‹ Le Nouveau TestamentChapitre 59 sur 90 · Genèse · texte numérisé non relu

Genèse

3 Deut. 27, 26.

4 Habacuc 2, 4. On peut traduire aussi : Le juste par la foi vivra. D, Lévit. 18, 5.

6 Deut. 21, 23.

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des usages du monde), personne ne peut l’annuler ou le modifier par addition. Or, c’est à Abraham que les promesses ont été faites et à sa postérité. Il n’est pas dit: «ef à ses postérilés», comme s'il s'agissait de plusieurs personnes, mais, Comme pour parler d’une seule: «et à ta postérité.» Il s’agit de Christ. Eh bien, je dis ceci: Dieu ayant passé un contrat en bonne forme, la Loi venue quatre cent trente ans plus tard, ne peut le casser; elle ne peut annuler la promesse. Si on obtient l'héritage par une Loi, 1] ne vient plus d’une promesse. Or ce qu’Abraham ἃ reçu de Dieu, 1l l'a reçu par une promesse.

Alors, pourquoi la Loi? elle a été ajoutée à la promesse à cause des transgressions, jusqu’à la venue de «la postérité» au sujet de laquelle les promesses avaient été faites. Elle a été promulguée par des anges et par le ministère d’un médiateur. Or, un médiateur ne dépend pas d’un seul parti. Dieu au contraire est un?.

Y aurait-il alors une contradiction entre la Loi et les promesses ? Pas le moins du monde. Ah! sans doute, s'il avait été donné une Loi capable de produire la vie, alors la justice viendrait de la Loi. L'Écriture a au contraire tout enfermé sous le péché, afin que la promesse füt réalisée, pour les croyants, par la foi en Jésus-Christ. Avant la venue de la foi, la Loi nous tenait prisonniers et nous gardait; nous attendions la foi qui devait être révélée. La Loi a été pour nous ce qu'est un pédagogue; elle nous ἃ conduits au Christ, pour que nous fussions justifiés par la foi. Maintenant que la foi est venue, nous ne sommes plus soumis au pédagogue. Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus- Christ. Oui, vous qui avez tous été baptisés pour être à Christ, vous êtes revêtus de Christ, Il n'y ἃ plus là ni Juif, ni païen; ni esclave, ni libre; ni homme, ni femme; vous êtes tous un en Jésus- Christ. Et si vous êtes à Christ, vous êtes par conséquent de la famille d'Abraham, vous héritez en vertu de la promesse.

1 Genèse 22, 18 et suiv.

2 Voici le sens probable de cette phrase : Un médiateur suppose deux partis entre lesquels il est placé. Comme ces partis peuvent se contredire, une loi don

née par un médiateur est imparfaite, tandis que la promesse qui a précédé la loi vient de Dieu seul, volonté unique ; elle est done au-dessus de la loi.

Eh bien, voici ce que j'aflirme : tant que l'héritier est mineur, il ne diffère en rien de l'esclave, Il possède tout l'héritage, et cependant 1l est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le père. De même nous, tant que nous étions mineurs, nous étions esclaves des prescriptions du monde. Quand le temps fut accompli, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la Loi, pour racheter ceux qui étaient sous la Loi, et pour que nous jouissions des privilèges de fils. Et c'est parce que vous êtes fils, que Dieu ἃ envoyé en nos cœurs l'Esprit de son Fils, s’écriant : Abba! c’est-à-dire Père! Vous n'êtes donc plus esclaves, vous êtes fils, et si vous êtes fils, vous êtes aussi héritiers, grâce à Dieu 1.

Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des êtres qui ne sont pas dieux, mais maintenant que vous connaissez Dieu, bien mieux ! que vous êtes connus de Dieu, comment retournez-vous à ces pauvres et misérables commencements, dont vous voulez de nouveau devenir esclaves? Vous observez certains jours, et les lunaisons, et les époques des fêtes, et certaines années?! ah! j'ai

bien peur pour vous de n'avoir travaillé chez vous en pure perte!

Faites comme moi; Car moi, j'ai fait comme vous; frères, Je

vous en supplie, jusqu'ici vous ne m’aviez fait aucun tort. Vous

savez comme j'étais malade la première fois que je vous ai annoncé l'Évangile ; et vous ne m'avez pas méprisé, vous ne m'avez pas repoussé, quand ma chair passait ainsi par l’épreuve; au contraire, vous m’avez reçu comme un ange de Dieu, comme Jésus-Christ ! Qu'est devenue votre joie d'alors? Je vous rends témoignage que, si vous l’aviez pu, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. Et me voilà devenu votre ennemi, parce que je vous ai dit la vérité !

