‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 22 sur 133 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mit à battre des mains , et avec l'incontinence de langue d'une personne sincère, elle raconta ses projets , ses amours , son envie de rompre avec Marcantonio , et d'épouser le cavalière Tomolo. Les commères promirent de garder le secret et de l'aider de tous leurs efforts. Sur le premier point, elles grillaient de manquer à leur parole, mais sur le second elles avaient bonne intention de servir leur aimable voisine ; car il y a, d'un pôle à l'autre, comme une immense conspiration permanente contre les pères tyrans et avares, les prétendus laids et sots, et les mariages mal assortis. La conférence des trois voisines fut interrompue par la voix de don Vitale Corvino , qui grondait après sa servante.

— Ne savez-vous pas, disait-il, que je n'ai point d'audience aujourd'hui , et que par conséquent il ne faut point nettoyer mes souliers? vous usez le cuir, vous usez la brosse

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et vous perdez mon cirage. C'est me rainer de trois côtés à la fois.

Sur ces entrefaites on frappa un grand coup à la porte de la rue, et don Vitale vit entrer chez lui un domestique tout galonné qui portait un large carton. Derrière cet homme parut Marcantonio, les genoux en dedans et le dos courbé, se glissant doucement le long des murs comme une ombre décontenancée* D'un autre côté entra Luigia marchant sur la pointe des pieds, comme un chat aux aguets.

— Signorina, lui dit le domestique galonné, voici des étoffes superbes de la Chine, de Cachemire et d'Egypte que vous envoie mon maitre, en vous priant de les agréer comme un faible témoignage de son admiration pour vos mérites et votre beauté. Je ne saurais répéter exactement le joli compliment du signor cavalière; mais vous excuserez mon ignorance.

fin parlant ainsi, le valet jeta l'une après

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