‹ Le Nouveau TestamentChapitre 75 sur 90 · PEL · texte numérisé non relu

PEL

- Dés

puissante, et plus acérée qu'aucune épée à deux tranchants, elle pénètre jusqu'à diviser et l’âme et l'esprit et les jointures et les moelles, elle juge des sentiments et des intentions du cœur; aucune créature ne se dérobe devant elle; tout est à nu, tout est à découvert aux yeux de Celui à qui nous avons affaire.

Eh bien, puisque nous avons un tel grand-prêtre, qui a pénétré jusqu’au fond des cieux, qui s'appelle Jésus, le Fils de Dieu, soyons fermes à confesser notre foi! Et, en effet, nous n’avons pas un grand-prêtre qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, 1l ἃ été tenté en toutes choses exactement comme nous, et 1] est resté sans péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce en un temps bien opportun pour être secouru.

Tout grand-prêtre, pris parmi les hommes, est établi pour le bien des hommes, pour régler leurs relations avec Dieu; dans ce but, 1] offre des oblations et des sacrifices pour les péchés; il peut être indulgent pour les ignorants et les égarés, puisque lui aussi est sujet à la faiblesse. Aussi est-il tenu à des sacrifices expiatoires aussi bien pour lui-même que pour le peuple. De plus, on ne s’arroge pas soi-même cette dignité; c’est Dieu qui vous y appelle, comme 1] fit pour Aaron. Ainsi le Christ: il ne s’est pas arrogé lui-même la gloire d’être grand-prêtre, mais Dieu lui a dit:

na 117 es mon Fils:

Je t'ai engendré aujourd’hui 1»

et dans un autre passage :

«Tu es prétre à tout jamais

Selon l’ordre de Melchisédek?. »

Lui qui, pendant sa vie sur la terre, ἃ offert, à celui qui pouvait le délivrer de la mort, des prières et des supplications en jetant de grands cris et en versant des larmes, lui qui a été exaucé à cause de sa piété (il était Fils, et cependant par ses souffrances il a appris l’obéissance), arrivé alors au plus haut point de la perfection, il

1 Psaume 2, 7.

2 Psaume 110, 4.

est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d'un saiut éternel, ayant été proclamé par Dieu grand-prêtre «selon l'ordre de Melchisédek».

C'est un sujet sur lequel nous avons beaucoup à dire et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes lents à comprendre. Il y a longtemps que vous devriez être des maîtres, et vous avez encore besoin qu'on vous apprenne les premiers éléments des révélations de Dieu; vous en êtes à avoir besoin de lait au lieu d’une nourriture solide. Celui qui en est encore au lait ne comprend pas un enseignement complet; il n’est qu'un enfant. La nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux qui ont acquis par la pratique un sens exercé à discerner le vrai du faux.

Laissons donc les commencements? de ce qu'il y ἃ à dire sur le Christ, mettons-nous à ce qu’il y a de plus achevé, ne recommençons pas à poser les principes fondamentaux: renoncement aux œuvres mortes, foi en Dieu, doctrine des baptêmes, imposition des mains, résurrection des morts, jugement éternel. Tout cela nous le ferons, si Dieu le permet. Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part à l'Esprit saint, qui ont goûté l'excellente parole de Dieu et les richesses du monde à venir et qui retombent , soient ramenés ἃ la repentance par une seconde régénération, eux qui, pour leur propre compte, remettent en croix le Fils de Dieu et le vouent aux outrages! En effet, une terre, arrosée par des pluies fréquentes et

1 Littéralement: ne comprend pus le discours de la justice, c’est-à-dire celui qui dit justement, complètement, ce qu’il y a encore à dire.

? L'auteur vient de dire à ses lecteurs : Vous avez encore besoin qu'on vous apprenne les premiers éléments de la Révélation, et ici il leur annonce au contraire qu’il va laisser ces éléments et leur donner un enseignement plus achevé. Plus loin il explique (versets 7 et suiv.), par une image, pourquoi il agit ainsi : de même que la terre bien arrosée produit toujours des plantes, bonnes ou mauvaises, de même le fidèle ne peut rester stationnaire, Il faut qu’il fasse des progrès. S'il n’en fait pas, il tombera dans le mal, il fera une chute et, dans la pensée de l’auteur, on ne peut se relever d’une chute (versets 4 et suiv.). Voilà pourquoi il donne à ses lecteurs, tout arriérés qu'ils sont, un en seignement complet,

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produisant des plantes utiles à ceux pour lesquels elle est cultivée, a part à la bénédiction de Dieu. Mais si elle ne rapporte que «des épines et des chardons !», on l’abandonne, on la déclare presque maudite, on finit par y mettre le feu.

