ΠΧ CO Τ ET ENS
PRÉFACE
* Paul écrivit la seconde Epître aux Corinthiens de Philippes vers le mois de septembre de l’an 57 (2 Cor. 2: 12 et 13; 8: 1; 7:22). |
Notons succinctement les faits qui s’étaient passés entre notre première et notre deuxième lettre. Stéphanas, Fortunatus et Achaïcus étaient partis porteurs de notre première épître. Timothée les avait suivis de près (1 Cor. 16 : 10), et, revenu auprès de Paul, l'avait informé que les Corinthiens n’étaient pas pacifiés et méconnais-
saient l’autorité de l’apôtre.
Celui-ci leur envoie immédiatement Tite, qui était très probablement porteur d'une épître aujourd’hui perdue. Paul, en effet, dans notre deuxième aux (Corinthiens (qui serait, en réa. lité la quatrième) fait allusion à une lettre écrite dans l’angoisse et les larmes (2 Cor. 2: 4), à une lettre qu’il a regretté un instant d’avoir écrite (2 Cor. 7: 8), à une lettre où 1] craint d’avoir été trop loin dans ses reproches. Or ces allusions ne se rapportent en rien à notre première aux Corinthiens. Il n’y a donc aucune témérité à supposer une lettre très sévère après le départ de
laquelle Paul était resté troublé et impatient du retour de Tite. Ne le voyant pas revenir, il va au-devant de lui, il le rencontre à Philippes. Les nouvelles qu’il lui donne sont excellentes. La lettre sévère a produit l'effet voulu; les Corinthiens sont rentrés dans l’ordre (2 Cor. 2: 12-13; 1 : 4-7; 2: 14; 7 : 5-7). La majorité est redevenue fidèle à l’apôtre; une minorité seule garde son hostilité.
Paul écrit alors notre deuxième aux Corinthiens qui se divise en deux parties bien tranchées : la première (ch. 1 à ch. 10), où il s'adresse à la majorité de l’Église et se montre envers elle plein de sollicitude, d’affection, de ménagements. La seconde (ch. 10 à la fin), où il parle avec une vivacité extrême et une mordante ironie à la minorité restée rebelle.
Le passage (6: 14 à 7: 2), — nous le faisons remarquer dans une note, — est d’un ton tout à fait étranger au reste de l’épître et rompt le fil du discours de Paul. Cette page est probablement quelque feuillet détaché d’une autre lettre perdue qu’un copiste inattentif aura intercalé dans la nôtre.
Comme la première aux Corinthiens, la seconde est d’une authenticité indéniable et indéniée. Les Églises des premiers siècles l’ont toujours considérée comme incontestée. |
Aucune autre lettre de l’apôtre ne nous le fait mieux comprendre et mieux aimer. Il se montre à nous avec la sublime originalité de son puissant génie et les émotions si tendres et si profondes de son cœur, au milieu même des luttes les plus tragiques et des épreuves les plus douloureuses de son apostolat.
SECONDE ÉPÎTRE