‹ Le Nouveau TestamentChapitre 77 sur 90 · EN CN ΩΣ · texte numérisé non relu

EN CN ΩΣ

PRÉFACE

Cette lettre adressée «aux douze tribus de la dispersion» a été écrite à Jérusalem.

Elle n’a été connue ni de Papias, πὶ de Justin Martyr, ni d'Hégésippe, c’est-à-dire des plus anciens parmi les auteurs chrétiens. Cependant Clément de Rome et Hermas, aussi anciens qu'eux, semblent y faire allusion dans leurs écrits. Clément d'Alexandrie est le premier des Pères qui s’en soit positivement servi. Origène l’a révoquée en doute; Eusèbe l’a suspectée; Jérôme l’a rejetée; et ce n'est qu'à partir du quatrième siècle qu’elle fut définitivement admise dans le Nouveau Testament.

Rien de plus simple que le christianisme de cette épître. Éminemment pratique, elle ne discute pas des idées, elle combat des vices. L'Évangile, dit-elle en résumé, est l’accomplissement de la loi morale; les rites mosaïques sont remplacés par lui. Cette loi morale c’est la parole de Dieu au dedans de nos cœurs, et elle est une loi de liberté.

Ces quelques pages sont remplies de réminiscences des discours de Jésus-Christ et en particulier du sermon sur la montagne (1 : 2, 4, ΝΠ 5790..39..28.,.95.. 2:413-16:,9::17,; 18: 4:4535:.2%40, 12, 15, 16) et l’auteur ne puise pas ces paroles dans nos Évangiles,

mais dans la tradition orale. Le passage sur les riches (6: 1 et suiv.) désigne clairement les Sadducéens aristocrates et orgueilleux qui ont fait périr Jésus.

Cette lettre est certainement le reflet de la vie intérieure de la première Église de J érusalem, et nous serions tenté de dire que nous sommes ici en présence d’un des plus anciens livres du Nouveau Testament et peut-être du plus ancien de tous, si le passage 2: 14-26, où Jacques parle de la foi qui sans les œuvres est morte, ne nous montrait pas qu'il a certainement connu l'Épître de Paul aux Romains. Il se place sans doute à un autre point de vue que Paul, et il est facile de prouver qu’il n’y a aucune contradiction entre sa pensée et celle de l’apôtre des Gentils. Mais il a connu la doctrine de celui-ci, et l'influence du langage et des idées de Paul est sensible dans plusieurs passages de la lettre de Jacques.

Il y ἃ aussi une parenté certaine entre l’Épître de Jacques et la première épître de Pierre, mais ici c’est l’Épître de Jacques qui est la première. Il faut donc placer la date de la rédaction de notre lettre avant celle de la première de Pierre et après celle de l’Épître aux Romains qui est de l'an 58. L'Épître de Jacques fut sans doute rédigée vers l’an 60 et, en tout cas, avant 70, date de la ruine de Jérusalem.

Il n’y ἃ aucun motif de douter que son auteur ne soit Jacques, le frère même du Seigneur, le chef de la première Église de Jérusalem. On a objecté, il est vrai, le style de cette lettre, qui est d’un grec relativement pur, et l’on ἃ dit que Jacques, à supposer qu’il sût le grec, ce qui est fort douteux, ne l’écrivait certainement pas avec cette pureté. Mais, dans notre conviction, la plupart des auteurs chrétiens de ce temps-là se servaient de secrétaires. Paul dictait ses lettres. Nous croyons que l'Évangile de Jean ἃ aussi été dicté. Nous montrerons la même chose pour la première Épître de Pierre. Pourquoi Jacques n’aurait-il pas eu son secrétaire, qui se sera trouvé parler et écrire le grec d’une manière relativement pure? Car un fait est hors de doute; des hommes comme Pierre, Jacques et Jean ne pouvaient, dans la supposition la plus favorable, savoir le grec que très imparfaitement, et cependant il était absolument nécessaire qu'écrivant des lettres, ils les rédigeassent dans cette langue. Leurs lettres ne

