‹ Le nouvel Aladdin, suivi de FleurangesChapitre 49 sur 56 · SÉPARATION · texte numérisé non relu

SÉPARATION

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Paris, 15 avril 18...

« Je souffre tellement de votre absence , mon ami , que je suis réduite à me réciter, comme un chapelet, toutes les raisons. qui vous ont déterminé à ce voyage. Dans ma mauvaise humeur, j'ai peine à les trouver suffisantes. M'en serais-je contentée trop facilement? n'en fallait-il pas de meilleures pour motiver une séparation si longue entre

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nous? votre fortune était-elle vraiment menacée? que faites-vous à Lyon? ces affaires vous occupent-elles autant que vous le dites? les menez-vous aussi attentivement que vous le devez pour me revoir plus tôt? votre séjour sera-t-il abrégé? Ne perdez pas une minute. Depuis quinze jours que vous êtes parti, vous ne m'avez écrit que deux lettres ! Les syndics et les hommes de commerce ne vous laissent-ils donc pas même le temps de me dire en quel état est votre cœur au milieu de ces tiraillements?yous m'aviez avertie que vous auriez bien peu de loisirs ; mais ne faisiez-voiis pas comme ces médfialits sincères qui avouent lent tftééhancefépour qu'on n'ait pas lé dtoii de s'étcnOièr qfàaild ibsontàrœnvré?

« Vous me parlez bien de votre ennui , maïs il y a encoi*e dans ve» toutnttfès de phrases un entrain dont je né âeraîs pas capable. Je prétends que si vous voulez lutter

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avec moi comiiie dans les temps antiques , en chantant les douleurs de Tabsence , je gagnerai bel et bien le prix sur vous.

« Pour remplir nn devoir de famille auquel je ne me soumettrais pas si vous éties ici, je suis allée, la semaine dernière, passer trois jours k la campagne ; je me suis promenée toute seule dans ces allées et an bord de cette rivière que j'aimais autrefois ; j'ai revu ces arbustes couverts de fieurs que les abeilles préfèrent aux roses ; j'ai recherché en moi-même ces impressions vagues d'espérance et de plaisir que j'avais éprouvées dans ce beau site avant de vous connaître : elles n'ont pas voulu se réveiller. Je n'ai songé qu'à vous , à Votre silence et à mes sujets de tristesse ; la compagnie qui m'entourait m'était insupportable , et la nature ne m'était pas d'un grand secours. Dans ces moments où ma tendresse pour vous m'obligeait à m'isoler, j'aurais été bien aise d'ap-

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