Il y a des gens pleins de zèle pour vous, mais non en vue du

1Grec: Tu n’es donc plus esclave, tu es fils, et si tu es fils, tu es aussi héritier, grâce à Dieu.

? On peut aussi, d’après une autre ponctuation, mettre ce verset sous forme Interrogative : Observez-vous… etc. ?

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bien; ce qu'ils veulent c’est vous détacher de moi, pour que vous les aimiez seuls. S’aimer en vue du bien, c’est une belle chose; mais il faut que cela dure, et ne pas seulement m'aimer quand je suis là.

Oh! mes enfants, vous que j'enfante de nouveau dans la douleur jusqu'à ce que Christ soit formé en vous, que je voudrais être près de vous dans ce moment, et changer de langage, car je suis bien inquiet de vous!

Dites-moi, vous qui voulez être sous la Loi, n'entendezvous pas la lecture de la Loi? Il y est écrit qu'Abraham avait deux fils, l’un de sa servante, l’autre de sa femme libre. Celui de la servante était né selon l’ordre de la nature, celui de la femme libre à la suite de la promesse. Tout cela est allégorique: ces femmes sont deux alliances, l’une, celle du mont Sinaï, a enfanté pour la servitude; c’est Agar. (Le mot Agar désigne, en effet, le mont Sinaï en Arabie.) Elle correspond à la Jérusalem actuelle qui est en servitude avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère à nous. Il est écrit, en effet :

« Réjouis-tor, femme stérile, qui n'as point enfanté! [douleurs maternelles, Pousse des cris de joie, élève la voix, toi qui n'as pas senti les Car les enfants de la femme abandonnée sont plus nombreux Que ceux de la femme mariée 1.»

Et nous, mes frères, nous sommes? les vrais descendants d'Isaac, les enfants de la promesse. Mais comme alors le fils né selon l’ordre de la nature persécutait celui qui était né selon l'Esprit, il en est encore ainsi aujourd'hui. Mais que dit l'Écriture : «Chasse la servante et son fils, car le fils de la servante ne doit pas hériter avec le fils de la femme libre*.» Ainsi, mes frères, nous ne sommes pas enfants de la servante, mais de la femme libre.

1 Ksaïie 54, 1.

2 Quelques anciens manuscrits lisent : Æ££ vous, mes frères, vous êtes. ete: 3 Genèse 21, 10,

Christ nous a libérés; restez fermes dans cette liberté et ne reprenez pas le joug de l'esclavage. C’est moi, Paul, qui vous le dis: Si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien. Je déclare encore une fois à tout homme qui se fait circoncire que cet acte l’oblige à observer toute la Loi. Vous êtes absolument séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la Loi; vous êtes déchus de la grâce. Nous, par l'Esprit, nous attendons de la foi l'espérance de la justification. Car, en Jésus-Christ, peu importe circoncision Ou non-circoncision; ce qui importe c’est la foi devenant active par l'amour.

Vous couriez si bien! Qui donc vous a arrêtés, détournés de la vérité? Ah! ce conseil ne vient pas de Celui qui vous appelle!.....

Un peu de levain fait lever la pâte tout entière. .... J’ai la confiance — dans le Seigneur — que vous reviendrez à penser comme Ms: 24.

Quant à celui qui vous trouble, il portera la peine de tout ceci, quel qu'il soit.....

Et moi, mes frères, je n'ai qu’à prêcher la circoncision, on ne

me persécutera plus! mais alors la croix et son scandale sont

anéantis!.....

Ah! Je les voudrais plus que circoncis, ceux qui vous troublent !1....

Vous, mes frères, c'est à la liberté que vous avez été appelés; mais que cette liberté ne vous entraîne pas vers la chair. Vous devez, en vous aimant, vous servir les uns les autres. Toute la Loi se résume d’un seul mot: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ?.» Et si, les uns les autres, vous vous mordez et vous dévorez, prenez garde, les uns par les autres vous vous perdrez.

1 Nous séparons ces dernières phrases par des points de suspension, parce qu’elles ne se relient pas logiquement les unes aux autres. Brèves et décousues, elles attestent une grande rapidité de rédaction.

?-Lévitique 19, 18.