ἡ Ἢ AU ἘΠ RENTE Ὑ AP STE RS σήν ΡΥ TA UT Vers PAPE NE TNT ee D εν το 2 à

ÉPÎTRE DE JAGQUES 645 ἣ

pouvaient se répandre dans l’empire et exercer quelque influence

sur les communautés chrétiennes que si elles étaient écrites dans

l’idiome universel d'alors, celui que tout le monde comprenait. Il leur fallait, par conséquent, avoir des secrétaires et des interprètes; ᾿ done, ils en eurent. 1 ἃ

΄ 4: Cu RL 1 1at ὁ - 2H δ ris ΡΟΝ - . F1 LOL ὦ) ΙΕ γ 4 τὶ 5 h ‘& À : ΡΜ = ; , =

JACQUES , SERVITEUR! DE Dieu ET Du SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST AUX DOUZE TRIBUS DE LA DISPERSION ?, SALUT.

Regardez comme un grand bonheur, mes frères, d’être en but à diverses épreuves; car, en mettant votre foi au creuset, elles produisent, vous le savez, la patience; patience qui doit être parfaitement mise en pratique, pour que vous soyez parfaits, accomplis, ne laissant absolument rien à désirer.

Si l’un de vous manque de sagesse, qu'il s'adresse à Dieu, qui donne à tous, volontiers et sans reproches, et la sagesse lui sera donnée. Mais qu’il demande avec confiance, sans douter; celui qui doute ressemble aux vagues de la mer quand le vent les soulève et les agite. Qu'une telle personne ne s’attende pas à obtenir quoi que ce soit du Seigneur. L'homme irrésolu est inconstant dans toutes ses entreprises.

Que le frère humble songe avec orgueil à sa noblesse et le riche à sa bassesse; car il passera comme la fleur de l'herbe; le soleil se lève avec sa chaleur ardente et

1 Grec, esclave.

2 On appelait « de la dispersion» les Juifs vivant hors de Palestine et disséminés dans l’empire; mais l’expression: les douze tribus de la dispersion est ici allégorique. L’auteur ne s'adresse qu'aux Juifs devenus chrétiens.

3 Humble signifie ici de basse condition.

[Re]

PS

«il sèche l'herbe, et sa fleur tombe», et la beauté de son aspect disparaît; ainsi se flétrira le riche au milieu de sa carrière!

Heureux l’homme qui supporte patiemment l’épreuve; car lorsqu'il aura fait ses preuves, il recevra la couronne de vie que Dieu a promise à ceux qui l’aiment.

Que personne ne dise dans une tentation? : «C’est Dieu qui me tente», car Dieu, qui ne peut être tenté par le mal, ne tente lui-même personne. Lorsqu'on est tenté, c’est qu’on est entraîné et séduit par sa propre convoitise; ensuite, la convoitise, qui ἃ conçu, donne naissance au péché; et, enfin, le péché, parvenu à sa plus haute puissance, enfante la mort.

Ne vous y trompez pas, mes freres bien-aimés, tout don excellent et tout présent parfaitÿ viennent d'en haut, descendent d’auprès du Père des lumières, chez lequel il n’y ἃ aucun changement, pas l'ombre d’une variation. Il nous ἃ enfantés, parce qu'il l’a bien voulu, au moyen de la parole de vérité, pour que nous fussions, en quelque sorte, les prémices de ses créatures. Sachez-le bien, mes frères bien-aimés!

Que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère, car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu. Enlevez donc toute souillure et tout reste de méchanceté, et recevez avec douceur la parole plantée en vous et qui peut sauver vos âmes. Seulement mettez cette parole en pratique, et ne vous bornez pas à l’écouter; vous tomberiez dans une grave erreur.

Effectivement, celui qui se borne à écouter la parole et ne la

1 Ésaie 40, 7.

? Ou: «dans une épreuve», car il n’y a dans la langue grecque qu'un seul mot pour exprimer les deux idées d’épreuve et de tentation.

3 Dans le texte grec, ces mots : tout don excellent et tout présent parfait, forment un vers hexamètre.

ÉPÎTRE DE JACQUES 649 a -ἴΞἕ οτος τος met pas en pratique ressemble à cet homme qui, après avoir vu dans un miroir les traits de son visage et après s'être regardé, s’en est allé et ἃ immédiatement oublié comment il est.

Celui, au contraire, qui considère attentivement la Loi parfaite, la Loi de la liberté, qui prolonge sa contemplation, qui en arrive ainsi non à écouter pour oublier, mais à observer et à mettre en pratique, celui-là trouvera le bonheur dans son activité même.

