbat.
4 Grec: desséchée, atrophiée.
» Ils, c’est-à-dire évidemment les Scribes et les Pharisiens. ὁ Littéralement : ou de tuer.
7 Les Hérodiens. Voir note sur Matth. 22, 16.
[ae] =
(ue)
Lo] τ
Il dit alors à ses disciples de lui procurer une barque à cause de la foule qui risquait de l’étouffer. Il en guérissait, en effet, un grand nombre, et alors tous ceux qui avaient quelque mal se précipitaient sur lui, afin de le toucher. Quant aux Esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, 1ls tombaient devant lui et s’écriaient : «Tu es le Fils de Dieu»; et, par de sévères menaces, 11 leur interdisait de le faire connaître.
Ensuite il gravit la montagne; 11 appela ceux qu'il lui plut de désigner lui-même et ils vinrent à lui. Alors il en choisit douze, auxquels il donna le nom d’apôtres!, pour être avec lui et pour recevoir mission de prêcher, avec le pouvoir de chasser les démons. Voici les douze qu'il choisit? : Simon, à qui il donna le nom de Pierre; — Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès*, c’est-à-dire fils du tonnerre; — André; — Philippe; — Barthélemy; — Matthieu ; — Thomas; — Jacques, fils d'Alphée ; — Thaddée; — Simon le Cananite“; — Judas l'Iskariôte®, celui-là même qui le trahit.
Ensuite il entra ὁ dans une maison et la foule y accourut encore à tel point qu'ils ne pouvaient pas même manger. Ceux de sa parenté, l’ayant appris, vinrent pour l’emmener avec eux. On disait, en effet, qu’il avait perdu l'esprit.
Quant aux Scribes, ceux qui étaient descendus de Jérusalem, ils disaient : «Il ἃ en lui Beelzéboul? », et: «C’est par le prince des démons qu'il chasse les démons. »
Alors il les appela à lui et leur dit en paraboles : «Comment
1 Plusieurs anciens manuscrits omettent : auxquels il donna le nom d'apôtres.
2? Plusieurs anciens manuscrits omettent : Voici les douze qu’il choisit.
3 Ce mot Boanergès n'offre aucun sens. Jésus a dû dire Bené-Régès, terme qui a été complètement dénaturé par les copistes, qui ne savaient pas l’hébreu.
4 Le CGananite, Voir note sur Matth, 10, 4.
5 L’'Iskariôte. Voir note sur Matth. 10, 4.
6 Plusieurs anciens manuscrits lisent : 118 entrèrent.
7 Beelzeboul ou Beelzeboub, un des noms du Diable ou chef des démons au temps de Jésus-Christ,
ÉVANGILE SELON SAINT MARC 137 S.à, Satan peut-il chasser Satan 1 Si un royaume est divisé contre luimême?, ce royaume ne peut subsister. Si une maison est divisée contre elle-même ὃ, cette maison ne pourra subsister ; de même si Satan se livre bataille à lui-même et se divise, il ne peut subsister, il touche à sa fin. »
«Nul ne peut entrer dans la maison du guerrier et piller ce qu'il possède 4, s’il n’a tout d’abord chargé de liens le guerrier ; ce n’est qu'alors qu'il pourra piller sa maison. »
«En vérité, je vous le dis, toutes sortes de péchés seront pardonnés aux fils des hommes, ainsi que les blasphèmes aux blasphémateurs ; mais celui qui blasphème contre l'Esprit, qui est saint, ne reçoit point de pardon, n'en recevra jamais, mais 1] est® coupable d’un éternel péché. » (C'était parce qu'ils disaient : « Il a en lui un Esprit impur).»
Ce fut alors qu'arrivèrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, le firent demander. Quantité de gens étaient assis autour de lui, lorsqu'on lui dit: «Voilà dehors ta mère et tes frères 5 qui te cherchent.» Il répondit ainsi: «Qui est ma mère et qui sont mes frères?» Puis il regarda ceux qui étaient assis en cercie autour de lui et dit: «Voici ma mère et mes frères ; faire la volonté de Dieu, c’est être mon frère, c'est être ma sœur, c’est être ma mère.»
De nouveau il se mit à enseigner au bord de la mer. Il se rassembia autour de lui une multitude si prodigieuse qu'il monta dans une barque où 1] s’assit, et il se tint sur la mer, tandis que la foule restait à terre au bord de l’eau.
ΠῚ leur enseignait beaucoup de choses en paraboles et il leur disait dans son enseignement :
« Écoutez! Voilà que le semeur est sorti pour semer. Il jette
1 Satan. Voir note sur Marc 4, 15.
2 Grec : divisé en lui-même.
3 Grec : divisée en elle-mêrre.
4 Ce qu’il possède. Voir note sur Matth. 12, 29.
5 Plusieurs anciens manuscrits lisent : 1] sera.
5 Quelques anciens manuscrits ajoutent : ef {es sœurs,
sa semence, et il est arrivé qu'un grain est tombé le long du chemin et les oiseaux sont venus et l’ont mangé. »
«Un autre est tombé sur un sol pierreux, où il n’y avait pas beaucoup de terre, et il a immédiatement poussé, parce que la terre était sans profondeur. Mais le soleil, en se levant, ἃ brülé la plante, qui, n'ayant point de racines, s’est desséchée. »
Un autre grain est tombé parmi les épines; et les épines ont grandi et l’ont étouffé, de sorte qu'il n’a point donné de fruit. »
«D'autres grains sont tombés dans la bonne terre, et ceux-là, montant et croissant, ont donné du fruit, tel grain en a produit trente, tel autre soixante, tel autre cent. » Et il ajouta : «Que celui qui ἃ des oreilles pour entendre, entende!!»
Lorsqu'il fut seul, ceux qui l’entouraient l’interrogèrent avec les douze sur les paraboles. Il leur dit: «A vous il est donné de pénétrer le mystère du Royaume de Dieu; mais à ceux-là, ceux du dehors, tout arrive sous forme de paraboles, afin que tout en regardant parfaitement, ils ne voient point, tout en entendant parfaitement, ils ne comprennent point, et cela pour qu'ils ne se convertlissent pas et qu’il ne leur soit point pardonné. »
Et il ajouta: «Ne comprenez-vous pas cette parabole 33 Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles? Le semeur sème la parole. Les uns sont le long du chemin où la parole est semée, et quand ils l’ont entendue, Satan * vient aussitôt et enlève la parole semée en eux. » |
«Les autres sont semblables ; 11 est des grains qui sont semés sur un sol pierreux ὁ : ceux-là quand ils entendent la parole, l’accueillent aussitôt avec joie, mais 1ls n’ont pas de racine en euxmêmes; ils ne sont que pour un temps; une afiliction on une persécution survenant à cause de la parole, ils y trouvent aussitôt une occasion de chute.” »
1 Ou : Pour écouter, écoute.
2 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : Vous ne comprenez pas celle parabole; comment, etc.
3 Grec: Satanas, forme syriaque du mot hébreu Satan.
4 Dans cette par abole, la semence représente tantôt la parole elle-méê ime, tantôt celui qui la reçoit,
Ὁ Voir note sur Matth, 18, G et suiv.
«D’autres sont semés parmi les épines : ceux-là ont écouté la parole, mais les sollicitudes du siècle présent, la séduction de la richesse et les passions diverses font invasion, étouffent la parole et la rendent stérile. »
«Enfin il y ἃ ceux qui sont semés sur la bonne terre : ils écoutent la parole, ils la reçoivent et donnent des fruits, l’un trente, l’autre soixante, l’autre cent. »
Il leur dit aussi : «Est-ce qu'on apporte la lampe pour la mettre sous le boisseau ou sous le lit? N'est-ce pas pour la mettre sur le pied-de-lampe? Rien n’est caché que ce qui doit être manifesté ; rien n’est secret que pour être mis au jour. Si quelqu'un ἃ des oreilles pour entendre, qu'il entendet ! »
Il leur dit aussi : «Faites attention à ce que vous entendez ; la mesure que vous faites aux autres sera votre mesure, et il y sera ajouté. Car à celui qui a, il sera donné, et à celui qui n’a pas, même ce qu'il ἃ lui sera Ôté. »
Il dit aussi: «Il se passe pour le Royaume de Dieu ce qui se passe lorsqu'un homme jette la semence sur la terre. Qu'il dorme
ou qu'il veille, nuit et jour, la graine germe, la plante grandit, sans qu'il sache comment. D'elle-même la terre donne son fruit : c’est
d'abord une herbe; c'est ensuite un épi; c’est enfin le blé remplissant cet épi. Et quand la terre ἃ ainsi donné son fruit, il y met aussitôt la faucille, car est arrivée la moisson. »
Il dit aussi: «A quoi assimilerons-nous le Royaume de Dieu? Ou par quelle parabole le représenterons-nous ? Il est comme un grain de sénevé?, la plus petite de toutes les semences lorsqu'on la sème sur la terre, mais qui monte lorsqu'il est semé et qui devient plus grand que toutes les plantes potagères et pousse de si vastes branches que, dans leur ombrage, les oiseaux du ciel peuvent faire leurs nids. »
1 Voir note sur le verset 9.
2 De sénevé ou de moutarde.
140 LE NOUVEAU TESTAMENT CPR SRE à τς OR QE RS
C'est par un grand nombre de paraboles de ce genre qu'il leur annonçait la parole, dans la mesure où ils pouvaient comprendre. Il ne leur parlait qu'en paraboles; puis, en particulier, il expliquait tout à ses disciples 1.
Ce même jour, le soir venu, il leur dit : « Passons à l’autre rive. »
Ils renvoient la foule, et l'emmènent dans la barque où il se trouvait ; d’autres barques les accompagnaient.
Un grand tourbillon de vent s’éleva; les vagues se jetaient dans la barque avec une telle force que déjà elle se remplissait. Et lui, à la poupe, la tête sur le coussin ?, il dormait. Ils le réveillèrent et lui dirent : « Maître, est-ce que tu ne te soucies pas que nous périssions ? » Alors il se leva ÿ, il fit des menaces au vent et il dit à la mer : « Silence ! apaise-toi !» Et le vent tomba, il se fit un grand calme. Puis il leur dit : « Pourquoi vous effrayer 4? N’avezvous point encore de foi5?» Et, frappés de terreur, ils se disaient l’un à l’autre: «Qui donc est cet homme pour que le vent et la mer lui obéissent ? »
Ils allèrent de l’autre côté de la mer, dans le pays des Géraséniens. Au moment même où il débarquait, vint à sa rencontre, sortant des sépulcres 5, un homme possédé d’un esprit impur. II faisait sa demeure dans les tombeaux, et personne ne pouvait plus le lier même avec une chaîne. Plusieurs fois on l’avait enchaîné ; on lui avait mis les fers aux pieds ; mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et nul n’avait la force de s’en rendre maître. Il ne cessait nuit et jour d’errer parmi les sépulcres et sur les montagnes , en jetant des cris et en se meurtrissant contre les rochers.
1 Grec: ses propres disciples, c'est-à-dire, sans doute, les douze apôtres.
? Le coussin, d'ordinaire placé à la poupe du bateau.
3 Ou: il se réveilla.
1 Plusieurs anciens manuscrits ajoutent ainsi et lisent : Pourquoi vous effrayer ainsi ?
Ὁ Plusieurs anciens manuscrits lisent : Comment n'avez-vous point de foi ?
5 Les sépulcres, c’est-à-dire les cavernes taillées dans le roc ou formées naturellement et qui servaient de sépultures. Voir note sur Matth. 28, 8.
