‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 65 sur 133 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

jamais rien de semblable. Elle n'a pas d'amoureux , la pauvre Zingara. Elle n'en veut pas avoir. Il faut qu'elle se garde bien des chutes pour tourner, tourner sur sa table , avec ses épées sur les yeux. Ce qui se passe à présent sur la place d'Espagne à Rome, et dans la cathédrale d'York, je pourrais vous le raconter ; et si je me trompais , ce serait de bien peu. II y a des côtés par où tout se ressemble. Quand une Zingara ne dit pas la vérité , c'est pure malice de sa part ; ou si ce n'est pas de la malice, il faut donc que ce soit de l'ignorance. Ah ! qu'elle devine bien ! la Zingara. Mais c'est dans l'avenir qu'elle voit clair ! Le beau livre est ouvert devant elle. Oui, signori et signorine, je lis dans ce livre comme vous dans votre Parois sien. Le docteur le plus décrépit et le plus ridé, qui éloigne les objets de son visage pour les regarder à travers de grosses lunettes , ce docteur-là jxe distingue que du

brouillard ; mais moi , je vois marcher des hommes et des femmes ; je vois des mariages, des enterrements et des baptêmes. Je vois des héritiers qui rient, des fiancés qui pleurent. Je vois ce que vous avez perdu et que vous ne retrouverez plus. Ce n'est pas un mouchoir, ni un bracelet, ni une bague.

Et le perroquet de la comtesse , où est-il?

Ne le cherchez pas ; son valet de chambre Fa étranglé. Oui , je répondrai à toutes vos questions, et si je me trompe, vous viendrez me le dire à Vienne ; ou si vous ne m'y trouvez pas, c'est peut-être que je serai à Cadix.

En prononçant les derniers mots , la Zingara tourna moins vite ; la musique ralentissait aussi la mesure , et cessa de jouer quand la bohémienne s'arrêta au milieu d'un tonnerre d'applaudissements.

— A présent, petite tille, dit le vieillard, donne tes réponses à chacun en particulier.

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