Si quelqu'un croit servir Dieu, qui ne tient pas sa langue en bride 1 et qui se trompe lui-même, son service de Dieu est illusoire. Une manière de servir notre Dieu et Père, pure et sans tache à ses yeux, est de veiller sur les orphelins et les veuves dans leur détresse et de se garder soi-même immaculé du monde.

Mes frères, point d’acception de personnes en la foi de notre Seigneur Jésus, le Christ de gloire?. Si, par exemple, il entre dans votre synagogue* un homme ayant un anneau d'or au doigt et revêtu d'habits brillants, et qu'il y entre aussi un pauvre aux vêtements sordides, et que vous regardiez celui qui porte de brillants habits et lui disiez: — «Toi, assieds-toi ici à cette place d'honneur»; — et que vous disiez au pauvre: — «Toi, reste là debout»; — ou bien: — «Assieds-toi plus bas que mon marchepied»; — n'est-ce pas là faire des distinctions entre frères et vous établir juges dans de mauvais sentiments ?

Écoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n'a-t-il pas choisi ceux que le monde appelle: «les pauvres», pour les faire riches en foi et héritiers du Royaume qu'il ἃ promis à ceux qu'il aime? Et

1 L'auteur fait sans doute allusion ici à ces « docteurs » qu’il nommera plus loin (3, 1) et qui croyaient servir Dieu par leurs discussions religieuses et leurs controverses théologiques.

2 On peut traduire, d’après une autre ponctuation : Ne faites-vous point d’acception de personnes en la foi de notre Seigneur Jésus, le Christ de gloire ?

5.1] ne peut s’agir ici que de l'assemblée des premiers chrétiens et nullement de la synagogue juive; le mot synagogue veut dire étymologiquement convocation, congrégation, assemblée,

ot

puis, vous faites affront au pauvre! Ne sont-ce pas les riches qui vous tyrannisent et qui vous traînent devant les tribunaux? Ne sont-ce pas eux qui blasphèment le beau nom qu’on prononce en vous nommant !?

Sans doute, si vous accomplissez la Loi royale que nous donne l'Écriture: «Tu aëmeras ton prochain comme toi-méme ?», vous faites bien, mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, et la Loi vous condamne et vous déclare transgresseurs |

En effet, quelqu'un qui a observé la Loi tout entière (sauf un commandement pour lequel il a failli) est coupable comme s'il les avait tous violés. Car celui qui a dit: «Tu ne commettras pas d'adultère#» ἃ dit aussi: «Tu ne commettras pas de meurtre“ » et alors si tu ne commets pas d’adultère, mais que tu commettes un meurtre, tu deviens transgresseur de la Loi.

Parlez et agissez comme devant être jugés par une Loi de liberté. Le jugement est sans miséricorde pour celui qui n'a pas fait miséricorde. La miséricorde n’a rien à craindre du jugement ?.

Mes frères, à quoi sert-il à quelqu'un de dire: «j'ai la foi», s'il n'a pas les œuvres. La foi peut-elle le sauver? Je suppose qu'un frère ou une sœur se trouve dans le dénuement et quil leur manque le pain quotidien, et voici l’un de vous qui leur dit: — «Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous» — et cela sans leur donner ce qu'il leur faut pour vivre, à quoi cela sert-1l? Eh bien, il en est de même de la foi, si elle n’a pas d'œuvres, elle est morte en soi. |

Cependant on pourrait dire: — «Toi, tu as la foi»; — moi, j'ai aussi des œuvres; montre-moi ta foi sans les œuvres; quant

1 Le nom de Christ, d’où vient le nom de Chrétien (Christianus).

“ Lévitique 19, 18.

Exode 20, 14.

t Exode 20, 13.

Ὁ Littéralement : triomphe du jugement, c'est-à-dire l’affronte, sa cause étant gagnée d’avance,

es A οὐ κω... ων, ter 2

ÉPÎITRE DE JACQUES 651

à moi, C'est par mes œuvres que je montrerai ma foit, Tu as la foi en un Dieu unique? tu as raison; eh bien, les démons ont aussi cette foi-là, et cependant ils tremblent 2.

