‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 114 sur 133 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

— En effet, mademoiselle ; vous êtes apparemment assez aimable et assez jolie pour faire revenir un mort.

— Le miracle me touche d'autant plus que le défunt se portait à merveille.

— Quand on revient à la vie, c'est un signe qu'on n'avait pas tout à fait rendu l'âme.

— Je m'en aperçois. Vous vous trouviez sans doute fort bien dans la tombe, puisque vous avez mis huit jours à ressusciter. Estce que vous auriez rencontré là-bas cette femme complaisante que vous souhaitiez pour vous jouer un air de clavecin dans vos heures de mélancolie ?

— Depuis que je vous connais, mademoiselle, je ne cherche plus de femme, et je n'en chercherai point d'autre tant que votre cœur sera libre.

— Cela n'est pas prudent, monsieur. Si je venais à donner mon cœur...

384 FLEURAIfGES.

— J'en serais au désespoir, mademoiselle.

— 11 y a dans un pensionnat d'Amiens une jeune fille qui a les cheveux roux, mais qui joue passablement les morceaux de Scarlati. Voulez- vous que je vous recommande à elle ? Ce serait peut-être votre affaire.

— Si j'ai le malheur de vous déplaire, il m'importe peu d'aller à Amiens ou ailleurs.

— M. le chevalier, interrompit la marquise, j'admire votre douceur. A votre place, je dirais à ma nièce qu'elle est une mijaurée ; je lui tournerais les talons et ne lui reparlerais de ma vie. Et vous, mademoiselle, je vous déclare qu'il faut finir toutes ces grimaces. Je vous donne un mois pour choisir un mari ; passé ce temps-là, si vous n'êtes pas décidée , je vous mettrai au couvent.

Malgré la belle occasion qui lui était pré-

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