‹ Le nouvel Aladdin, suivi de FleurangesChapitre 50 sur 56 · DBCX KO · texte numérisé non relu

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prendre que vous connaissiez aussi ce besoin de solitude. Vous arrive-t-il, loin de moi, de vous retirer en vous-même pour ne penser qu'à nous? Je me figure que souvent je vous reviens à l'esprit , mais mêlée à tout ce qui compose la vie , comme on mange du pain avec tous les mets (pour employer le style de vos lettres).

u Combien votre influence sur moi a été grande, mon ami ! je croyais aimer la campagne avec passion, et cette fois, j'ai regardé les bois, la rivière, les beaux points de vue du parc , comme à la hâte , avec des yeux distraits, pressée d'arriver à une date qui doit nous réunir; et tout cela m'&urait paru charmant si je vous avais eu près de moi ! Je sens mieux chaque jour combien toutes choses sont indifférentes par elles-mêmes, et que ce que nous portons en nous en fait seul le prix. Ah ! Maurice, la vie est bien courte pour la jeter ainsi au vent. Voici la première

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fois que nous comptons le temps de la séparation par semaines et par mois ; c'est tous qui l'avez voulu.

« Mais je veux revenir à cette saine raison dans laquelle vous savez vous maintenir. Vos motifs sont bons et valables; que mon chagrin ne vous effiraye pas. Adieu, mon ami! puisqu'à Fénorme distance où vous êtes , il faut bien employer ce triste mot ; adieu donc ! »

m m^L©i A B^AM^oês.

Paris, 25 avril 18..

« le vous félieite, Maurice, de la tran- (faillite parfaite où vous vivez ; ma lettre est dans vos malus depuis huit jours, et j'attends encore la réponse ! En vérité , je ne vous comprends plus. Êtes-vous malade, ou infidèle, on bien vos affaires vous occupen^ elles au point de vous enlever la mémoire? Votre silence n'a pas d'excuses. Je vous aime

avec tendresse, mais vous savez que je suis fière; j'ai du sang anglais dans les veines , malgré ma figure brune; l'orgueil de la Grande-Bretagne est passé en prover]!)e.yous connaissez mon entourage; il n'est pas besoin de vous dire que les hommages et les poursuites continuent pendant votre absence ; ne prenez pas ceci pour une menace, je veux dire seulement que vous étiez quelquefois inquiet et jaloux auprès de moi, et que votre calme dans l'éloignement n'en parait que plus inexplicable.

« Je vous garde votre bien avec vigilance, mais ce n'est pas sans le défendre. Je me demande si , en me laissant ainsi à moimême avec l'escorte galante que vous savez, il y a de votre part imprévoyance du danger, ou si c'est une confiance en moi plus grande que vous ne l'auriez en aucune autre. Si ce dernier sentiment existe, il est justifié ; mais vous croyez donc me connai-

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