PATRONS
- er "pe
sèrent pour tourner leurs cœurs vers l'Égypte, disant à Aaron: «Fais-nous des dieux qui nous conduisent ; car ce Moïse, qui nous α fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé !, »
«En ces jours-là, ils fabriquèrent un veau et ils offrirent un sacrifice à cette idole et célébrèrent une joyeuse fête à ces œuvres de leurs mains. Alors Dieu les abandonna et les livra au culte de l’armée du ciel, comme il est écrit dans le livre des Prophètes :
«M'avez-vous offert des victimes et des sacrifices
Au désert pendant quarante ans, ὁ maison d'Israël,
Quand vous transportiez le tabernacle de Moloch
Et l'étoile de votre dieu Romphan, [elles? 3
Ces idoles que vous avez fabriquées pour vous prosterner devant
Eh bien, je vous déporterai au delà de Babylone *.»
«Nos pères avaient au désert le tabernacle du témoignage, comme l’avait ordonné celui qui avait dit à Moïse de le faire sur le modèle qu'il avait vu. Nos pères, l’ayant reçu à leur tour, l'introduisirent avec Josué dans le pays conquis sur les peuples chassés par Dieu devant eux. »
«Il en fut ainsi jusqu'au jour de David qui trouva grâce devant Dieu et demanda à élever une demeure à la maison“ de Jacob. Ge fut Salomon qui lui bâtit une maison. »
«Mais le Très Haut n’habite point dans ce qui est fait de mains d'hommes, comme le dit le prophète :
« Le ciel est mon trône,
La terre est mon marchepied ;
Quelle maison m'édifierez-vous, dit le Seigneur, Ou quel sera mon lieu de repos?
N'est-ce pas ma main qui a fait toutes ces choses 5? »
1 Exode 32, 1.
? On peut lire d’après une autre ponctuation : pendant quarante ans, ὁ maison d'Israël? Vous avez transporté le tabernacle de Moloch et l'étoile... pour vous prosterner devant elles.
5 Amos 5, 25 et suiv.
ὁ Plusieurs anciens manuscrits lisent : aw Dieu de Jacob.
5 Esaïe 66, 1 et suiv.
ΚΕΝ es]
LE στ
CS
«Têtes dures! cœurs et oreilles incirconcis! vous résisiez toujours à l’Esprit saint, comme l'ont fait vos pères! Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté! Ils ont tué ceux qui annonçaient la venue du Juste, que vous avez trahi et dont vous avez été les meurtriers! Cette Loi que vous aviez reçue sur les ordres des anges, vous ne l’avez pas gardée!...,..»
Ces paroles leur mirent la rage au cœur et ils grincèrent des dents contre Étienne; mais lui, plein d’Esprit saint, les yeux fixés au ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu, et il dit: «Voila que je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu !»
Alors ils poussèrent de grands cris, se bouchèrent les oreilles, se précipitèrent tous ensemble sur lui et l’entrainèrent hors de la ville, où ils le lapidèrent.
Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul et, pendant qu'ils le lapidaient, Étienne priait et disait: «Seigneur Jésus, reçois mon esprit.» Puis il se mit à genoux et s’écria à haute voix: «Seigneur ne leur demande pas compte de ce péché!» En prononçant les paroles, il s'endormit.
Saul avait approuvé ce meurtre.
Ce même jour, une cruelle persécution sévit sur l’Église de Jérusalem; tous les frères, sauf les apôtres, se répandirent dans toutes les parties de la Judée et de la Samarie.
Cependant quelques pieux prosélytes ensevelirent Étienne et célébrèrent ses funérailles avec éclat.
Quant à Saul il ravageait l'Église, il pénétrait dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes et les faisait jeter en prison.
Ceux qui avaient été dispersés allèrent çà et là annoncer la Bonne Nouvelle de la parole 1, Ainsi Philippe, qui s'était rendu dans la ville de Samarie?, }
1 Littéralement : évangélisant la parole.
2 Plusieurs anciens manuscrits lisent : dans une ville de Samarie.
prècha le Christ. La population fut unanime à subir l'influence des paroles de Philippe, lorsqu'elle l’entendit et qu’elle vit les miracles qu'il faisait: des Esprits impurs sortrent du corps d’un grand nombre de possédés, en jetant de grands cris ; plusieurs paralytiques et plusieurs estropiés furent guéris.
Ce fut une grande joie dans cette ville.
