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C’est-à-dire en termes propres, sans figures

3 Plusieurs anciens manuscrits lisent : de Dieu. Le verset se traduit littéralement: sorti d'auprès du Père (ou d'auprès de Dieu). Ce passage signifie qu'il viendra un temps où l’union des disciples avec le Ghrist sera si intime que sa médiation elle-même deviendra inutile.

t C'est-à-dire en termes propres, non figurés.

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN 929 a Φ ὁΦὅΦὅΦΟΦὌΌὅῦῬΘϑο “᾿ς ς οὐ Θοθο.

serez chacun de son côté, et où vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul parce que le Père est avec moi. Je vous ai amsi parlé afin que vous ayez la paix en moi; dans le monde, vous passez par l'angoisse; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. »

Ainsi parla Jésus. Puis, levant les yeux au ciel, 1l dit :

« Père, l'heure est venue; glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie en donnant, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair 1, la vie éternelle, à tous ceux que tu lui as donnés. Or voici l’éternelle vie: Te connaître, toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »

«Moi, je t'ai glorifié sur la terre; j'ai accompli l'œuvre que tu m'avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi, toi, Ô Père, auprès de toi-même, de la gloire que j'avais, avant que le monde füt, auprès de toi.»

«J'ai révélé ton nom aux hommes que tu m'as donnés du monde?. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi, parce que les paroles que tu m’as données, je les leur ai données, et ils les ont reçues, et ils ont reconnu véritablement que je suis issu de toi, et ils ont cru que c’est toi qui m'as envoyé. »

«C’est pour eux que je prie; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés parce qu'ils sont à toi — (or tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi) — et que j'ai été glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde, et moi je viens à toi. Père saint! garde-les en ton nom, le nom que tu m’as donné, afin qu'ils soient uns comme nous. Quand j'étais avec eux, c’est moi qui les

1 Terme hébraïque que nous rencontrons fréquemment et qui signifie: tous les hommes.

? Grec: hors du monde, en les tirant du monde.

3 C'est-à-dire : garde-les dans la connaissance de ton nom de Père.

4 Le nom que tu m'as donné à révéler (voy. le verset 6). La traduction traditionnelle : garde en ton nom ceux que tu m'as donnés provient d’un texte sans autorité.

gardais en ton nom, le nom que tu m'as donné, et je les ai préservés et aucun d'eux ne s'est perdu, excepté le fils de la perdition, afin que l'Écriture fût accomplie. Maintenant je viens à toi, et je parle ainsi, étant encore dans le monde, afin qu'ils aient en eux la plénitude de ma joie.»

«Je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les préserves du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Consacre-les ! dans la vérité?. Ta parole est la vérité. » |

« De même que tu m'as envoyé dans le monde, je les ai, moi aussi, envoyés dans le monde, et je me consacre moi-même pour eux afin qu'ils Soient, eux aussi, consacrés en vérité #. »

«Ce n’est pas seulement pour eux que je prie, mais aussi pour ceux qui croient en moi par leur parole, afin que tous ils soient un, comme toi, Père, es en moi, et moi en toi, qu'eux aussi soient en nous, pour que le monde croie que c’est toi qui m'as envoyé. »

«Et moi, la gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et {oi en moi, que cette unité soit parfaite ὅ, et que le monde reconnaisse que c’est toi qui m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. »

«Père! ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, moi, ils y soient avec moi, afin qu'ils voient la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la création du monde. »

«Père juste! le monde ne t’a pas connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont reconnu que c’est toi qui m'as envoyé. Et je leur ai fait connaître ton nom; et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont {tu m'as aimé soit en eux, et que je sois moi aussi en eux.»

1 Grec : sanctifie-les. Voir note sur 10, 36.

2 On peut traduire aussi : par la vérité.

3 On peut traduire aussi : Ta parole est vérité. 4

4 Grec: et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient eux aussi sanctifiés en vérité. Voir note sur 10, 36.

5 Littéralement : qu’ils soient consommés en un.

Après avoir ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent de Kédron!. Là se trouvait un jardin ? dans lequel il entra, et eux avec lui. Judas, celui qui le livrait, connaissait cet endroit, parce que Jésus y était souvent venu avec ses disciples.

Ayant pris une escouade de soldats et accompagné d’agents .

fournis par les chefs des prêtres et les Pharisiens, Judas arriva donc en cet endroit avec des lanternes, des torches et des armes.

Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : «Qui cherchez-vous?» — «Jésus de Nazareth», lui répondirentils. — Jésus leur dit“: «C’est moi.»

Au milieu d’eux se tenait Judas, celui qui le livrait.

Mais à peine Jésus avait-il dit: «C’est moi», qu'ils firent un mouvement en arrière et tombèrent sur le sol. Il leur demanda une seconde fois: «Qui cherchez-vous?» — «Jésus de Nazareth», dirent-ils. — Jésus reprit : «Je vous ai dit que c'est moi; si donc c'est moi que vous cherchez, laissez ceux-ci s’en aller.» (C'était afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite: «De ceux que tu m'as donnés, je n’en ai perdu aucun.»)

Simon Pierre, cependant, avait une épée, et la tira. Il en frappa le serviteur? du grand-prèêtre et lui coupa l'oreille droite. — Ce serviteur ὅ se nommait Malchus 5. — «Remets ton épée dans le fourreau », dit alors Jésus à Pierre; «la coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? »

Cependant la cohorte, le tribun et les agents des Juifs se saisirent de Jésus et le garrottèrent. Ils commencèrent par le mener

1 En hébreu: le Quidrôn. Plusieurs anciens manuscrits lisent : le {orrent des cèdres, et d'autres anciennes autorités : du cèdre.

2 Plus exactement : un verger.

3 Littéralement : La cohorte, c’est-à-dire un détachement de soldats romains commandés par le tribun lui-même.

# Quelques anciens manuscrits omettent Jésus et lisent : JU leur Εἴ.

5 Grec: esclave.

5 Son nom véritable était sans doute Malek.

we)

chez Hanne !, beau-père de Kaïphe ?. (Kaïphe était le grand-prêtre de l’année, et c'était lui qui avait ouvert aux Juifs cet avis: «Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple. »)

Simon Pierre et un autre disciple avaient suivi Jésus. Cet autre disciple, étant de la connaissance du grand-prêtre, entra en même temps que Jésus dans la cour.

Quant à Pierre, il était resté dehors contre la porte. L'autre disciple, qui était de la connaissance du grand-prêtre, sortit pour parler à la portière et le fit entrer. Cette servante, qui gardait la porte, dit alors à Pierre: «N'es-tu pas toi aussi des disciples de cet homme?» — «Non; pas moi », répondit-il. I faisait froid; les esclaves et les hommes de service, groupés autour d’un brasier allumé par eux, se chauffaient; et Pierre, se tenant au milieu d'eux, se chauffait aussi.

Le grand-prêtre cependant interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit : «C’est ouvertement que j'ai parlé au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le Temple, là où se réunissent tous les Juifs, et je n’ai rien dit en cachette. Pourquoi m'interroges-tu? demande à mes auditeurs de quoi je leur ai parlé. Eux savent bien ce que j'ai dit. »

A ces mots, un des hommes de service qui se tenait à côté de Jésus, lui donna un coup de bâton “ en lui disant : «Est-ce de la sorte que tu réponds au grand-prêtre. » Jésus s’adressa à cet homme : «Si j'ai mal parlé, prouve ce que j'ai dit de mal”; si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

Hanne l’envoya, tout garrotté, à Kaïphe, le grand-prètre.

1 Plus exactement Hannas; en hébreu : Hanan.

2 Plus exactement : Kaïaphas.

3 La cour, l’atrium. Voir note sur Matth. 26, 3.

4 On peut traduire aussi: lui donna un soufflet ; mais cette interprétation est moins probable. Voir Marc 14, 65 et Matth. 26, 67. £

5 Littéralement : Rends témoignage du mal; c’est-à-dire prouve-le par un témoignage régulier ; fais ta déposition comme témoin.

Cependant Simon Pierre se tenait là et se chauffait. «N'’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples? » lui dit-on. Il le nia. «Moi? dit-il, non pas.» Un des serviteurs! du grand-prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit : «Est-ce que, moimême, je ne t'ai pas vu, avec lui, dans le jardin?» Encore une fois Pierre nia, et à ce moment un coq chanta.

De chez Kaïphe, ils menèrent Jésus au prétoire; le jour se levait. Eux-mêmes n’entrèrent pas dans le prétoire afin de ne pas contracter de souillure? et de pouvoir manger la Pâque ὅ.