Cependant, bien-aimés, malgré ce langage, nous croyons pour vous à tout ce qu'il y a de mieux, à ce qui mène au salut. Dieu est trop juste pour oublier votre activité, l'amour que vous avez montré pour son nom, les services passés et présents rendus par vous aux fidèles. Nous désirons bien que chacun de vous montre jusqu’au bout le même zèle à affermir de plus en plus son espérance de manière à ne pas vous relâcher, mais à imiter ceux que leur foi et leur persévérance ont mis en possession de l'héritage promis.

Quand Dieu fit sa promesse à Abraham? (comme il ne pouvait prêter serment au nom d’un plus grand que lui, «él préta serment sur son propre nom»), 11 dit: «Certes je te comblerai de bénédictions ; certes je multiplierai beaucoup tes descendants ?». Et alors, sa persévérance lui obtint ce qui lui avait été promis. Les hommes, en effet, prêtent serment sur un plus grand qu'eux, et leur serment est une garantie, il met fin à toutes leurs discussions. Eh bien, Dieu, voulant expressément montrer à ceux qui devaient recevoir l'héritage promis que sa volonté est immuable, intervint par un serment, et il l’a fait pour que, par deux choses immuables #, par lesquelles 11 était impossible que Dieu mentit, nous ayons un puissant encouragement qui soit notre refuge, nous saisissions l'espérance qui s'offre à nous. Oui, cette espérance nous la tenons comme l'ancre de notre âme, ferme et solide, «elle pénètre dans le sanctuaire, derrière le voile5 », là où Jésus notre précurseur est

1 Allusion aux passages suivants : Genèse 3, 17 et suiv., Ésaïe 5ÿ 2-6, Osée 10, 8.

2 L'auteur cite ici à ses lecteurs, pour les encourager, l'exemple de la persévérance d'Abraham, se confiant en la fidélité de Dieu. Et plus loin (chap. 11) il leur citera tous les hommes de Dieu de l’ancienne Alliance.

3 Genèse 22, 16 et suiv.

4 Ces deux choses sont probablement la parole évangélique d’une part et le serment fait à Abraham de l’autre.

5 Lévit. 16, 2.

entré pour nous quand il est devenu grand-prêtre «à lout jamais selon l'ordre de Melchisédek ».

En effet, ce Melchisédek!, «roi de Salem, prêtre du Dieu Tres- Haut? », qui alla au-devant d'Abraham, revenant de vaincre les rois, et le bénit, qui reçut d'Abraham «la dime de tout», dont le nom signifie d’abord roi de justice («roi de Salem», qui vient ensuite, veut dire roi de paix), qui est sans père, sans mère, Sans généalogie, dont les jours et la vie n’ont ni commencement, ni fin, qui est absolument assimilé au Fils de Dieu, reste «prêtre à perpétuité ». |

Voyez maintenant comme il doit être grand, celui auquel Abraham lui-même?, le patriarche, a donné une dime prise sur. les prémices de son butin. Or, la Loi ordonne à ceux des enfants des Lévites qui reçoivent la prètrise de lever la dîime sur le peuple, c’est-à-dire sur leurs frères, bien qu'ils soient également issus d'Abraham, et voilà que celui qui n'est pas de leur famille a levé la dîime sur Abraham et ἃ béni celui qui avait reçu les promesses! Mais, de l’aveu de tous, c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur; de plus, ce sont ici des hommes mortels qui perçoivent la dime, là c’est quelqu'un dont il est attesté qu'il possède la vie; et Lévi lui-même, pour ainsi dire, lui qui doit percevoir la dime, l’a payée dans la personne d'Abraham, car il était encore dans les reins de son père quand Melchisédek alla au-devant de ce patriarche.