De loin, il aperçut Jésus ; 1l courut se prosterner devant lui et lui dit, en criant de toutes ses forces : «ΟὟ a-t-il entre moi et toit, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut? Au nom de Dieu, je t’en conjure, ne me torture point. » (En effet, Jésus lui disait : «Esprit impur, sors de cet homme.») Puis 1] l'interrogea: «Quel est ton nom?» — «Mon nom, répondit-il, est Légion, car nous sommes nombreux. » Et cette Légion le suppliait de ne pas l’expulser du pays. Or il y avait là, paissant sur la montagne, un grand troupeau de pourceaux, et les esprits impurs lui adressaient cette demande : « Envoie-nous dans ces pourceaux, afin que nous entrions en eux ». Jésus le leur permit. Alors ils partirent et entrèrent dans les pourceaux, et, d’une course impétueuse, le troupeau se précipita dans la mer; il y en avait environ deux mille; 115 se noyèrent dans les flots. Les gardeurs prirent la fuite et allèrent répandre la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les habitants vinrent voir ce qui s'était passé. Ils s’approchèrent de Jésus et aperçurent assis, avec ses vêtements, et plein de bon sens, le démoniaque, celui, qui avait eu la Légion; cela leur fit peur. Les témoins oculaires leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et aux pourceaux. Les habitants prièrent alors Jésus de quitter leur pays.
Comme il montait dans la barque, l'homme qui avait été délivré des démons lui demanda la permission de rester avec lui. Jésus n’y consentit pas, mais lui dit : « Va dans ta maison, vers les tiens ; apprends-leur les grandes choses que le Seigneur t'a faites et comme il a eu pitié de toi.» Cet homme partit et se mit à publier dans la Décapole les grandes choses que Jésus lui avait faites, et tous étaient dans l'admiration.
Lorsque Jésus, ayant repassé l’eau dans la barque, fut de retour de l’autre côté, une foule considérable s’assembla autour de lui; et comme il était au bord de la mer, arriva un chef de synagogue, du nom de Jaïrus, qui, en l’apercevant, alla se jeter à ses pieds et lui adressa d’instantes prières : «Ma petite fille, lui dit-il, est à
1 Voir note sur Jean 2, 4.
toute extrémité; viens, impose-lui les mains, afin qu’elle soit guérie ! et qu'elle vive.» Jésus partit avec lui, suivi d’une multitude nombreuse qui le pressait de tous côtés.
Or il y avait là une femme, malade d’une perte de sang depuis douze années; elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins ; elle y avait dépensé tout son avoir et cela n'avait servi à rien; au contraire, son état avait plutôt empiré. Elle avait entendu parler de Jésus, et venant dans la foule, par derrière, elle toucha son vêtement ?; car elle disait : « Si seulement je touche ses vêtements, je serai guérie*.» Immédiatement tarit la source du sang qu'elle perdait : elle sentit en son corps qu'elle était guérie de son infirmité; et, en même temps, Jésus, ayant senti en lui-même la vertu * qui sortait de lui, se retourna vers la foule et dit : « Qui a touché mes vêtements?» Ses disciples lui répondirent : «Tu vois la foule te presser de tous côtés et tu demandes : «Qui m'a touché?» Mais il regardait tout autour de lui pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, toute craintive et tremblante, ayant conscience de ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Et lui, 1l lui dit: «Ma fille, ta foi t'a guérie* ; va en paix et sois délivrée de ton infirmité. »
QI parlait encore lorsque survinrent des gens du chef de la synagogue: (Ta fille est morte, lui dirent-ils, pourquoi fatiguer davantage le maïître?» Mais Jésus, sans tenir compte de cette parole, dit au chef de synagogue: «Ne crains point, crois seulement 6. » Puis il ne permit à personne de l'accompagner, si ce n’est à Pierre, à Jacques et à Jean, frère de Jacques.
Is arrivent à la maison du chef de synagogue. Là, Jésus à le spectacle de tout un tumulte de gens pleurant tout haut et poussant des cris’. Il entre et leur demande : « Pourquoi ce tumulte et
1 Ou : sauvée.
2 Son vélement de dessus, son manteau.
8 Ou : sauvée,
# Ou: La force, la puissance.
» Ou: sauvée.
ὁ On peut traduire aussi: aie seulement confiance ou : aie seulement de la foi. Voir note sur Évang. de Jean 14, 1.
7? Voir note sur Luc, 8, D2.
ces pleurs? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort.» Et on se moque de lui. Mais Jésus, faisant sortir tout le monde, ne prend avec lui que le père, la mère et les disciples qui l’accompagnaient ; puis il entre là où était l’enfant,.
I lui saisit la main en disant: Talitha Koum1, ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, réveille-toi ?. » La jeune fille se leva soudain et se mit à marcher ; en effet, elle avait douze ans. Ils furent sur-le-champ frappés d’une profonde stupeur. Il leur recommanda expressément de n'en parler à personne ; puis il dit de donner à manger à la jeune fille.
Jésus partit de là et retourna dans son pays; ses disciples le suivirent.
Le sabbat étant arrivé, il se mit à enseigner dans la synagogue. Et beaucoup parmi ses auditeurs étaient extrèmement surpris et disaient : « D'où lui viennent ces choses ? Qu'est-ce donc que cette sagesse qui lui est donnée? et que ces grands miracles accomplis par ses mains ? N'est-ce pas là le charpentier, le fils de Marie, frère de Jacques, de Josès, de Judas, de Simon? Et ses sœurs ne demeurent-elles pas ici, avec nous? »
Pour eux 1] était une occasion de chute‘.
Alors Jésus leur dit : «Un prophète n’est sans honneur que dans sa patrie, dans sa parenté, dans sa maison. » Et il ne put faire parmi eux aucun miracle, excepté quelques guérisons de malades par l'imposition des mains. Il s’étonnait de leur incrédulité et parcourait, en enseignant, les villages d’alentour.
Ayant réuni les douze, il commença à les envoyer en mission, deux à deux, leur donnant puissance sur les Esprits impurs. I] leur ordonna de ne rien emporter pour la route; un bâton seulement”;
1 Plusieurs anciens manuscrits lisent ces mots : T'aleitha Koum.
5 On peut traduire aussi : lève-toi ou encore : ressuscite.
3 C'est-à-dire à Nazareth ou Nazara.
4 Littéralement : Jls se scandalisaient en lui. Voir note sur Matth. 13, 97. 5 Un bâton de défense.
[ae]
ni pain, ni 880 1, ni monnaie quelconque dans la ceinture ?; pour toutes chaussures, leurs sandales, et de ne pas prendre de second vêtement ἡ.
Et il leur disait: « En quelque maison que vous entriez, demeurez-y jusqu'à ce que vous partiez de l'endroit ; et si quelque part on ne vous reçoit ni ne vous écoute, sortez de là, secouant, en témoignage contre eux, la poussière attachée à vos pieds. »
Ils partirent donc, prêchant qu'on devait se repentir“; et ils chassaient beaucoup de démons et, faisant des onctions d'huile à beaucoup de malades, ils les guérissaient.
Le roi Hérode? l’apprit; (en effet, le nom de Jésus était déjà célèbre) et il dit: «Jean-Baptiste est ressuscité d’entre les morts! de là ces puissances miraculeuses qui agissent en cet homme!» Les uns disaient: «C'est Élie!» d’autres: «C’est un prophète semblable à l’un de ceux d'autrefois!» Mais Hérode, qui entendait tout cela, disait: «C’est celui que j'ai décapité! c’est Jean! c’est lui qui est ressuscité ! »
En effet, cet Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait garrotter et emprisonner : et cela à cause d’'Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui, Hérode, avait épousée. Car Jean lui avait dit: «Il ne t'est pas permis d’avoir la femme de ton frère.» De sorte qu'Hérodiade était acharnée à sa perte; elle voulait sa mort; cependant elle ne pouvait l'obtenir, parce qu'Hérode avait du respect pour Jean qu'il savait être un juste et un saint; il veillait sur lui; sur plusieurs points sa parole l'inquiétait 6, et volontiers il 'écoutait. AL
Mais Hérodiade rencontra un jour opportun; ce fut lorsque
1 Voir note sur Matth. 10, 10.
2 Voir note sur Matth. 10, 9.
3 Grec: Ne pas vêlir deux tuniques, c'est-à-dire ne pas se munir, outre sd tunique, d’une tunique de rechange,
4 Ou: se convertir.
5 Le roi Hérode, nom populaire du tétrarque Hérode Antipas, fils d'Hérode le Grand. Voir note sur Matth. 2, 1.
ὁ Au lieu de: sur plusieurs points sa parole l’inquiétait, plusieurs anciens manuscrits lisent : ef dans beaucoup d'affaires il agissait d'après son conseil.
Hérode, à l'anniversaire de sa naissance, donna un banquet à ses dignitaires, à ses ofliciers et aux principaux personnages de la Galilée. Dans la salle entra la fille même d’Hérodiade, et elle dansa et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit alors à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu voudras et je te le donnerai.» Il lui en fit le serment : «Tout ce que tu demanderas, je te le donnerai, füt-ce la moitié de mon royaume!» La jeune fille sortit et dit à sa mère : «Que demanderai-je? » La mère répondit : «La tête de Jean-Baptiste.» Rentrant en toute hâte auprès du roi, la fille lui fit ainsi sa demande: «Je veux qu'à l'instant même tu me donnes sur un plat la tête de Jean-Baptiste.» Le roi fut accablé de tristesse; cependant, à cause de son serment, à cause aussi des convives, il ne voulut pas la refuser. Et immédiatement il fit appeler un exécuteur! et lui donna ordre de rapporter la tête de Jean. Cet homme alla donc décapiter Jean dans sa prison, et, rapportant la tête sur un plat, il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ce qu'ayant appris, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et l’ensevelirent dans un tombeau.
De retour auprès de Jésus, les apôtres lui rendirent compte de tout : de ce qu'ils avaient fait et de ce qu'ils avaient enseigné. Il leur dit alors : « Venez à l'écart, vous aussi, dans quelque endroit solitaire et reposez-vous un peu.» (En effet, il y avait une telle foule d’allants et de venants qu'ils n'avaient pas même le temps de manger.)
Ils partirent donc dans la barque pour se retirer dans quelque endroit solitaire, à l'écart. Mais plusieurs les virent s'éloigner et les reconnurent, et de toutes les villes ils accoururent à pied là où ils allaient et y arrivèrent avant eux.
En débarquant, il vit une foule immense ; il en eut compassion ?, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger, et il se mit à leur donner de nombreux enseignements. L'heure s’avançait beau-
1 Un exécuteur, c'est-à-dire un des soldats de sa garde chargés d’exécuter les condamnés à mort.
coup et ses disciples, s’approchant, lui dirent : « L'endroit est désert et déjà il se fait tard. Renvoie-les, afin qu'ils aillent aux environs dans les maisons de la campagne et dans les villages acheter chacun quelque chose à manger.» Mais Jésus leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger.» — «Pour leur donner à manger, répliquèrent-ils, nous faudra-t-il aller acheter des pains pour deux cents deniers ! ! » Jésus reprit: «Combien de pain avezvous? Allez voir.» Après s’en être informés: «Cinq?, dirent-ils, et deux poissons. » Alors il leur commanda de les faire tous asseoir, en divers groupes, sur l’herbe verte. Ils se rangèrent à terre par bandes de cent et de cinquante. Puis Jésus, prenant les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel, prononça la bénédiction, rompit les pains et les donna aux disciples pour qu'ils les servissent à la foule; il partagea aussi, entre tous, les deux poissons. Tous mangèrent, tous furent rassasiés, et on emporta douze paniers pleins de restes de pain et de poissons. Quant au nombre de ceux qui avaient mangé, il était de cinq mille hommes.
Aussitôt après, il pressa ses disciples de remonter dans la barque, de prendre les devants et de se rendre, sur la rive opposée, à Bethsaïda, tandis que lui, il renverrait la foule. Quand il l'eut congédiée, il s’en alla sur la montagne, pour y prier. Le soir vint : au milieu de la mer était la barque; à terre, Jésus, demeuré seul.
