LE JI£H]II£B ABBÉ
proposition lui convint. On le mit le lendemain dans un fiacre avec son chat, et il s'en alla demeurer aux Incurables.
Nous ne savons pas au juste combien de temps il resta dans cet hôpital; mais un beau jour un notaire vînt l'y chercher.
— Monsieur, lui dit cet homme, étes-vous bien l'abbé Cordier?
— Lui-même, monsieur.
— N'avez -vous pas connu autrefois M"' Doligny, actrice des Français?
— Si je l'ai connue ! répondit l'abbé ; ce chat que vous voyez mourant de vieillesse à mes pieds, il me vient d'elle.
— Vous êtes bien celui que je cherche depuis trois mois. M^^" Doligny vous laisse par son testament quinze cents livres de rente.
— A moi, bon Dieu ! et à quel titre?
— La discrétion est inutile, monsieur Tabbé, car cette demoiselle dit formellemen
LE D£RflIEB ABBÉ. t87
qu'elle vous fait ce don comme à celui de ses amants dont elle a gardé le plus tendre souvenir, et pour que vous lui pardonniez le chagrin qu'elle vous a causé en vous étant infidèle.
— Il est vrai que je ne m'en suis jamais consolé entièrement; mais je lui avais pardonné.
— La défunte vous laisse encore sa montre, ses bagues et un croissant d'argent qui lui a servi dans le rôle de Diane.
— Je sais ce que c'est, dit l'abbé avec émotion. Elle ne le porta qu'une fois dans la pastorale d'Bndymùm.
— Voici d'abord trois cent soixante et quinze francs pour le trimestre échu de votre rente. Nous nous entendrons ensemble pour le reste.
Huit jours après cela, l'heureux Cordier habitait un petit appartement orné de glaces et meublé honnêtement dans le quartier du
I8S LE MimiM àWBÈ.
Loxemboorg. U y parvint à un âge fort avancé, se fit quelques amis nouveaux et acheta beaucoup de livres dans ses derniers temps, car il avait les yeux bons et aimait la lecture.
L'abbé Cordier mourut en bon chrétien.
D laissa par surprise son petit bien à un pauvre diable célibataire aussi et qui en avait autant besoin que lui, en le priant, lorsqu'il mourrait, d'en disposer de la même façon. La phrase suivante par où commençait son testament prouve qu'il apprécia son bonheur et que ses derniers jours furent doux et calmes : «i Je souhai|e à tous ceux qui ont vu la misère d'aussi près que moi, de mourir, comme je vais le faire, dans un bon lit orné de rideaux bleus, au milieu de beaux meubles d'acajou et dans un air chaud, avec toutes les aises qui ont tant de prix pour la vieillesse, etc. »
Il fut enterré modestement à Vaugirard,
LK DERNIER ABBt. 189
et son légataire universel eut soin que le tombeau fût bien entretenu jusqu'au jour où ce cimetière a été détruit. Nous souhaitons au lecteur, non pas les rideaux bleus et les meubles d'acajou de Fabbé Cordier, mais plutôt la simplicité de ses mœurs, sa modestie et son heureux caractère, qui sont des trésors plus précieux que toutes les richesses du monde.
LE
M. Iluberg, Fun des plus riches négociants d'Anvers, sortit un matin de son cabinet et entra dans le bureau des écritures une lettre à la main :
— Où est mon fils Constant ? dit-il. Pas encore à son poste, à neuf heures ! Ventrebleu ! qu'on aille le chercher.
194 LS TENKDR 0£ LIVRES.
Le surnuméraire s'élança dans les escaliers avec la rapidité d*un cerf, et les trois commis tremblèrent des pieds à la tète, car le patron était de ces despotes intraitables qui payent mal leurs employés, mais qui leur parlent comme à des chiens.
— M. Constant est sorti, dit le surnuméraire.
— Morbleu ! je lui apprendrai à sortir ! Tenez, messieurs, voici des effets à enregistrer. Mettez-y des numéros et voyez si les endossements sont réguliers.
