‹ Le Nouveau TestamentChapitre 57 sur 90 · ΓΕ ΧΕ ΝΟ EH T'E NS · texte numérisé non relu

ΓΕ ΧΕ ΝΟ EH T'E NS

PAUL, APÔTRE DE JÉSUS-CHRIST PAR LA VOLONTÉ DE DIEU, ET LE FRÈRE TIMOTHÉE, A L'EGLISE DE DIEU QUI EST À CORINTHE ET A TOUS LES FIDÈLES QUI SONT DANS L'ACHAÏE ENTIÈRE,

GRACE ET PAIX VOUS SOIENT ACCORDÉES PAR DIEU NOTRE PÈRE ET PAR LE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.

Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, pour que nous puissions, à notre tour, consoler les autres dans toutes leurs afilictions, les consolant comme Dieu nous a consolés. Car si les souffrances du Christ débordent sur nous, par le Christ aussi déborde notre consolation.

Sommes-nous affligés ? c’est pour votre consolation et votre salut ; sommes-nous consolés ? c’est aussi pour votre consolation que vous trouvez en supportant patiemment des souffrances semblables à nos souffrances, et notre espérance à votre égard est inébranlable 1,

1 Les meilleures éditions critiques de ce verset ὁ diffèrent sur la place de plusieurs mots, ainsi que sur leur insertion ou leur omission. Le désordre des manuscrits est tel qu’il est impossible de reconstruire un texte satisfaisant, Nous avons suivi pour ce passage la leçon adoptée par Tischendorf, qui se borne à reproduire les deux plus anciens manuscrits.

Nous savons qu'ayant votre part de souffrances, vous aurez aussi votre part de consolations.

Nous ne vous laisserons pas ignorer, frères, que nous avons été persécutés en Asie; nous avons été absolument accablés; nos forces étaient à bout, au point que nous désespérions même de conserver la vie. Nous en avions fait à part nous le sacrifice pour apprendre à ne pas nous confier en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts. C’est lui qui nous a arrachés à ce grand danger de mort; il nous y arrachera encore, oui, nous l’espérons, il nous y arrachera à l'avenir. Vous aiderez à cette délivrance par vos prières; ainsi, plusieurs personnes nous auront obtenu ce bienfait, et plusieurs personnes en feront l’objet de leurs actions de gràces,.

Notre gloire à nous c'est le témoignage que nous rend notre conscience de nous être conduits dans le monde, et surtout à votre égard, avec la sainteté et la sincérité que Dieu demande, nullement par la sagesse mondaine, mais par la grâce de Dieu.. Nous ne vous écrivons pas autre chose que ce que vous lisez et connaissez ; et j'espère que vous reconnaîtrez jusqu’à la fin (une partie d’entre vous l’ont déjà reconnu) que nous faisons votre orgueil et que vous ferez le nôtre le jour du Seigneur Jésus.

Dans cette conviction, je voulais aller d’abord chez vous pour vous faire une double faveur: je me serais rendu de chez vous en Macédoine; puis de Macédoine je serais revenu chez vous, et vous m'auriez aidé pour le voyage de Judée. Ai-je pris cette résolution avec légèreté? est-ce que, dans mes projets, je n’écoute que mes caprices? est-ce que je dis tantôt oui, tantôt non? Ah! je le déclare, par la fidélité de Dieu, la parole que nous vous avons adressée n’a pas été tantôt oui, tantôt non; le Fils de Dieu, Jésus- Christ, que nous vous avons prêché, Sylvanus, Timothée et moi, n’a pas été tantôt oui, tantôt non; mais il ἃ été oui. Toutes les promesses de Dieu sont oui en Jésus-Christ et nous prononçons

1 Quelques anciens manuserits lisent: pour vous faire un double plaisir.

par lui le mot Amen à la gloire de Dieu. Celui qui nous rend ainsi, vous et nous, fermes pour le Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu. Il nous ἃ aussi marqués de son sceau, et il ἃ mis, à titre d’arrhes, son Esprit dans nos cœurs.

Mais si je ne suis pas revenu à Corinthe, j'en prends Dieu à témoin, sur mon âme, c'est pour vous épargner; non que nous dominions sur votre foi; mais nous voulons contribuer à votre Joie; quant à la foi, vous y restez fermes! Je me suis donc décidé à ne pas revenir une seconde fois chez vous pour vous attrister (car si je vous attristais, que deviendrais-je, n'ayant pour m'égayer que celui que j'aurais attristé?); et je vous ai écrit!. Je vous ai écrit pour qu'à mon arrivée ceux qui devaient me donner de la joie ne me fissent pas de chagrin; j'étais convaincu, et cela de vous tous, que ma joie est aussi la vôtre à tous.

J'étais profondément affligé, j'avais le cœur serré, je pleurais en vous écrivant, non que je voulusse vous faire de la peine, mais vous montrer l’amour sans bornes que j'ai pour vous.

Si l’un de vous en particulier a été une cause de tristesse, ce n’est pas moi personnellement, non je ne veux pas l’accabler, c’est vous tous, en un sens, qu'il a attristés. Ce blâme général est pour lui un châtiment suffisant; aussi vous faut-il au contraire lui accorder sa grâce et le consoler de peur qu'il ne succombe à un trop grand chagrin. Prenez donc, je vous prie, une décision charitable à son égard; car j'avais un but en vous écrivant, je voulais vous mettre à l'épreuve et voir si vous m'obéissiez en toutes choses. Si vous lui accordez sa grâce, il a aussi la mienne; et, quant à moi, si je l'accorde, c’est à cause de vous, c’est en présence du Christ que je l'accorde, et pour que nous ne fassions pas les affaires de Satan dont les desseins nous sont bien connus.

J'étais allé à Troas pour annoncer l'Evangile du Christ, le Seigneur m'y ouvrait une porte, et cependant je n'y ai pas eu l'esprit en repos parce que je n’y ai pas rencontré mon frère Tite,

1 Paul fait ici allusion à une lettre qui n’est pas parvenue jusqu’à nous. Voir la préface.

[Re]

aussi ai-je pris congé des frères, et suis-je parti pour la Macédoine.

