‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 112 sur 133 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

pensait-il ; et l'exagération de ses scrupules, jointe à sa modestie naturelle, produisait le même? résultat que l'indifférence la plus complète. Heureusement le chevalier était de ces hommes avec qui les bonnes gens aiment à jouer le rôle de génies protecteurs. La duchesse de Polignac était de ces personnes rares dont le plus grand plaisir est de rendre service à leurs amis. L'histoire du faux revenant parvint à ses oreilles; elle se la fit conter par le commandeur de Champré à qui Henriette avait appris la suite de cette affaire ; le commandeur se plaignit de la négligence de Fleuranges à profiter du pardon de sa nièce. La duchesse promit d'envoyer le jeune homme faire sa cour, et parla de lui si obligeamment, que le vieil oncle forma, d'accord avec elle, le projet d'unir Fleuranges à Henriette.

Le lendemain, un valet du château vînt chercher le chevalier, et le conduisit chez

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la gouvernante des enfants du roi. Quand elle lui eut fait expliquer nettement ses sentiments, la duchesse prit un air sévère :

— Monsieur, lui dit-elle, il n'y a jamais de bonnes raisons pour manquer de politesse envers une jeune fille aimable, ni pour répondre mal aux témoignages d'affection d'un vieillard qui vous veut du bien. Quelle plus grande preuve d'estime peut-on vous donner que de jeter les yeux sur vous de préférence à tant de rivaux ? Si votre délicatesse ne sait prendre que les apparences de l'orgueil et de l'ingratitude, elle ne peut être bonne à rien ni pour vous ni pour les autres.

— Eh bien ! madame, répondit Fleuranges, je passerai pour un ingrat et pour un orgueilleux ; on me jugera mal, et je m'en consolerai. Si vous me permettez de vous adresser une question, je vous demanderai quelles raisons vous ont fait hésiter pendant

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