Les voyant qui se fatiguaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vint à eux, vers la quatrième veille de la nuit*, en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser ; quand ils le virent, marchant sur la mer, ils crurent que c'était un fantôme et jetèrent des cris. Tous, en effet, le voyaient et étaient bouleversés. Mais aussitôt il leur parla; il leur dit: «Rassurez-vous; c’est moi; soyez sans crainte, »
Il monta avec eux dans la barque et le vent cessa. Leur stu-
1 Deux cents deniers représentaient une somme de cent quatre-vingts francs environ.
2 Cinq pains. Voir note sur Matth. 14, 17.
3 Voir note sur Matth. 14, 95 et sur Marc 18, 39,
peur allait grandissant; car ils n'avaient pas même compris le miracle des pains, tellement leur cœur était aveuglé 1.
Ayant passé l'eau, 115 arriverent au pays de Gennésaret, et ils abordèrent. A leur sortie de la barque, Jésus fut immédiatement reconnu. Alors toute la contrée fut en mouvement; on se mit à lui apporter les malades sur leurs grabats, partout où l’on apprenait sa présence. Et partout où il entrait, villages, villes ou bourgades, on déposait les malades sur les places publiques, et on le priait de les laisser seulement toucher la frange de son vêtement?; et tous ceux qui la touchaient étaient guéris ὃ.
Les Pharisiens et certains Scribes qui arrivaient de Jérusalem se réunirent près de lui. Ils avaient vu quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non purifiées par des ablutions “. — {En effet, les Pharisiens et, en général, les Juifs ne mangent pas sans avoir pratiqué des ablutions sur les mains, y compris le poignet5, conformément aux traditions des Anciens. Lorsqu'ils reviennent du marché, ils ne mangent pas avant de s'être plongés dans l’eau 7. Ils ont également une foule d’autres pratiques qu’ils observent par tradition : des ablutions de coupes, de vases de terre et de vases de cuivre). — Les Pharisiens et les Scribes posèrent donc une question à Jésus : «Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des Anciens et prennent-ils leur repas avec des mains impures? Il
1 Voir note sur Marc 8, 17.
? Littéralement : de son manteau. Noir sur le mot frange note sur Luc 8, 44,
5 Ou : étaient sauvés.
Ὁ On appelait, en effet, manger avec des mains impures ou profanes, manger sans avoir accompli les purifications traditionnelles, L’évangéliste va d’ailleurs nous l’expliquer lui-même.
5. Au lieu de: y compris le poignet, quelques anciens manuscrits lisent : de fréquentes ablutions sur les mains.
6 Ou: de la place publique.
7 Voir note sur Luc 11, 38; au lieu de: avant de s'être plongés dans l'eau, les deux plus anciens manuscrits lisent: avant de s'être aspergés d’eau.
$ Plusieurs anciens manuscrits ajoutent : ef de lits. 1] s’agit ici des lits ou divans sur lesquels s’étendaient les convives.
leur répondit: «C’est bien à vous, hypocrites !, que s'applique la prophétie d'Ésaïe :
«Cest des lèvres, est-il écrit, que ce peuple m'honore! Quant à son cœur, il est fort loin de moi!
C'est en vain qu'ils me rendent un culte! [humaines ? !» Ils enseignent des doctrines qui ne sont que des ordonnances
« Vous laissez de côté le commandement de Dieu et vous observez la tradition des hommes!» Puis 1] ajouta : «Ah! que vous savez bien violer le commandement de Dieu pour observer votre tradition! Ainsi Moïse a dit: « Honore ton père et ta mère.» et: «Qu'il soit puni de mort*, celui qui maudira son père ou sa mère “». Mais vous, voici ce que vous enseignez : Si un fils dit à son père ou à sa mère : «Je déclare Korban”, c’est-à-dire offrande à Dieu, ce dont tu voudrais être assisté par moi», 1l a la permission 6 de ne plus rien faire ni pour son père ni pour sa mère. Et voila comment, par la tradition que vous enseignez, vous réduisez à néant la parole de Dieu! Et combien d’autres choses pareilles vous faites!» De nouveau, il appela à lui la multitude : « Écoutez-moi tous, leur dit-il, et comprenez! Il n’est rien d'extérieur à l’homme qui, entrant en lui, puisse le rendre impur”, c'est, au contraire, ce qui sort de l’homme qui le rend impur$. »
Lorsque, rentré dans la maison, il fut loin de la foule, ses disciples l'interrogèrent sur cette parabole. Il leur répondit : « Eh quoi ! vous aussi, vous êtes sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que rien ὃ de ce qui est extérieur ne peut, en entrant dans l’homme, le rendre impur, puisque cela n'entre pas dans son cœur, mais dans
1 Voir note sur Matth. 6, 2.
2 Ésaïe 29, 13-14 (voir aussi Ézéchiel 33, 31). Voy. Matth. 15, 8-9.
3 Littéralement : qu’il meure de mort; c’est un hébraïsme,
4 Exode 20, 12 et 21, 17. Voy. Matth. 15, 4.
5 Korban, mot hébreu qui signifie offrande.
5 Littéralement : vous ne le laissez plus rien faire.
7 C'est-à-dire : lui faire contracter une impureté.
5. Le verset 16: Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende, manque dans les meilleurs manuscrits.
9 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : Vous ne comprenez pas que rien, etc.
son ventre, puis s'en va en quelque lieu secret, ce qui montre que tous les aliments sont également purs 1?» Il dit aussi: « Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui le rend impur! car c’est de l’intime du cœur des hommes que sortent les pensées mauvaises : fornications, vols, homicides, adultères, rapacités, méchancetés, tromperie, impudicité, envie?, calomnie, orgueil, démence. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et rendent l’homme impur. »
Parti de là, Jésus se rendit vers les frontières de Tyr et de Sidon à.
Il voulait, dans la maison où il entra, rester inconnu; mais il ne lui fut pas possible de demeurer caché, car aussitôt qu’elle apprit sa présence, une femme, dont la fille était possédée d'un Esprit impur, entra auprès de lui et se jeta à ses pieds. Cette femme, syro-phénicienne de naissance, était païenne“. Elle lui demanda de chasser de sa fille le démon. Il lui répondit : «Laisse d’abord se rassasier les enfants; il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. » Elle répliqua en disant : «Si, Seigneur, même les chiens mangent, sous la table, quelques-unes des miettes des enfants.» Alors 11 lui dit : «A cause de cette parole, va ! le démon est sorti de ta fille! » Elle retourna chez elle et trouva l'enfant reposant sur son lit; le démon était chassé.
Il reprit sa route, partit des environs de Tyr et revint par Sidon vers la mer de Galilée en traversant le territoire de la Décapole.
On lui amena un sourd qui parlait difficilement et on le pria d'étendre la main sur lui. Il le conduisit hors de la foule, à l'écart, lui mit les doigts dans les oreilles, et toucha sa langue avec de la salive; puis, levant les yeux au ciel, il poussa un soupir et lui dit : «Ephphatah 5»; (ce mot signifie: ouvre-toi). Les oreilles de ce
1 Littéralement : ce qui purifie tous les aliments.
? Littéralement : œil mauvais.
5 Quelques anciennes autorités omettent : et de Sidon. Voir note sur Matth. 15, 21.
4 Dans le texte: était grecque. Ge mot désigne ici non la nationalité de cette femme, puisqu'elle était syro-phénicienne, mais sa religion.
5. Ce mot n’offre aucun sens; mais il se trouve dans tous les manuscrits et nous
sourd s’ouvrirent, et sa langue attachée se délia sur-le-champ ὅ : il parlait distinctement. Il leur recommanda de n’en rien dire à personne; mais plus il le leur recommandait, plus ils le publiaient partout; plus aussi était profonde leur surprise: Ils disaient : «Tout ce qu'il ἃ fait est parfait! les sourds, il les fait entendre! les muets, il les fait parler!»
ΠῚ arriva encore une fois, vers cette époque, que la foule étant très nombreuse et n'ayant pas de quoi manger, Jésus appela les disciples et leur dit : «Jai compassion ? de cette multitude; voici déjà trois jours qu'ils ne me quittent pas et ils n'ont pas de quoi manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils tomberont en défaillance sur la route; quelques-uns d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples lui répondirent : «Où pourrait-on, au milieu de ce désert, trouver des pains pour les rassasier?» — «Combien de pains avez-vous?» leur demanda Jésus. — «Sept», dirent-ils. ἢ donna ordre à la foule de s'asseoir par terre. Prenant ensuite les sept pains et rendant grâces, il les rompit et les donna à ses disciples pour qu'ils en fissent la distribution; et ils les distribuèrent à la multitude. Ils avaient encore quelques poissons. Jésus les bénit aussi et les fit distribuer #. Tous mangèrent et furent rassasiés. Des morceaux qui restèrent on emporta sept corbeilles; or ils étaient quatre mille environ. Ensuite Jésus les congédia.
Immédiatement après, il monta dans la barque avec ses disciples et se rendit dans le pays de Dalmanutha, où survinrent les Pharisiens qui se mirent à discuter avec lui, lui demandant un signe 5 venant du ciel; c'était pour le mettre à l'épreuve. Quant à lui, il
avons dû le transcrire tel qu'ils l'ont dénaturé. Le mot prononcé par le Ghrist est Eltpelah.
1 Plusieurs anciens manuscrits omettent : sur-le-champ.
2 Voir note sur Matth. 9, 36.
3 Voir sur le mot pain la note sur Matth. 14, 17.
4 Au lieu de: les fit distribuer, un des plus anciens manuscrits lit: les leur distribua.
5 Ou: un miracle.
dit en soupirant du plus profond de son cœur : « Pourquoi cette race-là demande-t-elle un signe? Je vous le dis en vérité !, à cette race-là il ne sera point donné de signe!» Il les laissa, remonta dans la barque et passa sur l’autre rive.
Or ils oublièrent de prendre des pains ; ils n’en avaient qu’un seul avec eux dans la barque ; et comme Jésus leur adressait cette recommandation : « Faites bien attention, prenez bien garde au levain des Pharisiens et à celui d'Hérode », — ils se communiquèrent leurs pensées : «C’est parce que nous n'avons pas de pains?!» Jésus, le sachant, leur dit: «Comment pouvez-vous penser aux pains que vous n’avez pas? N’avez-vous donc encore ni compréhension, ni intelligence? Votre cœur est-il toujours aveuglé#? Vous avez des yeux, vous ne voyez pas! Vous avez des oreilles, vous n'entendez pas! Vous n'avez pas de mémoire! Quand j'ai rompu lés cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés?» — «Douze», répondirent-ils. — «Et quand j'ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles avez-vous remplies de morceaux et avez-vous emportées?» — «Sept», répondirent-ils. — Il reprit : « Est-ce que vous ne comprenez pas encore ? »
Ils arrivèrent à Bethsaïda ; on lui amena un aveugle et on le pria de le toucher. Prenant cet homme par la main, il le conduisit hors du village. Puis il lui mit de la salive sur les yeux, posa les mains sur lui et lui demanda s’il commençait à voir“. Celui-ci regarda et répondit : «J’aperçois des hommes, parce que je vois comme des arbres qui marchent.» Alors Jésus posa encore une fois ses mains sur les yeux de l’aveugle, qui regarda : 1] était guéri; il apercevait distinctement toutes choses. Jésus le renvoya dans sa maison en lui disant : « Ne rentre pas dans le village. »
1 Quelques anciens manuscrits omettent : vous et lisent : Je le dis en vérité.
? Quelques anciens manuscrits lisent : parce qu’ils n’ont point de pains.
3 Aveuglé, littéralement : endurei. Le mot cœur est pris ici dans le sens du mot intelligence.
Ὁ Quelques anciens manuscrits lisent : ef Lui demanda: Commences-tu à voir?
8, 27 Jésus s’en alla, accompagné de ses disciples, vers les villages voisins de Césarée de Philippe 1.