Pilate 4 vint donc à eux dehors.

«Quelle accusation, dit-il, portez-vous contre cet homme?» Ils lui répondirent par ces paroles: «Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré.» Pilate leur répliqua : « Prenez-le, et jugez-le vous-mêmes, suivant votre Loi.» — « Nous n’avons pas le droit, répondirent les Juifs, de mettre personne à mort.» (C'était afin que fût accomplie la parole que Jésus avait dite pour indiquer de quelle mort il allait mourir.)

Pilate rentra donc dans le prétoire, fit venir Jésus et lui dit: «Tu es le Roi des Juifs?» — «Est-ce de toi-même que tu dis cela, répondit Jésus, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi?» — «Est-ce que je suis Juif, moi!» répliqua Pilate, «c'est ta nation, ce sont les chefs des prêtres qui t'ont livré à moi; qu'as-tu fait?» Jésus répondit : «Ma Royauté n’est pas de ce monde. Si ma Royauté était de ce monde, mes sujets combattraient pour moi, pour que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais ma Royauté n'est pas d'ici6.» Alors Pilate lui dit: «Ainsi donc tu es Roi!» Jésus

1 Grec : esclaves.

2 De souillure légale en marchant sur une terre païenne.

5 Le repas pascal,

4 Pilate. Noir note sur Matth. 27, 2.

® Ma Royauté. Le mot grec est le même que nous avons traduit ailleurs par le Royaume ou par le Règne ; mais le Royaume de Jésus se développe ici-bas, il est de ce monde, et c’est sa Royauté, sa dignité royale qui n’est pas de ce monde, qui n’est pas terrestre.

6 On peut traduire aussi : mais, pour le moment, ma Royauté n’est pas d'ici.

répondit : «Tu le dis, je suis Roiït. Voici pourquoi je suis ne, voici pourquoi je suis venu dans le monde: pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.» — «Qu'est-ce que la vérité?» lui dit Pilate.

Sur ce mot, il revint dehors vers les Juifs et leur dit: «Moi, je ne trouve en lui aucune matière à condamnation. Il est d’usage que je vous délivre quelqu'un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous délivre le «Roï des Juifs?» 15 recommencèrent à crier? : «Pas celui-là, disaient-ils, mais Bar-Abbas ὁ.»

Ce Bar-Abbas était un brigand.

Pilate ordonna alors de saisir Jésus et de le flageller #.

Les soldats, ayant tressé une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête et l’affublèrent d’un manteau couleur pourpre; puis ils s’avançaient vers lui et disaient: «Salut! le «Roi des Juifs!» Etil lui donnaient des coups de bâton 5.

Encore une fois, Pilate revint dehors. «Je vais vous l’amener, leur dit-il, pour que vous sachiez que je ne trouve aucun motif de le condamner. »

Et Jésus parut dehors, portant la couronne d'épines et le manteau couleur pourpre.

« Voilà l’homme», leur dit Pilate .

Dès qu'ils le virent, les chefs des prètres et leurs gens se mirent à crier: «Crucifie-le! crucifie-le!» — «Prenez-le vous-mêmes, leur dit Pilate, et crucifiez-le! Quant à moi je ne trouve en lui nulle matière à condamnation.» — «Nous avons une Loi, répliquèrent les Juifs, et de par cette Loi, il faut qu'il meure pour s'être fait Fils de Dieu. »

1 On peut traduire aussi : Ainsi donc tu es un Roi! Jésus répondit: C'est toi qui dis que je suis un Roi; ou encore : Tu le dis parce que je suis Roi.

2 Plusieurs anciens manuscrits ajoutent ici tous et lisent: Ils recommencèrent tous à crier.

3 En hébreu : Bar-Abba ou Bar-Rabban. Voir note sur Luc 23, 18.

4 C'est-à-dire: Le condamna à la peine du fouet.

5 Voir note sur 18, 22.

6. C’est-à-dire : Voilà votre homme, parole de mépris et destinée à exciter le mépris.

Pilate, entendant ces paroles, fut de plus en plus effrayé.

Rentrant encore une fois dans le prétoire, il dit à Jésus: «D'où es-tu ? »

Mais Jésus ne lui fit point de réponse.

« Tu ne me parles pas? reprit Pilate, ignores-tu que J'ai le pouvoir de te délivrer et le pouvoir de te crucifier.» — «Tu n'aurais contre moi aucun pouvoir, répondit Jésus, s’il ne L’était donné d’en haut. Voila pourquoi celui qui me livre à toi est coupable d’un plus grand péché. »

Là-dessus, Pilate cherchait à le délivrer; mais les Juifs lui criaient ces paroles : «Si tu délivres cet homme, tu n’es pas partisan de César, car quiconque se fait Roi se pose en adversaire de César. »

Pilate, entendant un tel langage, fit venir Jésus au dehors, et prit siège au tribunal, à l'endroit appelé «Pavé en mosaïque» (en hébreu Gabbathat). C'était le jour de la Préparation ? de la Pâque, et vers la sixième heure ὅς. Pilate dit aux Juifs: «Voilà votre Roi.» Ceux-ci se mirent à crier: «A mort! à mort! crucifie-le! » — « Votre Roi! leur dit Pilate, je le crucifierais!» — «Nous n'avons d'autre Roi que César», répondirent les chefs . des prêtres.

Ce fut alors que Pilate le leur abandonna pour être crucifié.

Ils s’emparèrent de Jésus et lui, portant lui-même la croix, vint au lieu qu’on appelle Crâne (en hébreu Golgotha) Ἢ.

C'est là qu'ils le crucifièrent et avec lui deux autres, un de chaque côté, et au milieu, Jésus. Pilate rédigea aussi une inscription el la fit placer sur la croix; il y était écrit: Jésus DE ΝΆΖΑΒΕΤΗ; LE ROI DES JUIFS.

Cette inscription, beaucoup de Juifs la lurent parce que le lieu

1 Ce mot hébreu ne signifie pas «Pavé en mosaique», mais : élévation, éminence.

? La Préparation, voir note sur Matth. 27, 62.

3 Vers midi.

4 Voir note sur Matth. 27, 33.

où Jésus fut crucifié était près de la ville. Elle était rédigée en hébreu, en latin et en grec. Alors les chefs des prêtres juifs dirent à Pilate : CN'inscris pas : CLE ΒΟῚ DES JUIFS»; mais : «CET HOMME A DIT: QJE SUIS LE ROI DES Juirs.» — «Ce que j'ai écrit, je l’ai écrit», répondit Pilate.

Après avoir mis Jésus en croix, les soldats s’emparèrent de ses vêtements dont ils firent quatre parts; une pour chaque soldat.

Restait la tunique, une tunique sans couture, tout entière d’un seul tissu depuis le haut. «Ne la déchirons pas, se dirent-ils, mais irons au sort à qui l'aura ». (C'était afin que fût accomplie l'Écriture 1 :

« 7|5 ont partagé mes vêtements entre eux Et sur ma robe ils ont jeté le sort ?. »)

Donc, les soldats firent ainsi.

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie Magdeleine. Jésus, voyant sa mère et, pres d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: «Femme, voilà ton fils.» Puis il dit au disciple: « Voilà ta mère.» À partir de ce moment le disciple la prit chez lui.

Après cela, Jésus sachant que désormais tout était achevé d'accomplir 5, dit, afin de parfaire cet accomplissement de l'Écriture 6 : «J'ai soif. » :

Il y avait là un vase plein de vinaigre. On y trempa une éponge qui fut fixée à une tige d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quant il eut pris le vinaigre, il dit: «Tout est accompli 7» et, ayant baissé la tête, il rendit l'esprit.

C'était le jour de la Préparation et pour que les corps ne restassent pas en croix pendant le sabbat, — un sabbat qui devait

1 Plusieurs manuscrits ajoutent qui dit.

2 Psaume 22, 19.

3 Ou: Marie de Magdalu.

# Voir sur le mot femme note sur Jean 2, 4.

Ὁ Littéralement : que tout était consommé.

ὁ Littéralement : dit afin que l'Écriture fût consommée. 7 Littéralement : c’est consommé.

être tres solennel, — les Juifs demandèrent à Pilate de faire briser les jambes des suppliciés et de les faire enlever. Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier crucifié, puis du second. Arrivant à Jésus, 115 s’aperçurent qu'il était déja mort, et alors ils ne lui brisèrent pas les jambes. Seulement un des soldats lui perça le côté d’un coup de lance, et il en sortit immédiatement du sang et de l’eau.