M. Ruberg s'était adouci en lisant à la cote des marchandises que les colzas reprenaient faveur sur la place de LiUe, et que les savons étaient demandés.
— Appelez le teneur de livres, ajouta le patron.
— Me voici, mon papa, dit une jolie fillette blonde en ouvrant une porte vitrée.
M"» Marguerite- était le teneur de livres.
LE TEIfEUR DE LIVRES. 195
Elle avait quitté son journal et ses ma%n% courantes en entendant la voi^L de son père, et s'apprêtait à détourner Forage prêt à tomber sur la tète de son frère Constant. M. Ruberg emmena le teneur de livres dans son cabinet et se plaignit amèrement de Tinexactitude de son fils ; mais M"" Marguerite assura que Constant était allé chercher le cours des fonds publics, et que depuis plusieurs jours il travaillait assidûment. Le patron ne gronda plus, baisa le front de sa fille et lui permit de retourner à ses écritures.
Il est difficile au Parisien qui ne s'est jamais introduit dans l'intérieur des comptoirs d'Anvers de s'en faire une juste idée. Il n'y a presque pas de maison , dans cette grande ville, où l'on ne remue des millions. Le plus ordinairement, les salons d'apparat sont fermés du 1*' janvier à la Saint-Silvestre , et des revenants y danseraient le sabbat qu'on
100 LB TEHBDft DE LIVBE8.
n'en saurait rien. La famiUe du négociant babite deax ou trois chambres des étages supérieurs , et les bureaux sont dans quelque noir entre-sol ou dans un rez-de-chaussée humide. C'est au fond de ces bouges malsains que les riches Anversois vieillissent à compter leurs écus , entourés de leurs misérables commis. Ils ne soupçonnent pas qu'il existe sur la terre d'autres passions que l'amour de l'aident, d'autres plaisirs que celui de prendre une commission de banque , d'autres occupations que de régler des comptes et de faire sa correspondance. Ils meurent ainsi , m^risant tout ce qui n'a pas vécu comme eux, et sans se douter qu'ils ne sont eux-mêmes que des fous d'une espèce particulière et vraiment à plaindre.
M. Ruberg était le modèle des négociants. Aussi lier de son origine^marchande que s'il fût descendu de César, il s'était composé une belle raison de commerce, surchargée
d'initiales , et y avait ajouté le nom de son père afin de la rendre plus pompeuse encore. Ainsi on voyait sur la plaque de cuivre fixée à la porte des bureaux , ces mots imposants : Vincent, A. J. Ruberg, fils de feu Philippe. Personne ne savait mieux que lui Fart de surveiller les commis et de les bercer de fausses promesses pour les congédier quand ils avaient blanchi sous le harnois. U n'avait pas son pareil pour économiser sur le chauffage et Téclairage , pour utiliser le moindre chiffon de papier. Depuis trente ans il taillait ses plumes avec le vieux canif que feu son père avait acheté vingt sous , et dont la lame avait tant de fois passé sur la pierre , qu'elle était devenue mince comme une aiguille ; aussi , à force d'enfler les commissions et courtages, de surcharger les ports de lettres et de grapil- 1er sur les intérêts , il avait augmenté d'un million sa fortune déjà immense.
Le ciel avait étrangement favorisé M. Ra* herg en lui donnant une fille , non-seulement jolie et sage , mais encore douée de toutes les vertus du parfait commerçant. M"** Marguerite tenait le grand livre avec un soin et une habileté qui en auraient remontré au plus fameux calligraphe des deux Flandres. M. Ruberg n'aurait pas trouvé à vingt lieues à la ronde un commis de ce mérite à moins de deux mille florins d'appointements ; c'est pourquoi cet excellent père donnait à sa chère enfant cent francs par mois , dont elle lui rendait bon compte. La tenue des livres , en passant dans le sang de cette aimable fille , s'était agréablement combinée avec les charmes et les qualités de son sexe. Elle aimait l'ordre et non l'argent. La grâce enfantine avec laquelle mademoiselle Ruberg maniait ses lourds registres , donnait quelque chose d'attrayant et do poétique à la plus vulgaire des sciences.