Grâces soient à Dieu qui nous fait sans cesse triompher en Christ et qui, en tout lieu, répand par nous sa connaissance comme on répand un parfum. Car le parfum de Christ c’est nous qui le sommes pour Dieu et parmi les sauvés et parmi ceux qui vont périr; pour ceux-ci cette odeur vient de la mort et va à la mort, pour ceux-là elle vient de la vie et va à la vie; — (à cette tâche qui sufira?) — nous ne sommes pas, en effet, comme le grand nombre, nous ne frelatons pas la parole de Dieu, mais c'est avec sincérité, mais c’est telle qu’elle vient de Dieu, c'est devant Dieu, c’est en Christ que nous la prêchons.

Nous recommençons, n'est-ce pas, à faire nous-mêmes notre éloge ? Aurions-nous peut-être besoin, comme certains individus, de lettres de recommandation pour vous ou de votre part? notre lettre, c’est vous; écrite dans nos cœurs, reconnaissable et lisible pour tout le monde; on sait bien que vous êtes une lettre de Christ rédigée par nous, écrite non à l'encre, mais par l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs |.

Une pareille assurance en Dieu, c’est du Christ que nous la tenons; par nous-mêmes nous sommes incapables de rien concevoir, de rien tirer de notre propre fonds, toute notre capacité vient de Dieu, qui nous a rendus capables d’être ministres d’une Nouvelle Alliance, qui n’est pas de lettre, mais d'esprit; car la lettre tue, et l'esprit vivifie.

Si le ministère de la mort, gravé en lettres sur la pierre, a été si entouré de gloire que les enfants d'Israël ne pouvaient fixer le

1 Sur vos cœurs. Paul ἃ dit tout à l'heure: dans nos cœurs, parce que, comparant l’Église de Corinthe à une Lettre, il emploie cette image successive ment sous deux formes : 19 cette lettre, lui servant de recommandation, est écrite dans son cœur; elle lui ἃ été remise en quelque sorte par les Gorinthiens, et 2 c’est lui l’apôtre qui a écrit cette lettre de Christ dans le cœur des Corinthiens, lorsqu'il leur a annoncé l'Évangile.

visage de Moïse, tellement 11] resplendissait d’un éclat maintenant anéanti, combien le ministère de l'Esprit ne sera-t-il pas plus glorieux? Si le ministère de la condamnation a été glorieux, le ministère de la justice sera beaucoup plus glorieux encore; on peut même dire, dans un sens, que ce qui ἃ été glorifié autrefois ne l’a pas été, en comparaison d’une gloire supérieure. Si, en effet, ce qui est anéanti a été glorieux, à plus forte raison ce qui est éternel sera glorieux.

Cette espérance que nous avons nous remplit de hardiesse et nous ne faisons pas comme Moïse «qui se voilait la face!» pour cacher aux regards des enfants d'Israël la fin d’un éclat périssable.

Leur intelligence s’obscurcit. et aujourd'hui encore ce voile est là quand on leur lit l’Ancienne Alliance; ils ne voient pas avec évidence que le Christ seul l’abolit. Oui, aujourd’hui encore, quand on leur lit Moïse, il y ἃ un voile sur leur cœur. «Lorsqu'ils se convertissent au Seigneur, ce voile est enlevé? ».

C'est le Seigneur qui est l'Esprit; là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté; et nous tous qui, le visage découvert, contemplons dans un miroir la gloire du Seigneur, nous nous transformons à son image; sa gloire devient la nôtre, comme cela doit se faire par l’Esprit du Seigneur “.

Voilà pourquoi, chargés par la miséricorde de Dieu d’un pareil ministère, nous ne faiblissons pas; au contraire nous repoussons

bien loin tout procédé secret et honteux, nous ne recourons pas à

la ruse, nous ne falsifions pas la parole de Dieu, mais nous publions ouvertement la vérité, et ainsi nous nous recommandons nousmêmes à toute conscience d'homme, et cela à la face de Dieu. (S'il reste encore un voile sur notre Évangile, c’est pour ceux qui vont périr que ce voile existe, pour les incrédules dont le dieu

1 Exode 34, 99.

3 Exode 34, 34.

3 Sa gloire devient la nôtre. La traduction ordinaire : nous nous transformons à son image de gloire en gloire est fautive.

4 On peut traduire aussi : comme cela doit se faire de la part du Seigneur de l'Esprit.

de ce monde ἃ aveuglé les pensées, afin qu'ils ne soient point illuminés des splendeurs du glorieux Évangile du Christ, qui est l’image de Dieu.)

Car nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais Jésus-Christ le Seigneur; et nous-mêmes nous sommes vos serviteurs ! à cause de Jésus. En effet, le Dieu qui ἃ dit: « Que des ténèbres jailhisse la lumière? », ἃ fait aussi jaillir la lumière dans nos cœurs, pour que nous fassions resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ.

Nous portons ce trésor dans des vases d'argile pour prouver que la puissance débordante de sa vertu vient de Dieu et non pas de nous; nous sommes toujours surchargés, jamais écrasés; tourmentés, jamais désespérés; persécutés, jamais vaincus; jetés à terre, jamais morts; nous portons partout dans notre corps le martyre de Jésus, pour que, dans notre corps, se montre aussi sa vie. Nous sommes toujours livrés vivants à la mort à cause de Jésus pour que, dans la mort de notre chair, se montre aussi sa vie. Ainsi la mort exerce son pouvoir sur nous et la vie agit en vous.

Nous avons le même Esprit de foi que dans ce passage de l'Écriture : |

«J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé #. »

Nous croyons, nous aussi, voilà pourquoi nous parlons, sachant que celui qui ἃ ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera avec Jésus et nous fera paraître avec vous devant lui. Tout cela à cause

de vous et afin que la grâce de plus en plus abondante multiplie les

actions de grâces d’un plus grand nombre d’entre vous pour la gloire de Dieu.

Aussi nous ne faiblissons pas; au contraire, si notre être extérieur tombe en ruines, notre être intérieur se renouvelle

1 Grec : Vos esclaves.

2 Allusion à Genèse 1, 3.

3 (’est-à-dire pour que nous éclairions la face de Christ de telle sorte que les hommes voient briller sur elle la gloire divine et reconnaissent Jésus-Christ pour leur Sauveur.