Durant la route, il interrogea ses disciples ; il leur dit: «Qui 28 dit-on que je suis? » [ls lui répondirent : «Les uns, que tu es Jean- Baptiste ; les autres, Élie; d’autres encore, l’un des prophètes. » 99 «Mais vous, reprit-il, qui dites-vous que je suis?» Pierre répondit 30 parces mots: «Tu es le Christ. » Il leur défendit expressément de 91 parler de lui à qui que ce soit. Puis il commença à leur apprendre qu’il lui fallait, lui, le Fils de l’homme: — beaucoup souffrir; — être rejeté par les Anciens, les chefs des prêtres et les Scribes; 392 — être mis à mort; — ressusciter au bout de trois jours. Il exposait tout cela très clairement. Le tirant alors à l'écart, Pierre 93 se mit à le reprendre. Mais lui, se retournant et regardant ses disciples, reprit sévèrement Pierre, lui disant : «Va-t'en! Arrière de moi, Satan! parce que tes pensées ne sont pas de Dieu, mais des hommes. »
34 Ayant appelé à lui la foule, ainsi que ses disciples, il leur dit : «Si quelqu'un? veut venir derrière moi et me suivre, qu'il renonce 35 ἃ lui-même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive. Celui qui voudra sauver sa vie, la perdra; et il sauvera sa vie, celui qui 35 l'aura perdue à cause de moi et de l'Évangile“. A quoi servira-t-il 37 ἃ un homme de gagner le monde entier s'il perd sa vie? Qu'est-ce ss qu'il donnera en échange de sa vie? De celui qui, au sein de cette génération adultère ὃ el pécheresse, aura eu honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme aura honte à son tour, quand il vien- 9, 4 dra dans la gloire de son Père avec les saints anges!» Il ajouta : «En vérité, je vous le dis, quelques-uns sont ici présents qui ne goûteront point la mort avant d'avoir vu venir, en puissance, le Royaume de Dieu. »
1 Césarée de Philippe. Voir note sur Matth. 16, 13. | 2 Au lieu de: si quelqu'un, plusieurs anciens manuscrits lisent : quiconque.
8 Ou : qu'il prenne. |
t Ou : de la Bonne Nouvelle.
5 Adultère a ici le sens de impie.
Six jours après, emmenant seuls avec lui Pierre, Jacques et Jean, Jésus les conduisit sur une haute montagne, à l'écart. Et alors, devant eux, il fut transfiguré : ses vêtements devinrent resplendissants et d’une éblouissante blancheur. Nul foulon ici-bas ne saurait en produire une semblable. Élie leur apparut; avec lui était Moïse ; et ils s’entretinrent avec Jésus. Pierre alors, s'adressant à Jésus, lui dit: «Rabbit, qu'il nous est bon d’être ici! Dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Élie...» Il ne savait que dire; ils étaient, en effet, terrifiés. Une nuée survint qui les enveloppa, et de cette nuée sortit une voix : «Celui-ci est mon Fils, le bien-aimé, écoutez-le!» Immédiatement ils regardèrent autour d'eux, et ne virent plus personne ; Jésus seul était avec eux.
Comme ils descendaient de la montagne, il leur ordonna de ne raconter à personne ce qu'ils venaient de voir, si ce n’est lorsque le Fils de l’homme serait ressuscité d’entre les morts. Ils retinrent ces mots : «ressuscité d’entre les morts», et se demandaient, à part eux, ce qu'ils signifiaient ; et ils l’interrogèrent : «Comment les Scribes ? disent-ils: «Il faut, avant tout. qu'Élie vienne 3» Il leur répondit: «Élie viendra avant tout et rétablira toutes choses ; d'où vient alors qu'il est écrit du Fils de l’homme : il doit beaucoup souffrir et être méprisé 3? Eh bien, je vous le déclare, Élie est venu et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu, conformément à ce qui est écrit de lui.»
De retour auprès des disciples, ils les trouvèrent entourés d’une
1 C'est-à-dire maitre.
? Quelques anciens manuscrits lisent : les Pharisiens et les Scribes.
3 La concision de cette phrase la rend obscure. Nous l’avons reproduite littéralemènt. On peut la traduire aussi, d’après une autre ponctuation: Qu'est-il écrit du Fils de l'homme? qu'il doit beaucoup souffrir et être méprisé. Jésus veut dire ceci : Ges deux prédictions 4° qu’Élie doit venir et rétablir toutes choses et 2° que le Messie doit souffrir, ne vous semblent pas pouvoir subsister ensemble, Vous êtes dans l'erreur ; elles s’accompliront toutes deux. La première est déjà en partie accomplie : Élie est venu et a souffert. C'était Jean-Baptiste; et maintenant le Fils de l’homme va souffrir à son tour. Voir le passage parallèle Matth. 17, 41 et 12.
[he] [2]
foule considérable; des Scribes discutaient avec eux. Dès que la multitude aperçut Jésus, chacun fut en émoi; on accourut à lui, on le saluait. Il les interrogea : «Qu'est-ce que cette discussion ?» L'un de ceux qui était dans la foule répondit : «Maître, je t'ai apporté mon fils; un Esprit muet le possède, et partout où il s’ernpare de lui, il le renverse par terre; alors l'enfant écume, grince des dents et devient tout raide!. J'ai demandé à tes disciples de le chasser : ils n’en ont pas eu la force. » — «O0 génération sans foi, dit Jésus en leur répondant, jusqu'à quand serai-je au milieu de vous? Jusqu'à quand vous supporterai-je ? Apportez-moi l’enfant.» On le lui apporta. Mais à peine eut-il vu Jésus que l'Esprit lui donna des convulsions, et, tombant par terre, il se tordait en écumant. Jésus interrogea son père: «Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive?» — «Depuis sa première enfance »; répondit-il; «et souvent l’Esprit l’a jeté tantôt dans le feu, tantôt dans l’eau pour le faire périr; si tu peux y faire quelque chose, aie pitié de nous?, et viens à notre secours. » Jésus lui répondit: «Tu me dis: si tu peux ! Tout est possible à celui qui croit.» Aussitôt le père de l'enfant s’écria: «Je crois! Viens en aide à mon incrédulité ! » Jésus, voyant la foule accourir, fit des menaces à l'Esprit impur : il lui dit : «Esprit sourd et muet, c'est moi qui te l’ordonne, sors de cet enfant et désormais n’y rentre plus!» L'Esprit jeta un cri et sortit, en agitant violemment l'enfant, qui devint comme mort ; aussi un grand nombre disaient-ils : IT est mort.» Mais Jésus le prit par la main, le releva; il revint à lui.
Quand Jésus fut entré dans une maison, ses disciples lui demandérent en particulier : « Pourquoi, nous, avons-nous été impuissants à expulser cet Esprit?» Jésus leur répondit: «Il est d’une espèce, qui ne peut absolument se chasser que par la prière #. »
Partis de là, ils traversèrent la Galilée, et 1l voulait que personne
1 Littéralement : 1 se dessèche.
2 Voir note sur Matth. 9, 36.
8. On peut traduire aussi : Tout m'est possible en faveur de celui qui croit. Quelques anciens manuscrits ajoutent ici : οἱ par le jeûne.
ne le sût, car il instruisait ses disciples; il leur disait: «Le Fils de l’homme sera livré ! entre les mains des hommes; ils le tueront ; puis, une fois mis à mort, après trois jours, il ressuscitera.» Mais ils ne comprenaient pas ce langage et ils craignaient de l’interroger,
Ils arrivèrent à Capharnaüm; et quand 1l fut à la maison, il leur demanda : « De quoi vous entreteniez-vous pendant la route?» Ils gardèrent le silence; car ils avaient discuté en chemin sur celui d'entre eux qui était le plus grand. Jésus s’assit, appela les douze et leur dit: «Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit? le dernier de tous et le serviteur de tous.» Puis il prit un enfant, le plaça au milieu d'eux, et, après l'avoir embrassé, 11 leur dit : «Qui reçoit en mon nom un enfant tel que celui-ci me reçoit. Et qui me reçoit, reçoit non pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »
«Maître, lui dit Jean, nous avons vu un homme chasser # des démons en ton nom, et comme il ne nous suit pas ”, nous l’en avons empêché.» Jésus répondit : «Ne l’en empêchez point, car personne, après avoir, en mon nom, fait un miracle, ne peut aussitôt mal parler de moi. En effet, qui n'est pas contre nous est pour nous. Et quiconque, en mon nom et parce que vous êtes au Christ, vous aura donné à boire un verre d’eau, je vous le dis en vérité, ne perdra point sa récompense. »
«Quant à celui qui aura été une occasion de chuteS pour l’un de ces petits qui croient 7, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu'on le jetât dans la mer. »
«Si ta main est pour toi une occasion de chute”, coupe-la; il
1 Grec : est livré.
2 Grec : il sera.
3 En mon nom. Voir note sur Matth. 18, 5.
4 Plusieurs anciens manuscrits lisent: Un homme qui ne nous suit pas chasser, etc.
5 C'est-à-dire n’est pas avec nous, n'est pas des nôtres.
6 Grec: qui aura scandalisé. Voir note sur Matth. 18, 0,
7 Plusieurs anciens manuscrits ajoutent: en moi.
8 Voir note sur Matth. 18, 6.
9 Grec: te scandalise. Voir note sur Matth. 18, 0.
[Re]
t'est meilleur d'entrer mutilé dans la vie, que d'aller avec tes deux mains dans la GéhenneT, dans le feu inextinguible?. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le; il t’est meilleur d'entrer estropié dans la vie que d'être jeté avec tes deux pieds dans la Géhenne. Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; il t'est meilleur d'entrer borgne dans le Royaume de Dieu que d'être jeté, avec tes deux yeux, dans la Géhenne où : «Leur ver ne meurt pas et le feu ne s'éteint pas“.» Car tous seront salés 5 par le feu. Le sel est bon: mais si le sel devient insipide, avec quoi l’assaisonnerez-vous? En vous-mêmes ayez du sel, et, entre vous, vivez en paix. »
Jésus, partant de là, se rendit sur les frontières de la Judée et de l’autre côté du Jourdain. De nouveau, des multitudes se rassemblèrent autour de lui; de nouveau, suivant sa coutume, il les enselgnait.
Les Pharisiens vinrent à lui et lui demandèrent: «Est-il permis à un mari de répudier sa femme?» C'était pour le mettre à l'épreuve. Il leur répondit par ces paroles : «Qu'est-ce que Moïse vous ἃ prescrit?» — «Moïse, dirent-ils, a permis d'écrire un acte de divorce et de la répudier.» Alors Jésus reprit: «C’est à cause de la dureté de vos cœurs qu'il vous ἃ écrit ce commandement. Mais au commencement du monde Dieu «a fait un couple, mâle et femelleS», «à cause de cela l’homme laissera son père et sa mère? et
1 La Géhenne. Voir note sur Matth. 5, 22.
2? Les mots: où leur ver ne meurt pas et le feu ne s'éteint pas, et qui forment le verset 44, manquent dans les meilleurs manuserits.
5 Même remarque sur les mots qui forment le verset 46 que sur ceux qui forment le verset 44.
4 Ésaïe 66, 24.
? Le mot salés a ici le sens biblique de consacrés. Chacun, comme les victimes offertes en sacrifice, sera salé, c’est-à-dire sera consacré à Dieu, et cela par le feu, c’est-à-dire par l'épreuve.
6 Genèse 1, 27.
7 Plusieurs anciens manuscrits ajoutent : pour s'attacher à sa femme.
ils seront deux dans une seule chair !». Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu ἃ uni, qu'un homme ne le sépare point, »
Dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore sur le même sujet. « Qui répudie sa femme, leur dit-il, et en épouse une autre, commet un adultère à l'égard de la première. Et si une femme qui a quitté son mari en épouse un autre, elle commet un adultère. »
Comme on lui apportait des enfants pour qu'il les touchât, les disciples blâmaient ceux qui les lui apportaient., Jésus le vit et s'en indigna. Il leur dit: «Laissez les enfants venir à moi; ne les en empèêchez pas; car c’est à ceux qui leur ressemblent qu’appartient le Royaume de Dieu. En vérité, je vous le dis, qui ne recevra pas, comme un enfant, le Royaume de Dieu, n’y entrera pas.» Puis 1l les embrassa et, posant les mains sur eux, il les bénit.