LE TBIVEVa DE LIVRES. 109
Les chiffres , étonnés de se voir en de si jolies mains , se rangeaient docilement à leur place. Jamais une erreur dans les additions ! jamais un pâté d'encre ni une surcharge ! Le dernier jour de chaque mois , la balance des comptes arrivait à point , et le grattoir était le plus négligé des modestes instru* ments de la bureaucratie dans le cabinet du teneur de livres.
Comme le bonheur n'est accordé ici-bas à personne sans quelque mélange , Constant , le fils de M. Ruberg., n'avait que de Fhorreur et du dégoût pour la marchandise et la commission. Vainement on avait prêché le jeune homme et employé la douceur , la menace et les promesses. Constant négligeait le bureau, lisait des romans et s'endormait sur ses livres. Il faisait le désespoir de sa famille , et n'était pour les commis qu'un objet de mépris et de pitié. Il ne savait, disait M. Ruberg, de quoi s'aviser pour tour-
900 LE TEREl'R DE UVBI5.
inenter son père , il aimait la musique ! Au lieu d'étudier le cours des cotons , il s'en allait voir les tableaux de Rubens ! il dépensait son argent à courir les spectacles l il achetait des gravures ! Enfin c'était un monstre qui devait un jour ou l'autre mourir sur réchafaud. Sans H"' Marguerite , la discorde eût bouleversé la maison A. J. Ruberg; mais la jeune personne était comme ces bons catholiques dont la foi ne va pas jusqu'à rintolérance , et qui respectent les idées des huguenots : elle croyait fermement en la tenue des livres , mais sans blâmer le culte que son frère rendait aux arts et aux plaisirs.
A l'instant où le lecteur a vu M. Ruberg déplorant pour la centième fols l'inexactitude de son fils , le jeune homme écoutait à la société philharmonique la répétition d'une symphonie de Beethoven. Saisi d'une enthousiasme diabolique , il faisait serment
d'être un musicien , et d'apprendre à jouer d'un instrument. Après la répétition , il s'entendit tout de suite avec un artiste pour trois leçons par semaine ; il courut chez un luthier et fit l'acquisition d'une clarinette dans laquelle il souffla impétueusement pendant la nuîf, tandis que tout dormait dans la maison. Ses progrès furent rapides. Il exécutait déjà passablement l'ouverture de la Caravane. Un beau matin , M. Ruberg , en calculant un bordereau d'escompte, trouva de faux résultats dans ses divisions. Il ne commettait que rarement de ces erreurs, et s'étonna d'avoir des distractions à son âge , lorsqu'il s'aperçut que son esprit était troublé par des sons mélodieux. Il parcourut aussitôt son hôtel , et reconnut que les sons partaient de la chambre de son fils Constant. Une querelle terrible interrompit le morceau de Grétry, et M. Ruberg , dans un saint transport, jeta lui-même
la clarinette dans le canal de Bruxelles.
Constant respectait son père et n'aurait point osé se mettre ouvertement en rébellion contre lui. Il renonça au bonheur de jouer la Caravane; mais il n'ouvrit pas un registre , et comme M. Ruberg lui ordonna d'écrire au moins une partie des lettres , il se trompa dans les adresses et envoya au correspondant de Hambourg un ordre d'achat en vin de Malaga.
Dès le lendemain, ayant vu dans la cathédrale un jeune artiste qui copiait la fameuse Descente de croix, ce fils dénaturé se prit de passion pour, la peinture. Il fréquenta en secret les ateliers. Déjà il en était aux académies , quand il eut l'imprudence de dCvSsiner un bonhomme sur la couverture du livre des échéances, où M. Ruberg regardait sans cesse. A la vue de ce bonhomme , qui annonçait de grandes dispositions, l'âme du né{;ociant s'indigna justement.
