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Est-ce la faveur des hommes que je cherche ou celle de Dieu? Est-ce aux hommes que je veux plaire? Ah! si j'en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur! de Christ!
Je vous déclare, mes frères?, que l'Évangile qui vous ἃ été prêché par moi n’est pas d'origine humaine. Ce n'est pas même des hommes que je l’ai reçu ou appris, c’est d’une révélation de Jésus-Christ.
Vous avez entendu parler de ma vie passée, quand j'étais dans le Judaïsme. Vous savez que je persécutais à outrance l'Église de Dieu, que je la ravageais. Vous savez que je surpassais dans mon Judaïsme bon nombre de ceux de mon âge et de ma race; j'étais plus que fanatique de mes traditions nationales.
Mais quand Celui qui m'a choisi dès le sein de ma mère et qui m'a appelé par sa grâce, jugea bon de me révéler intérieurement son Fils, pour que je fusse son évangéliste parmi les païens, sur-lechamp, sans prendre conseil de personne ὃ, sans aller à Jérusalem, auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je-me relirai en Arabie, puis je revins à Damas.
Ensuite, trois années plus tard, j'allai, 1l est vrai, à Jérusalem, pour faire la connaissance de Képhas“; et je passai quinze jours auprès de lui; mais je ne vis aucun des autres apôtres, si ce n’est Jacques, le frère du Seigneur. Ce que je vous écris, j'aflirme en présence de Dieu que ce n’est pas un mensonge!
Je me rendis ensuite dans les provinces de Syrie et de Gilicie; mais j'étais personnellement inconnu des Églises de Christ qui sont en Judée; elles avaient seulement entendu dire ceci ΡΣ «Notre ancien persécuteur prêche maintenant la foi que naguère il voulait détruire»; — et on rendait gloire à Dieu à mon sujet.
Ensuite, quatorze années plus tard, je montai de nouveau à Jérusalem, avec Barnabas; je pris aussi Tite avec moi. {Ὑ montai sur
1 Grec : Esclave.
2 Quelques anciens manuscrits lisent : Je vous déclare, en effet, mes frères.
3 Littéralement : «Sans m'adresser à ce qui est de chair et de sang ». Naim Matth. 16, 17.
4 Képhas, c’est-à-dire l’apôtre Simon Pierre,
ÉPÎITRE AUX GALATES 595
une révélation ; je leur communiquai l'Évangile tel que je le prêche aux païens. J’eus des entretiens particuliers avec les plus considérés d’entre eux, de peur que mes courses passées ou présentes ne fussent inutiles. Eh bien, on n'exigea pas même que Tite qui m'accompagnait, et qui était Grec, se fit circoncire. Cependant, par égard pour les intrus, les faux frères qui s'étaient glissés parmi nous pour espionner la liberté dont nous jouissons grâce à Jésus- Christ et qui voudraient nous remettre en esclavage 1... Nous ne leur avons pas cédé, nous ne nous sommes pas soumis un seul instant, afin que la vérité de l'Évangile fût maintenue pour vous.
Quant à ceux que l’on considérait comme des personnages (ce qu'ils étaient jadis peu m'importe, Dieu ne fait pas acception de personnes)... ceux, dis-je, qui étaient considérés comme des personnages ne m'apprirent rien de plus. Au contraire, voyant que l'évangélisation des non-circoncis m'était confiée, comme l'était à Pierre celle des circoncis (car Celui qui a donné à Pierre la force d'être apôtre des circoncis m'a donné aussi à moi la force d’être apôtre des païens), connaissant, dis-je, la grâce qui m'avait été accordée, Jacques, Képhas et Jean, qui passaient pour les colonnes de l'Église, nous donnèrent la main, à Barnabas et à moi, en signe d'union, afin que nous fussions, pour les païens, ce qu'ils étaient pour les circoncis. Ils nous prièrent seulement de nous souvenir des pauvres; aussi me suis-je empressé de le faire.
Quand Képhas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il avait évidemment tort. En effet, avant l’arrivée de certains individus, envoyés par Jacques, il mangeait avec les païens; après leur arrivée, il se tint à l'écart, il s’isola, parce qu'il avait peur des partisans de la circoncision. Les autres Juifs firent les hypocrites
1 Phrase restée inachevée. On peut supposer cependant une parenthèse s’ouvrant au verset 2 après ces mots : J’y montai sur une révélation, et se fermant à la fin du verset 3, après les mots : Se fit circoncire. Paul reprendrait alors au commencement du verset 4 la suite de sa phrase: Cependant, si je Mmontai à Jérusalem, ce fut par égard pour les intrus....., ete. Avec cette ponctuation, la phrase est achevée.
avec lui, si bien que Barnabas lui-même fut entrainé dans cette hypocrisie.