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Marchez, vous dis-je, sous la direction de l'Esprit et résistez aux passions de la chair. La chair, en effet, conspire contre l'Esprit, et l’Esprit contre la chair; tous deux sont en lutte pour que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez faire. Mais si l'Esprit vous conduit, vous n'êtes plus sous le joug de la Loi. Les œuvres de la chair sont faciles à reconnaître; c’est la fornication, l’impureté, la débauche, lidolâtrie, la sorcellerie, les haines, les disputes, l'envie, la colère, les querelles, les factions, l’esprit de parti, les jalousies, l'ivresse, les orgies et autres choses semblables, et, je vous le déclare d’avance (je vous en ai déjà prévenus), ceux qui agissent ainsi n'auront pas en héritage le Royaume de Dieu. Le fruit de l'Esprit, au contraire, est l’amour, la Joie, la paix, la patience, l’indulgence, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance. Pour ceux qui vivent ainsi, il n'y a pas de Loi. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi avec l'Esprit.

Ne devenons pas vains et vaniteux en nous provoquant les uns les autres, et en nous portant mutuellement envie. Mes frères, lors même que vous surprenez un homme en faute, vous qui êtes dirigés par l'Esprit, corrigez-le avec douceur; veille sur toi-même, que tu ne sois pas tenté, toi aussi. Supportez mutuellement le poids de vos fautes et accomplissez ainsi la loi du Christ; car s’imaginer valoir quelque chose, quand on n'est rien, c’est se faire illusion à soi-même. Que chacun examine ses propres actes, et alors il gardera ses motifs de vanité pour lui seul, et il ne les gardera plus pour autruit. Chacun, en effet, aura son propre fardeau à porter.

Celui à qui l’on enseigne la Parole de Dieu, doit faire part de tous ses biens: à celui qui enseigne.

Ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu; ce que l’homme sème, il le récolte. Celui qui sème dans sa chair, récoltera ce que produit la chair: la mort; celui qui sème dans

1 (C'est-à-dire il n’en parlera pas à autrui, il lès gardera pour lui, il renoncera

à s’en vanter,

l'Esprit, récoltera ce que produit l'Esprit: la vie éternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien et, le moment venu, nous récolterons, si nous avons tenu bon. Maintenant que nous en avons l’occasion, faisons du bien à tout le monde, et surtout à nos frères dans la foi.

Remarquez ces grands caractères, ils sont de ma main!

Des gens qui veulent plaire par la chair, voilà ceux qui vous forcent à vous faire circoncire, et seulement pour n'être pas persécutés au nom de la croix du Christ. Car ces circoncis n’observent pas la Loi, mais ils veulent vous faire circoncire pour tirer gloire de votre chair, Pour moi, Dieu me garde de me glorifier, sauf de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ. Par lui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde. Il ne s’agit ni d’être circoncis, ni de ne pas l'être, mais d’être créé à nouveau. Sur tous ceux qui observeront cette règle, paix et miséricorde, ainsi que sur l’Israël de Dieu!

Qu'’à l'avenir personne ne me fasse de la peine, car je porte sur mon corps les stigmates de Jésus.

LA GRACE DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST SOIT AVEG VOTRE ESPRIT, FRÈRES. AMEN.

1 D’ordinaire, Paul dictait ses lettres. Nous savons même quel nom portait le secrétaire qui écrivit l’ Épitre aux Romains, il s'appelait Tertius (Romains 16, 22). L’apôtre a-t-il fait une exception pour l'Épitre aux Galates? L’a-t-il rédigée tout entière de sa main, ou n’a-t-il pris la plume que vers la fin? La question reste douteuse. En tout cas, il traça lui-même les mots de ce verset 11 et sans doute aussi les phrases suivantes, et fit des lettres plus grandes que celles de son secrétaire habituel. De là cette expression : «remarquez ces grands caractères ; ils sont de ma main. » On a supposé que Paul, ayant été élevé à Jérusalem, Pharisien rigide, c’est-à-dire opposé à tout ce qui était grec, n'apprit pas dans son enfance et sa jeunesse à écrire le grec, et plus tard éprouva quelque peine à former les caractères de eette langue. Ge serait Jà le motif qui lui faisait dicter ses Épiîtres, et lorsqu'il ajoutait quelques mots de sa main, à la fin de la lettre, il était obligé, à cause de son inhabileté, de faire ses lettres un peu grandes. Quoi qu’il en soit, son écriture se distinguait par quelque trait qui lui était spécial. C'est ainsi que, 2 Thess. 3, 17, il signe lui-même et fait remarquer que c’est son écriture. De même, à la fin de la première Épître aux Corinthiens (16, 21), il salue et signe lui-même, et la dernière phrase : Je vous aime tous en Jésus- Christ, venant après l’adieu ordinaire : Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous, est sans doute un post-scriptum qu’il ajouta de sa main.