LE TEIfEDR DE LITRES. 30ô
— Traître! scélérat! dit M. Rubergàson fils. Coquin de garçon ! tu veux donc me rendre malade? Faire des images sur mon livre d'échéances ! distraire des commis que je paye très-cher ! les détourner de leur travail! c'est me voler mon argent et me ruiner !
Si M. Ruberg avait su comment s'y prendre pour pleurer, il l'eût fait dans cette occasion. Par bonheur l'heure du courrier pressait ; il fallait annoncer à un correspondant de Livourne que les articles de l'Orient étaient fermes au dernier cours, ce qui opéra une diversion dans sa tête ; mais le soir le père infortuné exécuta une visite dans la chambre de Constant. Des cartons pleins de dessins , des estampes, une boite de pastel, lui tombèrent sous la main. Il mit le tout dans le poêle, et cette fois la tempête allait être effroyable, si M"*' Marguerite n'eût employé toute sa patience et sa douceur pour
304 LE TBREi;» DE LIVEES.
apaiser le courroux paternel. La paix fut signée à la condition que Constant prendrait la place du commis vérificateur qui avait un mal d*yeiix pour avoir trop travaillé à la lumière.
Après la musique et le dessin , Constant eut la manie des voyages. Il était dévoré du désir de voir Paris. Le teneur délivres qu'il consulta lui suggéra l'idée de montrer pendant quelques jours un peu de zèle et d'offrir ensuite au patron de soigner les intérêts de sa maison en France comme simple commis voyageur. M. Ruberg donna son consentement, et Constant partit aux appointements de 15 firancs par jour. A peine arrivé à Paris, qui est une ville féconde en ressources, notre jeune homme prit une maîtresse , un bel appartement et un carrosse au mois. Des juifs qui connaissaient la fortune de Vincent A. J. Ruberg lui prêtèrent tout ce qu'il désira. On n'entendit plus parler de lui
iE TIREDA DB LIVRES. 905
à Anvers. Un débiteur en faillite avait laissé en payement à M. Ruberg une fabrique de savons sise à la Yillette. Constant la vendit 50,000 francs par procuration de son père, et mangea en trois mois la savonnerie, sans qu'il en restât une obole. M. Ruberg accourut à Paris et ramena son fils Constant parles oreilles ; mais , comme l'argent n'en était pas moins dépensé, le pauvre vieillard fit unemaladiequilemit tout près du tombeau.
Marguerite quittait ses registres pour donner des soins à son père ; elle était arriérée d'un mois dans sa balance , et la santé de M. Ruberg avait peine à se rétablir .Constant, qui avait le cœur bon, était dévoré de remords. Un négociant armateur nommé Kempemess , ricbe et laborieux , demanda la main du teneur de livres , prévoyant que le patron allait mourir. M. Ruberg aurait volontiers accordé sa fille, s'il n'avait pas fallu y joindre une dot; cependant il
30b LB TENKDK DE LIVBES.
laissa Marguerite maitresse.de ses volontés.
— Mon père ! dit la jeone fille tout en pleurs, ne m'obligez pas à quitter mon grand livre et mon cabinet ! Je ne veux pas me marier. M. Kempemess fait le commerce avec la Havane , et je ne sais pas l'espagnol ; et puis vous prendriez pour me remplacer un commis qui écrirait peut-être en ronde sur mon journal que j'ai toujours tenu en coulée demi-anglaise. Il ne voudrait pas faire ma besogne pour l,âOO francs ; vous seriez obligé peut-^tre de lui donner le double, et il serait paresseux comme tous les commis aux écritures. Quand on est mariée, on a des enfants ; on ne peut pas les amener dans le bureau ; ils feraient du bruit. Enfin je désire rester comme je suis encore longtemps.
— Ne pleure pas , ma mignonne , dit M.Ruberg ; tu resteras fille tant que tu voudras.
