‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 30 sur 133 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

— Je n'ai pas besoin de la connaître. Il suffit que je sois certain d'être payé. Demandez-moi cent autres colliers pareils ou plus beaux, je vous les fournirai sans autre caution qu'on billet comme celui-ci.

Au bout de cinq minutes, Zanetto vit revenir don Vitale , courant plus vite qu'il ne convient à un juge de paix d'un âge avancé.

— Je tiens le collier, dit le vieillard tout essoufflé. Mon fils, mon gendre, cher Zanetto! allons à la maison. Viens baiser la main à ma fillette. Dépêchons-nous , brusquons le mariage. Tu as des ennemis. Ces Taccagni sont tous des pince-maille, de misérables avaricieux. Je les abandonne à jamais pour vivre auprès de toi... J'ai besoin d'un gilet de dessous pour l'hiver : tu me le donneras, n'est-ce pas?

— Un habillement complet, si vous voulez.

— Venez, mon prince, et puisse ma fille

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être digne de vous! Hélas! Ja pauvre Luigia, je n'ai pas de dot à lui donner!

— Je ne demande que sa tendresse et votre amitié.

— Va , tu es un cœur d'or. Luigia est à toi.

La jeune fille regardait par la fenêtre, selon son habitude, et lorsqu'elle aperçut de loin son père et son amant, qui se tenaient par le bras comme une paire d'amis, elle comprit ce qui était arrivé. Après avoir consulté à la hâte son miroir, et passé les mains sur ses larges bandeaux de cheveux noirs, elle courut ouvrir la porte. Don Vitale mit le collier de perles au cou de Luigia.

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— Voilà, dit-il, un petit présent de noce à ajouter aux autres. Gela vaut plus d'argent que notre maison entière , avec la cour , le pigeonnier, les meubles et la batterie de cuisine; entends-tu cela, petite?

— Ne parlons pas d'argent , répondit Luigia. Je recevrais ce collier avec autant de plaisir, s'il était de verre ou de graines de sorbier : ce qui me touche, c'est de voir votre bon accord avec mou ami d'enfance.

— Eh bien ! donne-lui donc la main , et que ce soit une affaire conclue.

Luigia tendit la main , et reçut le baiser des accordailles en rougissant.

— A présent , dit le père , demeurez ici ensemble, mes enfants, tandis que j'irai chez mon notaire, car il est bon d'imposer silence aux envieux en terminant le plus tôt possible.

Pendant l'absence de don Vitale, les fiancés causèrent en tête-à-tête de leur bonheur

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