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PRÉFACE

Ce titre : Épître aux Éphésiens, n’est pas exact. Les mots du premier verset: à Éphèse (nous le remarquons dans une note), ne se trouvent pas dans les deux plus anciens manuscrits et quelques écrivains ecclésiastiques, comme Origène et Basile le Grand, nous informent qu'ils manquaient dans leurs exemplaires de l’épître. De plus, la lecture de la lettre montre qu’elle est encyclique. Il n’y est nulle part fait mention de l’ Église d’ Éphèse: pas une seule salutation à la fin; pas une seule de ces allusions personnelles si fréquentes dans les autres épîtres. Paul s’adresse à des chrétiens qui ne l’ont jamais vu. 1] ἃ seulement entendu parler d’eux (1 : 15); or, les Éphésiens l'avaient vu; il avait passé trois ans à Éphèse. Notre épître est donc une lettre encyclique ou catholique destinée à plusieurs Églises d'Asie. Il nous est resté quelques copies de l’exemplaire conservé par la communauté d’Éphèse. Celles-là portent les mots : à Éphèse. Quant à nos deux plus anciens manuscrits, ils ont été copiés sur des exemplaires autres que celui des Éphésiens. Tout lecteur attentif de cette épître dite aux Éphésiens est frappé des étonnantes ressemblances qu’elle offre avec l’Épître aux Colossiens. Ce sont les mêmes idées, les mêmes développements et parfois les mêmes mots. Ces deux épîtres sont deux sœurs jumelles et ont été écrites à quelques jours seulement de distance. Elles offrent cependant quelques différences. L'Épître aux Colossiens ἃ un caractère polémique que n’a pas l'Épître aux Éphésiens. Dans celle-ci l’apôtre insiste surtout sur l'Église, dans celle-là sur la

personne du Christ. Quant aux conseils pratiques, ils sont les mêmes dans les deux lettres, parce que Paul s'adresse à deux catégories identiques de lecteurs.

Le style de l’apôtre dans ces deux épîtres n’est pas le même que celui de ses autres lettres. Les phrases ici sont longues et diffuses. Le premier chapitre des Éphésiens, en particulier, est semé d’incidentes, rempli de parenthèses, chargé de conjonctions, qui embarrassent la marche de la pensée et déroutent le lecteur. Aussi les deux Épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens, surtout la première, tout en ne renfermant point de passages obscurs, offrent cependant de grandes difficultés de traduction.

Comme la plupart des lettres de Paul, la lettre aux Éphésiens ἃ deux parties, l’une dogmatique, l’autre morale. Celle-ci commence au verset 17 du chapitre 4, après une conclusion à la première partie renfermée dans les 16 premiers versets de ce quatrième chapitre.

Le lecteur remarquera que, dans la partie dogmatique, Paul ne prend plus son point de départ dans la conscience humaine, comme il le fait dans les Épîtres aux Romains, aux Corinthiens et aux Galates; mais qu’il prend ce point de départ en Dieu lui-même et en son décret éternel. C’est une conception nouvelle qui atteste le développement graduel de la pensée de l’apôtre. Déjà certains passages de l’Épître aux Romains (ch. 9, 10, 11) nous montraient la pensée de Paul s’élevant peu à peu jusqu’à embrasser le plan tout entier des révélations divines. Il a mis d’abord en opposition la Loi et l'Évangile, le judaïsme et le paganisme, maintenant il voit un plan de Dieu qui se développe dans l’histoire, et il nous montre l’unité dernière de ses révélations.

L'Épître aux Éphésiens offre quelque ressemblance avec la première lettre de Pierre. Nous en parlerons dans notre préface à cette dernière épître.

Elle ἃ été écrite par Paul dans sa prison de Césarée en 99 ou 60. (Voir, pour de plus amples détails sur la date de sa composition et sur l’endroit où elle a été rédigée, nos préfaces aux Épîtres aux Colossiens et à Philémon.)

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