4 Psaume 116, 10.

de jour en jour; car un moment de légères afflictions nous vaut 147, 4 une somme immense, incalculable de gloire éternelle, à nous qui 18 ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles, parce que les choses visibles ne durent qu'un temps, les invisibles sont éternelles.

Nous savons, en effet, que si notre maison sur la terre, si notre 1,5 tente vient à être détruite, nous avons un édifice fait par Dieu, une maison que la main de l’homme n'a point construite, qui est éternelle, qui est dans les cieux. Et alors nous soupirons dans cette demeure-ci, ayant un immense désir de revêtir celle qui vient du ciel, par-dessus l'autre!, si toutefois nous avons déjà 3 un vêtement, si ce n'est pas? dans la nudité que nous sommes trouvés ὅ. Oui, nous qui vivons dans une tente, nous soupirons, nous

[Re]

sommes accabiés, parce que nous ne voulons pas être dépouillés de notre vêtement, mais mettre l’autre par-dessus “, afin que tout ce qui est mortel soit absorbé par la vie.

Celui qui nous ἃ formés à cet avenir c’est Dieu, et il nous a 5 donné, à titre d'arrhes, l'Esprit. Nous sommes donc, en tout 6 temps, pleins de courage (nous savons bien que demeurant dans le corps, nous demeurons loin du Seigneur, car nous marchons 7

par la foi et non par la vue); nous sommes, dis-je, pleins de 8 courage, et nous aimerions mieux sortir du corps et aller demeurer près du Seigneur. Voilà encore pourquoi nous faisons tous nos 9

efforts, que nous en sortions, que nous y restions, pour lui être agréables. Nous tous, en effet, devons comparaître devant le 10 tribunal du Christ pour y recevoir, chacun ce qu’il a mérité, d’après ce qu'il ἃ fait, — pendant qu'il avait un corps, — soit en

bien, soit en mal.

1 Littéralement : de survétir celle qui vient du ciel.

2 On peut traduire aussi : puisque nous aurons déjà un vêtement et que ce n’est pas dans la nudité que nous serons trouvés.

3 Saint Paul parle dans la supposition où le jour du Seigneur trouverait les chrétiens de son temps encore vivants, et il veut dire : si le jour de l’avènement du Christ nous trouve vêtus de notre domicile terrestre, de notre corps, c’est-àdire encore vivants, alors arrivera ce qu’il souhaite au verset 2 : nous revêtirons par-dessus notre corps, c’est-à-dire sans mourir, le domicile céleste.

4 Littéralement : éfre survétus.

Sachant ainsi qu'il faut craindre le Seigneur, nous cherchons à en persuader les hommes; quant à Dieu, il nous connaît bien, et J'espère que, au fond de vos consciences, vous nous connaissez bien aussi. Nous ne voulons pas vous recommencer notre éloge, mais vous fournir l’occasion de faire valoir notre mérite et d’avoir à répondre à ceux pour lesquels l'apparence est tout et la réalité n'est rien !; (si, en effet, nous sommes des «exaltés?», c'est pour glorifier Dieu; si nous sommes pleins de bon sens, c'est pour votre bien;) ce qui nous retient ?, c’est l’amour du Christ; étant d'avis que si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts, et lui il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour euxmêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.

Aussi ne connaissons-nous plus personne selon la chair; si nous

avons connu un Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus .

aujourd'hui; de plus, si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature; les vieilles choses sont passées ; voyez, tout est devenu nouveau; et tout cela vient de Dieu qui nous ἃ réconciliés 4 avec lui par Christ et nous ἃ confié le ministère de la réconciliation; et. en effet, Dieu a réconcilié le monde avec lui en Christ, en ne tenant plus compte des péchés des hommes et en nous chargeant de prêcher la réconciliation. C’est donc pour Christ que nous remplissons les fonctions d’ambassadeurs, comme si Dieu lui-même vous exhortait par nous; c’est pour Christ que nous vous prions : réconciliez-vous avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

1 Littéralement : qui se glorifient dans ce qui est visage et non dans ce qui est cœur.

2 Ce reproche d’exallation était fait à l’apôtre par ses adversaires. Voir plus loin 11, 1.

3 Ce qui nous retient, c’est-à-dire ce qui nous empêche de nous faire valoir nous-mêmes. La traduction ordinaire: L'amour du Ghrist nous presse est fautive.

4 On peut lire aussi d’après une autre ponctuation: de plus, si quelqu'un est une nouvelle créature en Christ, les vieilles choses sont passées. Voici, toutes ces choses nouvelles sont venues de Dieu qui nous a réconciliés, etc,

Nous sommes ses collaborateurs; aussi vous exhortons-nous à

ne pas recevoir inutilement cette grâce de Dieu; (car il dit :

«Au temps favorable, je l'ai exaucé,

Au jour du salut, je t'ai secouru !» :

eh bien, le voici ce temps particulièrement « favorable», le voici ce «jour du salut.»)

Nous tâchons de ne jamais scandaliser personne et dene donner aucune prise à la critique dans notre ministère; au contraire nous nous faisons respecter comme ministres de Dieu par une grande patience dans les afflictions, dans les détresses, dans les angoisses, sous les coups, dans les cachots, dans les émeutes, dans les fatigues, dans les veilles, dans les jeûnes; par la pureté, la science, la bienveillance, la douceur, un esprit saint, un amour sincère, une prédication véridique, une puissance de Dieu! nous servant des armes offensives et défensives de la justice; tantôt honorés, tantôt vilipendés; tantôt diffamés, tantôt considérés; tenus pour imposteurs bien que véridiques; pour obscurs quoique bien connus; pour mourants et voilà que nous vivons; pour gens que Dieu châtie et pourtant nous ne mourons pas; pour tristes, nous qui sommes toujours dans la joie ; pour pauvres, nous qui enrichissons les autres; pour dénués de tout, nous qui possédons tout!

Notre bouche s’est ouverte pour vous, Corinthiens, notre cœur s'est élargi; vous tenez une grande place dans ce cœur, et vous ne nous en faites aucune dans le vôtre! Ah! rendez-nous la pareïlle (je vous parle comme à mes enfants), faites-nous une large place!

