‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 29 sur 133 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'entremise d'un tiers ; mais je tremble d'être devancé par quelque autre prétendant, et l'amour n'a pas de patience.

— Eh ! mon garçon , répondit le juge , bannissons les cérémonies. Que ne m'as-tu parlé plus tôt de ton amour pour ma fille?

— Je- n'étais pas encore digne d'aspirer à sa main, signor juge. Un père a le droit d'exiger certaines garanties que je ne pouvais point vous offrir.

— Tu parles comme le sage Gornaro, mon fils. Mais ces garanties qu'on doit à un père, es-tu sûr de pou voir me les donner? Ce n'est pas tout que de prendre une femme , il faut la nourrir.

— Signor, je nourrirai votre enfant avec des gâteaux de Vienne , où nous mettrons des émeraudes au lieu de fruits, et des tur* quoises en place des pistaches. Connaissez»

vous dans Venise un riche joaillier?

— Sans doute : voici à deux pas d'ici la

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boutique de Vito , le lapidaire le mieux assorti du monde.

— Je ne le connais pas , mais, pour vous montrer jusqu'où va mon crédit, je veux qu'il vous donne, sur ma simple signature, quelque présent pour la belle Luigia. Portez-lui vous-même un billet que je vais écrire,

Zanetto tira de sa poche un papier et un encrier portatif qui ne le quittait plus, et il écrivit le billet suivant :

« Paron Yito, jetez les yeux sur le cachet de cette lettre, et remettez ensuite à don Vitale Corvino le plus beau collier de perles fines que vous ayez dans votre magasin. »

Le vieux juge entra dans la boutique du joaillier ; on lui présenta un magnifique collier d'une valeur si grande qu'il n'aurait pas su l'estimer.

— Mais, dit-il au marchand, vous connaissez donc la fortune du jeune Tomolo?

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