CHAPITRE IV
— M. de Bévîlle , soupez avec nous , reprit la marquise. Je vous conterai la scène de ce soir.
On soupa gaiement. On signa le contrat trois jours après, et on fit .le mariage dans la quinzaine.
Mademoiselle de la Noue, une fois mariée, devint une femme aussi raisonnable , aussi égale d*faumeur et de caractère qu'elle avait été fantasque et quinteuse jeune fille. Ces transformations ne sont pas rares dans le beau sexe. On en voit même de contraires à celle-ci, où il arrive qu'on a épousé le diable sous la forme d'un ange. Fleuranges tomba plus heureusement. Sa femme prit des goûts fort simples , le traita toujours* avec douceur et affection , et lui joua des airs de clavecin autant qu'il en souhaita.
La révolution de 1789 ne trouva plus le commandeur ni la marquise , et l'échafaud y perdit deux têtes vénérables ; mais il se
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rattrapa sur d'autres. Saint-André s*était jeté fort avant dans les idées républicaines; il mourut bravement à Marengo , avec les épaulettes de colonel. Fleuranges , retiré dans ses terres, échappa aux orages politiques. Il vécut heureux. S*ii eut beaucoup d'enfants, je n'en sais rien, mais je l'affirme néanmoins, afin que le lecteur , plus satisfait, pardonne volontiers les fautes de l'auteur, comme on disait jadis en Espagne.