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comme il est écrit :
«Tes paroles doivent étre reconnues justes Et tu dois gagner ta cause quand on te juge !.»
Mais de ce que notre injustice met en relief la justice de Dieu, que conclurons-nous? que Dieu sera injuste en laissant agir sa colère? (je parle là comme font les hommes) c’est impossible; autrement comment Dieu jugerait-il le monde ?
Et si mon manque” de foi a fait apparaître dans toute sa gloire la véracité de Dieu, pourquoi donc serai-je jugé comme pécheur? et pourquoi (comme nos calomniateurs le répandent et nous accusent de le dire) ne ferions-nous pas le mal pour qu'il en sorte du bien? Je condamne ceux qui parlent ainsi ὃ.
Que dire alors? qu'avons-nous à mettre en avant? absolument rien ‘. Nous avons déjà montré que les Juifs comme les Grecs, tous sont sous l’empire du péché, comme il est écrit :
QI n'y a pas de juste, pas un seul :
Personne n’est intelligent,
1 Psaume 51, 0.
2 Plusieurs anciens manuscrits lisent : 114 en effet, si mon manque, etc.
3 Voici, dans ce passage un peu obscur, quelle est la suite logique du raisonnement de l’apôtre : La fidélité ou la justice de Dieu subsiste, malgré linfidélité ou l'injustice des Juifs. Celle-ci fait même ressortir davantage la première ; elle la met en relief. L’injustice des hommes servant ainsi à mettre en relief la justice de Dieu, Dieu aurait-il tort de punir les hommes de leur injustice ? Il serait absurde de le prétendre. En partant d’un tel principe, on ôterait à Dieu ses droits de juge et d’arbitre du monde. Raisonner ainsi, dit Paul, c’est parler à la manière des hommes, c’est-à-dire se mettre à un point de vue entièrement faux; c’est dire: Dieu m'a promis le salut ; si je le mérite par ma conduite, il n'y aura aucune gloire pour Dieu à me l’accorder, car il y sera obligé. Je vais donc violer la Loi, pour qu'il ait la gloire de tenir sa parole, sans que je l'y oblige moi-même ; alors éclatera la véracité de ses promesses. Du mal que je ferai sortira le bien, Voilà, dit Paul, les absurdités que mes adversaires m’attribuent. Certes, les promesses faites par Dieu aux Juifs subsistent, mais elles s'appliquent à l’ensemble de la nation; chaque Juif reste personnellement responsable de sa conduite.
4 L'expression grecque que nous traduisons par absolument rien, peut signifier aussi : non pas absolument, c’est-à-dire nous avons quelque chose à mettre en avant. L’apôtre au verset 1 parle, en effet, des prérogatives du Juif. Il ἃ donc quelque chose à mettre en avant, savoir ses prérogatives; mais la suite de son argumentation, où il déclare que Juifs et Grecs sont également sous l'empire du péché, justifie notre traduction. Malgré ses prérogatives, le Juif n’a absolument rien à mettre en avant,
ÉPÎITRE AUX ROMAINS 43
Personne ne cherche Dieu ;
Tous se sont fourvoyés et. corrompus ensemble ;
I n'y en a pas un qui fasse le bien, pas un seuli.
Leur gosier est un sépulcre béant ? ;
Leur langue leur sert à tromper ;
Le venin de l'aspic est sur leurs lèvres ὃ;
Leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume ‘;
Ils ont le pied léger pour répandre le sang,
La désolation et le malheur sont sur leur chemin :
La voie de la paix, ils l'ignorent” ;
La crainte de Dieu, ils ne l'ont pas devant les yeux.»
Or nous savons que tout ce que dit la Loi, elle le dit à ceux qui sont soumis à la Loi, pour que toute bouche soit fermée, et que le monde entier soit sous le coup du jugement de Dieu. Car les œuvres de la Loi
« Ne justifient devant lui aucune créature? ; » la Loi ne donne que la connaissance du péché.
Mais maintenant il a été révélé une justice de Dieu, indépendante de la Loi; la Loi et les Prophètes en parlent. Cette justice qui vient de Dieu par la foi en Jésus-Christ s'adresse à tous les croyants; et cela sans distinction; car tous les hommes ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.
