‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 87 sur 133 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

réussir dans mes projets que j'ai juré , par prudence, de garder un inviolable secret jusqu'au moment d'où dépend le bonheur de ma vie.

— Je respecte vos secrets et la réserve dont vous vous faites un devoir. Mais vous êtes amoureux , ou je me trompe fort.

— Il est vrai, je suis amoureux. C'est un projet de mariage qui me met en campagne.

Je tremble que des obstacles ne viennent s'opposer à mes désirs , et vous savez qu'il en sort toujours de terre par centaines...

— En effet , j'ai peine à concevoir qu'un mariage s'achève, tant il y a de motifs pour qu'il manque. La jeune personne est jolie , sans doute?

. — Charmante. Je ne l'ai jamais vue, mais voici son portrait.

* — Si le peintre n'est pas iin flatteur, elle doit être belle.

— Le peintre est resté bien au-dessous de

la vérité. Ce qui n'est pas visible dans le portrait, c'est la grâce, l'esprit, le mérite de cette jeune fille. Elle est de bonne maison, et riche héritière , ce dont je me réjouis , parce que je dois à cela l'aide de ma famille pour me la faire obtenir. Par instants je voudrais qu'elle fût moins riche, afin de me voir plus sûrement agréé. On la dit fière , indifférence à ces compliments vulgaires que les hommes prodiguent à tous les beaux visages. En deux mots, voici l'histoire : cette jeune personne demeurait en Picardie; elle est fille d'un intendant des finances. Ayant perdu son père et sa mère à trois mois d'intervalle, elle vient d'arriver à Paris, chez sa tante, la marquise de Ghampré, qui se trouve être une ancienne amie de mon tuteur. La tante me destine ce trésor. Il y a , dit-elle , une demi-douzaine de prétendants; nia te ces rivaux ne doivent pas in'inquiéter, puisque j'ai son appui. Malgré cette assurance,

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