‹ Le Nouveau TestamentChapitre 47 sur 90 · LS ΠΡῸ · texte numérisé non relu

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tions des fruits pour la mort. Mais maintenant le lien légal a été rompu; nous sommes morts à cette Loi qui nous retenait captifs, pour que nous servions Dieu dans la nouveauté de l'Esprit et non dans la vétusté de la lettre.

Eh bien, comment conclure ? en disant que la Loi c’est le péché? Non certes, mais que par la Loi seule je connais le péché. Par exemple, je n'aurais rien su de la convoitise, si la Loi n’avait dit : «Tu ne convoiteras pas 11» et c’est le péché qui, saisissant l’occasion de ce commandement, ἃ fait naître en moi toutes sortes de convoitises, car sans Loi le péché n'existe pas.

Je vivais sans Loi autrefois, mais le commandement me fut donné, le péché vint à naître, et moi je mourus. Et il est arrivé ceci : le commandement qui devait me mener à la vie, ce commandement-là même m'a conduit à la mort. Oui, le péché ἃ saisi l’occasion du commandement, m'a séduit et m'a tué par ce commandement même. Quant à la Loi, elle est sainte, et le commandement lui-même est saint, juste et bon.

Mais alors c’est une bonne chose qui est cause de ma mort? Nullement, c’est le péché; il s’est servi d’une bonne chose pour m'apporter la mort, et alors il a montré ce qu'il était, il est apparu on ne peut plus coupable, ce péché qui se sert ainsi du commandement.

Oui, nous savons que la Loi elle-même est spirituelle; mais c'est moi qui suis charnel, vendu et asservi au péché. Je ne sais pas même ce que je fais : car je ne fais pas ce que Je veux ; au contraire, ce que je déteste, voilà ce que je fais. Et alors si je fais ce que je ne veux pas, Je rends témoignage à la Loi, je la reconnais bonne, et, dans ce cas, ce n’est plus moi qui agis, c’est le péché qui habite en moi. Je sais, en effet, qu'en moi, je veux dire en ma chair, il n’habite rien de bon : vouloir le bien est, il est vrai, à ma portée, mais l’accomplir, non. Car je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas, voilà ce que je fais. Eh bien, si je

1 Exode 20, 17.

fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui agis, mais le péché qui habite en moi. Voici donc la situation où je me trouve : quand ma volonté est de faire le bien, c'est le mal qui est là. Mon être intérieur ! adhère avec joie à la Loi de Dieu; mais je découvre dans mes membres une autre loi en guerre avec la loi de ma raison et qui m'asservit à la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux que je suis! qui me délivrera de ce corps de mort?! Grâces soient à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !

Ainsi je me soumets, moi-même, par la raison, à la Loi de Dieu, mais, par la chair, je suis soumis à la loi du péché.

ΠῚ n’y ἃ donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, parce que la Loi de l'Esprit de vie nous ἃ -affranchis, en Jésus-Christ, de la loi du péché et de la mort. Ge qui était impossible à la Loi, la chair lui ôtant toute force, Dieu l’a fait en envoyant son propre Fils, à cause du péché, prendre une chair de péché semblable à la nôtre ; il a condamné le péché dans la chair même, afin que le décret de la Loi s’accomplit en nous, en ceux qui ne marchent pas selon la chair, mais selon l'Esprit.

Ceux qui sont selon la chair s’attachent à ce qui est de la chair; ceux qui sont selon l'Esprit, à ce qui est de l'Esprit ; or l’attachement pour la chair mène à la mort, l'attachement pour l'Esprit, à la vie et au salut“, parce que l'attachement pour la chair est une inimitié contre Dieu, puisqu'il ne se soumet pas à la Loi de Dieu (et même il ne le peut pas). Ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu; mais vous, vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit, si toutefois l'Esprit de Dieu habite en vous. — Si quelqu'un n’a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. — Si Christ est en vous, vôtre corps est, il est vrai, soumis à la mort à cause du péché, mais votre esprit l’est à la vie à cause de la

1 C'est-à-dire: ma raison,

? De ce corps de mort, littéralement: du corps de cette mort, c’est-à-dire, cause de cette mort, instrument de cet état de mort.

3 Littéralement {’a affranchi.

# Grec: à la paix; mais ce mot signifie souvent dans le grec du Nouveau Testament 16 salut. Voir à ce sujet note sur Évangile de Jean 14, 27.

justice. Si l'Esprit de Celui qui ἃ ressuscité Jésus des morts habite en vous, lui qui a ressuscité Jésus des morts donnera aussi la vie à vos corps mortels au moyen de son Esprit qui demeure en vous.

Ainsi, mes frères, nous sommes obligés non envers la chair pour vivre selon la chair 1...

Si vous vivez selon la chair, vous devez vous attendre à mourir. Si, au contraire, vous tuez par l'Esprit l’activité du corps, vous vivrez, parce que tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, sont fils de Dieu, et que vous n’avez point reçu un esprit de servitude pour craindre encore, mais que vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous nous écrions : Abba! Père ! |

Cet Esprit atteste lui-même à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu, et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ, si nous participons à ses souffrances pour participer aussi à sa gloire.

