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avec des ciseaux, tîrail à elle le manteau, et faisait du tout un dernier paquet.
— Regarde dans les poches , petite fille , ajouta la duègne. Il y a certainement une bourse bien garnie.
— Vous ne lui laisserez donc rien? répondit la fausse Jacomina.
— Pas un denier, petite sotte. Ne vas-tu pas l'attendrir? Allons, où est cette bourse?
— La voici.
— Ne trouves-tu pas quelque autre chose de bonne prise?
~ Il y a un petit cachet de cuivre , un encrier de poche et de la cire d'Espagne.
— Nous n'avons que faire de cela.
— £h bien , je garderai pour moi le cachet de cuivre , en souvenir de ce pauvre garçon.
— Comme il te plaira. Je ne vois plus rien. Levons le pied , et que Dieu nous soit
en aide l
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Les deux aventurières gagnèrent la gondole sans rencontrer personne ; le barcarol , qui était de leur bande, tourna aussitôt par le Rio, traversa tout un labyrinthe de petits canaux et s'enfonça dans le sestiere du Castelle.
Il était deux heures après midi quand Marietta se hasarda doucement à jeter un coup d'œil dans Tappartement ; mais voyant son maître endormi sqr une ottomane , elle referma la porte et descendit à la cuisine. Au bout d'une heure, elle revint. Cette fois, elle remarqua le désordre de l'appartement et voulut réveiller Zanetto; mais le breuvage continuant à opérer, la léthargie durait encore ; la respiration était pénible et le visage contracté. Marietta se mit à pousser des cris qui attirèrent tous les domestiques. On alla chercher un médecin. Il arriva par hasard que le docteur savait son métier ; il reconnut les effets de l'opium et fit administrer le
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café à forte dose. En moins d'une demiheure, les symptômes de Tempoisonnemenl se dissipèrent, la mémoire revint, et Zanetto fut guéri ; mais le pauvre garçon passa du malaise physique à Thorreur et au dégoût en découvrant l'infâme manège dont il était victime. Son premier mouvement fut déporter la main à sa poche, et n'y trouvant pas son talisman , il tomba dans le désespoir et se mit à pleurer.
— Est-il possible , disait notre héros, que la nièce d*un patriarche s'abaisse à faire un pareil métier? qu'elle me vole jusqu'à mes bas?£ncore si ellem'avait laissé mon cachet, mon cher cachet !
Il y a dans le caractère vénitien un mélange curieux d'astuce et de naïveté ; on invente sans cesse des subterfuges à Venise ; mais on donne dans les pièges les plus grossiers , et le trompeur se repose de ses fourberies pour jouer immédiatement le rôle de
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dupe. Dans ce pays-là, il faut élre alternatîveinent Arlequin et Pantalon ; souvent même on est tous les deux à la fois. Zanetto, dans la situation de Pantalon mystifié, reprit courage en sentant se réveiller en lui son instinct d'Arlequin :
— Peut-élre, pensait-il, la belle Jacouiina ne sait-elle pas tout le prix de son larcin. Elle consentira sans doute à me rendre ce cachet de cuivre sans valeur, si je lui abandonne tout le reste ; et une fois que je tiendrai mon talisman , j'enfermerai la perfide dans une cage de fer.
Aussitôt cette idée logée dans la protubérance de VespérancCy le calme revint, les larmes se séchèrent, et l'activité méridionale reprit toute son énergie. Zanelto se composa un habillement passable en empruntant des bas et un manteau de son valet de chambre, et il se mil en campagne pour courir après son cachet magique. Outre l'astuce et la va-