‹ Le nouvel Hôtel de ville de Paris, 1872-1900Chapitre 37 sur 78 · I.,K CHANT E. Barriasi · texte numérisé non relu

I.,K CHANT E. Barriasi

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projet d'après ses idées; et confia une mission analogue à M. For-

migé, le successeur de M. Ballu comme architecte de l'Hôtel de Ville.

M. Ballu avait fait des études de la décoration de la voûte

V O0TE ET l'OURTOUR DES GRANDS ESCALIERS DES FETES.

des Grands Escaliers des Fêtes en mosaïques, dont il demanda les cartons à M. Lavastre; mais il les avait abandonnées, les mosaïques ne répondant pas à ses espérances. S'inspirant de ces premières études auxquelles il avait été associé, M. Formigé

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présente un projet, où la partie picturale est exécutée par M. Luc-Olivier Merson, et où il propose de faire une large place à la peinture. Les grands panneaux sont réservés aux figures; les caissons, aux grisailles; et, le reste, aux ornements. Sur les panneaux, de grandes figures, encadrées d'arabesques, symbolisent les Eléments des Fêtes des villes, la Danse, la Musique, et le Chant, que rappellent de petits sujets placés dans les berceaux au-dessus ; les voussures contiennent les Eléments des Fêtes des champs, les Fleurs, les Fruits, et les Oiseaux; les écoinçons portent les écussons des principales villes de France ; enfin, les ouvertures prises dans la voûte, au-dessus des escaliers, sont fermées par des vitraux très transparents, rehaussés de poudre d'or, et ornés de figures symboliques aux quatre angles.

Après discussion de ces deux projets, la commission décidait, le 12 mars 1888, de faire esquisser par une sous-commission, composée de MM. Deperthes, Formigé, Lavastre, et Vaudremer, une décoration fort simplifiée, qui, sauf sur les panneaux, se bornerait à des ornements très sobres, respectant les formes architecturales des escaliers, et les tons de la pierre. Le 23 avril, ce projet nouveau était examiné et repoussé. Enfin, sur la proposition de M. Alphand, la commission émettait un avis favorable à l'exécution : dans la coupole, de compositions symboliques, dont le choix serait laissé aux artistes chargés de la commande ; dans les huit grands panneaux, de figures décoratives sur fond d'or; dans les arcades au-dessus, de médaillons également sur fond d'or; et, dans les tympans et les arcs-doubleaux, d'une ornementation sur même fond, avec filets d'or dessinant les parties architecturales. Elle décidait de désigner : i" un artiste, chef de groupe, ayant pour mi&sion de diriger la décoration générale des Grands Escaliers des Fêtes; 2° deux artistes pour peindre les coupoles; et, 3" seize qui seraient chargés des paysages à

placer dans les Galeries de pourtour. M. Luc-Olivier Merson était désigné comme chef de groupe. A la séance suivante, il faisait acte d'acceptation officielle, et il déclarait que Tidée générale du projet, présenté par la sous-commission et amendé par M. Alphand, lui paraissait admissible, sous la réserve des modifications suivantes : dans les grands panneaux, substitution au champ de pierre d'une bordure décorative, dans le but de donner aux figures plus d'ampleur; et décoration des voussures par des figures au lieu d'ornements.

Après le vote du Conseil municipal confirmant les propositions de la commission, M. Luc-Olivier Merson se mit à l'œuvre pour l'exécution des esquisses, en s'adjoignant M. Giraldon pour toute la partie ornementale. Ses esquisses comprennent : audessus des escaliers, seize voussures et huit panneaux verticaux, placés entre deux pilastres ; dans les galeries de pourtour, huit plafonds séparés en quatre compartiments. Sur les panneaux seront peintes huit figures évoquant les divers Eléments des Fêtes urbaines : la Danse, la Musique, le Chant, les Fruits, la Chasse, les Fleurs, la Toilette féminine, l'Eclairage, et les Rafraîchissements ; sur les plafonds des galeries de pourtour, les allégories des Fêtes caractéristiques de la vie parisienne : la Fête nationale, le Concours hippique, le 'Vernissage aux Salons, la Foire au pain d'épice, etc. ; sur les arcs-doubleaux, des figurines plafonnantes de génies qui portent tout ce qui entre comme rafraîchissements dans les Fêtes, suivant les saisons : glaces, gâteaux, fruits, boissons, etc.

L'exécution de cette décoration considérable réclamera plusieurs années de travail.

Dans la coupole et dans les . pendentifs de la voûte du palier supérieur de l'escaHer sud, M. Schommer a représenté « les Chansons des rives de la Seine ». Le peintre décrit

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lui-même ainsi sa composition, et en analyse l'idée inspiratrice : « Deux groupes principaux forment de chaque côté de la coupole, dans son grand diamètre, un centre de la composition ; ces groupes sont reliés entre eux par des figures, de façon à former dans cette surface elliptique une suite ininterrompue.

LA CHANSON BACHIQUE, par M. Schommer.

Une ronde d'Amours tenant une banderole parcourt, en se jouant, les différents groupes et en complète l'arrangement.

« Au-dessous de la porte d'entrée donnant accès aux salons, groupe de la Chanson. La Chanson, représentée sous les traits d'une jeune fille, est assise sur un chapiteau; c'est un peu la Chanson de l'âge mythologique ; mais ce n'est pas en l'honneur

des dieux qu'elle élève la voix, c'est pour consacrer les produits de la Nature, le Blé, la Vigne, les Fruits, et les Fleurs, etc. Elle célèbre aussi la légende de la Seine, fille de Bacchus changée en fleuve. A sa gauche, pour indiquer que c'est la Chanson légère, est assise la Folie, qui dans un mouvement exubérant agite une

LA CHANSON AMOUREUSE, par M. Schommcr.

marotte ; elle s'appuie amoureusement sur l'épaule d'un éphèbe couronné de pampres et tenant une coupe à la main. A sa droite, une jeune femme dont les cheveux sont parsemés de fleurs est nonchalamment étendue et semble l'écouter. Un jeune enfant, près d'elle, tient un livre ouvert que la Chanson regarde.