A peine guéri , le bon père s'en alla voir
LE TE^IEUR DE IIVRE8. 307
M. Kemperness. Il trouva un garçon qui lui parut intelligent en affaires , borné sur tout le reste comme lui-même , avec des idées aussi mesquines que les siennes. Les bureaux étaient aussi noirs et aussi enfumés que ceux de la maison A. J. Ruberg, ce qui n'eût rien changé dans les habitudes de Marguerite. Le père regretta un moment d*avoir refusé sans réfléchir ; mais le petit teneur de livres persista si bien dans ses résolutions , qu'on ne pensa plus à ce mariage.
Constant , à qui la maladie de son père avait donné de la sagesse , se résigna courageusement à faire le métier de commis du dehors; il vérifiait et recevait les marchandises expédiées par mer. Il s'appliqua ensuite à la correspondance , et devint un employé assez passable ; mais l'ennui le consumait, il dépérissait à vue d'œil. Lorsque la fin de l'année approchait, M. Ruberg et toute sa maison se remettaient au travail , après le
SOA LE TBHBDa DE LIVRES.
diner , jusqu'à minuit, afin de rendre tous les comptes le soir même du âl décembre. C'était une époque agréable qui excitait des sourires de cupidité sur la face du patron , i la pensée des grosses sommes qu'il aurait à porter aux articles capital y marchandisea générales j comptes d'intérêts^ profits st pertes, etc. Les commis s'exténuaient dans Tespoir d'une gratification ; le petit teneur de livres , plus expéditif que les autres , avait toujours fini le premier, et, tandis que les figures pâlissaient de fatigue, la sienne devenait plus rose et plus fraîche. Constant voulut contenter son père ; il se mettait à la besogne dès huit heures du matin. Le soir, on allumait un seul bec d'une vieille lampe à trois branches , suspendue au plafond depuis plus d'un demi-siède. On se réunissait autour de ce sombre luminaire, et on usait ses yeux et sa vie pour que le vieux Vincent A. J. Ruberg eût quelques écus de plus!
Constant soutint cette rude épreuve, encouragé par les sourires du teneur de livres et par la satisfaction que lui témoignait son père ; mais , avant le M décembre , il fut pris d'une fièvre maligne , dont il mourut en moins de huit jours.
M. Ruberg eut beaucoup de chagrin de la perte de son fils, parce qu'il avait nourri longtemps Fidée consolante qu'après lui on verrait sur la porte de ses bureaux la raison de commerce : Constant Ruberg , fils de feu Vincent. Ces espoir lui était çnlevé. Cependant les négociants sont un peu comme les gens de la campagne , qui vont au labour et aux champs lorsqu'ils perdent leurs enfants sans avoir le temps de pleurer. Chaque heure de la journée avait son emploi pour Vincent Ruberg, et le soir il fallait rêver aux affaires du lendemain. M"" Marguerite était plus à plaindre que son père, car il y avait place dans son cœur pour ses registres et pour sa
^\0 LE TERECB DE LIVIES.
douleur. Cette année fut mémorable dans les bureaux , parce qu'on trouva sur le grand livre des chiiFres mal faits , des ratures , et même une erreur d'addition , ce qui prouve bien dans quel désordre cruel étaient les esprits du teneur de livres.
Le temps , ce triste consolateur qui efiface volontiers nos chagrins en nous poussant d'un pas vers notre destruction , le temps avait passé l'éponge , au bout de six mois , sur l'âme du vieux Ruberg. Marguerite eut besoin d'une année entière; mais enfin la vie régulière , l'amour de l'ordre , et surtout sa vocation impérieuse pour les écritures , triomphèrent de ses peines.
Un jour le fils d'un correspondant de Londres , qui voyageait pour son plaisir , présenta chez M. Ruberg une lettre de crédit de cinq mille florins. Pendant que le jeune homme donnait un reçu de la sonune, Margueritte traversa les bureaux , un compte