Si l'on avait pu réaliser la perfection par le sacerdoce lévitique (car la législation donnée au peuple ἃ pour base ce sacerdoce), pourquoi fallait-il qu'il parût un autre «prétre» «selon l'ordre de Melchisédek »? pourquoi pas selon l’ordre d’Aaron? Au changement de l’ordre du sacerdoce correspond nécessairement un changement

1 L'auteur, par ces mots: Æn effet, ce Melchisédek, commence le parallèle qu'il a annoncé (5, 11) entre Jésus-Christ et Melchisédek.

2 Genèse 14, 18 et suiv.

3 Plusieurs anciens manuscrits omettent lui-même.

de Loi; et celui auquel s'appliquent ces paroles, appartient à une autre tribu dont aucun membre n’a servi à l'autel. Il est notoire, en effet, que notre Seigneur est issu de Juda, et Moïse n'a jamais parlé de prêtres de cette tribu. Et tout cela devient plus évident encore quand c’est «à l'instar de Melchisédek» que parait un autre «prétre» nommé en vertu de sa vie impérissable et nullement par une loi ou un commandement charnel. Voici, en effet, le témoignage qui lui est rendu :

« Tu es prêtre à tout jamais

Selon l’ordre de Melchisédek!1 »

La Loi ancienne a été abrogée parce qu'elle était impuissante et inutile. Elle n’a rien amené à la perfection et, à la place, est introduite une meilleure espérance par laquelle nous nous approchons de Dieu. Et il y a eu un serment de prêté; les prêtres étaient consacrés sans que personne prêtàt serment, mais lui ἃ été consacré avec le serment de Celui qui ἃ dit :

«Le Seigneur a juré et il ne s'en repentira pas ; Tu es prétre à tout jamais 1.»

Par là même, Jésus est devenu le garant d'une meilleure alliance. De plus, il y ἃ eu une succession de prètres, parce que la mort les empêchait de continuer leurs fonctions. Mais lui, qui est nommé «à tout jamais», possède le sacerdoce intransmissible. Et voilà pourquoi il peut sauver parfaitement ceux qui, par lui, s'approchent de Dieu, puisqu'il vit toujours pour intercéder en leur faveur.

Qu'il était bien le grand-prètre qu’il nous fallait, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs et élevé au-dessus des cieux!. qui n’est pas tous les jours obligé comme les autres grands-prêtres d'offrir des sacrifices pour ses propres péchés d’abord, pour ceux du peuple ensuite — (cela il l’a faitune fois pour toutes en s’offrant lui-même), — car la Loi institue grandsprêtres des hommes pleins de faiblesse; or la parole du serment prêté après la Loi institue un Fils arrivé pour jamais à la perfection !

1 Psaume 110, 4.

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Voici maintenant, après tout ce que nous venons de dire, le point capital: Ce grand-prêtre que nous avons est tel qu’«il s’est assis à la droite!» du trône de la majesté divine, dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du vrai «tabernacle, dressé par le Seigneur ?» et non par un homme. Tout grand-prêtre est institué pour offrir des dons et des sacrifices; 11 faut donc que celui-là ait aussi quelque chose à offrir. S'il était sur la terre, 11 ne serait pas même prêtre — (puisqu'il s’y trouve ceux qui offrent les dons selon la Loi et qui servent ce qui n’est que la copie, l'ombre des réalités célestes, d’après l’avis donné à Moïse lorsqu'il allait dresser le tabernacle: « Aie soin, lui fut-il dit, de tout faire d’après le modèle qui l'a été montré sur la montagne νὴ, — mais il a maintenant obtenu un ministère d'autant supérieur qu'il est médiateur d’une plus excellente Alliance dont la promulgation repose sur de meilleures promesses. En effet, si la première Alliance avait été irréprochable, il n'aurait pas été question de la remplacer par une seconde. Or c’est bien un reproche qu'il fait quand il dit:

« Voici qu'il vient des jours, dit le Seigneur, [Juda ,

Où je contracterai avec la maison d'Israël et avec la maison de

Une nouvelle Alliance.

Elle ne ressemblera pas à l'Alliance que je fis avec leurs pères Le jour où je les pris par la main Pour les faire sortir du pays d'Égypte ; Comme ils ne sont pas restés fidèles à mon Alliance, Moi, de mon côté, je les ai négligés, dit le Seigneur. Voici l’Alliance que je contracterai avec la maison d'Israël : Après ces jours-ci...….

