‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 34 sur 133 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

— Ce soir , reprit la jeune personne , nous irons au salut à Saint-Marc ; mais n'ayez pas l'air de nous connaître, si vous y venez.

— Ah ! que je vais souffrir ! s'écria Zanetto ; que je suis malheureux de vous rencontrer et de vous perdre en même temps !

La belle Jacomina fit un sourire mélancolique et tendre qui perça le cœur du pauvre jeune homme , puis elle s'éloigna suivie de sa duègne.

C'est une grande raison pour aimer que de croire qu'on est aimé soi-même; aussi le trouble de notre héros tourna bien vite en passion, lorsqu'il se mit à réfléchir à son aventure. L'idée que tant de grâces et de beauté put être enfermé dans un cloître le faisait bondir de colère ; il jura de s'opposer à une si odieuse injustice, et d'employer la puissance de son talisman contre la tyrannie du patriarche Bragadiuo. Son imagina-

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tion lui représenta cet oncle dénaturé obligé de céder à une force supérieure ; la belle Jacomina , rendue à la vie et pénétrée de reconnaissance, tombant dans les bras de son libérateur et marchant avec lui à l'autel. Le souvenir de Luigia et des engagements du matin lui revenant ensuite à l'esprit, Zanetto sentit le rouge lui monter au visage, et son cœur était combattu par mille sentiments opposés.

Pendant ce temps-là, les deux femmes tenaient entre elles un langage qui aurait bien désenchanté le bon Zanetto, s'il eût pu les entendre.

— Tout va le mieux du monde, disait la vieille; M a donné dans le piège. Si nous réussissons à le mener jusqu'au mariage sans que le bandeau lui tombe des yeux, ce sera une superbe affaire.

— Gomment pou vez-vous croire, répondît la plus jeune, qu'un garçon de bonne famille

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