Comme il se mettait en route, quelqu'un courut à lui, se jeta à ses genoux et lui fit cette question : «Bon maître, que dois-je faire pour acquérir la vie éternelle?» Jésus lui dit: «Pourquoi m'appelles tu bon? nul n’est bon, si ce n'est Dieu seul! Tu connais les commandements: «Tu ne seras point adultère; tu ne seras point meurtrier; tu ne seras point voleur ; tu ne rendras point de faux témoignage; tu ne commettras point de fraude; honore ton père et ta mère ?.» Il répondit : «Tout cela, maître, je l'ai observé dès ma jeunesse.» — Jésus, le regardant, l’aima et lui dit: «Une chose te manque, va vendre ce que tu as; donnes-en le prix aux pauvres; tu auras alors un trésor dans le ciel; viens ensuite et suis-moi.» Ce langage l’affligea; il s’en alla tout triste. car il avait beaucoup de biens.
Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : « Combien difficilement entreront dans le Royaume de Dieu ceux qui ont des richesses!» Ces paroles surprenaient les disciples. Jésus reprit
1 Genèse 2, 24.
2 Exode 20, 12 à 16. Voy. Matth. 19, 18.
alors en ces termes : «Qu'il est difficile, mes enfants !, d’entrer dans le Royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par l'ouverture d’une aiguille ? qu’à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu.» Ils furent absolument consternés : «Qui pourra être sauvé?» se dirent-ils l’un à l’autre. Jésus leur répondit en les regardant : «Aux hommes, cela est impossible; mais non à Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit alors à lui dire: «Et nous, nous avons tout quitté ! nous t’avons suivi!» Jésus répondit : (En vérité je vous le dis, personne, à cause de moi et à cause de l'Évangile 5, ne quittera une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants, des terres, sans qu'il ne reçoive le centuple dès maintenant, en ce temps présent, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, des terres, avec des persécutions et, dans le siècle à venir, la vie éternelle 4».
«Mais plusieurs des premiers seront derniers et les derniers premiers. »
Ils étaient en chemin, montant à Jérusalem. Jésus marchait en avant des disciples effrayés; ceux qui le suivaient étaient dans la terreur.
De nouveau il réunit les douze et se mit à leur dire ce qui allait lui arriver: « Voilà que nous montons à Jérusalem; le Fils de
! Quelques anciens manuscrits, après mes enfants, ajoutent: à ceux qui se confient dans les richesses.
2 Grec : «l'ouverture de l'aiguille». La présence de l’article devant le mot aiguille ἃ fait supposer à certains commentateurs que Jésus désignait ici une des portes de la ville de Jérusalem, porte qui aurait été si étroite qu’un chameau n'aurait pu y passer et que l’on aurait appelée, à cause de son étroitesse, læ porte du trou de l'aiguille. Dans les autres Evangiles (Matth. 19, 24, Luc 18, 29), Particle est omis devant le mot aiguille. On peut alors prendre l’expression trou d’une aiguille au pied de la lettre et l’image proverbiale employée par le Christ se comprend aisément, le chameau étant le plus grand animal connu en Palestine, au premier siècle. Dans notre langage moderne, nous dirions pour exprimer une impossibilité du même genre : il est plus facile à un éléphant de passer par le trou d'une aiguille, On a quelquefois proposé de traduire : il est plus facile de faire passer un cable par le trou d'une aiguille, mais cette traduction serait fautive,
3 Ou de la Bonne Nouvelle.
4 Éternelle. Voir note sur Jean 9, 15,
l'homme y sera livré aux chefs des prêtres et aux Scribes qui le condamneront à mort; puis ils le livreront aux païens qui se joueront de lui, lui cracheront au visage, le flagelleront et le tueront et, après trois jours, 11 ressuscitera. »
Jacques et Jean (les fils de Zébédée) s’approchèrent de lui et lui dirent : «Maitre, nous voudrions que tu nous accordes ce que nous allons te demander.» Il répondit : «Que voudriez-vous que je vous accorde ?» — «Promets-nous, reprirent-ils, que nous siégerous, au jour de ta gloire, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche. » Jésus repartit: «Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvezvous boire la coupe que je bois? ou être baptisés du baptème dont je suis baptisé?» — «Nous le pouvons», lui dirent-ils. — Et Jésus répliqua : « La coupe que je bois, vous la boirez ; le baptême dont je suis baptisé, vous en serez baptisés. Mais quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; ces places sont à ceux pour lesquels elles ont été préparées. »
Les dix autres qui avaient entendu commençaient à s’indigner contre Jacques et Jean; Jésus alors les appela et leur dit: «Vous savez que ceux qui passent pour régner sur les nations, en sont les dominateurs, et que les grands, dans ces nations, exercent sur elles un pouvoir impérieux. [1 n’en est pas ainsi parmi vous. Au contraire, qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur ; qui voudra devenir le premier parmi vous, sera l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme rançon pour plusieurs. »
Ils arrivèrent à Jéricho. Lorsqu'il sortit de la ville avec ses disciples et une foule nombreuse, un aveugle, Bartimée (fils de Timée) mendiait, assis sur le bord de la route. Entendant dire querc'était Jésus de Nazareth, il se mit à crier: «Fils de David, Jésus, aie pitié de moi!» Beaucoup le menaçaient pour le faire taire, mais il n’en criait que plus fort: «Fils de David, aie pitié de moi!» Jésus s'arrêta. «Appelez-le», dit-il. On appela cet aveugle, on lui dit: «Prends courage, lève-toi, il t’appelle. » IT se dressa aussitôt,
rejeta son manteau et s’avança vers Jésus. Jésus alors lui adressa ces paroles : «Que veux-tu que je fasse pour toi?» L’aveugle répondit : «Que j'y voie! Rabbouni!!» — « Va, lui dit Jésus, ta foi l’a sauvé?.» Et subitement il vit, et il suivit Jésus dans le chemin.
Quand ils furent près de Jérusalem, de Béthanie et de Bethphagé”, du côté du mont des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en leur disant : «Allez à ce village qui est devant vous; et tout de suite, à l'entrée, vous trouverez un ânon attaché, que personne n’a jamais monté. Détachez-le et l’amenez. Si l’on vous demande pourquoi vous faites cela, répondez : Le Seigneur en a besoin et on l’enverra immédiatement ici. »
Ils partirent et, au détour du chemin, ils trouvèrent l’ânon ὁ attaché tout contre une porte extérieure; ils le délièrent. Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent : «Que faites-vous? Pourquoi détachez-vous cet änon?» Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit; et on les laissa faire. Ils amenèrent donc l’ânon, sur lequel 115 placèrent leurs manteaux, à Jésus, qui s’assit sur lui. Sur le chemin, un grand nombre étendirent leurs vêtements et d'autres des rameaux coupés dans les champs. Et ceux qui le précédaient et ceux qui le suivaient criaient : « Hosanna 6! »
« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur 7! » «Béni soit le Règne$ qui commence, le Règne de notre père David! Hosanna au plus haut des cieux ! »
Il entra à Jérusaiem et pénétra dans le Temple. Il promena autour de lui son regard sur toutes choses, et comme l'heure s'avançait, il partit avec les douze pour Béthanie.
1 Mot syriaque qui a le même sens que Rabbi, maitre.
2 Ou: guéri.
5 Quelques anciennes autorités omettent : et de Bethphagé.
4 Plusieurs anciens manuscrits lisent : un ânon.
5 Quelques anciens manuserits lisent : {out contre la porte extérieure, ὁ Voir sur Hosanna note sur Matth. 21, 9.
7 Psaume 118, 20,
δ Ou: le Royaume.
Littéralement : qui vient.
Le lendemain, comme 115 sortaient de Béthanie, il eut faim. Apercevant de loin un figuier couvert de feuilles, il y alla pour voir s’il n’y découvrirait pas quelque fruit; mais quand il s’en fut approché, il n’y trouva que des feuilles. En effet, ce n'était pas encore le moment des figues!. Alors il s’adressa à l'arbre et lui dit: «Que personne ne mange désormais de ton fruit!» Ce mot fut entendu des disciples.
Quand ils furent arrivés à Jérusalem, Jésus entra dans le Temple? et se mit à chasser les vendeurs et les acheteurs ; il renversa les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes; de plus, il ne laissait personne, portant un objet quelconque, passer par le Temple. Et voici ce qu’il enseignait : « N’estil pas écrit :
«Ma maison s’appellera, pour tous les peuples, maison de prière 5»
Et vous, vous en avez fait ΝΠ 0 1... . une caverne de brigands.»
En Πρ, les chefs des prêtres et les Scribes cherchaient par quels moyens ils le feraient périr. En effet, ils avaient peur de lui à cause du peuple, qui, tout entier, était extrèmement frappé de son enseignement.
Quand venait le soir, ils sortaient 5 de la ville; or, en repassant le matin, ils virent le figuier desséché jusqu'à la racine 6. Se souvenant de ce qui s’était passé, Pierre dit à Jésus: «Rabbi7, voici le figuier que tu as maudit ; il s’est desséché. » Jésus alors, s'adressant à tous, leur dit: «Ayez foi en Dieu! En vérité, je vous le dis : Si
1 Ce passage est incompréhensible. Nous le traduisons littéralement, sans prétendre l’expliquer.
2? Voir sur ce mot : le Temple, note sur Jean 2, 14.
3 Ésaïe 56, 7. Voy. Matth, 21, 13.
4 Jérémie 7, 11.
5 Plusieurs anciens manuscrits lisent : il sortait.
5 Littéralement : depuis la racine.
7 C'est-à-dire Maitre.
quelqu'un dit à cette montagne, sans aucune hésitation dans son cœur, et en croyant à l’accomplissement de sa parole : « Soulève-toi et jette-toi dans la mer», cela lui sera accordé. C’est pourquoi je vous dis: Croyez que vous recevrez tout ce que vous demandez dans votre prière, et tout vous sera accordé. En outre, quand vous vous mettez à prier, pardonnez ! à toute personne contre qui vous pourriez avoir quelque chose, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne? aussi vos offenses 5. »
Ils étaient retournés à Jérusalem; et comme 11 allait et venait dans le Temple, les chefs des prêtres, les Scribes et les Anciens s’approchèrent de lui et lui dirent: «En vertu de quelle autorité fais-tu ces choses ? ou # qui t’a donné l'autorité de les faire ? » Jésus leur répondit : «Je vous ferai, moi aussi, une question, une seule. Répondez-moi et je vous dirai en vertu de quelle autorité je fais ces choses : Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes? Répondez-moi.» Or ils faisaient, à part eux, ce raisonnement : «Si nous répondons : Du ciel, il dira : Pourquoi donc ne l’avezvous pas cru? Répondrons-nous alors : Des hommes?....» [οἱ ils avaient à craindre la foule’; car tout le monde tenait Jean pour un prophète. Alors ils répondirent ainsi à Jésus : «Nous ne savons. » Jésus répliqua : «Je ne vous dis pas, moi non plus, en vertu de quelle autorité je fais ces choses. »
Puis il se mit à leur parler en paraboles :
Un homme avait planté une vigne; après l'avoir entourée d'une haie, y avoir creusé une cuve et construit une tour, il la
1 Littéralement : remetlez, tenez quitte de.
2 Littéralement : remette, tienne quitte de.
3 La phrase qui vient ici dans nos versions ordinaires et qui forme le verset 26: Si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses, manque dans les meilleurs manuserits. Elle a été empruntée à Matth. 6, 15.
