‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 113 sur 133 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

longtemps à prendre l'emploi de gouvernante des enfants, quand la reine et les honnêtes gens vous en priaient ?

— Je veux bien répondre à votre question : c'est ma paresse, chevalier, et surtout la crainte de faire dire aux jaloux et aux méchants que j'avais de l'ambition.

— Vos motifs sont exactement les miens.

— Je les comprends, et je vous en estime davantage. Mais j'ai fini par me rendre, et vous vous rendrez aussi. Ce que pensent les méchants ne vous regarde pas. Pourquoi craindriez-vous de passer pour un ambitieux, puisque vous méprisez l'accusation d'ingratitude et d'orgueil? Ne voyez qu'une chose : la jeune personne vous plaît-elle?

— Sans doute, et c'est précisément parce qu'elle me plaît qu'il m'est odieux de songer qu'on peut me soupçonner d'en vouloir à sa fortune.

— Et, à cause de cela, vous renoncez à

elle ! C'est une folie, chevalier. Je vous ordonne d'aller chez mademoiselle de la Noue dès ce soir, d'y mettre de côté toute arrièrepensée, d'exprimer naturellement ce que vous y éprouverez, et d'abandonner le reste à mes soins et à la bonne volonté du commandeur.

Pour obéir aux ordres de la duchesse, Fleuranges se fit conduire à la rue de Vendôme. Il y trouva la bande des prétendants qui se mettait en frais d'esprit et de galanterie. Henriette, dans l'état d'une reine gâtée par les flatteurs, ne traita pas mieux Fleuranges que ses autres courtisans. Le chevalier n'eût pas môme trouvé l'occasion de lui dire une parole, si la tante n'eût pris ses intérêts. La marquise attira Fleuranges dans un coin du salon, et appela sa nièce.

— Monsieur, dit Henriette avec un sourire malin, vous revenez donc de l'autre monde pour me voir ?

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