Alors, quand je vis qu'ils ne marchaient pas dans le droit chemin de la vérité de l'Évangile, je dis à Képhas devant tout le monde: «Si toi qui es Juif, tu agis comme les païens et non comme les Juifs, comment peux-tu obliger les païens à faire comme les Juifs? Nous autres, nous sommes Juifs de naissance; nous ne sommes pas des pécheurs ! comme tous ces païens….? » Sachant cependant que l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la Loi, mais qu'il l’est uniquement par la foi en Jésus-Christ, nous avons cru en Jésus-Christ pour être justifiés par cette foi. Ce n’est pas par les œuvres de la Loi, parce que les œuvres de la Loi «Ne justifient aucune créature.»
S'il se trouve alors que nous, qui cherchons notre justification en Christ, nous sommes aussi des pécheurs, Christ aura été (ce qu'à Dieu ne plaise) un ministre de péché! Si je rebâtis ce que j'avais abattu, je me constitue moi-même prévaricateur! Pour moi, c'est par égard pour la Loi que je suis mort à la Loi, afin de vivre à Dieu. J'ai été crucifié avec Christ; je ne vis plus, c’est Christ qui vit en moi. Le reste de vie que je traîne en la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu “ qui m'a aimé et s’est livré pour moi. Je ne veux pas anéantir la grâce de Dieu, et si la justice s'obtient par la Loi, alors Christ est mort pour rien!
O Galates insensés! qui est-ce donc qui vous a ensorcelés, vous sous les yeux desquels on ἃ fait passer l’image de Jésus-Christ crucifié ! :
Je ne vous poserai qu'une question: Est-ce pour avoir
1 Pécheurs. Voir note sur Matth. 9, 10,
2 Paul cite ici les paroles qu’il a adressées naguère à Pierre, puis il reprend la rédaction de sa lettre, mais il est impossible de dire où se termine sa citation. Nous l’arrêtons ici, mais nous aurions pu tout aussi bien l'arrêter plus loin, à la fin d’une des phrases qui suivent.
3 Expression empruntée à Psaume 143, 2.
: Quelques anciens manuscrits lisent : dans La oi en Dieu et en Christ qui m'a aimé... etc,
observé la Loi que vous avez reçu l'Esprit, ou est-ce pour avoir entendu prêcher la foi? Que vous êtes donc fous! Vous avez commencé par l'Esprit, et puis vous finissez par la chair! Tant d’expériences pour rien! Et encore si c'était pour rien! Celui qui vous confère l’Esprit-et qui fait des miracles parmi vous, agit-il ainsi parce que vous observez la Loi ou parce que vous avez entendu prècher la foi?
Souvenez-vous qu'Abraham «eut foi en Dieu et cela lui fut compté pour justhice!». Sachez donc que ceux qui ont la foi pour principe sont fils d'Abraham. L'Écriture a prévu que Dieu Justifierait les païens par la foi, et elle a d'avance annoncé cette bonne nouvelle à Abraham : «Toutes les nations seront bénies en toi?.» Ainsi ceux qui ont la foi sont bénis avec Abraham le croyant. Ceux qui en restent aux œuvres de la Loi sont sous le poids d’une malédiction, car il est écrit: «Maudit est quiconque n'observe pas tout ce qui est écrit dans le Livre de la Loi de manière à le pratiquer *.»
De plus, 11 est bien évident que personne n’est justifié devant . Dieu par la Loi, puisque :
«Le juste vivra par la foi.»
Or la Loi ne se base pas sur la foi, mais : «Celui qui pratiquera ces commandements aura la vie par eux.» Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en devenant malédiction pour nous, (puisqu'il est écrit: « Maudit est quiconque est pendu au boisS»), afin que la bénédiction accordée à Abraham passât aux païens par Jésus-Christ, et que nous obtenions par la foi l'Esprit promis.
Mes frères, quand un contrat est passé en bonne forme (je parle
1 Genèse 15, 0.