1 Plusieurs anciens manuscrits lisent : Æ{ qui t'a donné, etc.
5 Plusieurs anciens manuscrits lisent : Le peuple.
loua à des vignerons et fit une absence. La saison venue, il envoya un serviteur 1 aux vignerons pour recueillir de leurs mains une partie duproduit de sa vigne. Or ceux-ci s’emparèrent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides. Le maitre alors leur envoya un autre serviteur!. Celui-là, ils le blessèrent à la tête et le traitèrent avec mépris. Il en envoya un autre: celui-là 115 le tuèrent ; plusieurs autres : ils battirent ceux-ci et tuèrent ceux-là. Il avait encore un fils unique, un bien-aimé. Il le leur envoya le dernier, disant: «Ils respecteront mon fils.» Mais ces vignerons se dirent de l’un à l’autre : « Celui-là c’est l'héritier; allons! tuons-le et l'héritage sera à nous!» Et s'étant emparés de lui, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne. Que fera le maitre de la vigne? Il viendra, il fera périr les vignerons et donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas Ju ce passage de l’Écriture :
« La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient,
Celle-la méme est devenue la tête de l'angle,
C'est l'ouvrage du Seigneur,
Ouvrage admirable à nos yeux?!»
Ils cherchaient à l'arrêter; car 115 comprenaient bien que c’était
eux qu'il avait en vue dans cette parabole ; mais ils redoutèrent la multitude. Alors ils le laissèrent et partirent.
Ensuite ils lui envoyerent quelques Pharisiens et Hérodiens ὃ pour le prendre au piège par ses propres paroles.
Ils arrivent et lui disent: «Maïître, nous savons que tu es véridique ; que tu n’as souci de qui que ce soit; sans regarder à la ligure des uns et des autres, tu enseignes en toute vérité la voie
de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à César 42 Le.
payerons-nous ou ne le payerons-nous pas?» Connaissant * leur perfidie, 11 leur dit: «Pourquoi me mettez-vous à l'épreuve?
1 Grec : un esclave.
2 Psaume 118, 22, 23. Voy. Matth, 21, 42.
£ Voir note sur Matth. 22, 17.
Ὁ Quelques anciens manuscrits lisent : Voyant.
Apportez-moi un denier, que je le voie.» Ils lui en apportèrent un. — «De qui est cette image? demanda-t-il; de qui est cette inscription?» Ils lui répondirent : « De César!. » Alors Jésus leur dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et il les surprit extrêmement.
Ensuite des Sadducéens (ceux qui disent qu'il n’y a point de résurrection) vinrent lui poser une question : «Maître, dirent-ils, voici ce que Moïse nous ἃ prescrit : «Si le frère de quelqu'un meurt laissant sa femme sans enfants, celui-ci devra épouser la veuve, pour susciter à son frère une postérité.» Or il y a eu sept frères. Le premier a pris femme et est mort sans laisser de postérité. Le second a épousé la veuve et est mort aussi sans avoir de postérité. De même du troisième; des sept aucun n'a laissé de postérité ; enfin, après eux tous, la femme aussi est morte. Eh bien, à la résurrection *, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse? Les sept, en effet, l'ont eue pour femme. »
Jésus leur répondit: «N'êtes-vous pas dans une erreur qui provient de ce que vous ignorez et les Écritures et la puissance de Dieu? En effet, ceux qui ressuscitent d’entre les morts ne se marient ni ne donnent en mariage, mais ils sont dans les cieux comme des anges. Et quant aux morts, quant à leur résurrection, n’avezvous pas lu dans le livre de Moïse, au passage où il est question du buisson, en quels termes Dieu lui a parlé : «Je suis, dit-il, le Dieu d'Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob#.» Or ce n’est point des morts, c’est des vivants qu'il est Dieu. Vous êtes done dans une grande erreur. »
Un Scribe s’approcha; il avait entendu leur discussion, et, remarquant° qu'il leur avait parfaitement répondu, il lui demanda :
1 César. Voir note sur Matth, 22, 17.
2 Deut. 265, 5.
3 Plusieurs anciens manuscrits ajoutent : lorsqu'ils ressusciteront.
4 Exode 8, 6. Voy. Matth. 22, 32.
5 Littéralement : sachant, ou d'après quelques anciens manuscrits : voyant.
« Quel est parmi les commandements le premier de tous?» Jésus répondit: «Voici le premier: «Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'Unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton dme, de toute ta pensée, de toute ta force!» ; voici le second: « Tu aimeras ton prochain comme toiméme ?.» Aucun autre commandement n’est plus grand que ceux- Ja.» — «Très bien, maitre, lui dit le Scribe; tu es dans la vérité lorsque tu dis qu'Il est Unique et qu'il n’y en a pas d’autre que Lui, et lorsque tu dis que l'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et qu'aimer son prochain comme soi-même l'emporte sur tous les holocaustes et tous les sacrifices. » Jésus, remarquant la sagesse de ses paroles, lui dit: «Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. »
Personne n’osait plus le questionner.
Alors Jésus, prenant la parole, enseigna dans le Temple en ces termes : «Comment les Scribes disent-ils que le Christ est fils de David? David lui-même a ainsi parlé par l'Esprit saint :
«Le Seigneur a dit à mon Seigneur :
Siège à ma droite Jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis sous tes pieds À.»
David lui-même l'appelle « Seigneur » ; d'ou vient alors qu'il est son fils ? »
La foule, qui était nombreuse, prenait plaisir à l'écouter.
Voici encore ce qu'il disait dans son enseignement : «Méfiezvous de ces Scribes qui se complaisent à se promener en robes
solennelles, à recevoir des salutations sur les places publiques, à occuper les premiers sièges dans les synagogues, les premières places® dans les festins, qui dévorent les ressources des veuves,
1 Deut. 6, 4 et suiv. Plusieurs anciens manuscrits ajoutent : voilà le premier commändement.
? Lévit. 19, 18. Voy. Matth. 22, 37 et suiv.
5 Ou: qu’il est Un.
4 Psaume 110, 1. Voir Matth. 22, 44 et Actes 2, 34 et suiv.
5 Les premières places. Voir note sur Matth. 23. 6.
et qui affectent de prier longuement. C’est pour ces hommes-là que le jugement aura le plus de rigueur. »
Il s'était assis vis-à-vis du tronc et il regardait comment chacun, dans la foule, y mettait son offrandet, Nombre de riches donnaient beaucoup; survint une veuve pauvre qui mit deux lèptes 3 (ce qui fait un quadrant). Il appela ses disciples et leur dit: «En vérité je vous le dis: Cette veuve pauvre ἃ mis dans le tronc plus que tous les autres. Car tous les autres ont puisé dans leur superflu pour donner ; mais celle-ci ἃ pris sur son indigence; elle ἃ donné tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre 5.»
Comme Jésus sortait du Temple, un de ses disciples lui dit: «Regarde, maitre; quelles pierres ! quelles constructions ! » — «Tu vois, lui dit Jésus, ces grands édifices : 1l n’en restera pas pierre sur pierre; {out sera renversé. »
Puis il alla s'asseoir sur le mont des Oliviers en face du Temple ; et là Pierre, Jacques, Jean et André l’interrogèrent en particulier : «Dis-nous quand ces choses arriveront, et quel sera le signe qu'elles vont toutes s’accomplir ? »
Jésus alors se mit à leur dire : «Veïllez à ce que personne ne vous séduise : plusieurs viendront en prenant mon nom, disant : C'est moi‘! et ils séduiront bien des hommes. Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne vous alarmez point; 1l faut que cela arrive; mais ce ne sera pas encore la fin. »
«Se soulèvera, en effet, nation contre nation, royaume contre royaume; il y aura ici et là des tremblements de terre; il y aura des famines. Ce seront les douleurs de l’enfantement qui commencent! »
1 Son offrande. Littéralement : de la monnaie de cuivre. Mais on entendait aussi par là la monnaie d’or ou d'argent, de même qu’en français le mot argent appliqué à la monnaie désigne les pièces de cuivre ou d’or comme celles d'argent.
2? Le lèpte valait à peu près un demi-centime. Le quadrain ou quadrant représentait exactement 0c,915. |
3 Littéralement : {oute sa vie, c’est-à-dire toute sa fortune.
4 Moi qui suis le Christ. Voir Matth. 24, ὃ.
« Quant à vous, prenez garde à vous-mêmes! On vous livrera aux tribunaux}; dans les synagogues, vous serez frappés de verges 2, et à cause de moi vous comparaîtrez devant des procurateurs et des rois, pour leur être en témoignage ὃ.»
«Il faut d’abord que l'Évangile soit prêché dans toutes les 10, 13 nations. »
«Quand vous serez ainsi emmenés et livrés, ne vous préoccupez 11 pas d'avance de ce que vous aurez à dire; mais parlez suivant ce qui vous sera donné au moment même; ce ne sera pas vous qui parlerez, ce sera l'Esprit saint. »
«Un frère livrera son frère à la mort et un père son enfant; des 49 enfants se soulèveront contre leurs parents et les feront mourir; et 15 vous serez en haine à tout le monde à cause de mon nom. Mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. »
«Quand vous verrez «l’abomination de la désolation 5» installée 44 au lieu où elle ne doit pas être (comprends bien, lecteur !), que ceux qui seront dans la Judée fuient dans les montagnes, que celui 4; qui sera sur le toit6 ne descende point7, ne rentre point pour emporter quelque chose de sa maison; que celui qui sera dans les 460 champs ne retourne point sur ses pas pour prendre son manteau. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront 47 en ces jours-là! »
«Priez pour que tout cela n'arrive pas en hiver. Car ce seront 18 49 des jours d’une tribulation telle qu’il r’y en ἃ pas eu de pareille depuis la création, depuis que Dieu commença à créer jusqu’à présent, et qu'il n’y en aura plus jamais. Et si le Seigneur n'avait 90 pas abrégé ces jours, nulle vie$ ne serait sauvée; mais à cause des élus, de ceux qu'il a choisis, il ἃ abrégé ces jours. »
1 Voir notes sur Matth. 19, 17 et 5, 22.
2 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : on vous livrera aux tribunaux et aux synagogues; vous serez frappés de verges, etc. Sur frappés de verges, voir note sur Matth. 10, 17.
3 Expression obscure dans le texte. Voir note sur Matth. 10, 18.
# Ou: la Bonne Nouvelle.
5 Daniel 9, 27.
5 Sur le toit ou sur la terrasse. Voir note sur Luc 17, 31.
7 Plusieurs anciens manuscrits ajoutent, dans la maison.
δ Grec : nulle chair; c’est un hébraïsme.
CSI l'on vous dit alors: «Voyez! le Christ est ici!» ou: «Voyez! il est la!» ne le croyez pas. IT surgira de faux Christs et de faux prophètes opérant signes et prodiges afin, si possible, de séduire les élus. »
« Vous, soyez sur vos gardes: je vous ai tout prédit. »
«Cependant, ces jours-là, après cette tribulation, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel; les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. Et c’est alors qu'on verra le Fils de l’homme arrivant, au sein des nuées, en grande puissance et gloire; c’est alors qu'il enverra les anges et rassemblera les élus des quatre vents de l’horizon!, depuis l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel. »
« Que le figuier vous serve de comparaison : Quand ses branches deviennent tendres et que ses feuilles poussent, vous savez que l'été est proche; de même quand vous verrez arriver ces choses, sachez qu'il? est proche, qu'il est aux portes. »
«En vérité je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. »
«De ce jour ou de l’heure, nul ne sait rien; ni les anges dans le ciel, nile Fils; personne, excepté le Père. »
«Soyez sur vos gardes; soyez vigilants; puisque vous ne savez pas quand viendra le moment. Lorsqu'un homme part pour un voyage, qu'il laisse sa maison, qu'il donne pouvoir à ses serviteurs*, à chacun son travail, il recommande au portier de veiller. Veillez donc — (puisque vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison, si ce sera le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin 4) — de peur qu'arrivant à l’improviste
1 De l'horizon. Voir note sur Matth. 24, 31.
? Il, c'est-à-dire le Fils de l’homme.
