‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 97 sur 133 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

trevues embarrassantes, firent fous les frais. Le commandeur ne manqua pas l'allusion fine au bonheur prochain des jeunes époux.

FJeuranges se montra empressé sans affecter une passion qu'il n'avait poinl, et mademoiselle Henriette conserva son petit air boudeur. Après le dtner, on proposa un tour de jardin. Les dames demandèrent leurs cannes, et le commandeur eut soin de donner le bras à la marquise , pour laisser les jeunes gens causer à leur aise.

— Monsieur , dit Henriette , est-il vrai , comme vous l'ave? écrit à ma tante , que vous soyez tombé amoureux de moi en voyant mon portrait?

— Puisque je l'ai écrit, il faut que ce soit la vérité , mademoiselle ; cependant je dois confesser que , pour être tout à fait amoureux, j'ai besoin d'avoir un peu d'espoir de plaire.

— Quoi qu'en dise madame la marquise,

246 FLEB RANGES.

ces choses-là méritent bien qu'une fille sage se les fasse répéter deux fois avant d'y croire.

— Rien de plus juste, mademoiselle...

— Je dois vous avertir aussi qu'il me parait fort difficile d'aimer. L'amour se connaît, dit-on, à un grand trouble , à des insomnies , à des battements de cœur, à des langueurs et de l'ennui. Je n'éprouve rien de toutes ces choses.

— C'est que vous ne m'aimez pas encore.

— Et si cela ne vient pas?

— Nous ne nous marierons point.

— Vous me rassurez. Ma tante voudrait suivre une marche tout opposée. Elle souhaite qu'on se marie d'abord, et qu'on s'aime ensuite, si l'on peut. Je vous avoue que je me révolterais contre une volonté aussi contraire à mes sentiments. On me reproche beaucoup mon indifférence ; on l'appelle de

Page 1