Veux-tu comprendre, ὁ homme creux, que la foi sans les œuvres est stérile? N'est-ce pas pour des œuvres qu'Abraham notre Père fut déclaré juste, lorsqu'il offrit sur l'autel son fils Isaac? Tu vois que la foi et les œuvres agissaient chez lui de concert, et que les œuvres ont porté la foi à sa perfection. C’est ainsi que s’est accomplie l'Écriture qui dit: « Abraham eut foi en Dieu et cela lui fut compté pour justice “», et il reçut le nom d'ami de Dieu. Vous voyez bien qu’un homme est considéré comme Juste pour des œuvres et non pas seulement pour sa foi.

De même encore est-ce que Rahab, la femme de mauvaise vie, n’a pas été considérée comme juste pour des œuvres, quand elle a donné asile aux messagers et les ἃ fait partir par un autre chemin? De même que le corps sans esprit est mort, de même la foi sans œuvres est morte.

Ne soyez pas nombreux à vous ériger en docteurs, mes frères, vous savez que nous serons jugés d'autant plus sévèrement *. Nous bronchons tous et de bien des manières, et si quelqu un ne bronche pas dans ses paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir en bride son corps tout entier.

Quand nous mettons un mors dans la bouche des chevaux

1 Voici le sens probable de la pensée de l’auteur : On n’a pas les œuvres sans avoir la foi; par conséquent, un de mes adversaires pourrait me dire à moi, qui ai les œuvres: «Tu as la foi». Je lui réponds: «Sans doute, je l'ai, mais j'ai aussi les œuvres que tu n’as peut-être pas; tu ne saurais en tout cas me prouver que tu as la foi sans me montrer des œuvres; moi, c’est par mes œuvres que je te prouverai ma foi. » |

2 Cette foi ne les sauve pas, elle les frappe de terreur, elle produitgen eux un effet tout opposé à celui qu’elle devrait produire, preuve que la foi seule ne suffit pas et que les œuvres sont nécessaires au salut,

3 On peut, d’après une autre ponctuation, faire cette phrase-là aussi interrogative : « Vois-tu que.» etc., et alors il faut placer un point d'interrogation après le mot perfection.

4 Genèse 15, 6.

5 La fin de la phrase est sous-entendue : «si nous avons été docteurs», — la responsabilité de celui qui se charge d’enseigner étant plus grande.

Co

pour nous en faire obéir, nous conduisons en même temps leur corps tout entier. Voyez aussi les navires: qu’ils sont grands! combien sont violents les vents qui les agitent! et c’est avec un tout petit gouvernail que le pilote les mène à volonté dans toutes les directions.

Il en est de même de la langue, petit membre qui a de grandes prétentions! Un bien petit feu peut embraser une bien grande forêt! La langue aussi! est du feu; elle est le monde de l'iniquité, la langue, installée parmi nos autres membres, souillant le corps tout entier, enflammant le cours de la vie et enflammée ellemême par le feu de la géhenne?!

Toute espèce d'animaux sauvages, d'oiseaux, de reptiles, de poissons peuvent être domptés ou ont été domptés par l'espèce humaine, mais la langue, il n’est pas d'homme qui puisse la dompter; mal impossible à arrêter, elle est pleine d’un venm mortel. Avec elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et avec elle nous maudissons les hommes créés à l’image de Dieu. De la même bouche sortent bénédiction et malédiction! 11 ne doit pas en être ainsi, mes frères! La source donne-t-elle par la même ouverture de l’eau douce et de l’eau saumâtre? Un figuier, mes frères, peut-il donner des olives? Une vigne, des figues? Une source d’eau salée ne peut pas davantage donner de l’eau douce.

L'un de vous est-il sage et intelligent? Qu'il le prouve par des faits, par une bonne conduite, par la douceur de sa sagesse. Mais si vous avez la passion des disputes et de l’amertume dans le cœur, n'allez pas vous glorifier de votre sagesse, vous agiriez contre toute vérité, vous mentiriez*. Cette sagesse-là ne vient pas d'en haut; au contraire, elle est terrestre, sensuelle, diabolique; car là où règnent la passion des disputes, là règnent aussi le désordre et toutes sortes de mauvaises choses.

1 Quelques anciens manuscrits omettent aussi. Si l’on accepte cette omission, on peut lire, d’après une autre ponctuation : « Un bien petit feu, la langue, peut embraser une bien grande forêt ! Elle est du feu, elle est le monde. » ete.

