CHAPITRE IV
son tombeau dans le cimetière du village.
On Va enterré à l'écart et sans dire une messe pour le repos de son âme. Gela est cruel ; j'en suis navré.
Les visites du matin suffirent pour confirmer la nouvelle. Chaque personne qui entrait chez la marquise débutait par ces mots :
— Savez-vous le malheur du pauvre Saint- André?
— C'est un événement affreux, dit Henriette ; j'en suis désolée, je rendais justice à l'esprit et au mérite du baron. Je prierai Dieu pour lui fidèlement chaque soir.
Ces paroles furent rapportées à Saint-André par un ami qui avait son secret; elles lui semblèrent d'un heureux augure. Une jeune fille ne pouvait, selon lui, prier chaque soir pour l'âme d'un homme bien fait, sans l'aimer dans le délai d'une semaine ou deux.
Personne, depuis huit jours, n'avait remarqué l'absence de M. de Béville, lorsque la marquise s'avisa de s'informer de lui. Un ami officieux répondit qu'il était à la campagne, et on n'en parla plus.
Un matin, Fleuranges se rendait plus tard que de coutume chez sa maîtresse, en repassant dans sa tête les inconvénients d'une liaison avec une grisette ignorante, à qui on ne sait que dire pendant des entrevues mortellement longues. Arrivé chez Jeannette, il frappa plusieurs fois sans qu'on vînt ouvrir. La portière courait après lui, une lettre à la main.
« Mon cher petit chevalier, lui écrivait la grisette, vous êtes bien aimable. Je suis bien fâchée de vous quitter. Vous comprendrez qu'une pauvre fille comme moi ne pouvait pas refuser quatre mille écus. C'est une grosse somme. Avec cela, j'achèterai une métairie dans mon pays. Adieu. Pensez