Celui qui l’a vu l’a attesté et son attestation est véridique. Lui, il sait qu'il dit vrai, afin que, vous aussi, vous croyiez. (Car cela arriva afin que fût accomplie l’Écriture :

«Aucun de ses os ne sera brisé, »

et un autre passage dit encore :

«Îls regarderont celui qu’ils ont percé?.»)

Après cela, Joseph (celui qui est d’Arimathée), — il était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, — demanda à Pilate la permission d'enlever le corps de Jésus. Pilate la lui donna. II vint donc enlever le corps?. Avec lui se trouvait aussi Nicodème (celui qui était allé trouver Jésus pendant la nuit au commencement); il apportait une composition de myrrhe et d’aloès, une centaine de livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et l’envelop- . pèrent dans des bandes de linge avec les parfums, suivant le mode d’ensevelissement usité chez les Juifs.

Il y avait dans le lieu où il avait été crucifié un jardin et, dans ce jardin, un sépulcre neuf, où personne n’avait encore été placé. Ce fut donc là, à cause de la Préparation ὅ des Juifs, et parce que ce sépulcre était tout proche, qu'ils déposèrent Jésus.

Le premier jour de la semaine, Marie Magdeleineô se rend de grand matin, avant le jour, au sépulcre et voit la pierre enlevée.

1 Exode 12, 46; Psaume 34, 21.

? Zacharie 12, 10.

3 Un des plus anciens manuscrits lit: on vint donc l'enlever.

# Cest-à-dire sans doute dans des bandes de linge imprégnées de parfum. 5 Le jour de la Préparation de la Pâque. Voir note sur Matth. 27, 62.

5 Ou: de Magdala.

Qt

Alors elle court trouver Simon Pierre et l’autre disciple (celui que Jésus aimait) et leur dit : «On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons où on l’a placé. »

Pierre sort alors avec l’autre disciple, et tous deux ensemble se mettent à courir pour aller au sépulcre; mais l’autre disciple courait devant et plus vite que Pierre. Il arrive le premier; il se penche, voit les linges posés à terre (toutefois il n’entra point).

Arrive alors Simon Pierre qui le suivait : lui, il entre dans le tombeau. Il regarde ; les linges étaient là; le suaire, qui avait été sur la tête, n’était pas placé avec les linges, mais roulé à part à un autre endroit.

Alors l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier au tombeau, y entra aussi; et il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, 1ls ne comprenaient pas l’Écriture où il est dit: «Qu'il faut qu'il ressuscite d’entre les morts 1.»

Les disciples retournèrent chez eux.

Mais Marie était restée près du tombeau, à l'entrée, et pleurait.

Tout en pleurant, elle se pencha et regarda dans le sépulcre.

Elle y voit deux anges en vêtements blancs, s’asseyant à la place où était le corps de Jésus, l’un du côté de la tête, l’autre du côté des pieds. Ils lui disent: «Femme, pourquoi pleures-tu?» Et elle leur répond : «Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et que je ne sais où on l’a placé. »

Ayant dit cela, elle se retourne et, derrière elle, elle voit Jésus qui était là, debout. (Elle ne savait pas que c'était Jésus.) Jésus lui dit: «Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu ?» Elle, le prenant pour le jardinier, lui répond : «Seigneur, si c’est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as placé, et j'irai le chercher. »

Jésus lui dit: «Marie!» Elle se retourne et lui dit en hébreu : «Rabbouni !?» (ce qui veut dire : Maître !).

1 L'auteur ne cite pas ici un passage de l'Écriture, mais il rappelle un certain nombre de paroles de l’Ancien Testament, dans lesquelles les premiers chrétiens voyaient des prédictions de la résurrection de Jésus (Psaume 16, 10. Voir

Actes 2, 27 et suiv. et aussi 13, 34 et 35).

2 Ou d’après d'anciens manuscrits : Rabbounei,

Jésus lui dit: «Ne me touche point! car je ne suis pas encore monté vers le Père, mais va vers mes frères et dis-leur: «Je monte vers mon Pere et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Marie Madeleine va porter la nouvelle aux disciples: «J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit.»

Le soir de ce même jour, le premier de la semaine, les portes du lieu où les disciples étaient rassemblés étant fermées, par crainte des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu d’eux, et leur dit : «La paix soit avec vous!!» et, en disant cela, il leur montra ses mains et son Côté.

Les disciples se réjouirent, voyant le Seigneur.

IL leur dit encore une fois : «La paix soit avec vous!! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie.» En disant cela, il souffla sur eux et leur dit : «Recevez l'Esprit saint ?. À ceux auxquels vous remettrez les péchés, 115 seront remis; à ceux auxquels vous les retiendrez, ils seront retenus. »

Un des douze, Thomas, appelé Didyme ὃ, n’était pas avec eux, lorsque vint Jésus. Les autres disciples lui dirent : «Nous avons vu le Seigneur.» Il leur répondit : «Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas le doigt à la place des glous“, si je ne mets pas la main dans son côté5, je n’en croirai rien.»

Huit jours après, les disciples étaient réunis dans la même chambre, Thomas avec eux ; Jésus vint, les portes étant fermées. Il se tint au milieu d'eux et dit: «La paix soit avec vous 6. »

Ensuite il dit à Thomas: «Porte ici ton doigt et regarde mes

1 C'est-à-dire : Je vous salue. Voir note sur 14, 27 (voir aussi Luc 24, 36).

5. Le mot Esprit dans le texte grec n’est pas précédé de l’article et le sens littéral est : Recevez de l'Esprit saint, une effusion de l'Esprit saint.

3 Voir note sur 11, 16.

# Plusieurs anciens manuscrits lisent : dans la marque des clous.

Ὁ C'est-à-dire dans la plaie du côté.

5 Voir note sur le verset 19.

mains; avance aussi ta main, mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant!»

Thomas lui répondit par ces paroles: «Mon Seigneur et mon Dieu!» — «Parce que tu m'as vu, tu as cru!» lui dit Jésus; « Heureux ceux qui, sans avoir vu, sont croyants! »

Jésus a fait encore, en présence des disciples, beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci le sont, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, le croyant, vous ayez la vie en son nom.

Après cela, sur le bord de la mer de Tibériade, Jésus se manifesta encore aux disciples. Voici comment : Simon Pierre, Thomas appelé Didyme?, Nathanaël de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres disciples étaient ensemble. «Je vais pêcher», leur dit Simon Pierre. «Nous y allons avec toi» répondirent les autres. Is partirent et montèrent dans la barque.

Cette nuit-là ils ne prirent rien.

Le matin venu, Jésus était là debout sur le rivage. Les disciples cependant ne savaient pas que c'était Jésus. «Enfants, leur dit-il, n’avez-vous rien à manger?» — Ils lui répondirent: «Non.» — «Jetez le filet, dit Jésus, à droite de la barque, vous trouverez. » [Is le jetèrent et ils n’avaient plus la force de le retirer tellement il était plem de poissons.

Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: «C'est ke Seigneur!» A cette parole: «C'est le Seigneur», Simon Pierre qui n’était pas vêtu remit sa tunique et se jeta à l’eau. Quant aux autres disciples ils vinrent avec la barque, et comme ils étaient

1 L'Evangile se termine ici. Le dernier chapitre est un appendice.

2 Voir note sur 11, 16,

peu éloignés de terre, — environ de deux cents coudées, — ils traînaient le filet plein de poissons.

Une fois descendus à terre, ils voient du charbon préparé, du poisson dessus et du pain. Jésus leur dit : «Apportez quelques-uns des poissons que vous venez de prendre. »

Simon Pierre monta alors dans la barque et tira à terre le filet. Il était plein de gros poissons; il y en avait cent cinquante-trois et malgré ce grand nombre le filet ne se déchira pas. «Venez manger !», dit Jésus aux disciples.

Aucun d’eux n’osait lui poser cette question: «Qui es-tu?» Ils savaient que c'était le Seigneur.

Jésus s’approche; prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.

C'était la troisième fois, depuis sa résurrection d’entre les morts, que Jésus se manifestait? à ses disciples.

Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: «Simon, fils de Jean“, m’aimes-tu plus que ceux-ci?» — II lui répondit : «Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime.» Jésus lui dit: «Fais paître mes agneaux. »

Il lui dit une seconde fois : «Simon, fils de Jean, m’aimes-tu?» Il lui répondit: «Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : «Sois le pasteur de mes brebis. »

Il lui dit pour la troisième fois : «Simon, fils de Jean, M’aimestu?» Pierre fut attristé de ce qu’il lui disait pour la troisième fois : «M'aimes-tu?» et lui répondit : «Seigneur, tu sais tout; tu sais que je t'aime 5. »

1 Littéralement : déjeuner, faire le repas du matin.

2 Grec: se manifesta.

3 Voir note sur le verset 12.

# Fils de Jean. Voir note sur 1, 43.

5 Dans les versets 15, 16, 17, nous avons rendu par aimer deux verbes grecs différents, dont l’un exprime un sentiment particulièrement tendre et affectueux et pourrait se traduire en français par chérir. Voici comment il faut, si l’on tient compte de cette nuance, interpréter tout ce passage : Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci? »

Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je te chéris.» Jésus lui dit : «Fais paître mes agneaux.» Il lui dit une seconde fois : «Simon, fils de Jean,

Jésus lui dit: «Fais paître mes brebis. En vérité, en vérité, je te le dis, lorsque tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu étendras les mains, un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas. (II dit cela pour indiquer par quel genre de mort Pierre devait glorifier Dieu); et après avoir ainsi parlé, il ajouta : «Suis-moi. »

Pierre, se retournant, voit le suivre le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le repas, s'était penché sur sa poitrine et lui avait dit: «Seigneur qui est celui qui te livrera?» Le voyant, Pierre dit à Jésus: «Seigneur, et celui-ci, que lui arrivera-t-il» Jésus lui répond: «Si je veux qu'il attende jusqu’à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi. »

Alors le bruit se répandit parmi les frères que ce disciple-là ne mourrait pas. Cependant Jésus n’a pas dit à Pierre : «Il ne mourra pas; » mais : (851 Je veux qu'il attende jusqu'à ce que je vienne, que t'importe 1. »

C'est ce disciple-là même qui atteste ces choses et qui les ἃ écrites, et nous savons que son témoignage est véridique.

Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus ἃ faites. Si on les écrivait l’une après l’autre, je crois que le monde entier ne pourrait contenir les livres qu'on écrirait?.

maimes-tu ?» Il lui répondit : «Oui, Seigneur, tu sais que je te chéris.» Jésus lui dit: «Sois le pasteur de mes brebis.» 11 lui dit pour la troisième fois: «Simon, fiis de Jean, me chéris-tu?» Pierre fut attristé de ce qu'il lui disait pour la [roisième fois : «Me chéris-tu ? » Il répondit : «Seigneur, tu sais tout, tu sais que je te chéris.» 1 Un des deux plus anciens manuscrits omet que t’importe.

? Un des deux plus anciens manuscrits omet toute cette dernière phrase à

partir de : /l y ὦ encore beaucoup d'autres choses, etc.

PRÉFACE

Les Actes des apôtres forment le second volume d’un ouvrage dont le troisième Évangile est le premier. L'identité d'auteur n’est mise en doute par personne.

L’épigraphe du livre est dans un mot de Jésus aux apôtres avant de remonter au ciel: Wous recevrez une grande force, quand le saint Esprit descendra sur vous, δέ vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, en Samarie et jusqu'au bout du monde (Actes 1: 8). L’historien développera ces paroles et en montrera la vérité dans son récit.

Il commence par Jérusalem et, après avoir rappelé comment Judas a été remplacé par Matthias (1: 15 à 26), il raconte le miracle de la Pentecôte et les premières conquêtes des apôtres, en même temps que leurs premières difficultés, leurs luttes et leurs souffrances. Son but est de faire ressortir le caractère universaliste du christianisme et, à partir du chapitre 8°, verset 4, il montre l'Évangile porté de Judée en Samarie et de Samarie#chez les païens (ch. 8: 4 à ch. 15).

Une décision de l’assemblée de Jérusalem (ch. 15) régularise l’entrée des païens dans l'Église, entrée dont l’histoire de l’eunuque (ch. 8 : 26 et suiv.) et celle de Cornélius (ch. 10) avaient été les prémices.

Enfin, Luc restreint son sujet et se borne à raconter les missions de Paul et ses voyages.

Son premier voyage nous est rapporté aux chapitres 13 et 14. Paul et Barnabas évangélisent l’île de Chypre et ensuite le pays des Galates.

Dans un second voyage (ch. 15: 36 à 18: 23), après avoir parcouru la Galatie et l’Asie-Mineure, Paul passe en Macédoine et en Grèce. Il se rend à Corinthe où il séjourne cette première fois un an et demi. Cette ville est l’extrême limite de ses courses missionnaires.

Après un court séjour à Antioche, Paul commence son troisième voyage (18 : 23 à 21 : 17). Il débute par un séjour de trois ans à Éphèse. De là il se rend encore en Macédoine, puis à Corinthe où il passe trois mois. Enfin il monte à Jérusalem.

Son arrestation nous est ensuite racontée (21 : 17 et suiv.). Après une captivité de deux années à Césarée, Paul est envoyé à Rome sur sa demande. La traversée est retardée par un naufrage (ch. 27). Arrivé enfin dans la capitale de l'empire, Paul y est emprisonné au prétoire et y attend son jugement (ch. 28).

Ici le récit de Luc s'arrête brusquement. L'auteur avait sans doute atteint son but: montrer que l'Évangile rejeté par les Juifs est accueilli par les païens, et que l’universalisme évangélique répond bien à la volonté divine. Cependant personne n’a pu, jusqu'ici, expliquer d’une manière satisfaisante l’absence totale de conclusion au livre des Actes des apôtres.

L'Eglise a toujours placé cet écrit au nombre des Re incontestés. Mais il a été moins connu et moins lu que les autres parties du Nouveau Testament. Au culte public on s’attachait surtout à la lecture, soit des Évangiles, soit des Épîtres et les Actes étaient un peu négligés. Irénée, à la fin du second siècle, est le premier des Pères qui fasse clairement mention des Actes des apôtres et Chrysostôme, au quatrième siècle, se plaignait de ce que plusieurs ignoraient non seulement le nom de l’auteur, mais l'existence même du livre.

Un examen attentif nous montre que Luc, pour écrire les Actes, a suivi la même méthode que dans la rédaction de son ivangile, Il a consulté plusieurs documents, a choisi entre eux et n'a négligé aucune source d'informations. Le lecteur remarquera

PRÉFACE 345

l’emploi du pronom de la première personne du pluriel nous, qui est brusquement introduit au verset 10 du chapitre 16, et qui continue jusqu’au verset 17. Il reparaît ensuite du verset 5 au verset 15 du chapitre 20, puis dans les 18 premiers versets du chapitre 21, dans tout le chapitre 27 et jusqu’au verset 17 du chapitre 28. On peut en conclure que Luc avait rejoint Paul à Troas (Actes 16: 10), qu'il l’accompagna en Macédoine, mais resta à Philippes pendant que Paul se rendait à Corinthe. Plus tard, Paul repassant à Philippes, à la fin de son troisième voyage, reprit Luc avec lui, et celui-ci ne le quitta plus qu’à son arrivée à Rome.

Les Actes ont été écrits peu après le troisième Évangile, c’est-àdire entre l’an 70 et l’an 80.

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Dans mon premier récit !, Théophile, j'ai raconté depuis le commencement tout ce que Jésus ἃ fait et enseigné jusqu’au jour où, après avoir donné, par l'Esprit saint, ses ordres aux apôtres qu'il avait choisis, 1l fut enlevé au ciel.

Déjà, après sa passion, il s'était montré à eux vivant, leur avait donné de nombreuses preuves de sa résurrection, leur était apparu pendant quarante jours, leur avait parlé des choses du Royaume de Dieu.

Un jour qu’ils étaient réunis, il leur ordonna de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis... «Ce dont vous m'avez entendu parler, leur dit-il; car Jean baptisait d’eau, mais vous, vous serez baptisés d’Esprit saint? dans peu de Jours. »

Les apôtres, tout en l’accompagnant, lui posaient des questions : «Seigneur, lui demandèrent-ils, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël?» Il leur répondit: «Vous n'avez pas à savoir les époques ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous recevrez une grande force quand le saint Esprit descendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, en Samarie et jusqu'awbout du monde. »

1 Le livre des Actes des apôtres a été écrit par Luc etile « premier récit » auquel il fait ici allusion est le troisième Évangile, Voir la préface.

2 D'Esprit suint ou avec de l'Esprit saint, ou encore: dans l'Esprit saint, voir note sur Matth. 3, 11.

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Pendant qu'il prononçait ces paroles et pendant qu'ils le regardaient, 11 fut enlevé et une nuée vint le dérober à leurs yeux.