(Ne marchez pas de concert avec les incrédules?; la justice peut-elle s’accorder avec l’iniquité? la lumière s'entendre avec les

1 Ésaïe 49, 8.

2 Ce passage 6, 14-7, 2 rompt l’unité de la pensée de Paul; le 2e verset du chapitre "77 continue le 13° verset du chapitre 6. Faites-nous une large place! accueillez-nous. Nous plaçons donc entre parenthèses et à part la fin du chapitre 6 et le 1er verset du chapitre 7.

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ténèbres? le Christ peut-il s'unir à Béliar!? le croyant partager avec l’incrédule? un temple de Dieu peut-il frayer avec des idoles? car nous sommes, nous, un temple du Dieu vivant, selon cette parole de Dieu : «J’habiterai au milieu d'eux, et j'y marchera, je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple ?. » C’est pourquoi

«Sortez du milieu d'eux et séparez-vous, dit le Seigneur;

Ne touchez pas à ce qui est impur

EE moi je vous recevra ?.

Je serai donc pour vous un Père

Et vous serez pour moi des fils et des filles,

Dit le Seigneur tout-puissant “.»

Ayant de pareilles promesses, bien-aimés, purifions-nous de

toute souillure de la chair et de l'esprit, achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu.)

Accueillez-nous; nous n'avons fait tort à personne; nous n'avons nui à personne; nous n'avons exploité personne; je ne dis pas cela pour vous faire un reproche, car, je l'ai déjà dit, vous êtes dans nos cœurs à la vie et à la mort. J'ai une grande confiance en vous; je suis tout fier de vous; je suis extrêmement consolé, je nage dans la joie, si grandes que soient nos afflictions.

En effet, à notre arrivée en Macédoine, nous n'avons pas eu un moment de repos, nous étions éprouvés de toutes manières : combats au dehors, inquiétudes au dedans. Mais le Dieu qui relève ceux qui sont abattus nous a relevés par l’arrivée de Tite, par son arrivée et surtout par le bien qu’il avait reçu de vous; car il nous ἃ parlé de votre ardeur, de votre chagrin, de votre zèle pour moi; et j'en ai eu une immense joie.

Si ma lettre vous ἃ fait de la peine, je ne le regrette pas; Je

τ Béliar, mot dénaturé par les copistes. Paul ἃ dû écrire: Bélial; c'était, dans la théologie juive de ce temps-là, l’un des noms du Diable.

2? Lévitique 26, 11 et suiv. et Jérémie 9, 33.

8 Ésaie 52, 11. Soph. 8, 19 et suiv.

4 Jérémie 31, 9 et 38, II Samuel 7, 14.

l’avais d’abord regretté (je vois bien que ma lettre vous ἃ fait de la peine, du moins momentanément) ; aujourd'hui je suis heureux, non certes de votre chagrin, mais du repentir qu’il a produit. Vous avez été attristés selon Dieu, pour que nous ne vous causions aucun tort. La tristesse selon Dieu produit une repentance qui conduit au salut et qu'on ne regrette jamais; la tristesse selon le monde amène la mort. Voyez plutôt: Votre tristesse selon Dieu, quel empressement elle a provoqué en vous; bien plus, quelles excuses, quelle indignation, quelle crainte, quelle ardeur, quel dévouement, quelle sévérité! De toutes façons, vous avez tenu à vous montrer vous-mêmes innocents dans cette affaire.

Du reste, si je vous ai écrit à ce sujet, ce n’était ni à cause de l’offenseur, ni à cause de l’offensé, c'était afin que votre dévouement pour nous éclatät parmi vous à la face de Dieu. Voilà ce qui nous a consolés.

À cette consolation s’est ajoutée une immense joie : la vue de la joie de Tite; vous lui avez tous mis l'esprit en repos. Si je vous avais un peu vantés devant lui, je n'ai pas eu à le regretter; vous savez que nous vous avons toujours dit la vérité; eh bien, l’éloge de vous que j'avais fait à Tite s’est trouvé de même être la vérité. Son affection pour vous est d’autant plus grande qu'il se souvient de votre déférence à tous et de la modestie respectueuse de votre accueil. Je suis heureux de l’entière confiance que je puis avoir en vous.

Nous voulons vous informer, frères, de la grâce que Dieu a accordée aux Églises de Macédoine : très éprouvées et afiligées, d’une extrême pauvreté, elles ont, avec une profonde joie, répandu à profusion les richesses de leur libéralité. Selon leurs moyens, j'en suis témoin, même au dela de leurs moyens, spontanément, allant jusqu'aux supplications pour recevoir de nous la faveur de les laisser participer à ce service destiné aux fidèles, et, dépassant notre attente, elles se sont données elles-mêmes au Seigneur d'abord, puis à nous par la volonté de Dieu.

Aussi avons-nous engagé Tite à aller achever chez vous, comme

il l'avait commencée, cette œuvre de charité. D'ailleurs, vous êtes partout les premiers, par la foi, par l’éloquence, par la science, par l’ardeur du zèle, par l’amour que vous nous témoignez |; soyez aussi les premiers dans cette œuvre de charité. Ce n’est pas un ordre que Je vous donne, je vous cite seulement ie zèle des autres pour éprouver la sincérité de votre amour. — (Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ qui, étant riche, s'est fait pauvre pour vous, afin de vous rendre riches par sa pauvreté.) — C’est donc un simple avis que je vous donne, et vous n'avez pas besoin d'autre chose, vous qui avez non seulement commencé l’œuvre les premiers, mais qui, les premiers, l’avez décidée, et cela dès l’année dernière,

Maintenant donc, achevez votre œuvre, et apportez à la terminer, selon vos moyens, l’ardeur que vous avez mise à la vouloir. Quand on donne de bon cœur, on est bien venu: d’après ce qu'on ἃ, non d’après ce qu'on n’a pas; car il n’est pas question de se mettre dans la gêne pour mettre les autres à l'aise; la règle c’est l'égalité. Aujourd'hui votre superflu servira à leurs besoins ; et un jour leur superflu servira à son tour à vos besoins, ainsi s’établira l'égalité, comme il est écrit : « Celui qui avait beaucoup ne surabondait pas, et celui qui avait peu ne manquait de rien ?.»

