‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 27 sur 133 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

crédits illimités à des gens suspects et véreux.

—A combien croyez-vous que se montent les capitaux du jeune homme?

— A des sommes immenses, dont il ne sait pas le chiffre lui-môme.

— Fort bien. Parlons maintenant d'autre chose: Signor Canapo, si vous étiez en marché pour vendre une maison , et qu'après avoir donné votre parole à un acquéreur, il s'en présentât un autre qui vous offrit le double du prix convenu avec la première personne, que feriez-vous?

— Si le premier acquéreur était mon ami, reprit Canapo, je le prierais franchement de me rendre ma parole et d'acheter une autre maison; si c'était un inconnu, je lui cher-* cherais de ai bonnes noises , qu'il romprait de luUmême le marché.

— Mais si l'ami ne voulait pas renoncer au marché, malgré votre ouverture franche et vos prières?

66 LE IfOOVKL ALADD1IT.

— Alors je le traiterais comme l'inconnu.

— Vous m'ôtez un grand poids de la conscience en vous condamnant vous-même. Le cavalkre Tomolo demande ma fille en mariage , et je m'en ouvre à vous franchement, afin que vous me rendiez ma parole donnée.

— Signor Vitale, dit Ganapo d'un ton sinistre, ce n'est pas de votre manque de foi que je vous blâme, mais c'est de montrer des sentiments contraires à ceux d'un véritable Taccagno. Le but de notre société n'est pas seulement d'honorer et de pratiquer l'amour de l'argent; il ne s'agit pas seulement d'acquérir du bien , mais de le conserver, de l'augmenter par l'économie; or, si vous donnez votre fille à un prodigue, quelque riche qu'il soit, comment ira l'économie dans votre maison? Depuis longtemps je vous soupçonne d'enfreindre les lois de la lésine. Votre place de pretorio est déjà une faiblesse et une

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