‹ Le nouvel Aladdin, suivi de FleurangesChapitre 47 sur 56 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

vait, il serait ici , el nous servirait de quatrième. Ces têtes chaudes ! cela se tue pour une passion qui leur eût duré huit jours !... N'y pensons plus... Je suis avec le mort. Vos cartes sont prêtes , ma sœur. Asseyezvous. Que j'ai de joie de marier ma nièce ! . . . A quel jour du mois sommes-nous ?

~ Au deux novembre, jour des Morts.

— Encore ! On ne devrait pas jouer au ifrhist à trois ce soir. Quelque défunt, aimant les cartes , n*aurait qu'à venir relever son jeu!... Attendez : voici un carrosse qui entre. Nous allons avoir un quatrième.

La porte s'ouvrit , et on annonça M. de Saint-André. Le baron salua la compagnie. Il s'avança vers la table de jeu , prit un siège, et, s'installant à la place du mort, il releva les cartes avec l'air impassible d'un

Fleuranges n'eût que deux mots à dire à l'oreille d'Henriette pour la rassurer. La

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marquise comprit aussitôt la plaisanterie. Son visà-vis était un vieux philosophe , incapable de croire aux fantômes. Le bon commandeur seul demeurait interdit.

— Jouez donc , mon frère , dit madame de Ghampré. Le mort a la première levée. M. le baron est sorti de la tombe fort à propos. Gela est galant et poli. Nous Tinviterons tout à rheure pour le mariage de notre nièce avec son ami Fleuranges.

— Par ma foi ! s'écria Saint- André, la nouvelle me fait plaisir. Aussi bien, je vois que mon coup de théâtre ne réussit pas , et je m'ennuyais comme un mort dans ma cachette.

— Jeunes gens ! jeunes gens ! murmurait le commandeur, vous ne respectez plus rien. De notre temps...

— Que dites-vous donc, mon frère? De notre temps on riait encore plus qu'aujourd'hui, et l'on ne se fâchait point pour une

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pelîte roalice quand le tour était bien exécuté... Je joue trèfle.

— Je prends, dit Saint- André... Ainsi donc l'ami Fleuranges épouse votre charmante nièce?

— Oui , baron. C'est toute une histoire, une comédie que nous vous raconterons tout à l'heure... J'entends un carrosse.

M. de Béville entra tenant une corbeille de fleurs.

-—Bonsoir, monsieur, lui dit la marquise. Que portez-vous donc là ? Des fleurs pour ma nièce! Vous êlesalléàla campagne ce matin?

— Ce matin, madame! il y a plus d'une semaine que je suis absent.

— Oui, j'y pense; c'est vrai. Je disais qu'on ne vous voyait plus. Je ne sais quel jour j'ai dit cela.

— Voyant qu'on m'eût laissé courir les champs jusqu'à la Chandeleur, sans s'inquiéler de moi, je suis revenu.

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— Dans quel mois est-ce donc la Chandeleur? Février, je crois... Toujours du pique!...

— Mademoiselle votre nièce aime les marguerites. £q voici une grosse provision. C*est une rareté dans cette saison.

— Que cela est aimable ! dit Henriette. Je me ferai une parure de ces belles fleurs.

— Pour le jour où nous signerons le contrat, reprit la marquise. Quel jour le signonsnous?... Encore du pique !

— Le contrat? dit M. de Béville.

— A propos. Je vous présente notre neveu, M. de Fieuranges.

— Ma sœur, dit le commandeur, on peut dresser le contrat demain et le signer dans les quarante-huit heures. Nous avons des notaires expéditifs...

— Fieuranges , dit Saint-André , je suis votre témoin.

On annonça que le souper était servi.

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