Grâces soient rendues à Dieu d’avoir mis au cœur de Tite le mème empressement pour vous; Car il a accueilli ma prière. Son zèle, du reste, est plus ardent encore, et il part de lui-même pour aller vous voir. Avec lui, nous envoyons un frère, loué par toutes les Églises de ce qu'il a fait pour l'Évangile, bien plus, délégué par elles pour nous accompagner dans notre voyage avec le produit de la collecte que nous avons faite pour la gloire du Seigneur lui-même et aussi de bon cœur.

Nous tenons à éviter qu'on puisse dire du mal de nous à propos de l’abondante collecte que nous venons de faire.

‘ Un des plus anciens manuscrits lit: que nous vous témoignons. ? Exode 16, 18.

«Vous voulons étre irréprochables non seulement Devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes !. »

Avec eux, nous envoyons aussi un autre de nos frères, dont nous avons éprouvé le zèle plusieurs fois, en diverses occasions, et qui en ἃ d'autant plus aujourd’hui qu'il est plein de confiance en vous. Quant à Tite, 1l est mon collègue et mon collaborateur auprès de vous; quant à nos frères, ils sont les envoyés des Églises, la gloire de Christ. Prouvez donc et votre charité et l’éloge que j'ai fait de vous; prouvez-les à la face des Églises!

Quant au secours destiné aux fidèles, il est bien superflu que je vous en écrive?; car je sais votre bonne volonté, et je m'en fais gloire auprès des Macédoniens : « L’Achaïe, leur dis-je, est prête depuis l’année dernière», et votre zèle ἃ été un stimulant pour la plupart. Et maintenant je vous envoie les frères pour que l’éloge que j'ai fait de vous ne reçoive pas en cela un démenti, et que vous soyez prêts comme je l'ai dit. Car enfin, si les Macédoniens arrivent avec moi et ne vous trouvent pas prêts, quelle honte pour nous (et permettez-moi d'ajouter, pour vous) qu'une telle confiance! J'ai donc jugé nécessaire de prier les frères de prendre les devants auprès de vous, pour vous faire organiser d'avance la libéralité annoncée, qu'elle soit prête, qu'elle soit une vraie libéralité et non une lésinerie.

Écoutez ceci : Celui qui sème chichement, récoltera chichement et celui qui sème libéralement, récoltera aussi libéralement. Que chacun donne ce qu'il a décidé en son cœur de donner, sans chagrin, sans contrainte;

« Dieu aime celui qui donne joyeusement * ».

Dieu peut vous combler de toutes ses grâces, de sorte qu'ayant

1 Proverbes 3, 4.

? Ce verset, dont le sens est d’ailleurs très clair, est cependant incompréhensible; on ne s'explique pas comment Paul qui vient de parler longuement du «secours destiné aux fidèles », déclare, comme s’il n’en avait encore rien dit, qu’il lui est «superflu d'en écrire ».

5 Proverbes 22, 9 (voir aussi Exode 25, 2).

toujours et en tout votre suflisance, vous ayez encore du superflu pour toutes les bonnes œuvres, selon qu'il est écrit : QI a répandu, il a donné aux pauvres, Sa justice demeure à toujours 1, »

Celui qui fournit La semence au semeur, Et le pain dont il se nourrit ?»

vous fournira, vous multipliera la semence et augmentera «les fruits de votre justice 5.»

Vous serez ainsi comblés de richesses pour de grandes libéralités qui nous feront rendre, à nous, des actions de grâces à Dieu. Car l’accomplissement de cette œuvre sainte n’aura pas seulement pour effet de subvenir aux besoins des fidèles, mais encore il y aura un excédent qui consistera en ferventes actions de grâces rendues à Dieu. Ils le glorifieront parce que ce secours leur aura prouvé votre soumission, votre adhésion à l'Évangile du Christ, votre libéralité, votre communion avec eux et avec tous. Ils prieront pour vous, ils éprouveront de l'affection pour vous en voyant les grâces dont Dieu vous a comblés! Ah! grâces à Dieu pour son ineffable don !

C’est moi Paul qui vous demande au nom de la douceur et de la bonté du Christ, — oui, moi qui ai, «chez vous, des dehors si modestes» et qui, «de loin, suis si hardi avec vous *», — c’est moi qui vous prie de ne pas m'obliger, à mon arrivée, de vous traiter avec la ferme hardiesse dont je me propose d’user envers certaines gens qui pensent que nous nous conduisons d’après des considérations charnelles,.

Sans doute nous vivons dans une chair mortelle, mais notre combat n’est pas charnel, nos armes de guerre ne sont pas

1 Psaume 112, 9.

2 Ésaie 55, 10,

3 Osée 10, 12.

{ Paul cite ici les paroles de ses adversaires. |

charnelles; au contraire elles sont divinement puissantes pour détruire des forteresses, pour renverser des raisonnements, pour abattre toute hauteur qui s'élève contre la science de Dieu, pour assujettir toute pensée au joug du Christ, et nous sommes prêts à punir toute désobéissance, aussitôt que votre obéissance à vous sera parfaite.

Ah! ce sont les dehors que vous regardez? Eh bien, si quelqu'un croit être du parti de Christ, qu'il soit bien persuadé d’une chose : s’il est du parti de Christ, nous en sommes nous aussi!

Et quand j'aurais été un peu trop fier du pouvoir que nous tenons du Seigneur (pour vous édifier, non pour vous ruiner), je n'aurais pas à en rougir, pour ne pas avoir l'air de vouloir vous «effrayer par mes lettres». — «Ses lettres, dit-on, sont sévères, sont énergiques, mais, quand il est là, c’est un homme faible, et sa parole est bien peu de chose.» — Que celui qui parle ainsi soit bien convaincu de ceci: le langage que nous tenons de loin dans nos lettres, nous le tiendrons de près dans nos actes.

- Nous ne sommes pas assez osés pour nous confondre ou nous comparer avec certaines gens qui font leur propre éloge. Ceux-là se mesurent à leur propre mesure, ils se comparent à eux-mêmes ; . ils sont peu intelligents.