Or, il y avait auparavant dans cette ville un homme nommé Simon, magicien de profession, qui en imposait au peuple de Samarie et se faisait passer pour un grand personnage. Tous, petits et grands, s'étaient attachés à lui et disaient: «C’est lui qui est la Puissance de Dieu, «la Grande», comme on l'appelle. »
S'ils s'étaient ainsi attachés à lui, c’est que depuis longtemps ses sorcelleries leur en imposaient. Mais quand ils eurent été amenés à la foi par Philippe, qui leur annonçait l'Évangile du Royaume de Dieu et de la personne de Jésus-Christ, tous, hommes et femmes, se firent baptiser.
Simon, lui-même, devint croyant, et, quand il fut baptisé, 1l ne quitta plus Philippe; le spectacle des miracles et des prodiges étonnants qu'il opérait le remplissait d’admiration.
À Jérusalem, les apôtres apprirent que la Samarie avait accueilli la Parole de Dieu, et Pierre et Jean y furent délégués. S'y étant rendus, ils prièrent pour les croyants, afin qu'ils reçussent l’Esprit saint (en effet, il n’était encore descendu sur aucun d'eux, ils n'avaient été que baptisés au nom du Seigneur Jésus); alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l'Esprit saint.
Quand Simon vit que l'imposition des mains des apôtres conférait l'Esprit, il leur offrit de l'argent : « Donnez-moi ce pouvoir, à moi aussi, dit-il, afin que ceux à qui j'imposerai les mains reçoivent l'Esprit saint. » — « Périsse ton argent avec toi, lui répliqua Pierre, puisque tu as cru que le don de Dieu s’achète! Tu n'as ni part ni héritage dans tout ceci, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. Repens-toi ! donc de cette mauvaise pensée, et prie le Seigneur de
1 Ou: Convertis-toi.
QT
te pardonner ce dessein de ton cœur. Car, je le vois, tu es tout rempli de venin!, tu es esclave de l'iniquité. » — «Priez vousmêmes le Seigneur pour moi, répondit Simon, afin qu'il ne m'arrive rien de ce que vous avez dit. »
Pierre et Jean, après avoir ainsi rendu leur témoignage et annoncé la Parole du Seigneur, regagnèrent Jérusalem, en évangélisant plusieurs villages du pays des Samaritains.
Cependant un ange du Seigneur parla à Philippe : « Lève-toi, lui dit-il, et rends-toi vers le sud sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza; cette route est déserte. »
Il se leva et 1l partit.
Or, un Éthiopien, un eunuque, officier de la candace?, reine d'Éthiopie, et gardien de tous ses trésors, venu adorer? à Jérusalem, s’en retournait, et, assis sur son char, il lisait le prophète Ésaïe. :
L'Esprit dit à Philippe : « Approche-toi de ce char ; rejoins-le. »
Philippe s'empressa de le faire, et entendant l’Éthiopien lire le prophète Ésaïe, il lui dit: «Comprends-tu ce que tu lis?» — «Comment le pourrai-je, répondit celui-ci, si quelqu'un ne me dirige?» Puis il invita Philippe à monter et à s’asseoir à côté de lui.
Or voici quel était le passage de l’Écriture qu'il lisait :
«1| a été conduit comme une brebis à la mort; Comme un agneau muet devant celui qui le tond, Il n’a pas ouvert la bouche!
Dans son humihiation son jugement a été levé; Mais qui racontera sa génération?
Car sa vie a été retranchée de la terre. »
1 Littéralement : tu es dans un fiel amer, ce qui signifie en style biblique : élre empoisonné.
2 Candace ou candaoce était, à cette époque, le titre de la royauté féminine d'Éthiopie,
3 Adorer, voir note sur Actes 24, 11.
ει Ésaie 53, 7 et suiv.
L'eunuque, s'adressant à Philippe : «Je te prie de me dire, lui demanda-t-il, qui le prophète désigne ici ἢ Est-ce lui-même? Est-ce quelqu'un d'autre?» Philippe prit alors la parole et, commençant par ce passage, il lui annonça l'Évangile de Jésus.
Chemin faisant, ils rencontrèrent de l'eau. « Voilà de l’eau, dit l'eunuque, qui empêche que je ne sois baptisé?!» Il fit arrêter le char: Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l'eau et celui-ci fut baptisé.