Je meltrai mes lois dans leur esprit Et je les graverai dans leur cœur;

1 Emprunté à Psaume 110, 1.

2 Nombres 24, G.

LE Ἐν OS Hi

Je serai leur Dieu

Et ils seront mon peuple,

Et aucun d'eux n'aura à instruire son concitoyen

Ou son frère en lui disant :

«Sache qui. est le Seigneur. »

Car tous me connaîtront

Depuis le plus petit jusqu'au plus grand...

Aussi serai-je plein de miséricorde pour leurs iniquités

Et ne me souviendrai-je plus de leurs péchés1.»

En appelant cette Alliance-là «nouvelle» 11 a déclaré la pre-

mière vieillie; or ce qui a vieilli, ce qui est suranné est près de disparaitre.

La première Alliance avait-elle aussi des règles pour le culte et un sanctuaire terrestre. On avait, en effet, construit un tabernacle; dans sa première parlie se trouvaient le candélabre, la table et les pains de proposition. On l’appelait Lieu Saint. Puis, derrière le second voile, la seconde partie appelée: Lieu Très- Saint. Là, se trouvaient l’autel d’or pour les parfums et l'arche de l'Alliance entièrement recouverte d’or; dans l’arche, un vase d’or renfermant la manne, la verge d’Aaron qui avait fleuri et les tables de l'Alliance; au-dessus, les Chérubins de la gloire couvrant de leur ombre le propitiatoire : ce n’est pas le moment de parler de tout cela en détail.

Tout étant ainsi disposé, les prêtres qui célèbrent le culte entrent constamment dans la première partie; mais dans la seconde le grand-prêtre seul et une seule fois dans l’année, et jamais sans y porter du sang qu'il offre et pour lui-même et pour les péchés du peuple. L'Esprit saint montre par là que l’entrée du Lieu Très-Saint n’était pas ouverte tant que subsistat la première partie du tabernacle, et celle-ci est un symbole pour le temps présent où l’on fait encore des offrandes et des sacrifices incapables de mener celui qui les fait à la perfection qu'exige

1 Jérémie 31, 31-34.

mom me Re το ες ΘΘᾳ66.60.

sa conscience. Ce sont des prescriptions purement charnelles et qui ne sont imposées, comme tout ce qui concerne la nourriture, la boisson, les diverses ablulions, que jusqu’à l’époque de la réforme.

Mais Christ est survenu, grand-prêtre des biens à venir et traversant le tabernacle plus grand et plus parfait!, que la main de l’homme n’a pas construit (je veux dire qui n'est pas de cette création-ci); il est entré une fois pour toutes dans le Lieu Très- Saint, non avec du sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, et il a accompli une éternelle rédemption. Car si le sang de boucs et de taureaux, si la cendre d'une génisse dont on asperge ceux qui sont souillés, les sanctifie et leur donne la pureté charnelle, combien plus le sang du Christ, qui, avec son esprit éternel, s’est lui-même offert à Dieu sans défaut, purifiera-t-il votre conscience? des œuvres mortes pour que vous serviez un Dieu vivant.

Et voilà pourquoi il ἃ fait par sa médiation un nouveau Testaments; sa mort est venue racheter les péchés commis sous le premier, et, par elle, les élus ont reçu l'éternel: héritage qui leur avait été promis. En effet, quand on parle de testament, 1] faut que la mort du testateur soit constatée. Un testament n'est valable qu'à la mort; il est de nul effet pendant la vie du testateur. Aussi le premier contrat a-t-il été inauguré avec du sang. Quand Moïse eut exposé à tout le peuple la Loi entière, tous les commandements, il prit le sang des veaux et des boues avec de l’eau, de la laine rouge et une branche d’hysope, il aspergea le livre et tout le peuple, en disant: «Voici le sang de l’Alhance que Dieu m'a chargé de faire avec vous “.» Il aspergea aussi de sang le tabernacle et tous les objets servant au culte. En général, on purifie tout avec du sang, d’après la Loi; sans effusion de sang, il n’y ἃ pas de pardon.

