L'ÉPITRE À TITE
PRÉFACE
On donne aux trois lettres que nous insérons ci-après ce nom commun : les Pastorales, parce qu’elles s'adressent à des hommes chargés de conduire des Églises et leur indiquent les devoirs qu'ils ont à remplir auprès d’elles.
Ces trois lettres ont toujours été attribuées à Paul par l’Église antique. Elles étaient éncontestées. Les hérétiques seuls les rejetaient, mais pour aucune raison critique sérieuse; ils ne les condamnaient que pour des motifs dogmatiques.
Les Pastorales ont laissé au second siècle, däns les écrits des Pères d’alors, des traces de leur existence; 115. n’en font cependant aucune citation formelle, sauf Polycarpe quig dans son Épître aux Philippiens, reproduit, mais sans indiquer le passage, 1 Tim. 6: 7-10. Il est donc certain qu'entre 130 et 150, nos trois épîtres étaient partout répandues et lues dans les assemblées chrétiennes.
Nous ne pouvons leur assigner une place dans le cadre connu de la vie de Paul. Quand les a-t-il écrites? à quel moment de son
ministère les placer? Cette question restera, croyons-nous, toujours sans réponse. Les données nécessaires pour la résoudre manquent entièrement.
Dans ces trois lettres, dont la parenté intime est évidente, et qui ne peuvent être que d’un seul et même auteur, nous trouvons des conseils semblables sur la manière dont Timothée et Tite doivent se conduire dans l’Église.
Dans la première à Timothée, Paul recommande d’abord à son disciple de s'opposer aux fausses doctrines (1 : 3 à 12) et de garder la foi traditionnelle (1 : 12 à 2). Il lui donne ensuite des directions relatives à la vie ecclésiastique (ch. 2), à la conduite des pasteurs et des diacres (chap. 3) et sur la répression des hérésies (ch. 4). Le chap. 5 est consacré à la conduite des pasteurs envers les vieillards, les veuves, les Anciens, les esclaves, et le dernier à des avertissements sur les faux docteurs et à des exhortations personnelles.
Dans la seconde à Timothée, après avoir rappelé à son disciple l'Évangile dont il ne doit pas avoir honte et s’être proposé à lui en exemple (chap. 1), l’apôtre lui donne de nouveau des conseils sur son ministère et sa conduite dans l’Église (ch. 2). Il lui prédit des épreuves pour l’Église, lui annonce sa mort prochaine et lui dit qu’il attend impatiemment sa visite (ch. 3 et 4). On peut appeler cette seconde lettre à Timothée le testament de Paul. Des passages comme ch. 1: 5 à 17 et 4: 6 à 22 portent la marque indéniable de leur origine. Paul seul a pu tenir un tel langage, et ces lignes ont été tracées par lui bien peu de temps avant sa mort.
Dans l’Épître à Tite, Paul reprend les sujets qu'il ἃ déjà traités dans les deux lettres à Timothée. Il commence par des conseils sur le choix des Anciens (ch. 1), puis donne à son disciple des directions sur les devoirs à remplir envers les vieillards, les jeunes gens, les esclaves (ch. 2), et termine (ch. 3) par des exhortations
pratiques d’un caractère général.
PauL, APÔTRE DE JÉSUS-CHRIST, PAR ORDRE DE DIEU NOTRE SAUVEUR ET DE JÉSUS-CHRIST NOTRE ESPÉRANCE, A TIMOTHÉE, MON VÉRITABLE ENFANT DANS LA FOI.
GRACE, MISÉRICORDE ET PAIX TE SOIENT ACCORDÉES PAR DIEU NOTRE PÈRE ET PAR JÉSUS-CHRIST NOTRE SEIGNEUR.
Comme je t’ai recommandé, à mon départ pour la Macédoine, de rester à Éphèse afin d’ordonner à certaines gens de ne pas enseigner de fausses doctrines, de ne pas s'occuper de contes et d’interminables généalogies qui provoquent les discussions au lieu de favoriser le plan de Dieu basé sur la foi...
Le but de cet ordre c’est l'amour venant d’un cœur pur, d’une bonne conscience, d’une foi sincère. Certaines gens s’en sont détournés et se sont perdus dans ce qui n’est que du bavardage. Ils veulent être docteurs de la Loi, sans comprendre ni ce qu'ils disent ni ce qu'ils affirment. Nous ne nions pas que la Loi ne soit bonne, mais pour celui qui sait en faire usage, qui est convaincu qu’elle n’est pas faite pour le juste, mais pour ceux qui n’en veulent pas, qui la rejettent, pour ceux qui sont impies et pécheurs, irréligieux et profanes, parricides, meurtriers, impurs, débauchés infâmes, qui commettent des rapts; menteurs, parjures, ou qui violent d’une manière quelconque la saine instruction.
1 Phrase non achevée.