Lorsqu'ils furent sortis de l’eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe, l'eunuque ne le vit plus, et poursuivit son chemin plein de joie. Philippe, en effet, se trouvait être à Azot, d’où il partit, évangélisant toutes les villes qu’il rencontra jusqu’à son arrivée à Césarée.
Saul, ne respirant toujours que menaces et carnage contre les disciples du Seigneur, s’adressa au grand-prèêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin de pouvoir, s’il y trouvait des membres de la secte, hommes et femmes, les amener garrottés à Jérusalem.
Pendant ce voyage, comme il approchait de Damas, tout à coup, autour de lui, brilla une lumière venue du ciel; 1] tomba par terre et entendit une voix, lui disant: «Saul' Saul' pourquoi me persécutes-tu ? » — «Qui estu, Seigneur?» répondit-il, et lui: «Je suis Jésus que tu persécutes, mais relève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire. »
Ses compagnons de voyage restaient là, stupéfaits, entendant bien la voix, mais ne voyant personne.
Saul se releva de terre, rouvrit les yeux, mais ne vit rien. On dut le tenir par la main pour le mener à Damas, et, pendant trois jours, il resta aveugle et ne prit aucune nourriture,
Or il y avait à Damas un disciple du nom d'Hananias, à qui le Seigneur dit en vision : «Hananias!» — «Me voici, Seigneur », répondit-il. — «Lève-toi, lui dit le Seigneur, va dans la rue dite la
1 La phrase qui forme le verset 37 dans les traductions ordinaires manqué dans tous les plus anciens et les meilleurs manuscrits. Elle est ainsi conçue : Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur. cela est possible. L’eunuque répondit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu.
ot
rue Droite, et cherche dans la maison de Juda un nommé Saul de Tarse, car 1l est en prières, et il ἃ vu un homme du nom d’Hananias entrer auprès de lui et lui imposer les mains pour lui rendre la vue. »
Hananias répondit: «Seigneur, j'ai entendu dire à bien des personnes quel mal cet homme ἃ fait à tes fidèles à Jérusalem, et il vient ici avec pleins pouvoirs, reçus des chefs des prêtres, d’enchainer {ous ceux qui invoquent ton nom.» Mais le Seigneur lui dit : «Va, car cet homme est un instrument que je me suis choisi pour porter mon nom devant les païens, les rois et les enfants d'Israël. Je lui ferai connaître tout ce qu'il devra souffrir pour mon nom.»
Alors Hananias alla ; il entra dans la maison et, imposant les mains à Saul, 1l lui dit: «Saul, mon frère, le Seigneur m'a envoyé, Jésus, qui t'est apparu sur le chemin par lequel tu es venu, pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli d’Esprit saint.» Aussitôt 11 tomba de ses yeux des sortes d’écailles; il recouvra la vue, se leva et fut baptisé, puis il mangea, et il reprit des forces.
IT passa quelques jours avec les disciples de Damas, et il prècha immédiatement dans les synagogues, disant que Jésus est le Fils de Dieu, Tous ses auditeurs étaient confondus. «N'est-ce pas, disaient-ils, l’homme qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquaient ce nom et qui est venu ici pour les conduire garrottés aux chefs des prêtres ? »
Quant à Saul, 1] mettait chaque jour plus de force à confondre les Juifs résidant à Damas, et à prouver que Jésus est le Christ.
Il se passa plusieurs jours, au bout desquels les Juifs s’entendirent entre eux pour le mettre à mort. Saul eut connaissance de ce complot; on gardait les portes jour et nuit pour parvenir à le tuer. Alors les disciples, le prenant une nuit, le descendirent pardessus le mur dans un panier.
Arrivé à Jérusalem, il essaya d'entrer en rapport avec les disciples; mais tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût luimême un disciple. Ge fut Barnabas! qui le prit avec lui, le mena
Ou: Bar-Nabas. Voir 4, 36. Désormais nous écrirons ce mot : Barnabas; c'est l'orthographe usuelle.
aux apôtres et leur raconta comment, dans le chemin, 1l avait vu le Seigneur, que celui-ci lui avait parlé, et enfin comment, à Damas, il avait franchement prêché au nom de Jésus. Dès lors il allait et venait avec eux dans Jérusalem et parlait avec assurance au nom du Seigneur.
Il avait aussi des entretiens et des discussions avec les Hellénistes; mais ceux-ci cherchaient à lui ôter la vie. Les frères, l’apprenant, le conduisirent à Césarée et le firent partir pour Tarse.