Comme ils considéraient attentivement le ciel pendant qu'il s'en allait, deux hommes en vêtements blancs se présentèrent à eux : «Galiléens, leur dirent-ils, pourquoi restez-vous là à regarder au ciel? Ce Jésus qui vient d'être enlevé au ciel du milieu de vous, en reviendra de la même manière que vous l’avez vu y monter. »

Ils retournèrent alors de la montagne appelée Bois d’Oliviers à Jérusalem, qui est tout près, à la distance d’un chemin de sabbat®,

Rentrés dans la ville, ils montèrent à la chambre haute ?, où ils se tenaient d'ordinaire. C’étaient :

Pierre, Jean, Jacques et André, —- Philippe et Thomas, — Barthélemy et Matthieu, — Jacques, fils d’Alphée, Simon le Zélote et Judas, fils de Jacques.

Eux tous, avec persévérance et d’un seul cœur, s’y adonnaient à la prière avec les femmes, avec Marie, mère de Jésus, et avec les frères de celui-ci.

Un de ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères (cent vingt personnes environ étaient ensemble réunies) et voici ce qu'il dit :

«Mes frères, il fallait que s’accomplit l'Écriture, la prédiction de l'Esprit saint faite par la bouche de David sur Judas (celui qui s'est chargé de conduire ceux qui ont arrêté Jésus), parce qu'il était au nombre des nôtres et qu'il avait reçu sa part de notre ministère — (cet homme, après avoir acheté un champ avec le salaire de son crime, s’est jeté, la tête la première; son corps s’est brisé

L Un kilomètre environ.

2 Salle supérieure de la maison, qui en était toujours la plus grande pièce. On construisait parfois la chambre haute sur le toit, qui était en forme de terrasse, I] suffisait de couvrir cette terrasse.

3 On appelait Zélotes les Juifs particulièrement zélés pour le triomphe de la cause nationale.

par le milieu ; ses entrailles se sont répandues ; ce fait est si bien connu de tous les habitants de Jérusalem, que dans leur langue ils appellent ce champ Acheldamach, c’est-à-dire champ du sang!) — en effet, il est écrit au livre des Psaumes : tee” Que sa demeure devienne un désert!

Que personne n'y habite?!»

«Qu'un autre obtienne sa charges.»

Donc, il faut qu'un des hommes qui nous ont accompagnés pendant tout le temps, depuis que le Seigneur Jésus ἃ commencé jusqu'à ce qu'il ait cessé d’être avec nous, en prenant depuis le baptème de Jean jusqu'au jour où il nous ἃ été enlevé, devienne avec nous témoin de sa résurrection. »

Ils en proposèrent deux : Joseph dit Bar-Sabbas, surnommé Justus, et Matthias; puis ils firent cette prière : «Toi, Seigneur, qui connais tous les cœurs, montre-nous lequel de ces deux frères tu as choisi pour qu’il occupe la place de ministre et d’apôtre que Judas ἃ quittée pour aller à la place qui est la sienne. » Ensuite on tira au sort. Le sort tomba sur Matthias, qui fut alors associé aux onze apôtres.

Quand arriva le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble réunis, et tout à coup il se produisit, venant du ciel, un bruit semblable à un violent coup de vent, bruit qui remplit toute la maison où ils se trouvaient ; il leur apparut alors, séparées les unes des autres, des langues ressemblant à des flammes; il s’en posa une sur chacun d’eux; et ils furent tous remplis d’Esprit saint et commencèrent à parler en langues étrangères, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.

1 Cette seconde parenthèse est probablement une remarque de l’auteur du livre des Actes et ne semble pas devoir faire partie du discours de Pierre. Les mots « en effet il est écrit», etc., continuent la phrase qui précède la parenthèse : «il avait reçu sa part de notre ministère ».

PS

A Jérusalem se trouvaient alors en séjour des Juifs!, des hommes pieux venus de tous les pays qui sont sous le ciel.

Quand ce bruit se fit entendre, ils accoururent en foule et chacun fut stupéfait d'entendre parler sa propre langue. Ils étaient tous? confondus d’étonnement et disaient : «Tous ces hommes qui sont là et qui parlent, ne sont-ils pas Galiléens? Comment donc chacun de nous les entend-il s'exprimer dans sa langue maternelle? Parthes, Mèdes, Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l'Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l'Égypte et du territoire de la Lybie cyrénaïque, étrangers de passage, venus de Rome! tant Juifs que prosélytes !.… Crétois!.., Arabes! nous les entendons parler dans nos langues des grandes choses que Dieu a faites !» Ils étaient tous confondus, ne savaient que penser; les uns se demandaient: «Qu'en adviendra-t-il? » D'autres se moquaient, en disant qu'ils étaient pris de vin.

Pierre alors s’avança avec les onze, éleva la voix et s'exprima ainsi :

«Habitants de Judée et vous qui êtes en séjour à Jérusalem,

«Sachez bien ceci, prêtez l'oreille à mes paroles : ces hommes ne sont point ivres, comme vous le supposez, car il n’est que la troisième heure du jour #, mais 1l arrive ce dont ἃ parlé le prophète Joël :

«1 arrivera pendant les derniers jours, dit Dieu,

Que je répandrai de mon Esprit sur toute chair ;

Et vos fils et vos filles prophétiseront ;

Vos jeunes gens auront des visions

Et vos vieillards auront des songes ;

Oui, sur mes serviteurs el sur mes servantes, en ces jours-là,

Je répandrai de mon Esprit et ils prophétiseront.

1 Juifs, c'est-à-dire ici professant la religion juive. C’étaient des Juifs «de la dispersion». Voir note sur Jacques, 1, 1.

2 Quelques anciens manuscrits omettent tous.

3 On peut, d’après une autre ponctuation, mettre cette phrase sous forme interrogative : comment les entendons-nous … parler dans nos langues, ete.

4 Neuf heures du matin.

Je ferai paraitre des prodiges la-haut dans le ciel

Et des miracles ici-bas sur -la terre,

Du sang, du feu et des tourbillons de fumée,

Le soleil se changera en ténèbres

Et la lune en sang,

Lorsque approchera le grand et glorieux À jour du Seigneur ;

Et quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé 3.»

« Hommes d'Israël, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, cet homme dont Dieu a légitimé la mission devant vous, en faisant par ses mains et sous vos yeux des miracles, des prodiges et des signes, comme vous le savez parfaitement, cet homme qui ἃ été trahi — (et c'était un dessein arrêté par Dieu, une détermination prise d'avance par lui) — que des mains impies ont crucifié, que vous avez mis à mort, Dieu l’a ressuscité en anéantissant les horreurs de la mort, puisqu'il ne pouvait pas rester en sa puissance. Et, en effet, David dit de lui :

«Je voyais toujours le Seigneur devant moi”,

Car il est à ma droite pour que je ne sois pas ébranlé ;

Voilà pourquoi mon cœur a été dans la joie

Et ma langue a chanté mon bonheur ;

Aussi mon corps reposera-t-il plein d'espérance ;

Car tu ne laisseras pas mon âme dans la Demeure-des-morts ;

Et tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption ;

Tu m'as fait connaître les sentiers de la vie,

Tu me rempliras de joie par ta présence “. »

«Mes frères, permettez-moi de vous dire en toute liberté que, lui, le patriarche David, est mort, qu'il a été enseveli, que son tombeau est encore aujourd'hui au milieu de nous. Mais il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré, sous la foi du serment, qu’un de ses descendants occuperait son trône ; c'est donc\la résurrection du Christ qu’il a prévue et annoncée, disant :

1 Quelques anciens manuscrits omettent ef glorieux.

? Joël 2, 28-32.

5 Quelques anciens manuscrits lisent : mon Seigneur devant moi.

«1 n'a pas été laissé au séjour des morts Et son corps n'a pas vu la corruption !. »

«Κι bien, ce Christ, c'est le Jésus que Dieu ἃ ressuscité et nous , en sommes tous témoins. Puis il a été élevé à la droite de Dieu, 1] a reçu du Père la promesse de l'Esprit saint, et alors il l’a répandu comme vous le voyez et l’entendez. David, lui, n’est pas monté au ciel, il dit même :

«Le Seigneur a dit à mon Seigneur Assieds-toi à ma droite Jusqu'à ce que je te donne tes ennemis pour marchepied ?. »

«Sois donc bien convaincue, maison d'Israël tout entière, que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous, vous avez crucifié. »

Touchés jusqu’au fond du cœur par ces paroles, ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : «Frères, que devons-nous faire ? » Et alors Pierre : « Repentez-vous*; que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez le don du saint Esprit, car la promesse est pour vous, pour vos enfants, pour tous ceux qui sont au loin en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. »

Il les conjurait par beaucoup d’autres paroles encore, et il les exhortait en disant : « Échappez à cette génération perverse! »

Ceux donc qui accueillirent sa prédication reçurent le baptème, et, ce jour-là, trois mille âmes environ furent admises.

