‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 55 sur 133 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

dano à son ancien maître. Gela m'était bien égal. Je suis retournée dans notre petit calle del Cristo à Saint-Moïse : l'eau de la citerne n'était pas bien bonne à ce palais ; niais vos domestiques ont crié comme des nègres. Ils voulaient un mois de gages pour vous avoir servi pendant trois jours. Je leur ai prouvé que vous ne leur deviez rien, parce que je savais qu'ils vous volaient.

Beppo, le valet de chambre, demande son manteau, que vous avez pris, et cela, c'est juste; vous lui rendrez ses effets. Si l'on m'eût laissé ce qui restait de meubles après que ces coquines de' femmes vous ont dévalisé, j'en aurais tiré au moins cent ducats en les vendant ; mais le maudit notaire les a saisis en disant que vous lui deviez des frais et des honorables.

— Des honoraires, Marietta ; poursuivez.

Avez-vous en tendu parler de Luigia Corvino?

— Certainement. Elle a pleuré comme

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une sainte Madeleine, la pauvre petite. Paolina, la fruitière, a pour commère la grosse Nani, qui demeure à Saint-Zacharie. Elle m'a assuré que la belle enfant pense toujours à vous; mais le vieux Taccagno de père n'entend pas raison. Il veut avoir pour gendre ce ladre de Marcantonio, et le mariage séduit toujours les filles. Luigia sera madame Marcantonio ; prenez-en votre parti.

A propos, on dit que vous avez donné à la petite un collier qui vaut des millions. Il faut redemander ce collier.

— N'y pensons plus, Marietta. Il est donné; il ne m'appartient plus.

— Ce serait pourtant un moyen de faire manquer le mariage, car le vieux aura bonne envie de garder le bijou, et il vous donnerait peut-être la fille plutôt que de rendre ce million en perles fines. Nous disions donc que les gens noirs à perruque ont tout pris, excepté vos papiers que j'ai emportés.

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