L'Église, dans toute la Judée, toute la Galilée, toute la Samarie, était en paix, s'édifiait, marchait dans la crainte du Seigneur et, par l'assistance du saint Esprit, le nombre de ses membres augmentait.
Il arriva que Pierre, dans une visite à tous les fidèles, se rendit aussi auprès de ceux qui habitaient Lydda. Il y trouva un homme nommé Enée, qui depuis huit ans n'avait pas quitté son lit; il était paralysé. « Enée, lui dit Pierre, Jésus-Christ te guérit ; lèvetoi et arrange ton lit toi-même», et immédiatement il se leva. Tous les habitants de Lydda et de la plaine de Saron le virent, et ils se convertirent au Seigneur.
A Joppé, il y avait parmi les disciples une femme nommée Tabi- {πὰ (mot qui signifie Dorcas{). Elle se consacrait aux bonnes œuvres et faisait beaucoup d’aumônes; et il arriva, ces jours-là, qu'elle tomba malade et mourut.
On fit sur elle les ablutions d’usage?, puis on la déposa dans la chambre haute.
Les disciples, ayant appris que Pierre était à Lydda, — Lydda est dans le voisinage de Joppé, — lui envoyèrent deux hommes pour le prier de se rendre auprès d'eux sans tarder.
Pierre se mit en route et partit avec eux.
1 Dorcas, mot grec signifiant gazelle.
? Littéralement : l'ayant lavée. Il s’agit bien ici des ablutions auxquelles on soumettait le corps aussitôt après le décès.
Quand il arriva, on le conduisit à la chambre haute; là toutes les veuves l’entourèrent et lui montrèrent en pleurant des vêtements et des manteaux que faisait Dorcas quand elle était encore avec elles.
Pierre fit sortir tout le monde, se mit à genoux et pria; puis, se tournant vers le corps, il dit: «Tabitha, lève-toi!» Celle-ci ouvrit les yeux et, voyant Pierre, elle s’assit. IT lui tendit alors la main et la fit lever; puis il appela les fidèles et les veuves et la leur rendit vivante. Ce fait fut connu dans toute la ville de Joppé et plusieurs personnes crurent au Seigneur.
Quant à Pierre, il resta plusieurs jours à Joppé chez un tanneur nommé Simon.
Il y avait à Césarée un homme nommé Cornélius, centurion d’une cohorte appelée Italia! ; il était pieux, vivait dans la crainte de Dieu, ainsi que tous les siens 5, faisait beaucoup d'aumônes au peuple et priait Dieu sans cesse.
Cet homme eut une vision; il vit distinctement vers la neuvième heure du jour un ange de Dieu qui entrait chez lui et lui disait : «Cornélius !» ΠῚ le regarda tout effrayé. «Qu’y a-t-il, Seigneur ? » lui répondit-il. «Tes prières et tes aumônes, lui dit l’ange, sont montées jusqu'à Dieu, et il en a été fait mention devant lui. Et maintenant envoie des hommes à Joppé, et fais venir ici un certain Simon, surnommé Pierre; il demeure chez Simon le tanneur, dont la maison est près de la mer. »
Quand l'ange qui lui avait parlé fut parti, Cornélius appela deux de ses domestiques et un soldat pieux de ceux qui étaient attachés à sa personne; il leur raconta tout et les envoya à Joppé.
Le lendemain, comme ils étaient en route et s’approchaient de la ville, Pierre monta sur la terrasse de la maison vers la sixième heure #, pour y prier. Il eut faim et demanda à manger.
1 C’est-à-dire l’Italienne.
2 Vivait dans la crainte de Dieu, ainsi que tous les siens. On appelait «un craignant Dieu» un païen converti au Judaïsme, Voir note sur le verset 35.
5 Trois heures après midi.
4 Vers midi.
Pendant qu'on lui préparait quelque chose, il eut une extase, il vit le ciel ouvert et un objet ressemblant à une grande nappe nouée aux quatre coins en descendre et s’abaisser vers la terre ; à l’intérieur de la nappe il y avait des quadrupèdes de toute espèce, des reptiles de la terre et des oiseaux du ciel. «Lève-toi, Pierre, lui dit une voix, tue et mange.» Mais Pierre répondit: «Nullement, Seigneur, car jamais je n'ai rien mangé de souillé! ni d'impur.» Alors une voix s’adressa à lui une seconde fois: « N’appelle pas souillé ce que Dieu à purifié. »
Cela se répéta par trois fois et aussitôt après l’objet remonta au ciel.