Ils étaient assidus à suivre l’enseignement des apôtres et à vivre en communion fraternelle quand ils rompaient le pain et quand ils priaient. |

Ils étaient respectés de tout le monde; les apôtres faisaient en grand nombre des prodiges et des miracles“, et tous les croyants

1 Psaume 16, 10.

2 Psaume 110, 1.

3 Quelques anciens manuscrits lisent: repentez-vous, leur dit-il. On peut traduire aussi convertissez-vous.

4 Quelques anciens manuscrits ajoutent: à Jérusalem, tous étaient Saisis d'un profond respect,

vivaient ensemble. Ils mettaient tout en commun !; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et en partageaient le produit entre tous, en proportion des besoins de chacun.

Tous ensemble, chaque jour, étaient assidus au Temple et, dans leur maison, 1ls rompaient le pain, ils prenaient leurs repas d’un cœur pur et joyeux, louant Dieu et se faisant aimer de tout le peuple. Le Seigneur ajoutait chaque jour à l'église? ceux qui étaient sauvés.

Pierre et Jean montaient un jour au Temple pour la prière de la neuvième heure; or, il y avait un homme estropié de naissance que, tous les jours, on apportait et on déposait à la porte du Temple dite «La Belle», pour demander l’aumône à ceux qui entraient.

Voyant Pierre et Jean qui allaient pénétrer dans le Temple, il s’adressa à eux pour recevoir une aumône.

Pierre arrêta sur lui son regard, ainsi que Jean : «Regardenous, lui dit-il. » Lui les fixait attentivement, s’attendant à recevoir quelque chose. Mais Pierre continua : «Je n'ai ni argent ni or, mais ce que j'ai, je te le donne; au nom de Jésus-Christ de Nazareth, marche!» En même temps il lui prenait la main droite et le levait; immédiatement ses pieds et ses chevilles devinrent fermes; d’un saut il se mit debout; il marchait! et il entra avec eux dans le Temple, marchant, sautant et louant Dieu.

Tout le peuple le vit marcher et louer Dieu, chacun le reconnaissait ; c'était bien lui, l’homme qui demandait l’aumône assis à «La Belle Porte» du Temple; complète était la stupéfaction comme l’enthousiasme de ce qui lui était arrivé.

Cet homme ne quittant pas Pierre et Jean, c’est vers eux, au portique dit de Salomon, qu’accourut tout le peuple, confondu de surprise.

Voyant cela, Pierre s’adressa ainsi à la foule :

1 Un des plus anciens manuscrits lit : Tous les croyants mettaient tout ensemble et en commun.

? À l’église. Littéralement: ensemble, en un même lieu ou un même corps.

3 Trois heures après midi.

Qt

« Hommes d'Israël,

«Pourquoi vous étonnez-vous de ce qui vient de se passer? Pourquoi nous regardez-vous avec cette insistance, comme si c'était nous, par nos propres forces ou par notre piété, qui avions fait marcher cet homme? Le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de Jacob !, le Dieu de nos pères ἃ glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, et cela, quand lui, 1] voulait le relâcher! Oui, vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé la grâce d’un meurtrier , vous avez tué l’auteur de la vie, que Dieu a ressuscité d’entre les morts, et nous, nous sommes ses témoins. C’est par la foi en son nom que ce nom ἃ guéri l'homme que vous voyez et connaissez; la foi qui agit par lui ἃ donné à cet homme, et en votre présence à (ous, une guérison complète. »

«Je sais d’ailleurs, frères, que vous avez fait tout cela dans votre ignorance et vos magistrats aussi. Dieu ἃ accompli de cette maniere ce qu'il avait prédit d'avance par la bouche de tous les prophètes, savoir que son Christ devait souffrir. Repentez - vous donc et convertissez-vous? pour que vos péchés soient effacés et alors pourront venir de la part du Seigneur des temps de rafraichissement, et 1] vous enverra celui qu'il vous ἃ destiné, Jésus- Christ, que le ciel doit recevoir jusqu'à l’époque du rétablissement universel dont Dieu a parlé autrefois par la bouche de ses saints prophètes. »

«D'une part, Moïse a dit : « Le Seigneur notre Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète semblable à moi, vous l'écouterez dans tout ce qu'il vous dira, et quiconque n’écoutera pas ce prophèle, sera exterminé du milieu du peuple “.» D'autre part,

1 Quelques très anciens manuscrits lisent: Le Dieu d'Abraham, le Dieu d’'Isaac, le Dieu de Jacob.

? Le premier verbe, que nous traduisons par repentez-vous, signifie aussi convertissez-vous, et le second, que nous traduisons par convertissez-vous, signifie aussi changez-vous.

5 Quelques anciens manuscrits lisent: Le Seigneur votre Dieu, et d'anciennes autorités : Le Seigneur Dieu sans pronom.

# Deutéronome 18, 15, 18 et suiv. Voir aussi Genèse, 17, 14.

LES ACTES DES APÔTRES 309 tous les prophètes, depuis Samuel et ses successeurs, ont parlé et ont annoncé ces jours-là. Vous êtes les fils des prophètes et les héritiers ! de l'alliance que Dieu a conclue avec nos pères, disant à Abraham : « Toutes les familles de la terre seront béntes en ta postérité ?.» Pour vous, les premiers, Dieu a suscité son serviteur et l’a envoyé vous bénir en détournant chacun de vous de ses iniquités. »

Pendant qu'ils parlaient au peuple, survinrent les prêtres”, le capitaine du Temple et les Sadducéens, fort ennuyés de ce qu’ils enseignaient le peuple et lui annonçaient la résurrection d’entre les morts en lui parlant de Jésus.

Ils les firent arrêter et jeter en prison, et comme il était déja tard, ils les y laissèrent jusqu'au lendemain.

Cependant plusieurs de ceux qui avaient entendu le discours de

Pierre devinrent croyants, et le nombre des frères fut porté à cinq mille environ *.

Le lendemain se réunirent, à Jérusalem, les magistrats, les Anciens, les Scribes, le grand-prêtre Hanne5, KaïpheS, Jean, Alexandre, tous ceux qui étaient des grandes familles sacerdotales. Ils firent comparaître Pierre et Jean et leur posèrent cette question : «Par quelle autorité ou au nom de qui avez-vous agi 7?» Alors Pierre, plein d’Esprit saint, leur dit :

« Magistrats du peuple et Anciens,

« Puisque nous sommes interrogés aujourd’hui à propos du bien que nous avons fait à un homme malade, puisque vous voulez savoir comment 1l ἃ été guéri, sachez vous tous, et que le peuple d'Israël tout entier sache aussi, que c'est au nom de Jésus-Christ de Nazareth, crucifié par vous, ressuscité d’entre les morts par Dieu ;

1 Ces mots les héritiers sont sous-entendus dans le texte. ? Genèse 12, 3; 22, 18.

Deux anciens manuscrits lisent : les chefs des prêtres. Quelques anciens manuscrits omettent environ.

Plus exactement : Hannas ou Hanan.

Plus exactement : Kaïaphas.

Littéralement : Avez-vous fait cela?

J @ &t rR ο

oui, c’est par lui que cet homme est là devant vous en bonne santé. Ce Jésus est

«La pierre rejetée par vous, les constructeurs,

Et devenue la pierre angulaire !. »

«Il n’y ἃ de salut en aucun autre; car, sous le ciel, 1l n’a pas été donné d'autre nom aux hommes par lequel nous devions être Sauvés. »

Quand ils virent l'assurance de Pierre et de Jean, qu'ils savaient être des gens du peuple, sans instruction aucune, ils furent très surpris. Ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus, et voyant debout à côté d'eux l’homme qu'ils avaient guéri, ils n'avaient rien à répliquer.

Alors ils leur ordonnèrent de sortir du Sanhédrin?, puis 115 délibérèrent : «Que faire à ces gens? se disaient-ils, car pour tous les habitants de Jérusalem il est évident qu'ils ont fait un miracle remarquable et il nous est impossible de le nier. Cependant, pour que l'affaire ne se répande pas davantage dans le peuple, interdisons-leur avec menaces de jamais parler à homme quelconque en ce nom-là. »

Ils les firent rappeler et leur défendirent absolument de parler et d'enseigner au nom de Jésus. Mais Pierre et Jean leur répondirent ainsi : « 51] est juste devant Dieu de vous écouter plus que Dieu, jugez-le; quant à nous, nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. »

Ils les relâchèrent néanmoins, après avoir réitéré leurs menaces, ne trouvant aucun moyen de les punir, à cause du peuple, car tout le monde glorifiait Dieu de ce qui était arrivé: en effet, l'homme qui avait été guéri par ce miracle était âgé de plus de quarante ans.