1 C'est-à-dire traversant les cieux, pénétrant jusqu’au fond des cieux. Voir 4, 14.

2 Plusieurs anciens manuscrits lisent: notre conscience.

3 Le même mot grec signifie alliance et testament; ici il faut nécessairement le traduire par testament. Partout ailleurs nous l'avons rendu par alliance.

1 Exode 24, 8.

Eh bien, puisque l’image des réalités célestes est purifiée de cette manière-là , il fallait que ces réalités mêmes le fussent par des sacrifices plus importants encore. Aussi Christ n'est-il pas entré dans un sanctuaire fait de main d'homme, dans une imitation du vrai sanctuaire, mais dans le ciel même, afin de se présenter pour nous devant la face de Dieu. Et il n’y est pas entré pour se sacrifier plusieurs fois lui-même, à la manière du grand-prêtre qui, chaque année, entre dans le sanctuaire avec du sang étranger. S'il avait fait cela, il aurait dû souffrir plusieurs fois depuis le commencement du monde; non, il ne s’est montré qu’une fois, à la fin du monde, pour annuler le péché par son sacrifice. De même qu'il faut que les hommes meurent une fois, puis vient leur jugement, de même le Christ ne s’est offert qu'une fois « Pour anéantir une quantité de péchés! », puis il reviendra, non plus à cause du péché, mais pour donner le salut à ceux qui l’attendent.

En effet, la Loi, ne contenant que l’ombre des biens à venir, et non l’image réelle des choses, ne peut jamais par ses sacrifices toujours les mêmes et offerts sans cesse chaque année donner la parfaite pureté à ceux qui y prennent part. Autrement n’aurait-on pas cessé de les offrir, car ceux qui les offraient, une fois purifiés, n'auraient plus eu conscience de leurs péchés? Mais, au contraire, ces sacrifices eux-mêmes ravivaient chaque année le souvenir des péchés. Car il est impossible que du sang de taureaux et de boucs effacent des péchés. Voilà pourquoi le Christ dit en entrant dans le monde :

«Tu n'as pas voulu de sacrifice, ni d’offrande, Tu m'as formé un corps; Ni les holocaustes, ni les offrandes pour le péché ne l'ont fait plaisir. J'ai dit alors : « Voici je viens (Dans le volume il est question de moi) Pour faire, 6 Dieu, ta volonté 3.»

1 Emprunté à Ésaie 53, 12.

? Psaume 40, 7-9.

Après avoir commencé par dire : «Tu n'as voulu ni sacrifices, ni oblations, ni holocaustes, ni offrandes pour le péché, et tu n’y as pas pris plaisir,» (Tout cela cependant est offert d’après la Loi,) il ajoute: « Voici je viens pour faire ta volonté.» 11 supprime le premier point pour établir le second, et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés une fois pour toutes, nous qui le sommes par le sacrifice du corps de Jésus-Christ.

De plus, chaque prêtre se présente tous les jours et oflicie, offrant des sacrifices, souvent les mêmes et qui ne peuvent pas effacer les péchés. Lui, au contraire, n’a offert qu'un seul sacrifice pour les péchés, puis

«S’est assis» pour toujours «ἃ la droite de Dieu» ; et désormais il attend [un marchepied1».

« Que ses ennemis soient renversés, soient sous ses pieds, comme

C’est par une offrande unique qu'il a donné pour toujours la parfaite pureté à ceux qu'il sanctifie. D'ailleurs, l'Esprit saint nous l’atteste, car, après avoir dit:

« Voici l'alliance que je contracterai avec eux Quand le moment sera venu, dit le Seigneur, Je mettrai mes lois dans leur cœur, Je les graverai dans leur esprit...»

Il ajoute ? : [éniquités 5.» «Je n'aura plus aucun souvenir de leurs péchés et de leurs Or, à où il y ἃ pardon, il n’est plus question de sacrifice pour

le péché.