Pendant que Pierre méditait, incertain du sens de la vision qu'il venait d’avoir, les hommes envoyés par Cornélius et qui s'étaient informés de la maison de Simon se présentèrent à la porte d’entrée et appelèrent pour savoir si: «Simon, surnommé Pierre, demeurait là.»
À ce moment même l'Esprit dit à Pierre, qui était à réfléchir sur la vision : « Voici trois hommes? qui te demandent, lève-toi, descends, et pars avec eux sans scrupule, car c'est moi qui les ai envoyés.» Alors Pierre descendit: «Me voici, dit-il à ces hommes, je suis la personne que vous demandez; quel motif vous amène?» Ils répondirent: «Cornélius, centurion, homme juste et craignant Dieu *, auquel toute la population juive rend un bon témoignage, a reçu d’un saint ange l’ordre divin de te faire venir dans sa maison et d'écouter tes paroles. »
Alors Pierre les fit entrer et leur donna l'hospitalité.
Le lendemain, il se mit en route et partit avec eux, et quelques-uns des frères de Joppé l’accompagnèrent.
Le jour suivant, ils arrivèrent“ à Césarée.
Cornélius les attendait et avait réuni ses parents et ses amis
1 De souillé, de profane. Manger des mets interdits par la Loi s’appelait contracter «une soutllure» ou «une impureté». Voir note sur Marc "7, 1 et suiv.
? Quelques anciens manuscrits lisent: Voici des hommes, et l’un des plus anciens : Voici deux hommes.
3 Homme juste et craignant Dieu. Voir note sur le verset 2.
# Quelques anciens manuscrits et d'anciennes autorités lisent : {1 arriva.
[he] Lo
L9 Sd
intimes. Au moment où Pierre entra, Cornélius, qui était allé à sa rencontre, tomba à ses pieds et se prosterna. Mais Pierre le releva. «Lève-toi, lui dit-il, comme toi, je ne suis qu'un homme», et il entra en s’entretenant avec lui.
Trouvant un grand nombre de personnes réunies, il leur dit : «Vous savez qu'il est défendu à un Juif de se mettre en rapport personnel avec un homme d’une autre nation ou d'entrer chez lui; mais, pour ce qui me concerne, Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé! ou impur. Voilà pourquoi, étant appelé, je suis venu ici sans objection; je demande donc pour quel motif vous m'avez fait appeler. »
Cornélius répondit: «Il y a quatre jours, j'avais jeûné jusqu'à cette heure-ci, et, à la neuvième heure?, j'étais chez moi à prier, quand tout à coup un homme portant un vêtement éblouissant se présenta à moi et me dit: «Gornélius, ta prière a été exaucée et il a été fait mention devant Dieu de tes aumônes. Envoie donc à Joppé et fais venir Simon surnommé Pierre, il demeure dans la maison de Simon le tanneur, près de la mer.» Immédiatement j'ai envoyé vers toi; tu as eu la bonté de venir, et maintenant nous sommes tous en présence de Dieu, prêts à entendre tout ce que le Seigneur [ἃ ordonné de nous dire. »
Pierre prit alors la parole : «En vérité, dit-il, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, mais que, chez tous les peuples, celui qui le craint et qui pratique la justice* lui est agréable. Il ἃ envoyé sa Parole aux enfants d'Israël, en leur faisant précher l'Évangile de paix par Jésus-Christ, le Seigneur de tous ; vous savez ce qui s’est passé dans toute la Judée, ce qui avait d’abord commencé en Galilée à la suite du baptême prèché par Jean; vous savez comment Jésus de Nazareth, oint par Dieu
1 Ou: profane. Voir plus haut verset 44. Le contact même d’un païen était pour un Juif une «souillure ».
2 Trois heures après midi.
3 Celui qui craint Dieu et qui pratique la justice; noms donnés aux païens convertis au Judaïsme, et spécialement aux prosélytes dits «de la justice». Voir note sur le verset 2. Sur l'expression : pratiquer lu justice, voir note sur Matth. 6, 1.
