CHAPITRE VII
menti nuow. Elle n'est pas éteinte pour vous, l'étoile brillante, puisque vous croyez en elle. Et moi aussi : Lucente sono per chi crede a me. Je la porterai votre boucle d'or , seigneur cavalier ; j'aime bien ce joli métal , et, pour vous remercier, je vous tirerai moi* même un terne dans cette roue de fortune.
C'est une faveur que je vous fais, car ordinairement je laisse tirer les autres. Si je donnais à tout le monde la vera sorte, le gouvernement n'y suffirait pas : 32, Si, 50. Oh ! le joli terne I s'il ne gagne pas , il ne s'en manquera pas plus de trois chiffres.
La Zingara étendit son bras et présenta le terne avec un sourire si gracieux , que Zanetto baisa les doigts basanés de la Bohémienne.
— Je crois en toi , Zingara , lui dit-il ; je suivrai tes avis ; tu es la plus belle étoile de la Bohème, et dans mon esprit est gravée ta jolie figure. Tu reviendras tournoyer dans
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mes songes. Si je n'aimais la belle Luigia , je te ferais la cour. Adieu , ma mie.
— Il est juste , dirent les bonnes gens , que ce beau garçon soit favorisé de la petite fille. Il a baisé sa main avec grâce. Bénie soit la mère de ce cavalier ! ce devait être une belle femme.
Zanetto mit le terne dans sa poche et s'éloigna enchanté de son opération , mais un peu inquiet de sa descente nocturne aux/bwdamenti nuovi. Afin de se donner des forces et du courage , il s'en alla manger, à crédit, un riz à la turque , et boire une fiasque de vin, à l'ancienne Trattorla du Capello, qui existe encore. En sortant de table, il aperçut, au bureau de loterie des procuralie vecchie, cette inscription placée sur une vitre : Oggi si chitide ilgiuoco, c'est-à-dire : aujourd'hui la clôture.
— Diable ! se dit-il, on ne gagne pas à la loterie sans y mettre, et je n'ai plus rien.