‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 50 sur 133 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

vais devenir la femme d'un vilain et d'un avare!

Toutes les commères du voisinage ouvrirent leurs fenêtres aux cris de la belle Luigia.

— C'est donc toi, pendard ? disaient-elles.

Maudit sois-tu, pécheur que tu es ! Tu fais le malheur d'une fille qui t'aimait. Le ciel te punira.

— As-tu oublié que je suis pretore? ajouta le père:Je te ferai jeter dans une prison si tu remets le pied dans cette rue.

A ce concert effroyable de malédictions et de menaces , Zanetto perdit la tète , et s'enfuit en répétant :

— Pécheur que je suis ! j'ai fait le malheur d'une fille qui m'aimait !

U courut au hasard, sans savoir où il allait, et il arriva enfin, éperdu et découragé, devant Saint-Pierre du Castello. Un rassemblement nombreux encombrait la rue. Zanetto, s'adressant à une femme du peuple ,

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demanda ce qui avait amassé tout ce monde.

— C'est, lui dit-on, la nièce du patriarche Bragadino, la belle Jacomina, qui se retire au couvent demain , et qui fait aujourd'hui ses adieux au monde. Pour la dernière fois elle est allée au Lido, pour la dernière fois on lui donne la sérénade, et nous venons ici pour voir passer cette sainte fille. Tenez, voici la flottille de gondoles qui aborde à la rive. Elle va rentrer, l'aimable Jacomina, cette^ fiancée de notre Sauveur. Regardez, signor, comme elle est belle.

Dans ce moment , la musique commença ses fanfares joyeuses, et les vivat se mêlèrent aux détonations des mousquets. Le cortège s'avançait lentement à travers la foule curieuse. Chacun voulait voir la sainte fille qui se retirait du monde malgré tous les appas de la fortune , de la noblesse et de la beauté ; on se pressait pour toucher le bas de sa robe. Zanetto, croyant reconnaître son

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