Dans sa grâce, ils sont gratuitement justifiés, au moyen de la Rédemption faite par Jésus-Christ.
Dieu l'avait destiné à être, par sa mort sanglante, une victime propitiatoire pour ceux qui croiraient 5, ef il ἃ ainsi montré sa
1 Psaume 14, 1-3.
3 Psaume 5, 10. À
3 Psaume 140, 4.
4 Psaume 10, 7.
5 Ésaie 59, 7 et suiv.
5 Psaume 36, 1.
7 Psaume 143, 2.
8 Une justice de Dieu. Nous avons déjà expliqué ce terme. Voir note sur 1, 17. Il s’agit de la justification accordée par Dieu à ceux qui ont la foi,-c’est-àdire qui sont dans les conditions religieuses et morales qu’il approuve.
9 On peut traduire aussi: Dieu l'avait destiné à être une victime propitiatoire pour ceux qui croiraient en son sang.
justice. (Dans son indulgence il n’a pas tenu compte des péchés antérieurs). Il a, dis-je, montré de nos jours sa justice, pour qu'on βὰς qu'il est juste et qu'il justifie celui qui ἃ la foi en Jésus.
Où est, après cela, le motif de s’enorgueillir? il est exclu. Par quelle institution? celle des œuvres; non, mais par celle de la foi.
Nous pensons donc que l’homme est justifié par la foi mdépendamment des œuvres de la Loi. Dieu ne serait-il que le Dieu des Juifs? n'est-il pas aussi le Dieu des païens ? Oui, des païens aussi, puisqu'il n’y ἃ qu'un Dieu qui justifiera les circoncis par la foi et les incirconcis par la foi.
Est-ce que nous annulons donc la Loi par la foi? Nullement. nous la confirmons au contraire.
Quel avantage pouvons-nous dire que notre premier père Abraham a obtenu par lui-même? Si ce sont ses œuvres qui l'ont justifié, il peut être orgueilleux ; mais il ne le peut pas devant Dieu. Que dit l'Écriture : «Abraham eut foi en Dieu, et cela lui fut compté pour justice !. » Or le salaire de celui qui ἃ fait de bonnes œuvres n'est pas considéré comme une grâce, mais comme une dette. Quant à celui qui n’a pas fait de bonnes œuvres, mais qui ἃ foi en Celui qui justifie le pécheur, sa foi lui «est comptée pour Justice».
David aussi parle du bonheur de celui que Dieu considère comme juste indépendamment de ses œuvres :
«Heureux ceux dont les fautes sont pardonnées Et dont les péchés sont effacés.
Heureux celui dont le Seigneur ne porte pas en compte le péché ?.» Cette béatitude ne s’adresse-t-elle qu'aux circoncis? ne s’applique-t-elle pas aussi aux incirconcis ὃ Quand nous disons pour Abraham que «sa foi lui fut comptée
1 Genèse 15, 6.
3 Psaume 32, 1, 2,
pour justice,» comment lui fut-elle complée? avant ou après sa circoncision? Ce n’est pas après, c’est avant sa circoncision! Et il a reçu le signe de la circoncision comme le sceau de la justice que sa foi lui avait obtenue quand il n’était pas circoncis; c’était pour qu'il fût le père de tous les incirconcis qui auraient la foi, et qu'elle leur füt comptée pour justice.
I devait être aussi le père des circoncis qui non seulement le seraient, mais qui marcheraient sur ses traces, en ayant la foi qu'il avait, lui, notre père Abraham, avant sa circoncision.
En effet, ce n'est pas une Loi qui a assuré à Abraham et à ses descendants la possession du monde, c’est la justice que procure la foi.
Si c'est une Loi qui assure cette possession, alors la foi est inutile et la promesse est annulée. (La Loi ne produit que la colère, et là où il n'y a pas de Loi, il n’y ἃ pas non plus de violation.)
Voici pourquoi la possession vient par la foi: c’est pour qu’elle soit l'effet d’une grâce, et que la promesse soit assurée à tous les descendants, non pas seulement à ceux qui ont reçu la Loi, mais à ceux qui ont eu la foi d'Abraham; il est notre père à tous (ainsi que cela est écrit: «Je ἐ αἱ rendu père de plusieurs peuples!»), il l'est devant le Dieu en.qui il a cru, qui rend la vie aux morts et qui appelle à l'existence ce qui n'existe pas.
