‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 95 sur 133 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

voir la petite divinité qu'on vous destine ; elle est là. Comptez sur moi, je vous mettrai à votre aise.

Fleuranges n'avait pas la force de porter le coup funeste à ce bon vieillard, et plus on le caressait, plus il perdait courage. Enfin, le commandeur le prit par le bras et l'emmena dans le salon, où il lui fallut nonseulement baiser les deux joues de la tante, mais aussi la main de mademoiselle de la Noue, ce qui acheva de lui rendre toute explication impossible. Il va sans dire que là demoiselle devint fort rouge pendant cette cérémonie. Elle baissa les yeux devant le regard de Fleuranges, qui procédait à une inspection de sa personne, et répondit à ce regard par une mine choquée qui semblait dire :

— Je ne suis pas encore votre femme.

Fleuranges convint, à part lui, de la grâce de sa future. Il admira lés yeux bleus,

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les sourcils bien arqués et la fine taille de la jeune personne. C'était une vraie beauté selon le goût d'alors, avec le nez un peu retroussé du bout, le visage rond, la bouche en cerise, la peau d'une blancheur éclatante, la physionomie mutine et le pied imperceptible accompagné du talon rouge.

— Me pardonnez-vous, mesdames, dit le chevalier, de me présenter en négligé?

— Votre impatience vous excuse, interrompit le commandeur. Cet habit de cheval est fort galant. Nous autres qui n'avons pas voyagé aujourd'hui, nous avons eu le loisir de nous parer. Savez-vous combien de temps on a mis à faire cette haute coiffure toute chargéede fleurs? Trois heures, mon neveu, pas une minute de moins. Franchement, qae pensez-vous de cet échafaudage ?

— Cela me semblera charmant quand mes yeux y seront habitués.

-*■ Monsieur, dit la jeune fille, on ne sau-

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