Lorsqu'ils furent libres, ils se rendirent auprès des leurs et leur racontèrent tout ce que les chefs des prêtres et les Anciens leur avaient dit. Quand ils l’eurent appris, ils élevèrent unanimes leurs

1 Psaume 118, 22.

2 Le Sanhédrin., Voir note sur Matth. δ. 99,

Li “

voix à Dieu: «Ὁ Maître, dirent-ils, Toi qui as fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve! Toi qui as dit par l'Esprit saint, par la bouche de notre père, ton serviteur David :

«Pourquoi les nations ont-elles tremblé de colère,

«Et les peuples ont-ils formé des desseins inutiles ?

« Les rois de la terre se sont soulevés

«Et les magistrats se sont ligqués ensemble

«Contre le Seigneur et contre son Oint, »

«— (en effet, Hérode et Ponce-Pilate avec les païens et le peuple «d'Israël se sont véritablement ligués dans cette ville même contre «ton saint serviteur Jésus, que tu as oint pour faire tout ce que «ta main et ta volonté avaient décidé d'avance), — à présent, «Seigneur, ale l’œil ouvert sur leurs menaces et donne à tes ser- «viteurs 1 d'annoncer ta Parole en toute assurance, lorsque tu «étendras ta main pour opérer des guérisons, des miracles et des « prodiges par le nom de ton saint serviteur Jésus?. »

Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient rassemblés trembla,

tous furent remplis du saint Esprit et RE avec assurance la Parole de Dieu.

La multitude des croyants n'avaient qu’un cœur et qu'une âme; personne ne disait rien posséder qui lui fût propre, mais ils mettaient tout en commun. Les apôtres rendaient avec une grande énergie leur témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus-Christ, et une grande grâce reposait sur eux tous; car ils n'avaient pas un seul indigent : tous ceux qui étaient propriétaires de terres ou de maisons les vendaient, apportaient le prix de leur vente et le déposaient aux pieds des apôtres. On le distribuait ensuite à chacun selon ses besoins. C’est ainsi qu’un lévite, Chypriote de naissance, Joseph, surnommé par les apôtres Bar-Nabas (ce qu’on peut traduire fils de la prédication), possédait un champ qu'il vendit; il en apporta l'argent et le déposa aux pieds des apôtres.

1 Grec : esclaves. 2 Cette prière ne forme qu’une seule phrase, et les mots: à présent, Seigneur, font suite aux premières paroles : Toi qui as fait le ciel, etc... Toi qui as dit.

Mais un homme nommé Ananias, d'accord avec sa femme Sapphira, vendit une propriété, mit de côté une partie du prix de vente, sa femme le sachant, et apportant le reste, le déposa aux pieds des apôtres.

«Ananias, lui dit Pierre, pourquoi Satan s'est-il emparé de ton cœur, Jusqu'à te faire mentir à l'Esprit saint, et te faire mettre de côté une partie du prix de ton champ? Si tu ne l’avais pas vendu, ne (6 serait-il pas resté? et, si tu le vendais, ne pouvais-tu pas à ton gré disposer de sa valeur? comment as-tu pu former un pareil projet dans ton cœur? ce n’est pas à des hommes que tu as menti, c'est à Dieu. »

A l’ouïe de ces paroles, Ananias tomba et expira.

Tous les auditeurs furent frappés d’épouvante; cependant les plus jeunes, s'étant levés, l’arrangèrent pour l’ensevelir, puis 115 l’emportèrent et l’enterrèrent,.

Il s'était écoulé trois heures environ, lorsque sa femme entra, ne sachant pas ce qui était arrivé. Pierre s’adressa à elle : «Dis-moi si c'est à ce prix-là que vous avez vendu votre champ?» Elle répondit: «C’est à ce prix-la.» Mais Pierre: «Eh quoi! vous vous êtes concertés pour tenter l'Esprit du Seigneur! Voici les pas de ceux qui ont enseveli ton mari s’approchent de cette porte; ils vont t’emporter ! »

A l'instant même elle tomba à ses pieds et expira; les jeunes gens qui rentraient la trouvèrent morte, ils l’'emportèrent et l’enterrèrent à côté de son mari. |

L'Église tout entière et tous ceux qui apprirent ces faits furent frappés d’épouvante.

Cependant il se faisait, dans le peuple, par les mains des apôtres, des miracles et des prodiges en grand nombre. Ceux-ci se tenaient d'habitude tous ensemble sous le portique de Salomon.

Aucun des autres! n’osait entrer en rapport avec eux, mais le

1 Les autres. c’est-à-dire les indifférents ou les adversaires.

peuple leur montrait une grande admiration; des croyants toujours plus nombreux, des hommes et des femmes en foule s’attachaient au Seigneur; c'était au point qu'on portait les malades jusque dans les rues, qu’on les déposait sur de petits lits et sur des grabats afin que, Pierre venant à passer, son ombre au moins couvrit quelqu'un d'eux. Même des villes voisines, la foule accourait à Jérusalem, amenant des malades et des personnes tourmentées par des Esprits impurs : tous étaient guéris.

Cependant le grand-prètre et tous ceux de son parti (le parti des Sadducéens) se mirent en mouvement. Poussés par la jalousie, ils firent arrêter les apôtres et les jetèrent dans la ptison publique.

Mais un ange du Seigneur ouvrit, pendant la nuit, les portes de la prison, les fit sortir et leur dit: «Allez vous montrer au Temple et annoncez au peuple toutes ces paroles de vie.» À ces mots, ils entrèrent au Temple dès le point du jour et reprirent leur enseignement.

Cependant le grand-prêtre et ses partisans convoquerent le Sanhédrin! et tout le sénat des Israélites, puis ils envoyèrent chercher les apôtres à la prison. Leurs agents s’y rendirent donc et ne les y trouvèrent pas; ils revinrent et rapportèrent le fait en ces termes : « Nous avons trouvé la prison fermée avec grand som et les sentinelles se tenant aux portes; nous avons ouvert et, dedans, nous n’avons trouvé personne.» A l’ouïe de ces paroles, le capitaine du Temple et les chefs des prêtres se demandèrent avec inquiétude où étaient les apôtres et ce que tout cela deviendrait. Là-dessus, quelqu'un vint leur dire : «Les hommes que vous avez ‘fait mettre en prison sont installés au Temple et enseignent le peuple.» Le capitaine du Temple partit alors avec ses agents et les amena, mais sans employer la force, car ils avaientpeur du peuple qui aurait pu les lapider.

Ils les amenèrent donc et les introduisirent dans le Sanhédrin.

Le grand-prêtre les interrogea : «Ne vous avons-nous pas

1 Le Sanhédrin. Voir note sur Matth. 5, 22.

[Re] [na]

expressément interdit, leur dit-il, d'enseigner en ce nom-là, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement et que vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme!» Mais Pierre et les apôtres répondirent par ces paroles : «1] faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes; le Dieu de nos pères ἃ ressuscité Jésus que vous, vous avez fait mourir en le pendant à une croix. Dieu, par sa droite !, l’a élevé à la dignité de Chef et de Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés, et nous, nous sommes témoins de ces choses, ainsi que le saint Esprit donné par Dieu à ceux qui lui obéissent. »

Ce langage les exaspéra; ils voulaient les faire mettre à mort; mais un des membres du Sanhédrin, un des Pharisiens, appelé Gamaliel, un légiste qui était estimé de tout le peuple, se leva et demanda qu'on fit sortir un instant les apôtres, puis 1l dit : «Israélites, prenez bien garde à ce que vous allez faire à ces hommes; il y à quelque temps s’est levé Theudas qui prétendait aussi être quelque chose, et quatre cents hommes environ se joignirent à lui; il fut tué et tous ceux qui s'étaient ralliés à lui ont été mis en déroute et réduits à rien. Après lui, à l’époque du recensement, s’est levé Judas le Galiléen, et il a attiré bien des gens à lui; celui-là aussi ἃ péri, et tous ceux qu'il avait ralliés à lui ont été dispersés. Eh bien, je vous dis ceci : Cessez vos poursuites et laissez aller ces hommes; car si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle tombera d'elle-même; si, au contraire, elle vient de Dieu, vous ne pourrez l'arrêter et vous risquez de vous trouver avoir combattu contre Dieu.» Ils se rangèrent à son avis et, ayant rappelé les apôtres, ils leur firent donner la bastonnade, puis leur défendirent de prêcher au nom de Jésus et les relàcherent.

