‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 54 sur 133 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Cette bonne femme entra un matin dans la cellule.

— Mon cher enfant, dit-elle en embrassant son jeune maître, qu'on a de peine à venir jusqu'ici ! Il faut postumer chez toutes sortes de gens, des juges, des gardiens, des commissaires de police ; et ils vous font des rogations à n'en plus finir : « Qu'est-ce que vous voulez dire au prisonnier? Etesvous sa parente, sa nourrice, ou sa servante? » Enfin me voici. En quel état je vous retrouve , Jésus , mon Dieu ! Vous donne -t-on au moins à boire et à manger?

Et de l'argent, en avez-vous besoin? Je vous apporte trois ducats, c'est tout ce que j'ai.

— Ah ! Marietta, dit Zanetto en pleurant, vous êtes ma seule amie. Gardez votre argent, je n'en saurais que faire. Ce sont vos caresses qu'il me faut ; j'ai besoin d'entendre votre voix, et de regarder un visage

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qui m'aime. Je meurs d'ennui dans cette prison. Parlez-moi, Marie t La. Dites-moi ce qui se passe à Venise, et appelez-moi encore votre enfant.

— Le pauvre garçon , reprit la bonne femme, qu'il est malheureux ! Si vous saviez comme on a mal parlé de vous ! Les uns disaient que vous aviez enlevé la caisse d'un marchand, lesautres que vous étiez dans une troupe de brigands, que vos camarades vous ont volé, que cela vous a rendu fou et que le bon Dieu vous a puni. Moi seule j'ai pris votre défense et j'ai soutenu que tout cela était des calamités.

— Vous voulez dire des calomnies, Marietla.

— Oui, mon enfant. D'abord, le lendemain de votre incarnation, il est arrivé des sergents, des notaires, et toutes sortes de gens noirs à grandes perruques. On nous a priés de sortir et de rendre le palais Lore-

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