‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 36 sur 133 · CHAPITRE 1T · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1T

senter une Vénitienne et la nièce d'un patriarche.

Au milieu de ces discours et d'autres non moins édifiants, les deux aventurières, au lieu d'entrer au palais Bragadino, pénétrèrent dans une maison de misérable apparence , ou se cachaient desbohémiens, descoupeurs de bourses et de jarrets, et d'autres praticiens qui craignaient plus la justice humaine que celle de Dieu.

Les dernières notes du carillon appelaient les fidèles au salut lorsque Zanetto entra tout palpitant à Saint-Marc et chercha sa nouvelle maîtresse dans les recoins et détours de cette église romanesque. Les enfants de chœur se rassemblaient ; le maître-autel était couvert de cierges et l'orgue faisait déjà résonner les dômes. Zanetto vit enfin paraître sa bien-aimée, suivie de la dame de compagnie. Toutes deux s'assirent dans la foule ; mais la belle Jacomina brillait comme

une étoile au milieu de ses voisines, et Zanetto, appuyé contre un pilier , s'abreuva du plaisir de la regarder à visage découvert. Elle priait avec un air de modestie et de ferveur qui transporta d'aise et d'admiration notre héros ; mais à la fin de l'office, lorsque les grands yeux bleus de Jacomina se tournèrent avec douceur vers le bon Zanetto et restèrent fixés longtemps sur lui, un transport d'amour lui fit porter involontairement la main à son cœur, et en revenant de son étourdissement , il ne vit plus personne.

Zanetto fendit la foule et courut à droite et à gauche, de l'horloge à la piazzelta, sans pouvoir retrouver la belle Jacomina. Il commençait à se désespérer, lorsqu'il se sentit saisir par le bras. En se retournant, il aperçu t en face de lui un grand gaillard de mine farouche, avec les moustaches cirées , la rapière en travers sur les mollets, les cheveux

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