Les apôtres se retirèrent de devant le Sanhédrm pleins de joie d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Dieu ?; et tous les jours, dans le Temple et dans leur maison, ils

1 C'est-à-dire par sa puissante volonté.

2 Les mots: de Dieu ne sont pas dans le texte; mais lorsqu'un Juif disait «le nom » sans ajouter de Dieu, ces mots étaient toujours sous-entendus.

ne cessaient d'enseigner et d'annoncer l'Évangile! de Jésus- Christ.

En ce temps-là, le nombre des disciples augmentant toujours, les Hellénistes ? se plaignirent de ce que leurs veuves étaient moins bien traitées dans les distributions quotidiennes que celles des Hébreux ?.

Les douze convoquèrent alors une réunion de tous les disciples et leur dirent: «Il n'est pas convenable que nous négligions la prédication de ia parole de Dieu pour faire le service des tables. Choisissez donc parmi vous, frères, sept hommes, pleins d’Esprit saint, sages et considérés, que nous chargerons de ce service et, quant à nous, nous nous occuperons exclusivement de la prière et du ministère de la parole. »

Cette proposition plut à tout le monde et les élus furent Étienne, homme plein de foi et d'Esprit saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas d’Antioche, un prosélyte.

On les présenta aux apôtres qui prièrent en leur imposant les mains.

La parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem; une foule de prêtres, entre autres, embrassèrent la foi.

Étienne, plein de grâce et plein de force, aa dans le peuple des prodiges et de grands miracles.

Cependant quelques membres de la synagogue dite des Affranchis®, des gens de Cyrène et d'Alexandrie, et d’autres venus de Cilicie et d’Asie s’émurent et commencèrent à discuter avec lui, mais sans pouvoir résister à sa sagesse et à l’Esprit par lequel il parlait.

1 Ou : La Bonne Nouvelle.

? Les Hellénistes étaient les Juifs ayant vécu hors de Palestine et parlant le grec : les Hébreux étaient les Juifs ayant vécu en Palestine et parlant l’araméen ou pme, langue de la même famille que l’hébreu.

3 Les Affranchis descendaient des Juifs amenés à Rome comme esclaves, puis affranchis.

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Alors ils subornèrent des individus qui dirent : «Nous l'avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu.» [ls soulevèrent le peuple, les Anciens et les Scribes, et, survenant à l'improviste, ils s'emparèrent de lui et l’amenèrent au Sanhédrin, Là 115 produisirent de faux témoins qui dirent: «Cet homme ne cesse de tenir des discours contre le Lieu saint et contre la Loi. Nous l'avons entendu dire que Jésus, cet homme de Nazareth, détruira ce Lieu et changera les institutions que nous tenons de Moïse. »

Tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur Étienne, et, quand ils le regardaient ainsi, il leur semblait voir un ange.

«Tout cela est-il vrai?» lui demanda le grand-prêtre.

Étienne dit alors :

«Mes frères et mes pères, écoutez !

«Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, en Mésopotamie, avant son établissement à Charran, et lui dit: «Sors de ton pays et de ta famille et va dans le pays que je te montrer.» 1] sortit alors du pays des Chaldéens et s'établit à Charran. De là, après la mort de son père, Dieu le fit passer dans ce pays-ci que vous habitez maintenant. »

«Il ne lui donna aucune propriété dans ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il promit de le mettre, lui et ses descendants, en sa possession, quoiqu'il n’eût pas d'enfant. Voici comment Dieu parla : «Ses descendants demeureront dans un pays étranger, on les fera esclaves’ et on les persécutera pendant quatre cents ans et la nation qui les fera esclaves c'est moi qui la jugerai, dit Dieu, et ensuite ils partiront et me rendront un culte dans ce lieu-ci ?.»

«Puis Dieu fit avec Abraham l'alliance de la circoncision. C'est ainsi qu'ayant engendré Isaac, Abraham le circoncit le huitième jour, de même Isaac Jacob, et Jacob les douze patriarches. »

«Les patriarches, jaloux de Joseph, le vendirent pour le faire emmener en Égypte.»

1 Genèse 12, 1.

3 Genèse 15, 13 et suiv.

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« Mais Dieu était avec lui, 11 le tira de toutes ses épreuves, il lui donna de la sagesse et lui fit trouver grâce devant Pharaon, roi d'Égypte, qui l’établit gouverneur d'Égypte et de toute sa maison. »

«Il survint une famine dans toute l'Égypte et en Chanaan, la détresse était grande, et nos pères ne trouvaient pas de quoi se nourrir. Mais Jacob apprit qu'il y avait du blé en Égypte et il y envoya nos pères une première fois. Au second voyage, Joseph se fit reconnaître par ses frères et Pharaon apprit quelle était l’origine de Joseph . »

«Alors Joseph envoya chercher son père Jacob et toute sa famille, en tout soixante-quinze personnes. Jacob descendit en Égypte et y mourut; nos pères aussi; on les transporta à Sichem et on les déposa dans le tombeau qu’Abraham, à prix d'argent, y avait acheté des fils d'Emmor. »

« Lorsque approcha le moment où devait s’accomplir la promesse solennellement faite par Dieu à Abraham, le peuple s’accrut et se multiplia en Égypte jusqu'au «règne d'un autre roi qui n'avait pas connu Joseph®.» Celui-ci traita notre peuple par la ruse et persécuta nos pères jusqu'à leur faire exposer leurs enfants pour leur ôter la vie. »

«C'est alors que naquit Moïse; il était d’une divine beauté; trois mois il fut élevé dans la maison de son père. Quand il fut exposé, la fille de Pharaon le recueillit et l’éleva comme son propre fils. Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens ; 1! était puissant en paroles et en œuvres. »

«Quand 11 eut quarante ans accomplis, 11 lui monta au cœur le désir de visiter ses frères les enfants d'Israël. Il en vit maltraiter un et, prenant son part, 1l vengea le tort qui lui était fait en frappant l'Égyptien. Il pensait faire comprendre à ses frères que Dieu, par ses mains, voulait les délivrer; mais ils me comprirent pas. Le lendemain il se présenta à eux pendant qu'ils

1 Quelques anciens manuscrits lisent : quelle était son origine.

__ % Il faut entendre par cette expression les connaissances scientifiques des Égyptiens.

se querellaient et comme 1] les exhortait à se réconcilier en leur disant: «Vous êtes frères, pourquoi vous maltraitez-vous?» celui qui faisait tort à son prochain le repoussa par ces mots: «Qui donc t'a nommé notre chef et notre juge? Voudrais-tu me tuer, moi aussi, comme {Εἰ gyptien que tu as tué hier?» À cette parole, Moïse prit la fuite et alla vivre en étranger dans le pays de Madian, où il engendra deux fils. »

«Quarante ans plus tard, un ange lui apparut au désert du mont Sinaï dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse le vit et, tout surpris de cette apparition, 1] s’approchait pour la considérer de plus près, lorsque la voix du Seigneur se fit entendre : «Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham et d’Isaac et de Jacob 3.» Tremblant de peur, Moïse n’osa pas regarder davantage. Alors le Seigneur lui dit: «Ote de tes pieds tes chaussures, car le lieu où tu te trouves est une terre sainte; j'ai regardé et j'ai vu la misère de mon peuple en Égypte, et j'ai entendu ses gémissements et je suis descendu pour le délivrer. Viens maintenant pour que je t'envoie en Égypte “.»

«C'est ce Moïse qu'ils avaient renié en disant: «Qu donc t'a nommé notre chef et notre juge?» que Dieu a envoyé comme chef et comme libérateur avec l’aide de l’ange qui lui était apparu dans le buisson. C’est lui qui les ἃ délivrés en faisant des prodiges et des miracles en Égypte, sur la mer Rouge et au désert pendant quarante ans. C'est ce Moïse qui ἃ dit aux enfants d'Israël : «Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète semblable à moi,» C'est lui qui était au milieu de l'assemblée au désert avec l'ange qui lui parlait sur le mont Sinaï et avec nos pères. C’est lui qui reçut, pour vous? les transmettre, des oracles de vie. C’est à lui que nos pères n’ont pas voulu obéir. C’est lui qu'ils repous-

2 Exode 3, 6.

3 Exode 3, 5,

4 Exode 3, 9, 10.

5 Exode 2, 14.

6 Deutéronome 18, 15.

7 Plusieurs anciens manuscrits lisent : pour nous les transmettre,

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