‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 91 sur 133 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

trouveriez ridicule si je vous priais de renoncer à vos prétentions ; de mon côté , je neveux rien rabattre des miennes. Accommodons-nous ensemble : échangeons un petit coup d'épée, au premier sang. Le blessé, couché dans son lit pour une quinzaine de jours , sera bien forcé de céder la place à l'autre ; il aura l'honneur sauf; point d'affront à supporter. Le vainqueur fera de son mieux pour plaire , et, s'il est écouté, à lui la demoiselle et la dot. Je sais bien que ma proposition n'est point régulière; il nous manque les quatre témoins de rigueur pour un duel; mais considérez que le temps presse, et que vous avez plus beau jeu que moi , puisqu'on vous attend à midi. J'ai fait comme j'ai pu ; peut-être aussi serez-vous bien aise de vous débarrasser de moi, car je serai un rival tenace et incommode qui vous donnera du souci. Acceptez la partie que je vous offre, et, dans un moment, l'un de nous deux

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aura le champ libre. Qu'en pensez-vous?

— En vérité, répondit Tilleniont, tout cela me semble comique ; mais je trouve en vous un rival comme je les aime. On est exposé à tirer l'épée pour des bagatelles si légères, que c'est une bonne fortune que de se battre pour une affaire de conséquence.

Je suis à vos ordres.

— Messieurs, interrompit Fleuranges, puisque vous êtes de si bonne composition, que ne jouez-vous la partie à croix ou pile?

— Oh ! reprit Saint-André, ce serait absolument contraire à mes principes ; il faut une part au hasard et une autre à l'adresse.

De grâce, soyez notre témoin, et ne cherchez pas à déranger nos plans. M. de Tillemont est engagé d'honneur ; ce terrain paraît sec, uni, excellent. Nos épées me semblent de la même longueur. Il n'y a pas ici d'indiscret; ôtons nos habits; ce sera fini dans un moment. Je ne vous cache pas que je crois

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