« Au-dessus de l'escalier, et faisant face à la Chanson, le

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groupe de la Seine. Sur un fond de soleil naissant dont les rayons dissipent les nuages qui vont en s'éclaircissant jusqu'au ciel bleu, une jeune fille nue, les cheveux dénoués, couronnée de roseaux, personnifie la Seine. Elle est vue presque de dos, appuyée sur un monticule d'où jaillit la source, et près duquel elle semble se réfugier ; elle pose le bras droit sur un jeune enfant tenant Técusson de la Ville de Paris ; Teau tombe dans une sorte de vasque dans laquelle s'ébat un cygne, oiseau placé généralement aux côtés de la Seine. Elle est entourée de ses principaux affluents représentés par des jeunes femmes tenant des urnes qu'elles déversent dans ses eaux. Un des affluents, sous les traits d'un homme au type gaulois, est assis sur un poisson dissimulé en partie sous des roseaux.

« Les deux groupes principaux sont reliés entre eux par des figures de femmes représentant les nymphes des prés et des rivières. A l'horizon, se voient les silhouettes de coteaux boisés. Près du groupe de la Seine se distingue vaguement Notre-Dame.

« Dans les pendentifs soutenant la coupole se trouvent les différentes Chansons : à gauche de la porte donnant accès aux salons, la Chanson patriotique ou guerrière; à droite, la Chanson satirique; de l'autre côté faisant face, la Chanson bachique, et la Chanson amoureuse. »

Sur le palier de l'escalier nord, des peintures de M. Joseph Blanc, consacrées aux Mois républicains, formeront pendant aux peintures de M. Schommer. En voici le thème, rédigé par l'artiste :

« i" mois. — Germinal : une toute jeune fille entrouvrant son manteau et tenant à la main une première flèche qui indique par là le commencement de l'année; à ses pieds, un petit génie cueille des fleurs; le Taureau est le signe du mois.

LES GRANDS ESCALIERS DES FETES. m

« 2^ mois. — Floréal : une jeune femme répand à profusion les fleurs qui sortent de sa robe. Les Gémeaux personnifiés lui en dérobent des poignées.

ce 3" mois. — Prairial : une jeune femme en robe verte; un génie tient dans ses bras l'Ecrevisse qui cherche à fuir.

(( 4" mois. — Messidor : une femme blonde, habillée de jaune ; dans ses cheveux, des épis et des fleurs des champs ; près d'elle, le Lion.

« 5' mois. — Thermidor : une femme presque nue ; vêtement orangé; près d'elle, la Vierge vêtue de blanc et tenant dans ses mains une torche.

« 6^ mois. — Fructidor : une femme demi-nue, portant une corne d'abondance d'où s'échappent des fruits qu'un génie recueille à ses pieds ; un autre génie tient la Balance, emblème du mois, et un troisième se serre contre elle, eff"rayé par le Scorpion, emblème du mois suivant.

a 7° mois. — Vendémiaire : une femme vêtue en bacchante, la nébride autour du corps; le Scorpion est à ses pieds.

a 8° mois. — Brumaire : une femme très vêtue; un voile la drape tout entière comme une brume. A côté d'elle, un jeune Centaure décoche une flèche.

a 9° mois. — Frimaire : une femme entièrement drapée sous une étoffe blanche simulant la neige répandue sur la terre ; à côté d'elle, un génie maîtrise le Bouc.

« lo" mois. — Nivôse : une femme drapée dans une étoffe d'une couleur grise de nuées d'orage ; un génie répand l'eau de l'Urne, emblème du mois.

a II' mois. — Pluviôse : une femme passe au milieu de la pluie, relevant sa robe, et se couvrant la tête ; près d'elle, un génie serre dans ses bras les Poissons.

a 12' mois. — Ventôse : une femme lutte contre le vent qui l'aveugle ; à ses pieds un génie renversé par le Bélier,

rOlKTOUR DES GRANDS ESCAtIKRS DE5 FKTKS.

LE JARDIN Dr. cLuxv, par M. Dciiiont.

« Les pendentifs sont : le Jour, la Nuit, le Crépuscule, et TAurore.

n Le Jour : Apollon suides nuages, auréolé par le Soleil, envoie ses flèches sur le monde.

« La Nuit : Diane s'arme du carquois ; des génies dérobent des flèches, et en essayent les pointes.

« Le Crépuscule : Vénus sur son char dirige les colombes qui le traînent; l'Amour l'embrasse et s'enfuit.

« L Aurore : une jeune femme, étendue sur un nuage, s éveille. »

Les frais de décoration picturale des Grands Escaliers des Fêtes s'élèveront à la somme de 420.000 francs.

Des galeries, en pourtour des Grands Escaliers des Fêtes, assurent les communications avec les divers Salons, et permettent aux invités de jouir du spectacle de l'arrivée. Ces galeries sont décorées de quinze peintures, aux motifs tirés des paysages parisiens et suburbains. Dans la galerie est de Tescalier nord, M. Raffaeli a peint une « Vue de la plaine Saint-Denis sous la neige « : un ouvrier et sa femme cheminent, portant des fardeaux, tristement, à travers champs; dans le lointain, derrière de grands arbres dénudés, on aperçoit les

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