2 «Le feu de la géhenne ». Voy. sur le mot géhenne note sur Matth. 5, 22.

ἢ Quelques anciens manuscrits lisent : «N'’allez pas vous glorifier de votre sagesse οἱ mentir contre la vérité.»

La sagesse qui vient d'en haut est d’abord pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de compassion et de bons procédés, sans duplicité, sans hypocrisie. Ce fruit, la justice, est semé au moyen de la paix par ceux qui répandent la paix.

D'où viennent vos guerres? d'où viennent vos querelles? n'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres? Vous convoitez et vous ne possédez pas; vous êtes meurtriers, vous êtes jaloux, et vous ne pouvez pas obtenir; vous vous querellez et vous vous disputez; vous ne possédez pas!, parce que vous ne savez pas demander : vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal et pour fournir un aliment à vos passions. Idolâtres?! ne savez-vous pas que l'amour du monde, cest l'inimitié contre Dieu? Celui donc qui veut être l'ami du monde est constitué l'ennemi de Dieu.

Prenez-vous pour des paroles en l'air les paroles de l'Écriture? le Dieu jaloux réclame l'Esprit qu'il nous ἃ donné”; de plus il nous accorde une grâce supérieure à celle du monde. Voilà pourquoi il est écrit :

« Dieu résiste aux orgueilleux Et il fait grâce aux humbles *.»

Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin de vous.

Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, vous qui êtes pécheurs! Sanctifiez vos cœurs, vous qui êtes irrésolus!

1 Quelques anciens manuscrits lisent : ef vous ne possédez pas.

2 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : «Un aliment à vos pas-

sions, idolätres! Ne savez-vous pas, etc. »

3 On peut lire, d’après une autre ponctuation : « Prenez-vous pour des paroles

en l’air les paroles de l’Écriture: «le Dieu jaloux réclame l'Esprit qu’il nous α

donné? » Mais ce passage : Le Dieu jaloux, etc., ne se trouve pas dans l'Ancien P © J ? ?

Testament. D'ailleurs, queile que soit la ponctuation, ces versets 5 et 6 sont » T ; presque incompréhensibles dans le texte grec ; nous les avons rendus par à peu près et nous ne garantissons nullement la justesse de notre interprétation. L’opinion la plus plausible est que ce passage de l’épître ne nous est parvenu qu’altéré. 1 Proverbes 3, 34,

or

CO

Souffrez de votre misère, soyez tristes, versez des larmes, que votre rire se change en pleurs et votre gaité en chagrin; humiliezvous devant le Seigneur et il vous élèvera.

Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d’un frère ou qui juge son frère, médit de la Loi et juge la Loi. Or, si tu juges la Loi, tu n’observes plus la Loi, tu te mets audessus d’elle. Un seul est législateur et juge: Celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre; mais qui es-tu, toi, pour juger ton prochain?

Et maintenant à vous autres, qui dites: — «Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons! un an, nous ferons des affaires et nous gagnerons de l'argent», — sans savoir ce que sera demain. (Qu'est-ce, en effet, que votre vie? Vous n'êtes qu'une vapeur visible un moment, puis disparaissant.) Que vous feriez mieux de dire: «Si ie Seigneur le veut, nous serons en vie et nous ferons ceci ou cela.» Vous vous enorgueillissez dans votre vaine ostentation; cette sorte d'orgueil est mauvaise. |

Celui qui sait faire le bien et ne le fait pas, commet un péché.

Et maintenant à vous, les riches: Pleurez! Hurlez sur les malheurs qui vous attendent! Vos richesses sont pourries! vos étoffes sont mangées aux vers! Votre argent et votre or sont tout rouillés! Cette rouille sera une preuve contre vous et, comme un feu, elle mangera vos chairs! C’est pendant les derniers jours que vous avez amassé vos trésors*! Eh bien, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos campagnes et dont vous les avez

1 Quelques anciens manuscrits et d’anciennes autorités lisent : passons-y un an.

2 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : sans savoir ce que 861) 6 votre vie demain. Gar vous n'êtes qu'une vapeur... etc. :

3 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : sera une preuve contre vous el elle mangera vos chairs ! C’est pendant les derniers jours que vous avez, comme un feu, amassé vos trésors !