d'Esprit saint et de puissance, allait de lieu en lieu en faisant le bien, en guérissant {ous ceux qui étaient sous l’empire du diable, parce que Dieu était avec lui (nous avons été témoins de tout ce 39, 10 qu'il ἃ fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem); ceux-ci l'ont mis à mort, ils l'ont pendu à une croix. Mais Dieu l’a ressuscité 40 le troisième jour et ἃ permis qu’il se montrât non à tout le peuple, 41 mais aux témoins qu'il avait choisis d'avance, c’est-à-dire à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Et il nous ἃ ordonné de prècher au peuple et d’attester 42 que c'est lui qui ἃ été désigné par Dieu pour juger les vivants et les morts. C’est de lui que tous les prophètes rendent ce té- 48 moignage : le pardon des péchés sera accordé par son nom à quiconque croit en lui. » |
Pendant que Pierre parlait encore de ces choses, l'Esprit saint 44 descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole, et les croyants 45 circoncis qui avaient accompagné Pierre étaient confondus de voir que le don du saint Esprit s’étendait aussi aux païens. En effet, 46 ils les entendaient parler en langues étrangères et glorifier Dieu.
Pierre dit alors : «Peut-on interdire l’eau du baptême à ceux 57 qui ont reçu l'Esprit saint aussi bien que nous?...» etil ordonna 4 qu'ils fussent baptisés au nom de Jésus-Christ.
Ceux-ci le prièrent de rester quelques jours avec eux.
Les apôtres et les frères de Judée apprirent que les païens aussi 41.11 avaient accepté la Parole de Dieu, et Pierre, à son retour à Jérusalem, fut blâmé par les fidèles circoncis : «Tu es entré chez des incirconcis, lui dirent-ils, et tu as mangé avec eux ! »
Mais Pierre leur raconta, en suivant l’ordre des faits, tout ce 4 qui s'était passé : «J'étais, leur dit-il, dans la ville de Joppé, et Ὁ pendant que je priais j'eus une extase et une vision m’apparut ; c'était un objet descendant du ciel, ressemblant à une grande nappe nouée aux quatre coins et qui vint jusqu'a moi. Ayant ὦ regardé à l’intérieur, l'ayant bien examinée, j'y vis les quadrupèdes de la terre, les animaux sauvages, les reptiles et les oiseaux du ciel, et j'entendis une voix qui me disait: «Lève-toi, Pierre, tue
ue]
et mange»; je répondis : «Nullement, Seigneur, parce que jamais rien de souillé? ni d’impur n’est entré dans ma bouche». Une voix, venant du ciel, s’adressa à moi pour la seconde fois: «N’appelle pas souillé? ce que Dieu ἃ purifié. » Gela se répéta par trois fois, puis tout remonta au ciel. »
«Εἰ voilà qu'a ce moment même trois hommes se présentèrent à la porte de la maison où j'étais; ils m'étaient envoyés de Césarée. L'Esprit me dit d'aller avec eux sans aucun scrupule. Les six frères que voici m'accompagnèrent et nous entrâmes dans la maison de Cornélius. »
«Celui-ci nous raconta comment il avait vu dans sa maison l’ange se tenant devant lui et lui disant: «Envoie à Joppé et fais venir Simon, surnommé Pierre, il te dira des choses par lesquelles tu obtiendras le salut, toi et tous les tiens. » Lorsque je commençai leur parler, l'Esprit saint descendit sur eux, comme sur nous à l'origine; et je me souvins de ce mot du Seigneur, quand il disait : «Jean baptisait d’eau, mais vous, vous serez baptisés d’Esprit saint.» Si donc Dieu leur a accordé le même don qu’à nous, pour avoir cru au Seigneur Jésus-Christ, qui étais-je moi pour oser
m'opposer à Dieu?»
A l’ouiïe de ces paroles, ils se calmèrent, et 115 rendirent gloire à Dieu : «Ainsi, disaient-ils, Dieu a aussi accordé aux païens la repentance® pour qu'ils aient la vie.»
Ceux qui avaient été dispersés par là persécution, à la suite de la mort d'Étienne, allèrent jusqu’en Phénicie et atteignirent Chypre et Antioche, n’annonçant la parole à personne qu'aux Juifs. Mais quelques-uns d’eux qui étaient Chypriotes et Cyrénéens, arrivés à Antioche, parlèrent aussi aux Hellénistest et leur annoncèrent l'Évangile du Seigneur Jésus. La main du Seigneur fut avec eux
1 Ou: de profane.
2 Ou: profane.
3 Ou: la conversion.
4 Quelques anciens manuscrits lisent : auæ Grecs. Voir sur le mot Hellénistes note sur Actes 6, 1.
et grand fut le nombre de ceux qui crurent et se convertirent au Seigneur. Le bruit en parvint aux oreilles des membres de l’Église de Jérusalem et ils envoyèrent Barnabas jusqu’à Antioche.