Nous, nous ne nous vanterons pas sans mesure; nous resterons dans le ressort, dans le champ d’action dont Dieu nous a tracé la limite et qui nous ἃ permis, entre autres, de parvenir jusqu'à vous. Nous n’étendons pas trop notre domaine, comme nous le ferions si nous n’étions pas arrivés jusqu'à vous, car c'est Jusque chez vous que nous sommes allés prècher l'Évangile du Christ. Nous ne nous vantons pas sans mesure en nous parant des travaux d'autrui; nous espérons, au contraire, que votre foi se développera assez pour que nous puissions agrandir considérablement notre domaine en partant de chez vous et en suivant toujours nos limites; et alors nous irons évangéliser au dela de chez vous, sans jamais nous vanter du champ d'action d’un autre et des travaux qu'il ἃ terminés.

PS

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«Celui qui veut se glorifier doit se glorifier dans le Seigneur 1.» Ce n’est pas celui qui se loue lui-même, qui aura bien soutenu l'épreuve, mais celui que le Seigneur loue.

Ah! que je voudrais vous voir supporter un moment mes «folies ?»; mais, oui, vous me supportez, parce que je vous aime avec jalousie, avec une sainte jalousie; et je vous ai fiancés à un seul époux, au Christ, pour vous présenter à lui comme une vierge pure.

Mais j'ai bien peur que, semblables à Eve séduite par les ruses du serpent, vos pensées ne soient corrompues et n'aient perdu leur candeur pour Christ. Si, en effet, on vient vous prêcher un autre Jésus que le nôtre, si on vous fait accepter un Esprit différent de celui que vous avez reçu, où un Évangile différent de celui que vous avez accueilli, vous supportez cela parfaitement! Je crois, cependant, que je ne suis nullement au-dessous de ces archiapôtres? ! Si je parle comme un homme du peuple, je ne suis pas sans instruction; et je vous l’ai bien montré en tout et pour tout.

Aï-je fait une faute en m'humiliant moi-même pour vous élever, je veux dire en vous annonçant l'Évangile de Dieu gratis? J'ai dépouillé d’autres Églises, j'ai accepté d’elles un salaire pour pouvoir vous servir et quand j'étais chez vous, m'étant trouvé dans la gène, je ne vous en ai pas importunés; ce sont les frères venus de Macédoine qui m'ont donné ce qui me manquait. Je me suis gardé jusqu’au bout de vous être à charge, et je m'en gardera à l'avenir. Je prends Christ à témoin que cette gloire-là ne me sera pas enlevée dans les pays d’Achaïe! Pourquoi? parce que Je ne vous aime pas? Ah! Dieu le sait! Mais j'agis et j'agirai toujours ainsi pour Ôter tout prétexte à ceux qui ne veulent qu'un prétexte pour se dire mes égaux dans ce détail auquel ils tiennent tant!

1 Jérémie 9, 29, 2 Terme employé par les adversaires de Paul.

3 Archiapôtres; expression ironique dont Paul se sert pour désigner ceux qui prétendaient avoir plus de titres que lui à l’apostolat.

Ces hommes-là ce sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, 18, ΤΊ ils se déguisent en apôtres de Christ; ce n’est pas étonnant; Satan 44 se déguise bien en ange de lumière, il n’est donc pas surprenant 15 que ses ministres se déguisent en ministres de justice; leur fin sera digne de leurs œuvres.

Je le répète, personne ne doit me croire «fou»; ou bien, conve- 16 nons-en, Je suis « un fou », alors laissez-moi chanter un peu ma gloire.

Ce que je vais dire, je ne le dirai pas selon le Seigneur, je parlerai 17 comme «ἀπ fou»; J'ai la prétention de chanter ma gloire; il y 18 en ἃ tant qui chantent la leur, chantons aussi la nôtre!

Vous qui êtes si sages, vous savez être indulgents pour les 19 fous; vous avez une étonnante palience avec ces gens qui vous 90 asservissent, qui vous mangent, qui vous pillent, qui vous regardent de haut en bas, qui vous frappent au visage ! Je suis 91 honteux de le dire, mais nous nous sommes montrés bien faibles.

Si ces gens-là se mettent en avant, moi, dans «ma folie», je le fais comme eux; ils sont Hébreux? moi aussi je le suis; 22 ils sont Israélites? moi aussi je le suis; ils sont de la race d'Abraham? moi aussi j'en suis. Ils sont ministres de Christ? 93 (ici « ma folie» dépasse toute mesure), je suis bien plus; oui,

bien plus qu'eux par mes immenses travaux, par les innombrables Coups que j'ai reçus, par mes emprisonnements multüpliés, par les mille morts que j'ai souffertes. Cinq fois les Juifs m'ont appliqué 94 leurs «quarante coups moins un»; trois fois j'ai été bâtonné, une 9; fois j'ai été lapidé, trois fois j'ai fait naufrage; j'ai passé toute une nuit et un jour dans l’abime; et les voyages sans nombre, et les 90 dangers en passant les fleuves, et les dangers du côté des voleurs, et les dangers du côté des Juifs, et les dangers du côté des païens, et les dangers dans les villes, et les dangers dans la solitude, et les dangers sur mer, et les dangers chez les faux frères, et leslabeurs, 97 et les fatigues, et les veilles répétées, et la faim, et la soif, et les jeûnes prolongés, et le froid, et le dénûment! Et, sans parler du 98 reste, mes préoccupations quotidiennes! le souci de toutes les Églises! Qui vient à faiblir que Je n’en souffre? Qui vient à tomber 929 sans que J'en aie la fièvre !

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S'il faut me vanter, c'est de mes souffrances que je me vanterai : Le Dieu et Père du Seigneur Jésus (Béni soit-il à jamais!) sait que je ne mens pas. À Damas, le gouverneur du roi Arétas faisait garder la ville pour m'’arrêter, et c'est par une fenêtre, dans un panier, qu'on me fit descendre le long des murailles, et c’est ainsi que je parvins à m échapper.