Contre toute espérance, il ἃ été plein d'espérance, il ἃ cru et il est devenu « le père de plusieurs peuples®» (selon cette parole : « Telle sera ta postérité»). Sa foi n’a pas faibli; il n’a pas fait attention à son extrême vieillesse (il était presque centenaire) ni à l’âge trop avancé de Sarra. Il ne douta pas de la promesse de Dieu; il ne fut pas incrédule ; au contraire, fortifié par sa foi, il donna gloire à Dieu, convaincu que Celui qui a promis est assez puissant pour remplir sa promesse. Voilà pourquoi «elle lui fut comptée pour justice { ».
1 Genèse 17, 5.
2? Genèse 17, 5.
3 Genèse 15, 5.
4 Genèse 15, G.
Co
Or ce n’est pas pour lui seul que ce mot est écrit: «cela lui fut compté», c’est aussi pour nous; cela doit nous être «compté» également à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts notre Seigneur Jésus-Christ, lui qui «a été livré à cause de nos péchés!» et a été ressuscité à cause de notre justification.
Étant ainsi justifiés par la foi, soyons en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, qui, de plus, nous ἃ donné, par notre foi, accès à cette grâce que nous possédons; aussi mettons-nous notre orgueil à espérer la gloire de Dieu. Bien plus, nous mettons encore notre orgueil dans les afflictions sachant que l’affliction produit la patience, que par la patience nous supportons l'épreuve, que de l'épreuve naît l'espérance. Or l'espérance ne trompe pas, parce que l'Esprit saint, reçu par nous, fait abonder l'amour de Dieu dans nos cœurs ?.
En effet, nous étions encore faibles, et Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. On donnerait diflicilement sa vie pour un juste (oui, il pourrait arriver que l’on consentit à mourir pour un homme de bien), mais la preuve de son amour pour nous Dieu l’a donnée, en ce que Christ est mort pour nous quand nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, seronsnous sauvés de la colère par celui dans le sang duquel nous avons été justifiés. En effet, si, quand nous étions ennemis, Dieu nous ἃ réconciliés par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. Bien plus, nous avons encore sujet de mettre notre orgueil en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous ἃ maintenant obtenu la réconciliation.
Par conséquent, de même que par un seul homme* le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et que la mort s’est ainsi étendue à tous les hommes, parce que tous ont
péché 4.
1 Allusion à Ésaïe 53, 5 et 12.
2 Cest-à-dire la certitude que Dieu nous aime. 3 Adam.
t Phrase non achevée.
Avant la Loit, le péché était dans le monde; or, en l’absence de Loi, le péché n’est pas imputé et cependant la mort a exercé son règne depuis Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n’avaient point péché dans les mêmes conditions qu’Adam.
Adam était l’image de celui qui devait venir 2. Toutefois, il n’en est pas de même de la faute d’une part et du don de la grâce de l’autre. Car si la faute d’un seul homme ἃ entraîné la mort de beaucoup, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de cette grace, le don d’un seul homme, Jésus-Christ, en ont enrichi beaucoup.
Il n’en est pas de même non plus des conséquences du premier péché d’une part 1 et du don de l’autre; car la sentence qui suivit une faute unique ἃ entrainé une condamnation, et le don de la grâce qui suivit des fautes nombreuses ἃ entrainé un acquittement. Si, en effet, à la suite d’une seule faute et par le fait d’un seul homme, la mort ἃ exercé son règne, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent la grâce immense de Dieu et le don de la justice participeront-ils au Royaume et à la vie par le fait d’un seul homme aussi, Jésus-Christ.
Ainsi donc, de même qu'une seule faute a entraîné la condamnation de tous les hommes, de même un seul acte de justice a entrainé pour tous les hommes la justification qui donne la vie; et de même que la désobéissance d’un seul homme en ἃ rendu pécheurs un grand nombre, de même l’obéissance d’un seul en rendra justes un grand nombre.