Lorsque, à son arrivée, il vit la grâce de Dieu, il s’en réjouit et il les exhorta tous à rester, d’un cœur convaincu, fidèles au Seigneur, parce qu'il était homme de bien, plein d’Esprit saint et de foi; et un grand nombre de personnes s’unirent au Seigneur.
Barnabas se rendit ensuite à Tarse, y chercha Saul, le trouva et l’amena à Antioche.
Durant une année entière ils restèrent ensemble dans l’Église et instruisirent un grand nombre de personnes.
Ce fut à Antioche qu'on donna pour la première fois aux disciples le nom de chrétiens.
En ce temps-là, des prophètes se rendirent de Jérusalem à Antioche. L'un d'eux, nommé Agabus, se leva et annonça par l'Esprit qu’une grande famine régnerait sur toute la terre; elle arriva, en effet, sous Claude !. Les disciples décidèrent d'envoyer, chacun selon son pouvoir, un secours aux frères demeurant en Judée; ce qu'ils firent en le remettant aux Anciens par l’entremise de Barnabas et de Saul.
Vers la même époque, le roi Hérode ? se mit à persécuter quelques-uns des membres de l’Église. Il fit trancher la tête à Jacques, frère de Jean. Voyant le bon effet qu’il produisait ainsi sur les Juifs, il ordonna aussi d’enfermer Pierre. On était à la semaine des Azymes ὅ.
ΠῚ le fit arrêter et mettre en prison, et chargea quatre escouades, de quatre soldats chacune, de le surveiller. Son intention était de le juger après la Pâque et en présence de tout le peuplé. Pierre
1 Claude, un des empereurs romains, régna de l'an 4 à l’an 54 après Jésus- Christ.
? Hérode Agrippa Ier, petit-fils d'Hérode le Grand. 3 La semaine des Azymes ou des pains sans levain. Les Juifs donnaient ce nom à la semaine de Pâque. Voir Matth. 26, 17.
était donc gardé dans la prison et l’Église adressait à Dieu de ferventes prières pour lui.
Or, la nuit qui précéda le moment fixé par Hérode pour sa comparution, Pierre dormait entre deux soldats, retenu par une double chaïne et, devant la porte, des sentinelles gardaient la prison. Tout à coup apparut un ange du Seigneur; le cachot devint resplendissant de lumière. Cet ange, touchant Pierre au côté, le réveilla et lui dit: «Lève-toi vite!» et les chaînes tombèrent de ses mains. «Mets ta ceinture, lui dit ensuite l’ange, et chausse tes sandales.» Pierre le fit. Il ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. » Pierre sortit et le suivit sans croire à la réalité de ce que l’ange lui faisait faire; 1] s’imaginait avoir une vision.
Cependant ils passèrent la première garde, puis la seconde et arrivèrent à la porte de fer qui donne sur la ville. Cette porte s'ouvrit d'elle-même devant eux; ils sortirent; ils marchèrent dans une rue et, à cet instant, l’ange s’éloigna de Pierre, qui revint à lui et se dit: «Je vois maintenant que le Seigneur m'a réellement envoyé son ange, qu'il m'a arraché aux mains d'Hérode et à l’avide impatience du peuple juif. »
Après réflexion, 1l se rendit à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc!, où plusieurs personnes étaient assemblées et priaient. Il frappa à la porte d'entrée; une servante, nommée Rhode, alla écouter. Elle reconnut la voix de Pierre; transportée de joie, au lieu d'ouvrir, elle rentra en courant et annonça que Pierre était là, devant la porte. On la traita de «folle». Elle affirma qu’elle disait vrai. «C’est son ange», dit-on alors. Pierre cependant conüinuait à frapper ; on ouvrit enfin; on le vit; la joie fut immense. Il leur fit de la main signe de se taire et leur raconta comment le Seigneur l'avait tiré de prison, puis il ajouta : « Annoncez ces choses à Jacques et aux autres frères. » Ensuite il sortit et s'en alla dans un autre endroit.
1 Jean surnommé Mare, l'auteur du second Évangile. Voir la préface de l'Evangile selon saint Mare,