CHAPITRE VII
ce que l'Étal gagne sur les fous qui révent les millions par ce moyen? Je vais vous l'expliquer par le binôme de Newton.
Voici la formule : 1x2x8 = *'
Telle est l'équation simple qui donne les chances du terne , et vous allez en voir le résultat : multipliez 90 par 89, et vous avea 8,010. Multiplions encore par 88, et nous obtenons le nombre 704,880. Divisons le tout par 2 d'abord et puis par 8 ; nous avons 117,480, qui représente les combinaisons des quatre-vingt-dix numéros trois à trois.
Maintenant , les cinq numéros du tirage fournissent dix ternes, vous avez donc 10 chances pour vous et 1 17,470 contre. On devrait payer la mise du terne gagnant 1 1 7,470 fois, pour que le jeu fût égal de part et d'autre : or, on ne paye le terne que 5,500 fois : d'où je conclus qu'autant vaut jeter son argent dans l'eau.
— Laissons-là, je vous prie, votre binôme, répondît Zanetto. Je n'y entends rien. Le terne que je vais jouer vient d'une jolie petite Bohémienne. L'occasion est toute particulière. Mettez une livre avec moi sur ces numéros.
— J'aurais honte de jouer un sou seulement.
— Donnez-moi donc les deux livres , et n'en parlons plus.
Marcantonio fouilla tout au fond de sa poche , et après avoir laissé Zanetto tendre la main pendant cinq minutes , il tira enfin péniblement les deux petites pièces blanches qui valaient chacune dix sous de France. Notre héros entra dans le bureau de lotto, et rapporta bientôt son billet.
— Bonsoir, signor, dit-il en prenant le chemin de San-Nicolo.
— Je vous souhaite bonne chance, répondit le Taccagno.