RTS PRET un LT SLA Trees FREE À

frustrés, crie, et les voix des moissonneurs sont venues jusqu'aux

oreilles du Seigneur des armées!. Vous avez vécu dans les

délices sur la terre, vous avez joui, vous vous êtes repus et cela le jour même où vous allez être égorgés! Vous avez condamné, vous avez assassiné le Juste qui ne vous résistait pas!

Patientez donc, frères, jusqu'a l'apparition du Seigneur. Voyez l’agriculteur, il attend le précieux fruit de la terre, il patiente jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies d'automne et celles du printemps. Patientez, vous aussi; fortifiez vos cœurs, car l'apparition du Seigneur est prochaine. Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, pour ne pas être jugés. Voici le juge; 1] se tient à la porte.

Prenez pour modèles, frères, dans la souffrance et dans la patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Nous appelons heureux, voyez-vous, ceux qui ont tenu bon. Vous avez entendu parler de la constance de Job, et vous avez vu ce que le Seigneur lui ἃ donné à la fin; car il est plein de compassion et de miséricorde ?.

Surtout, mes frères, ne prêtez pas de serment, ni par le ciel, ni par la terre, ni sous une forme quelconque. Dites seulement : Oui, Oui; OU: non, non; pour n'encourir aucun Jugement.

Un de vous est-il dans la peine? qu'il prie. Un de vous est-il dans la joie? qu'il chante des psaumes. Un de vous est-il malade ? qu'il fasse appeler les Anciens de l'Église; que ceux-ci prient sur lui, après lui avoir fait une onction d'huile au nom du Seigneur;

1 Ces mots des armées sont en hébreu dans le texte : du Seigneur Sabaoth.

2 On peut lire aussi d’après une autre ponctuation : Nous appelons heureux, voyez-vous, ceux qui ont tenu bon — (Vous avez entendu parler de la constance de Job et vous avez vu quelle « été la fin du Seigneur) — nous les appelons heureux parce que le Seigneur est plein de compassion et de miséricorde, D’après cette manière de ponctuer la fin du Seigneur signifie la mort du Seigneur Jésus-Christ et le second nous les appelons heureux est sous-entendu dans le texte.

et la prière faite avec foi sauvera le malade, le Seigneur le rétablira, et, s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés.

Confessez-vous réciproquement vos péchés, et priez les uns pour les autres, afin que vous guérissiez; car la prière d’un juste est bien puissante quand elle est fervente. Élie était un homme aussi faible que nous tous, et il demanda dans une prière qu'il ne plût pas; et il ne plut pas sur la terre pendant trois ans et demi. Puis, quand il eut prié encore, le ciel donna de la pluie, et la terre fit germer ses fruits.

Mes frères, si l’un de vous s’est laissé égarer loin de la vérité, et qu'un autre le ramène, qu'il sache que celui qui ramène un pécheur du chemin où il se perd, sauvera une âme de la mort et couvrira un grand nombre de péchés.

PRÉFACE

Cette épître est encyclique et, comme on dit aujourd’hui, catholique; elle s'adresse sans distinction à toutes les Églises d'Asie Mineure.

Ses destinataires étaient des païens convertis au christianisme (1 : 14, 18; 2:9, 10; 3: 6; 4: 3). L'auteur les appelle «les expatriés de lu dispersion» (À : 1). « Expatriés », soit parce qu’il considère le ciel comme leur vraie patrie, soit parce que tout fidèle n'habitant pas la Terre Sainte était regardé alors comme en exil. Quant aux mots «de la dispersion», il les emploie uniquement parce que ses lecteurs sont loin de Jérusalem, et on ne doit pas entendre par ce terme les Juifs disséminés.

Pierre écrit en vue d’une persécution imminente (1 : 6; 2:12, 20; 3: 13, 14, 15, 16-18; 4: 12, 13-17; 5: 8-10). Il traite successivement de l’espérance chrétienne, du salut et de la nécessité de se sanctifier. Dans la première partie il développe les privilèges de la foi; dans la seconde 1] se renferme dans lies exhortations pratiques : Qu'ils rompent entièrement avec le paganisme, qu'ils désarment leurs adversaires par la pureté de leur conduite, qu'ils soient soumis aux autorités.

L’antiquité tout entière a attribué cette épître à l’apôtre Pierre;

Page 1