J'estime, en effet, que les souffrances d'à présent ne sont rien en comparaison de la gloire qui doit un jour se révéler pour nous. Car la création attend avec impatience cette révélation ? des fils de Dieu, parce que ce n’est pas de son propre gré qu'elle a été assujettie à la fragilité ; elle l’a été au gré de celui qui l’a assujettie, et elle espère être affranchie, elle aussi, de la servitude de la corruption et passer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.

Nous savons, en effet, que jusqu'à présent la création tout entière gémit, elle est dans les angoisses de l’enfantement ὃ; et ce n'est pas elle seulement, c’est nous aussi qui avons reçu comme

1 Phrase non achevée.

2? Gelte révélation, sous entendu : glorieuse, c’est-à-dire cette glorification.

3 Le mot gloire que Paul a écrit à la fin du verset 17, l’amène à parler des perspectives glorieuses de la vie à venir. A son avis, les souffrances de la vie présente ne sont rien en comparaison de la gloire à venir. Ge qui le lui fait croire, c’est l’attente impatiente de la création entière qui soupire après la glori= fication de ceux qui sont aujourd'hui enfants de Dieu, et cette attente impatiente de la création vient de ce que son existence présente est essentiellement fragile; elle n'accepte pas volontiers cette fragilité ; c’est Dieu qui l’y ἃ soumise; aussi soupire-t-elle après l’affranchissement. Telle est l'opinion de l’apôtre, ce qu'il estime, et il appuie cette opinion sur ce que chacun sait; chacun sait que la nature entière gémit et passe par les angoisses de l’enfantement.,

prémices l'Esprit et qui gémissons en nous-mêmes, attendant l'adoption, c’est-à-dire la délivrance de notre corps. Car c’est en espérance que nous sommes sauvés; Or une espérance dont on voit l’objet n'est plus une espérance; ce qu’on voit, pourquoi l'espérer encore? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, C'esi que nous attendons avec persévérance.

De plus, l'Esprit supplée aussi à notre faiblesse ; nous ne savons pas, en effet, ce qu'il faut demander dans nos prières, mais l'Esprit lui-même intercède pour nous par des soupirs et sans paroles. Or, Celui qui scrute les cœurs connait les désirs de l'Esprit, parce que celui-ci intercède pour les fidèles selon les vues de Dieu; et nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont élus d’après son décret ; nous savons que ceux qu’il a connus d'avance, ont été aussi prédestinés par lui à reproduire l’image de son Fils qui sera ainsi l’ainé de plusieurs frères ; et ceux qu'il ἃ prédestinés, il les a aussi appelés; ceux quil ἃ appelés, il les ἃ aussi justifiés; ceux qu'il ἃ justifiés 1] les ἃ aussi glorifiés.

Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré à la mort pour nous tous, comment ne nous donnerait-il pas toutes choses . avec lui? Qui osera accuser les élus de Dieu? Serait-ce Dieu qui les «justifie?» « Qui les condamnera??» Serait-ce Jésus-Christ, qui est mort? plus encore, qui est ressuscité, qui est assis à la droite de Dieu, qui intercède pour nous? ? Qui nous arrachera à l'amour du Christ? Sera-ce la tribulation? ou l’angoisse? ou la persécution? ou la faim ? ou le dénuement ? ou les périls ? ou le glaive?

[mort tout le long du jour ;

(« À cause de toi» , comme dit l’Écriture, «nous sommes mis à

On nous considère comme des brebis pour la boucherie»,

1 Ésaïie 50, 8 et suiv.

2 Ibid.

5 On peut traduire aussi: qui osera accuser les élus de Dieu? Dieu les justifie. Qui les condamnera? Jésus-Christ est mort, plus encore il est ressuscité, il est assis à la droite de Dieu, il intercède pour nous.

[el Qt

Mais, dans tous ces combats, nous restons plus que vainqueurs, grâce à Celui qui nous ἃ aimés! Oui, je suis certain que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations !, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni les forces d’en haut ni les forces d’en bas, ni une création quelconque ?, ne pourra nous arracher à l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur !

Je parle en vérité, devant Christ, je ne mens point (ma conscience éclairée par l'Esprit saint me l’atteste) en disant que j'éprouve une grande tristesse, une continuelle peine de cœur et que je voudrais être anathème et séparé du Christ pour mes frères, pour ceux de ma race et de mon sang, je parle des Israélites qui ont eu le privilège de l'adoption, de la gloire promise, des alliances, de la législature, du vrai culte, des promesses, qui ont eu les patriarches et dont est sorti, selon la chair, le Christ qui est audessus de tous! (Dieu en soit éternellement béni! Amen.)

Je ne veux cependant pas dire que Dieu ait manqué à ses promesses. Pour être issu d'Israël, on n’est pas toujours vrai Israélite; pour être de la race d'Abraham, on n'est pas toujours de ses vrais enfants, mais: QC'est d'après Isaac que ta race sera nommée #.» Cela signifie que les enfants par le sang ne sont pas nécessairement les enfants de Dieu, mais que ce sont les enfants par la promesse qui comptent comme la vraie race; car c’est d’une promesse qu'il est question dans ce passage : « Vers ce temps-là je viendrai et Sarra aura un fils 5» ; et ce n’est pas tout, il y a aussi

1.1] s’agit ici des dominations malfaisantes, c’est-à-dire des démons, par opposition aux anges.

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