8 Grec: esclaves.
4 Nous avons ici les noms des quatre veilles de la nuit chez les Juifs. La première, qui durait de ὁ heures à 9 heures, s'appelait Le soir; la deuxième, de 9 heures à minuit, s'appelait le milieu de la nuit; la troisième, de minuit à 3 heures, le chant du coq, et enfin la quatrième, de 3 heures à ὁ heures, le malin.
il ne vous trouve endormis. Or, ce que je vous dis à vous, je le dis à tous: Veillez!»
Deux jours après, c'étaient la Pâque et les Azymes1.
Les chefs des prêtres et les Scribes cherchaient un moyen de s'emparer de Jésus par ruse et de le tuer; ils disaient cependant : « Rien pendant la fête, le peuple pourrait se soulever. »
Jésus était à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux. Comme il était à table, il vint une femme portant un vase d’albâtre? rempli d’un très précieux parfum (de l'huile de nard pur); et, brisant le vase d’albâtre, elle en répandit le contenu sur la tête de Jésus. Or il s’en trouva quelques-uns qui en furent, à part eux, indignés : «A quoi bon perdre ainsi ce parfum?» — «On aurait pu vendre ce parfum-là plus de trois cents deniers et en donner le prix aux pauvres.» Ils étaient exaspérés contre cette femme.
Mais Jésus dit: «Laissez-la; pourquoi lui faites-vous de la peine? C'est une bonne œuvre qu'elle a faite pour moi. Car les pauvres vous les avez toujours avec vous ; et quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien; tandis que moi vous ne m'avez pas pour toujours. Elle ἃ fait ce qu'elle ἃ pu. A l’avance, elle ἃ parfumé mon corps pour la sépulture. En vérité, je vous le dis, partout où sera prêché l'Évangile — dans le monde entier — on racontera aussi, en mémoire d’elle, ce qu’elle a fait. »
Cependant Judas l'Iskariôte“, un des douze, alla trouver les chefs des prêtres pour le leur livrer. Ses paroles les mirent dans la joie, et ils lui promirent de lui donner de l’argent. Il chercha alors une occasion pour le livrer.
1 Les Azymes, c’est-à-dire les pains sans levain. 2 Voir note sur Matth. 26, 7.
3 Trois cents deniers, environ : 270 francs,
Ὁ L’Iskariôte. Voir note sur Matth. 10, 4.
[Se]
Qt
AY
Le premier jour des Azymes', le jour où l’on sacrifie la Pâque ?, les disciples dirent à Jésus : «Où veux-tu que nous allions te préparer ce qui est nécessaire pour le repas pascal?» — «Allez à la ville» leur répondit-il en y envoyant deux d’entre eux; «vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau; vous le suivrez et voici comment vous parlerez au propriétaire de la maison où il entrera : Le maïtre dit: «Où est la chambre qui m'est destinée et où je mangerai la Päâque avec mes disciples. » Lui-même alors vous montrera une chambre haute’, grande, garnie de tapis, toute prête. C’est la que vous ferez pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent à la ville, trouvèrent toutes choses comme il les leur avait dites, et préparèrent la Pâque.
Le soir venu, il s’y rendit avec les douze.
Pendant qu'ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : «En vérité je vous le dis, l’un de vous — qui mange avec moi — me livrera.» Ils devinrent tout tristes et lui demandèrent l’un après l’autre: «Est-ce moi?» Il leur répondit: «C’est l’un des douze, c’est celui qui met la main au plat avec moi “. Car le Fils de l’homme s’en va, selon qu'il est écrit de lui, mais malheur à cet homme par qui le Fils de l’homme est livré! Mieux vaudrait pour cet homme-là ne jamais être né!»
Pendant qu'ils mangeaient, 1l prit du pain * et, ayant prononcé la bénédiction, il le rompit et le leur donna en disant : « Prenez! ceci est mon corps. » Prenant ensuite une coupe, il rendit grâces, la leur donna et ils en burent tous. «Ceci est mon sang, leur dit-1l, le sang de l'alliance, lequel est répandu pour plusieurs. En
1 C'est-à-dire le premier jour de la fête, où l’on mangeait des pains sans levain.
2 C'est-à-dire l'agneau pascal.
3 Chambre de l’étage supérieur. Voir note sur Actes 1, 15,
4 La main au plat. Voir note sur Matth. 26, 23.
5 Ou Un pain. Voir note sur Matth, 14, 17.
vérité, je vous le dis, je ne boirai plus jamais du fruit de la vigne jusqu'en ce jour où je le boirai nouveau dans le Royaume de Dieu. »
Après le chant des Psaumes!, ils partirent pour le Mont des Oliviers, et Jésus leur dit: «Tous, vous rencontrerez une occasion de tomber ?, car il est écrit :
«Je frapperai le berger et les brebis seront dispersées ὅ ; »
« Mais après ma résurrection je vous précéderai en Galilée. »
Pierre lui dit: «Quand même tous viendraient à faillir, moi, jamais “ ! » Jésus lui répondit : « En vérité je te dis que toi-même, aujourd'hui, durant cette nuit, avant qu'un coq chante deux fois, tu me renieras trois fois.» Pierre cependant insistait toujours plus : « Me fallüt-il mourir avec toi, non, je ne te renierai pas! » Et tous parlèrent de même.
Ils vinrent en un lieu du nom de Gethsémané ὅ, et Jésus dit à ses disciples : «Asseyez-vous ici pendant que je prierai. » Puis 11 prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et 1] commença à
être dans l’abattement et dans l’angoisse; et il leur dit: « Mon âme est accablée de tristesse jusqu’à la mort. Restez ici et
veillez!» Puis, s'étant un peu avancé, 1] se prosternait la face contre terre, priant pour que cette heure, si cela était possible, passât loin de lui. Il disait: «Abba 6! Père! tout t'est possible à toi! Écarte loin de moi cette coupe; cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »
Il revint et il les trouva qui dormaient, et il dit à Pierre : «Tu dors, Simon! n’as-tu pas eu la force de veiller une seule
1 Voir note sur Matth. 26, 30.
? Grec: Vous serez scandalisés, Voir note sur Matth. 26, 31. 5 Zaccharie 13, 7.
1 Voir note sur Matth. 26, 32.
? Gethsémané. Voir note sur Matth. 26, 26.
5 Le mot Abba signifie Père.
"Ὧν Co
heure? Veillez et priez pour ne pas succomber! à l'épreuve 5. Certes l'esprit est prompt, mais la chair est faible 5. »
Il s’éloigna de nouveau et pria, répétant les mêmes paroles ; puis il revint encore“ et les trouva qui s'étaient endormisÿ; leurs yeux en effet étaient appesants, et ils ne savaient que lui ré-
pondre.
La troisième fois qu'il revint, il leur dit: « Dormez maintenant; reposez-vous ; c’est assez, l'heure est venue! Le Fils de l’homme va être livré entre les mains des pécheurs6! Levez-vous ! Allons! Voici celui qui me livre! Il approche!»
Au même instant, pendant qu'il parlait encore, arrive Judas?, l’un des douze, et avec lui, envoyée par les chefs des prêtres, les Scribes et les Anciens, une troupe armée d'épées et de bâtons. Le traître était convenu avec eux d’un signal. Il leur avait dit : «Celui auquel je donnerai un baiser, ce sera lui. Vous vous en saisirez et l’'emmènerez sûrement. » Donc, en arrivant, il s’approcha de Jésus et l’appelant : « Rabbi 5», 11 l'embrassa avec effusion. Eux alors mirent la main sur lui et le saisirent.
Mais un de ceux qui étaient présents, tirant l’épée, frappa le serviteur * du Grand-Prêtre et lui coupa l'oreille.
Jésus alors prononça ces paroles : «Pour vous emparer de moi, vous êtes venus1, comme contre un brigand, avec des épées et des bâtons. Tous les jours, j'étais au milieu de vous, dans le Temple, j'enseignais et vous ne m'avez pas arrêté. Mais 1] en est ainsi pour que soient accomplies les Écritures.» L'abandonnant alors, tous les disciples prirent la fuite.
1 Littéralement: venir dans.
2 Ou Lu tentation.
3 Voir note sur Matth. 26, 41.
4 Plusieurs anciens manuscrits omettent encore.
5 Plusieurs anciens manuscrits lisent : encore endormis.
6 Voir note sur Matth, 26, 45.
7 Quelques anciens manuscits ajoutent l'Iskariôte.
8 Maître.
9 Grec : l’esclave.
10 On peut, d’après une autre ponctuation, mettre cette phrase sous forme interrogative : étes-vous venus... οἷο, Ὁ
Seul, un jeune homme le suivait; il n'avait sur le corps qu’un léger vêtement!. On saisit ce jeune homme, mais il s’échappa tout nu, abandonnant son vêtement.
On conduisit Jésus chez le Grand-Prêtre, où tous s’assemblèrent en même temps, les chefs des prêtres, les Anciens, les Scribes.
Pierre, qui le suivait de loin, parvint jusque dans l’intérieur de la cour? du Grand-Prêtre. Là, 1l s’assit auprès du feu, mêlé aux gens de service et se chauffant.
Les chefs des prêtres et le Sanhédrin ὁ tout entier cherchaient contre Jésus un témoignage qui le fit condamner à mort, mais ils n'en trouvaient pas. Plusieurs, en effet, déposaient mensongèrement contre lui; mais leurs assertions étaient contradictoires. Il en surgit enfin quelques-uns qui portèrent à sa charge ce faux témoignage : «Nous lui avons entendu dire ceci: «Je puis, moi, renverser ce Temple fait de main d'homme, et, en trois jours, j'en bâtirai un autre qui ne sera pas de main d'homme.» Mais ici même leurs dépositions ne concordaient pas.
Alors le Grand-Prêtre se leva au milieu de l’assemblée et posa
cette question à Jésus : «Ne réponds-tu rien à ce que ces gens-ci
déposent contre toi?» Jésus gardait le silence ; 1] ne répondit rien. Le Grand-Prèêtre lui posa une seconde question ainsi conçue : «Es-tu le Christ, le Fils de Celui qui est béni?» Jésus répondit : «Je le suis; et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance ὅ et venant avec les nuées du ciel. » Alors le Grand- Prêtre, déchirant ses vêtements: «Qu’avons-nous encore besoin de témoins? dit-il; vous avez entendu le blasphème6! Quel est
1 Le mot grec que nous traduisons par léger vêtement, «sindon » (en sanscrit : sindhu), ἃ un sens très incertain.
2 La cour, l’atrium. Voir note sur Matth. 26, 3.
3 Voir sur le Sanhédrin note sur Matth. 5, 22,
£ On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : Ne réponds-tu rien? Qu'est-ce que ces gens-ci déposent contre toi?
5 La Puissance de Dieu. Voir Luc 22, 69.
ὁ On peut lire aussi, d'après une autre ponctuation : Avez-vous entendu le blasphème?
votre avis?» Tous le déclarèrent coupable et le condamnèrent à mort.
Alors ils se mirent, quelques-uns, à cracher sur lui, à lui couvrir le visage d’un voile et à lui donner des coups de poing. «Fais le prophète!» lui disaient-ils. Quant aux gens de service, ils le reçurent à coups de bâton 1.
