‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 111 sur 133 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

justement derrière une jeune bourgeoise qui avait la plus jolie jambe du monde. Il la suivit d'un peu loin, pour ne* pas la gêner. Cette jambe le mena tout doucement jusqu'à la Bastille. Arrivé là, il la perdit de vue, et s'aperçut qu'il avait une tache à son bas de soie. On ne va pas chez une héritière un peu moqueuse avec des bas crottés.

Il retourna chez lui pour changer de chaussure ; mais, comme il s'avisa d'ouvrir un volume de Montaigne qui traînait sur la cheminée, il resta plongé dans sa lecture jusqu'à la nuit.

Sous son indolence, Fleuranges cachait encore on sentiment louable auquel le lecteur honnête rendra justice, la crainte d'être confondu parmi les adorateurs de l'argent. Le dégoût que lui inspirait la cynique ambition de Saint-André redoublait son envie de se tenir à l'écart. « Je suis trop pauvre pour mademoiselle de la Noue, »

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