Me vanter! ah! j'ai tort; cependant j'en viens aux visions et aux révélations du Seigneur: Je connais un homme en Christ qui, il y a de cela quatorze ans (est-ce avec son corps, est-ce hors de son Corps, je n'en sais rien, Dieu le sait), fut enlevé jusqu’au troisième ciel; et je sais que cet homme (avec son corps ou sans son corps, je n'en sais rien, Dieu le sait) fut enlevé jusqu'au paradis et entendit des choses ineffables, qu’un homme ne doit pas répéter. Je me vanterai de cet homme-là; mais de moi-même je ne me vanterai pas, sauf toutefois de mes souffrances; et cependant si je voulais me vanter, je ne serais nullement «fou», je dirais la vérité; mais je m'en abstiens pour que personne ne me pense supérieur à ce qu’il voit et entend quand je suis présent.

D'ailleurs, pour que l'extraordinaire grandeur de ces révélations ne me jetât pas dans l’orgueil, il m'a été donné une écharde enfoncée en ma chair, c’est un ange de Satan, occupé à me souffleter, pour m'empêcher de w’enorgueillir. Trois fois j'ai prié le Seigneur de l’éloiÿner de moi, et il m'a dit : «Ma grâce te suflit, car la grandeur de ma puissance se montre surtout dans l'infirmité.»

Je me vanterai donc bien plus volontiers de mes souffrances !, afin que la puissance du Christ repose sur moi. C'est pourquoi je me complais dans les souffrances, dans les insultes, dans les « nécessités, dans les persécutions, dans les angoisses pour Christ, car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort !

Je viens de faire le fou; vous m'y avez forcé; c’est vous qui auriez dù faire mon éloge. En rien je n'ai été inférieur aux

archiapôtres?, et cependant je ne suis rien.

1 Au lieu de: de mes souffrances, un des plus anciens manuscrits lit: des souffrances.

2? Archiapôlres. Voir note sur 11, ὃ,

Les signes de l’apôtre, miracles, prodiges, actes de puissance surnaturelle, je les ai opérés dévant vous, avec une patience qui ne s'est Jamais lassée. En quoi avez-vous été moins favorisés que les autres Eglises, si ce n’est que je ne vous ai pas importunés de mes besoins? Pardonnez-moi cette injustice-la. Voici Ja troisième fois que je suis sur le point de venir chez vous, et cette fois-ci encore Je ne vous importunerai pas. Ge que je recherche, ce ne sont pas vos biens, c'est vous-mêmes. Ce ne sont pas les enfants qui doivent thésauriser pour les parents, ce sont les parents pour les enfants. Quant à moi, je dépenserai volontiers tout ce que j'ai, et je me dépenserai moi-même pour le bien de vos âmes, quand même vous m'aimeriez d'autant moins que je vous aime davantage.

— «D'accord», dit-on, je ne vous ai pas été «directement à charge», mais comme je suis «un fripon», je vous ai «pris de l'argent par ruse». — Est-ce que je vous ai fait exploiter par aucun de ceux que je vous ai adressés? J'ai prié Tite d'aller chez vous, et j'ai envoyé avec lui le frere que vous savez; est-ce que Tite vous aurait exploités? n’avons-nous pas marché selon le même esprit et dans les mêmes traces?

Vous croyez toujours que nous voulons vous faire notre éloge !; c’est devant Dieu, c'est en Christ que nous parlons; et tout cela,

. mes bien-aimés, pour votre édification. Ah! je crains bien qu'à

mon arrivée Je ne vous trouve pas tels que je voudrais, et que vous, vous ne me trouviez tel que vous ne voudriez pas. Je crains qu'il n'y ait parmi vous des disputes, des jalousies, des colères, des rivalités, des calomnies, des bavardages, de l’insolence, du désordre; je crains qu'a mon arrivée, mon Dieu ne m'humilie encore à votre sujet, et que Je n'aie à pleurer sur plusieurs de vous qui auront été pécheurs et qui ne se seront pas repentis de l’impureté, de la corruption, des débauches auxquelles ils se seront livrés.

Pour la troisième fois j'arrive chez vous. « Sur la déposition de deux ou de trois témoins se décidera toute affaire?.» À mon second

1 On peut, d’après une autre ponctuation, mettre cette phrase sous forme interrogative : Croyez-vous toujours que nous voulons vous faire notre éloge? 2 Deutéronome 19, 15.

séjour j'ai déclaré, et aujourd’hui, de loin, je déclare de nouveau à ceux qui ont péché et à tous que si je viens encore à vous, je serai sans pitié.

Puisqu'il vous plait de tenter si c'est vraiment Christ qui parle en moi, vous verrez que, pour vous, il n'est pas faible, et qu’au contraire il fait éclater sa puissance parmi vous. Sans doute il ἃ été crucifié dans sa faiblesse, mais il est vivant par la puissance de Dieu, et nous, de même, nous sommes faibles comme lui, mais nous vivrons avec lui et pour vous par la puissance de Dieu.

Examinez-vous vous-mêmes pour voir si vous êtes dans la foi, mettez-vous vous-mêmes à l'épreuve; peut-être ne reconnaissezvous pas que Jésus-Christ est en vous? Mais alors l'épreuve tourne contre vous! J'espère en tout cas vous amener à reconnaître qu'elle ne tourne pas contre nous! Cependant nous demandons instamment à Dieu que vous ne fassiez rien de mal, car nous ne tenons pas à montrer que l'épreuve tourne pour nous !; nous désirons seulement que vous fassiez le bien, dût-on nous considérer comme manquant à notre devoir?! Car nous n'avons aucun pouvoir contre la vérité, nous n’en avons que pour la vérité, et nous sommes joyeux de passer pour faibles, si vous, vous êtes forts. Aussi demandons-nous ceci à Dieu : que vous arriviez à la perfection.

Si je vous écris tout cela de loin, c’est parce que je ne veux pas avoir, de près, à sévir et à user du pouvoir que je tiens du Seigneur (pour vous édifier et non pour vous ruiner). :

Enfin, frères, soyez joyeux, tendez à la perfection, acceptez les exhortations, soyez tous d'accord, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous.

1 C'est-à-dire que la puissance de Jésus-Christ est en nous pour nous donner la force de sévir contre vous. Paul demande avant tout que les Gorinthiens se conduisent bien et que lui nait pas à sévir, dût-on trouver qu'il manque à son devoir, dût-on dire qu’il est faible, que Jésus-Christ n’est pas en lui et que l'épreuve, l'examen intérieur tourne contre lui.