Pierre était en bas, dans la cour ; survint l’une des servantes du Grand-Prètre. Voyant Pierre qui se chauffait, elle lui dit en le regardant : «Toi aussi tu étais avec Jésus de Nazareth.» Et lui de le nier: «Je ne sais pas, dit-il, et ne comprends pas de quoi tu parles. » Il s’en alla et sortit dans le vestibule?. Mais la servante l'aperçut : «Celui-là en est», répéta-t-elle à ceux qui étaient présents. De nouveau Pierre nia. Un moment après, ceux qui se trouvaient là recommencèrent à parler à Pierre : «Certainement tu en es; car tu es aussi Galiléen. » Il se livra alors à des imprécations: «Je ne connais pas, je le jure, cet homme dont vous parlez.» Soudain un coq chanta pour la seconde fois. Et se souvenant de la parole que lui avait dite Jésus : «Avant qu'un coq chante deux fois, tu me renieras trois fois», Pierre se mit à pleurer *.
Dès le matin, les chefs des prêtres, auxquels s'étaient joints les Anciens et les Scribes, le Sanhédrin (out entier, qui avaient tenu conseil, chargèrent Jésus de liens, l’emmenèrent et le livrèrent à Pilateÿ, qui l’interrogea : «C’est toi qui es le Roi des Juifs?» Jésus répondit ainsi : «Tu le dis.» Les chefs des prêtres cependant formulaient contre lui des accusations en quantité. Pilate l’interrogea une seconde fois : «Tu ne réponds rien ! Vois tout ce dont
1 Voir note sur Matth. 26, 67.
? Plusieurs anciens manuscrits ajoutent ici: οὐ un cog chanta.
3 Voir note sur Matth. 26, 75. Le sens du verbe que nous traduisons par se mit est ici fort douteux. On peut lui donner plusieurs sens divers et traduire : A celte pensée, Pierre pleura ; ou encore : Se voilant la face, Pierre pleura.
4 Le Sanhédrin. Voir note sur Matth. 5, 22.
ὕ Pilate, Voir note sur Matth, 27, 2.
on t’accuse!» Mais Jésus ne répondit plus rien, ce dont Pilate fut très surpris.
A chaque fête, il remettait en liberté un prisonnier, celui qu'on lui demandait. Or il y en avait un nommé Bar-Abbas 1, emprisonné avec les séditieux qui, dans une émeute, avaient commis un meurtre. La foule, étant donc montée au tribunal, se mit à demander ce qu’on lui accordait toujours. Pilate alors, qui comprit que c'était par une haine jalouse que les chefs des prêtres lui avaient livré Jésus, fit à la foule cette proposition: «Voulez-vous que je vous délivre «le Roi des Juifs»? Mais les chefs des prètres poussèrent la foule à demander de préférence la mise en liberté de Bar-Abbas. Pilate se fit entendre de nouveau: «Que ferai-je donc? de celui que vous appelez «le Roi des Juifs»? Ils crièrent encore: «Crucifie-le!» — «Qu'a-t-1l donc fait de mal?» reprit Pilate. Mais ils n’en criaient que plus fort : «Crucifie-le !» Pilate alors, voulant contenter la multitude, lui délivra Bar-Abbas, et, après avoir fait flageller Jésus, il l’abandonna au supplice de la Croix.
Les soldats emmenèrent Jésus à l’intérieur de la cour, c’est-àdire dans le prétoire, où ils réunirent toute la cohorte ὁ. Ils l'habillèrent d’un manteau couleur de pourpre “ et lui mirent une couronne d'épines qu'ils avaient tressée. Puis ils lui rendirent leurs hommages : «Salut! Roi des Juifs!» Avec un roseau ils lui donnaient des coups sur la tête ; ils crachaïient sur lui, et, se mettant à genoux, ils se prosternaient devant lui. Quand ils eurent fini de se moquer de lui, ils lui ôtèrent le manteau de pourpre et lui remirent ses vêtements *.
Ils l'emmenèrent pour le crucifier et ils obligèrent un passant, un certain Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui
1 Bar-Abbas. Voir note sur Luc 28, 18.
? Plusieurs anciens manuscrits lisent: que voulez-vous donc que je fasse, etc. 5 La cohorte. Voir note sur Matth. 27, 27.
4 Voir note sur Matth. 27, 28.
Ὁ Quelques anciens manuscrits lisent: ses propres vêtements.
revenait des champs, à porter sa croix. Ils le conduisirent ainsi à Golgotha, c’est un endroit dont le nom signifie: Le Crâne 1.
Là ils lui donnèrent du vin mêlé de myrrhe; mais il n’en prit pas.
Is le crucifièrent, puis se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort la part de chacun.
C'est à la troisième heure qu ils le crucifièrent?, et l'inscription indiquant son crime était ainsi Conçue : LE ROI DES JuIrs.
Avec lui deux brigands furent crucifiés, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche *.
Les passants l’injuriaient ; ils lui disaient, en gesticulant de la tête : «Ohé! toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-to1 toi-même en descendant de la croix !»
Les chefs des prêtres avec les Scribes se moquaient aussi de lui et se disaient l’un à l’autre: «Ilen a sauvé d’autres et il ne peut pas se sauver lui-même!» — «Que «le Christ», que «le Roi d'Israël»
descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous
croyions!» Ceux mêmes que l’on avait crucifiés avec lui l’insultaient.
Quand fut venue la sixième heure #, des ténèbres se firent sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure.
À la neuvième heure, Jésus jeta un cri et dit d’une voix forte :
«Héloï ! Héloï! lema sabachthaneiS!»
ce qui signifie :
Mon Dieu! Mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné? »
Quelques-uns des assistants l’entendant : «Le voilà qui appelle Élie», dirent-ils. 1] y en eut un qui courut tremper une éponge dans de vinaigre et, l’attachant à un roseau, il lui donna à
1 Voir note sur Matth. 27, 33.
2 Neuf heures du matin.
3 La phrase qui forme le verset 28 dans nos versions ordinaires manque dans tous les bons manuscrits : ainsi s’accomplit la parole de l'Écriture : il a été compté parmi les impies. Voir Luc 22, 37.
4 Midi.
5 Trois heures après midi,
6 Voir note sur Matth. 27, 46.
7 Psaume 22, 2,
He MES
boire, en disant: «Laissez! et voyons si Élie va venir le descendre ! » | ᾿ Jésus cependant, ayant jeté un grand cri, expira. 37, 15 Et le rideau du Temple se déchira en deux depuis le haut 38 jusqu'en bas.
. Voyant comment 1] avait expiré, le centurion, qui se tenait en 39 face de lui, dit : «Cet homme-là était véritablement Fils de Dieu. ». Il y avait là également des femmes qui regardaient de loin. 40 Parmi elles, Marie Magdeleine ?, Marie, mère de Jacques le Petit el de Josès, et Salomé, qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était 41 en Galilée; plusieurs autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
Déjà 11 se faisait tard, et comme c'était un jour de «Prépara- 4 tion » ?, c’est-à-dire une veille de sabbat, Joseph, celui qui est 48 d'Arimathée, membre estimé du Grand-Conseil 4, et qui lui aussi attendait le Royaume de Dieu, alla hardiment se présenter à Pilate et lui demanda le corps de Jésus. Surpris qu'il fût mort sitôt, Pilate ὦ fit appeler le centurion et lui demanda s’il était mort depuis longtemps. Informé par le centurion, il donna le corps à Joseph. Celui-ci, 45 46
ayant acheté un linceul, descendit le corps de la croix, l’enveloppa du linceul et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, puis il roula une pierre contre la porte du tombeau.
Or, Marie Magdeleine et Marie, mère de Josès, regardaient où 47
on le mettait.
Quand le sabbat fut passé, Marie Magdeleine, Marie, mère de 1, 16
Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller embaumer le corps de Jésus.
De très grand matin, le premier jour de la semaine, elles se ren-
1 Laissez, c’est-à-dire: laissez-le ou: laissez-moi fuire. ? Ou: de Magdalu.
5 La «Préparation». Voir note sur Matth. 27, 62. C'est-à-dire, sans doute, du Sanhédrin.
178 LE NOUVEAU TESTAMENT NU NÉ GE ER dent au sépulcre ; le soleil se levait. «Qui donc, se demandaientelles, nous roulera la pierre et l’ôtera de l’entrée de la tombe ? » Elles regardent et s’aperçoivent que cette pierre, qui était énorme, a été enlevée.
Alors elles entrèrent dans le tombeau et virent, assis à droite, un jeune homme revêtu d’une robe blanche. Elles furent saisies de terreur. « Ne vous effrayez pas, leur dit-il; vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ; il est ressuscité; il n’est pas ici. Voyez la place où on l’avait déposé. Et maintenant allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée; là vous le verrez, comme il vous l’a dit. »
A leur sortie du tombeau, elles prirent la fuite. Elles étaient toutes tremblantes et hors d'elles, et ne dirent rien à personne. Car'elles avaient peurt. 2. ON CO COS
1 Le récit n’est pas achevé et la fin véritable de l'Évangile de Marc ne se trouve dans aucun manuscrit connu. Les deux plus anciens s’arrêtent brusquement aux derniers mots que nous venons de traduire. La plupart des autres renferment une conclusion qui ne faisait pas primitivement partie de l'Évangile et qui est d’un autre auteur. Elle est ainsi concue :
Ressuscité de grand matin le premier jour de la semaine, il apparut tout d'abord à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. Celle-ci alla l’annoncer à ceux qui avaient été avec lui et qui étaient dans le deuil et dans les larmes. Eux, l’entendant dire qu'il vivait et qu’elle l'avait vu, ne la crurent pas. Ensuite il apparut sous une autre forme à deux d’entre eux qui étaient en chemin et se rendaient à la campagne. Ils vinrent également l’annoncer aux autres; mais ils ne les crurent pas non plus. Enfin il apparut aux onze pendant qu'ils étaient à table; il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur , parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité1. Et il leur dit: «Allez dans tout le monde, prêchez l'Evangile? à toute créature. Qui croira et recevra le baptême sera sauvé; qui ne croira pas sera condamné. Et voici les miracles® qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom ils chasseront des démons ; ils auront le don des langues; ils manieront des serpents 4, et les poisons qu'ils pourront boire ne leur feront point de mal. Ils imposeront les mains à des malades el ils les quériront.» Le Seigneur 5, après avoir ainsi parlé, fut enlevé au ciel et s’assil à la droite de Dieu. Quant à eux, ils partirent et prêchèrent partout, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la parole par les miracles® qui l'accompagnatent.
1 Quelques anciens manuscrits ajoutent d'entre les morts.
2 Ou: la Bonne Nouvelle,
3 Littéralement : Les signes.
4 Quelques anciens manuscrits lisent ÿs prendront des serpents. 5 Quelques anciens manuscrits ajoutent Jésus,
$ Littéralement : Zes signes.
Il y a encore une autre conclusion de l'Évangile renfermée dans un manuscrit du huitième siècle, qui est à la Bibliothèque nationale à Paris! ; la voici :
On trouve ailleurs encore ceci : « Elles annoncèrent immédiatement tout ce qui leur avait été prescrit à ceux qui étaient avec Pierre. Ensuite Jésus luimème envoya par eux d'Orient en Occident la sainte et incorruptible prédication du salut éternel.» D'ailleurs ce manuscrit renferme aussi la fin traditionnelle, car il continue en ces termes : Mais on trouve encore ceci après: «car elles avaient peur» «Ressuscité de grand matin, etc.»
Suit la fin que nous avons transcrite plus haut.
Enfin, saint Jérôme (mort en 430) propose une troisième manière de terminer l'Évangile de Marc. Voici comment il s'exprime dans son second dialogue contre les Pélasgiens, au paragraphe 15 :
Dans quelques manuscrits, surtout dans les exemplaires grecs de Marc, on lit à la fin de cet Évangile: « Quand les onze furent à table, Jésus leur apparut et il leur reprocha l’incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Et ils s’excusaient en disant : C'est à cause de ce siècle d’iniquité et d’incrédulité que, au milieu des esprits impurs, on ne peut saisir la véritable vertu de Dieu. C’est pourquoi révèle maintenant ta justice.»
1Le manuscrit L ou Codex Regius Voir l'Appendice à l’Introduction, page 21.
L’'ÉVANGILE
SELON