Quant à la Loi, elle est intervenue pour multiplier les fautes, mais là où le péché ἃ abondé, la grâce ἃ surabondé, et alors, comme le péché ἃ régné par la mort, de même aussi la grâce
1 Littéralement : Jusqu'à la Loi.
3 On peut traduire aussi : Une imuge de ce qui devait arriver. Toutefois, dit ensuite l’apôtre, le parallélisme entre Adam et sa faute, d’une part, et Jésus- Christ et son œuvre, de l’autre, n’est pas absolument rigoureux, et il va le montrer.
3 La faute d'Adam.
τ Littéralement : de ce qui vient par un seul pécheur.
(ge)
Qt
régnera par la justice pour la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur.
Et maintenant comment conclure? En disant que nous persisterons à pécher pour faire abonder la grâce? Non, certes. Nous qui sommes morts au péché, comment y vivrions-nous encore ? Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus- Christ, c'est en sa mort que nous l'avons été? Nous avons été ensevelis avec lui par le baptème en sa mort, et de même que Christ a été ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous devons vivre d’une vie nouvelle. Si nous sommes étroitement unis à lui par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une même résurrection; nous savons que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que ce corps de péché soit détruit, et que nous ne soyons plus esclaves du péché. Celui qui est mort! est déclaré juste et est délivré du péché. Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, car nous savons que Christ ressuscité des morts ne meurt plus; la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
Il est mort, en effet, et c'est à cause du péché qu'il est mort une fois pour toutes; puis il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu'il vit. De même considérez-vous aussi comme morts au péché et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel, n'obéissez pas à ses passions ; ne livrez pas vos membres au péché; n’en faites pas les instruments du vice, mais donnez-vous à Dieu, vous qui étiez morts et qui vivez, consacrez vos membres à Dieu, faites-en des instruments de justice. Le péché n’aura plus de pouvoir sur vous, car vous n'êles pas sous la Loi, mais sous la grâce.
Mais quoi? Devons-nous pécher parce que nous ne sommes pas sous la Loi, mais sous la grâce? Oh! nullement. Ne savez-vous pas que si vous vous asservissez à quelqu'un et lui obéissez, vous
1 Celui qui est mort, soit qu'il ne s'agisse ici que de la mort du corps, soit qu'il s'agisse de la mort au péché. Le sens reste douteux.
devenez ses esclaves? soit du péché qui mène à la mort, soit de la soumission qui mène à la justice. Grâces soient rendues à Dieu de ce qu’autrefois, esclaves du péché, vous vous êtes soumis de cœur au type de doctrine qui vous a été offert! Mais du moment que vous avez été délivrés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice (j'emploie cette expression usuelle : esclaves, à cause de votre faiblesse naturelle) ; de même, veux-je dire, que vous avez mis vos membres au service de l'impureté et de l’iniquité pour violer la Loi, de même vous devez mettre maintenant vos membres au service de la justice pour vous sancüfier. Lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l'égard de la justice. Quel avantage en retiriez-vous? Un avantage qui vous fait honte aujourd’hui !; cela vous menait à la mort. Mais maintenant, délivrés du péché et esclaves de Dieu, l'avantage que vous retirez, c'est la sanctification qui mène à la vie éternelle. Le salaire du péché, c’est la mort; mais le don de la grâce de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.
Ignorez-vous, frères (je parle à des personnes connaissant la Loi), que celle-ci tient l’homme en son pouvoir aussi longtemps qu'il est en vie? La femme mariée, par exemple, est liée par une . loi à son mari s'il est vivant; si son mari vient à mourir, le lien légal qui lattachait à lui est rompu. Ainsi elle méritera le nom d’adultère si, du vivant de son mari, elle se donne à un autre; mais, après la mort de son mari, elle est affranchie de toute obligation légale, il n'y a plus d’adultère si elle se donne à un autre.
Il en est de même de nous, mes frères; nous avons été mis à mort? relativement à la Loi par le moyen du corps du Christ pour appartenir à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu. Car lorsque nous vivions encore selon la chair, les passions coupables, excitées par la Loi, exerçaient leur activité dans les membres de notre corps, et nous por-
1 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : L'avantage que vous en retiriez, ne vous fait-il pas honte aujourd'hui? ? Grec : Il en est de même de vous, mes frères; vous avez été mis à mort, etc.