2 Ou plus exactement : comme vaineus dans l'épreuve !

: sh ᾿ + +1 , ἐν» ΩΝ ῃ ‘he à , ᾿ SECONDE ἘΡΙΤΒΕ AUX CORINTHIENS 519 CT | Saluez-vous les uns les autres d’un saint baiser. 49, 13

Tous les fidèles vous saluent.

QUE LA GRACE DU SEIGNEUR Jésus-Cnrisr, L'AMOUR DE DIEU 43 ET LA COMMUNION DU SAINT-ESPRIT SOIENT AVEC VOUS TOUS.

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PRÉFACE

L'’épître aux Galates n’est pas adressée, comme les autres lettres de Paul, à une seule Église, mais à plusieurs, à toutes les communautés de la Galatie.

La province romaine qui portait ce nom comprenait la Lycaonie, la Pisidie et une partie de la Phrygie. C’est là que se trouvaient les Églises de Derbé, de Lystre, d’Iconium, d’Antioche de Pisidie, et c’est à elles que notre épître a été écrite. Paul Les avait fondées dans son premier voyage missionnaire (Actes 13 et 14). Il les visita une seconde fois au début de son second voyage (Actes 16: 1-7).

Ces communautés étaient soumises à la parole de l’apôtre qui leur enseignait qu'il n'était pas nécessaire de passer par le Judaïsme pour devenir disciple du Christ et que, ni la circoncision, ni l'observation de la Loi ne leur étaient demandées. L'assemblée de Jérusalem (Actes 15) venait précisément d'approuver cette doctrine. Mais Paul, de retour à Antioche, avait eu une dispute avec Pierre (Galates 2: 11 et suiv.) sur cette question même. Barnabas s'était mis du côté de Pierre. Des émissaires venus de Jérusalem avaient encouragé et fortifié l'opposition contre Paul, et celui-ci était resté isolé. Ces émissaires, pour ruiner l'autorité de l’apôtre, se hâtèrent de se rendre en Galatie, et y organisèrent

une contre-mission dont le succès fut prodigieux. Les Galates crurent naïvement que Paul avait une prédication incomplète, qu'il n’était pas l'héritier direct de la pensée du Christ, qu'il fallait se faire juif en se faisant chrétien. C’est dans ce courant d'idées que Paul trouva les Galates lorsqu'il les visita pour la troisième fois (Actes 18 : 23).

Partout, il se sent personnellement accusé. Sa dogmatique est condamnée; son apostolat est décrié. Il essaye de ramener ses anciens disciples; il échoue. Alors il retourne à Éphèse et, à peine arrivé, dicte pour eux (ou écrit lui-même, voir note sur 6 : 11) la lettre foudroyante qu'on va lire.

Avec elle, nous entrons dans le vif de la question débattue, et, par elle, nous connaissons à fond les luttes engagées. ΠῚ s’agit de la circoncision. Paul déclare que, si on la pratique, le Christ ne sert plus de rien. Dans ses autres lettres il débute par des actions de grâces, ici, dès les premiers mots, il exprime son indignation et sa douloureuse surprise.

Sa lettre a trois parties. Dans la première, il relève ses droits à l’apostolat, car on les conteste tout d’abord (ch. 1 à ch. 3, 6). Dans la deuxième, il montre qu’il n’est pas en contradiction avec l’Ancien Testament, comme on l’en accuse (ch. 8, 6 à ch. 5). Dans la troisième enfin, il montre que son Évangile n’est pas immoral et n’ouvre pas une voie au péché, comme on le prétend, car la liberté chrétienne a pour mobile intérieur l'amour qui est la vraie obéissance à la loi de Dieu (ch. 5 et 6).

Quel fut l’effet produit par cette lettre? Nous ne le savons pas exactement. Cependant le passage 1 Cor. 16 : 1 nous montre Paul accepté de nouveau en Galatie, car il y organise une collecte pour les pauvres.

L'Épiître aux Galates fut écrite en 54, au commencement du séjour de trois ans que Paul fit à Éphèse. Elle à toujours été incontestée. Il en est d’elle comme des Épîtres aux Romains et aux Corinthiens; son authenticité est d’une certitude historique indiscutable.

PAUL, APÔTRE (NON PAR LA GRACE DES HOMMES Οὐ PAR UNE INSTITUTION HUMAINE, MAIS PAR LA GRACE DE JÉSUS-CHRIST ET DE Dieu LE PÈRE QUI A RESSUSCITÉ JÉSUS D'ENTRE LES MORTS) ET TOUS LES FRÈRES QUI SONT AVEC MOI, AUX ÉGLISES DE GALATIE.

GRACE ET PAIX VOUS SOIENT ACCORDÉES PAR DIEU LE PÈRE ET PAR NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST !, — QUI S'EST DONNÉ LUI-MÊME POUR NOS PÉCHÉS AFIN DE NOUS DÉLIVRER DE CE MONDE PERVERS OÙ NOUS VIVONS, CONFORMÉMENT A LA VOLONTÉ DE NOTRE DIEU ET PÈRE, AUQUEL SOIT LA GLOIRE AUX SIÈCLES DES SIÈCLES! AMEN. —

J’admire que si vite vous vous détourniez de celui qui vous ἃ appelés par la grâce de Christ, pour adopter un autre Évangile ! Un autre! il n’y en ἃ point; il n'y ἃ que certains brouillons qui veulent pervertir l'Évangile du Christ?!

Eh bien, écoutez : Si jamais quelqu'un, füt-ce moi, füt-ce un ange du ciel, venait vous évangéliser autrement que je ne l'ai fait, qu’il soit anathème! Je viens de le dire, et je vous le répète : Si quelqu'un prêche autre chose que ce que vous avez appris, qu'il soit anathème !

1 Quelques anciens manuscrits lisent : par Dieu notre Père et par le Seiyneur Jésus-Christ.

2 On peut lire aussi d’après une autre ponctuation: Un autre! il n'y en a point, il n'y a que..... (phrase inachevée). Quels sont ces brouillons qui veulent pervertir l'Évangile du Christ ?

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