CHAPITRE II
celui à qui devaient appartenir sa fortune et sa personne. Le temps prescrit pour son deuil était écoulé ; à peine arrivée à Paris, précédée par le titre prestigieux de riche héritière et de jolie femme, elle éveilla de tous côtés la convoitise. On ne l'avait encore vue nulle part, et déjà trois personnages de distinction avaient demandé sa main pour des parents ou des amis. M. de Gondorcet avait parlé au commandeur en faveur de Saint-André; madame de Muy, veuve d'un ancien ministre, avait présenté chez la marquise son cousin, H. de Béville, et M. deMiroménil, attaqué d'une maladie mortelle, promettait cent mille écus sur son testament si on voulait donner mademoiselle de la Noue au comte de Noyon, son protégé. La marquise répondit que sa maison était ouverte à tous les jeunes gens de bonne compagnie, que la main d'Henriette appartiendrait à celui qui réussirait à plaire ;
LE NOUTIt ALAODIN. S3