Ainsi, mes frères, puisque nous avons la ferme assurance que nous entrerons dans le sanctuaire, grâce au sang de Jésus — (car il ἃ inauguré pour nous un chemin nouveau et réel à travers le rideau, c'est-à-dire par son corps) — puisque nous avons un grand-prêtre préposé à la maison de Dieu, approchons-nous avec

1 Psaume 110, 1.

2. Ces mots il ajoute sont sous-entendus dans le texte. 3 Jérémie 81, 33 et suiv.

un cœur sincère, avec une foi pleine et entière, le cœur et la conscience puriliés de tout mal, et le corps lavé d’une eau pure; continuons, sans fléchir, à confesser notre espérance (car il est fidèle, Celui qui ἃ fait la promesse!). Ayons l'œil les uns sur les autres pour nous exciter à l'amour et aux bonnes œuvres; ne désertons pas nos réunions, comme quelques-uns en ont pris l'habitude, mais fortifions-nous-y, et cela d'autant plus que vous voyez approcher le grand jour.

Si, après avoir fait connaissance avec la vérité, nous péchons exprès, 1l ne reste plus de sacrifice pour les péchés; il ne reste que la terrible attente du jugement et un feu dévorant qui doit consumer les rebelles. Celui qui ἃ violé la Loi de Moïse meurt sans miséricorde «sur la déposition de deux ou trois témoins 1». Combien sera plus terrible le châtiment dont sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu et regardé comme vil «le sany de l’Alliance?», — ce sang qui l'a sanctifié, — qui aura outragé l'Esprit de la grâce? Nous connaissons celui qui a dit :

«A moi la vengeance, moi je rendrai ἃ mon tour», et ailleurs :

«Le Seigneur jugera son peuple 4.»

Il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant!

Souvenez-vous des premiers temps où, après avoir été éclairés, vous avez dü soutenir de nombreuses et douloureuses luttes; ici, exposés publiquement aux insultes et aux afilictions, là, sympathisant avec ceux que l’on traitait ainsi. Vous avez eu compassion des prisonniers, vous vous êtes résignés avec joie à la confiscation de vos biens, sachant que vous possédez ailleurs une fortune qui vaut mieux et vous restera toujours. Ne perdez donc rien de votre confiance; une récompense immense y est attachée. Ce qu'il vous faut, c’est de la patience, pour qu'après avoir fait la volonté de Dieu, vous remportiez ce qui vous est promis. Encore

1 Deutéronome 17, 0.

2 Exode, 24, 8.

3 Deutéronome 32, 35 et suiv.

4 Psaume 135, 14.

QUn bien; un bien petit espace de temps.

Celui qui doit venir arrivera et ne tardera point, Et mon juste vivra par la for :

Mais s'il recule, mon âme ne trouve pas en lui de plaisir 1.» Quant à nous, nous ne sommes pas de ceux qui reculent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leurs âmes!

Or, la foi est la ferme conviction de choses qu'on espère, l'absolue certitude de faits qu'on ne voit pas. C’est parce que les hommes d'autrefois ont eu cette foi là que leur éloge nous ἃ été fait.

C'est par la foi que nous reconnaissons qu’une parole de Dieu a formé le monde et, de la sorte, ce que nous voyons n'est pas provenu de choses existantes ?.

C’est par la foi qu'Abel offrit à Dieu un meilleur sacrifice que Caïn, sacrifice qui le fit déclarer juste, Dieu approuvant «ses offrandes*>» et, par elle, lui qui est mort parle encore.

C’est à cause de sa foi qu'Énoch fut enlevé de manière à ne pas voir la mort et «on ne le trouva plus parce que Dieu l'avait enlevé». En effet, avant son enlèvement, on fait de lui cet éloge : «il était agréable à Dieu “». Or, sans la foi, il est impossible de lui être agréable, car celui qui s'approche de Dieu doit croire que Dieu existe et qu'il est un rémunérateur pour ceux qui le cherchent.

C’est par la foi que Noé, averti de choses qu'on ne voyait pas encore , construisit avec une pieuse prévoyance une arche pour sauver sa famille; par elle, il condamna le monde et devint héritier de la justice que produit la foi.

Cest par la foi qu'Abraham, appelé à partir pour le pays qu'il devait recevoir en héritage, obéit, et il partit sans savoir où il allait.

1 Ésaïe, 26, 20; Habacuc, 2, 3 et suiv.

