‹ Le nouvel Aladdin, suivi de FleurangesChapitre 40 sur 56 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

— Vous pensez donc que je l'aurai blessé? Ce n'était pas mon dessein ; j'en ai da re- §[ret. Ne ponrriez-voas le cherdier et lui dire que je serais fort aise de le revoir?

— Volontiers. Je m'informerai de lui ce soir chez madame de Polignac.

Le commandeur se rendit en effet chez la duchesse. Elle n'avait pas vu Fleuranges, mais elle prcmiit d'envoyer à sa recherche. Le valet de pied rapporta cette réponse : « M. le chevalier est depuis quatre jours au bois de Morfontaine. » A cette nouvelle, mademoisdle de la Noue parut stupéfaite.

— Au bois de Morfontaine ! dit-elle en soupirant. Voilà donc comme il est occupé de moi?

— Il vous oublie, et il a bien raison, dit la tante. Vous irez au couvent, mademoiselle, et je chercherai pour le chevalier une autre femme capable de répondre à son amour, car j'ai de l'amitié pour lui.

288 FLEVRANGE8.

Henriette murmura tout bas les mots de couvent, amour, amitié ; puis elle sortit de sa rêverie pour prier le commandeur de rappeler Fleuranges. On eut recours à la duchesse, qui envoya un exprès de la maison du roi au bois de Morfontaîne. Le courrier découvrit sous un arbre un beau monsieur étendu de son long sur la mousse, et qui riait de tout son cœur en lisant un livre. Il jugea que ce devait être son homme, et il lui remit la lettre de la duchesse.

« Chevalier, disait cette lettre, il est évident qu'on vous aime, puisqu'on vous demande aussitôt que vous êtes absent. Un galant homme ne se fait pas prier deux fois par une jolie demoiselle. Soyez demain chez la marquise, ou bien je me fâcherai sérieusement contre vous. »

Fleuranges rentra dans son auberge et fit la réponse suivante :

(( Madame la duchesse, c'est sans doute

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