2 C'est-à-dire : Le monde ἃ été tiré du néant. Dieu n'a pas eu seulement à arranger la matière, mais à la créer.

3 Genèse 4, 4 et suiv.

4 Genèse 5, 24.

ÉPÎTRE AUX HÉBREUX 635 7 Re C’est par la foi qu'il vint s'établir dans la terre promise, comme en pays étranger, vivant sous la tente, avec Isaac et Jacob, héritiers, comme lui, de la même promesse; car il attendait la cité aux solides fondements dont Dieu est l'architecte et le constructeur. C’est par la foi que Sarra, elle aussi, reçut, malgré son âge, la force de donner le jour à un fils, parce qu’elle avait cru à la véracilé de celui qui le lui avait promis; et c’est aussi pour cela que d'un seul homme, et d’un homme au dernier terme de la vieillesse, naquit une descendance semblable pour le nombre «aux étoiles du ciel et aux grains de sable qui couvrent le bord de la mer» et qui sont innombrables.

Dans cette foi ils moururent tous, sans avoir recu les choses promises, les ayant seulement vues et saluées de loin et se reconnaissant «étrangers et voyageurs sur la terre?2». Ceux qui tiennent ce langage montrent bien qu'ils cherchent une patrie; et s'ils avaient songé à celle dont ils étaient sortis, ils avaient tout le temps d'y retourner; mais non, c’est une meilleure patrie qu'ils désirent, je veux dire une patrie céleste; aussi Dieu n’a point honte d'eux; il se fait appeler leur Dieu, car il leur ἃ préparé une cité.

C'est par la foi qu'Abraham, mis à l'épreuve, offrit Isaac, offrit son fils unique, lui qui avait reçu les promesses, lui auquel il avait été dit: «C’est d'après Isaac que ta race sera nommée à » ; il pensait que Dieu a le pouvoir même de ressusciter les morts, aussi le recouvra-t-il de telle manière qu'il est un symbole“.

C’est par la foi”, et en vue de l’avenir, qu'Isaac bénit Jacob et Ésaü.

C’est par la foi que Jacob bénit, en mourant, chacun des fils de Joseph et qu'«il se prosterna devant le sommet de son bâton 5».

1 Genèse 15, 5 et 22, 17.

2 Genèse 23, 4 et Psaume 39, 13.

3 Genèse 21, 12.

4 Isaac, ayant été comine ressuscité des morts, est le symbole, le type du Christ ressuscité.

5 Plusieurs anciens manuscrits lisent : C’est aussi par la foi.

5 Genèse 47, 31.

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C’est par la foi que Joseph, aux approches de la mort, fit mention de l’exode des enfants d'Israël et ordonna ce qu’on ferait de ses restes.

C’est par la foi que Moïse, à sa naissance, fut caché trois mois par ses parents, parce qu'ils avaient vu que leur enfant était beau et qu'ils ne se laissaient pas effrayer par le décret du roi.

C'est par la foi que Moïse, devenu grand, renonça au nom de fils de la fille de Pharaon, aimant mieux partager les souffrances du peuple de Dieu que d’avoir du péché une jouissance momentanée, considérant l’opprobre du Christ comme une plus grande richesse que tous les trésors de l'Égypte; et cela parce qu'il regardait à la rémunération.

C'est par la foi qu'il quitta l'Égypte sans redouter la colère du roi, car il tint ferme comme s’il voyait Celui qui est'invisible.

C'est par la foi qu'il établit la Pâque et l’aspersion du sang, pour que l’exterminateur ne touchât pas les premiers-nés des Israélites.

C'est par la foi qu'ils traversèrent la mer Rouge comme on marche sur la terre sèche, tandis que les Égyptiens qui essayèrent de passer furent engloutis.

C’est par la foi que les murs de Jéricho tombèrent après qu’on en eut fait le tour pendant sept jours.

C’est par la foi que Rahab, la femme de mauvaise vie, ne périt pas avec les incrédules, parce qu'elle avait accueilli les espions avec bonté.

Que dire encore? le temps me manquera si je parle de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel, des prophètes qui, par la foi, ont conquis des royaumes, ont exercé la justice, ont obtenu des promesses, ont fermé la gueule des lions, ont éteint l’ardeur du feu, ont échappé au tranchant de l'épée, ont triomphé de la maladie, ont été vaillants à la guerre, ont repoussé les invasions étrangères. Des femmes ont recouvré leurs morts par la résurrection; les uns ont été livrés à la torture, refusant d'être délivrés, pour obtenir une résurrection meilleure ; les autres ont eu à subir les moqueries, la flagellation, et même

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