FRISE DE L ENTABLEMENT
FAÇADE DU Q^t? A I .
Galerie lobau
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La Paix,Le réveil
1 G.Picard i
Galerie Lobaxj
1789 La Lutte
' l'icard !
Galerie Lobau
Souvenir de fête nationale
( H. Berteauxl
~ALERIE LOB AU
Héli o g r av-ore
Braun . Clément Se C?"
FÊTE CHAMPÊTRE AUX ENVIRONS DE PARIS I Georôes Clairin I ■
Galerie lobau
Bra-an , Clément & Cr
LE Soir a Paris
(Paul Baudouin)
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Travaux D'Établissement D'UN square
( Blanchon )
La Galerie Lobau, parallèle à la Grande Salle des Fêtes
qu'elle sépare du mur de façade de la place Lobau, se compose
de quinze travées en forme de coupoles avec pendentifs, et, aux
extrémités, de deux berceaux de loggia; elle mesure 80 mètres de
longueur, sur 4 mètres de largeur, et 7"\3o d'élévation. Cette
galerie est un des emplacements du Palais municipal que la
Commission de décoration avait réservés pour l'application du
système du concours libre, à l'exception toutefois des parois
verticales classées dans la catégorie des travaux devant être
l'objet de commandes directes. Le premier concours fut annulé
pour cause de médiocrité des projets présentés. Au second, qui
eut lieu en 1890, plusieurs artistes furent admis à l'épreuve détînitive, consistant à exécuter en grandeur définitive la décoration dune coupole de la galerie. M. Georges Picard obtint la première prime, en collaboration avec M. Risler, pour la partie ornementale, et fut chargé du travail, dont le devis avait été arrêté parla commission à la somme de 120.000 francs.
La commission n'imposait d'autre programme que celui de tenir la décoration de la galerie en harmonie avec celle de la Grande Salle des Fêtes, de manière que les deux tissent corps étroitement. M. Georges Picard adopta le thème général qui avait été proposé pour l'Escalier d'honneur, les Grands Escaliers des Fêtes, la Grande Salle des Fêtes, et les Salons des Sciences, des Arts, et des Lettres : la Glorification de Paris, en le représentant symboliquement dans son développement social et philosophique à travers les siècles ; avec l'apothéose de ses vertus et de son génie, personnifiés par la Femme, dans l'expression allégorique de sa bonté, de sa grâce, et de sa beauté.
i'" coupole : le Rêve. — C'est par le « Rêve » que s'ouvre symboliquement la série des compositions. Au crépuscule d'une nuit d'été, une jeune femme, assise dans les branches d'un arbre en fleur, s'est abandonnée au sommeil. Un rêve d'amour éclaire de sourires son visage. Deux figures allégorisant la Nuit et l'Ombre contemplent la belle dormeuse, et l'enveloppent de voiles légers, transparents. Pendentifs : des génies portent dans leurs mains des pavots.
2'' coupole : la Naissance de Paris. — ■ Dans la clarté rose et bleue de l'aurore d'un jour de printemps, la Seine, couchée sur un lit d'iris, présente aux Muses son enfant, Paris, qui vient de naître, et que le destin a marqué au front du signe du génie : une étoile. Pendentifs : les génies familiers du fleuve jouent dans les roseaux, et dans les fleurs de la rive.
3" coupole : la Lutte. — Sur un ciel d'orage, aux nuées qui
s'entre-choquent, et d'où part la foudre, se détachent vigoureusement deux figures féminines resplendissantes de la beauté de leurs formes, qu'exalte l'ardeur de la lutte. La victorieuse va couper la tète à la vaincue. Un pêcheur qui rame avec énergie contre le flot continue le symbole. Pendentifs : des génies, armés de boucliers et de glaives, luttent entre eux.
4'' coupole : la Renaissance. • — Dans les branches d'un arbre en fleur est couché un enfant; sous la clarté douce du firmament étoile, des muses, aux longs voiles flottants, s'avancent vers lui pour le cueillir, comme un beau fruit de la nature : allégorie de la Renaissance constante des êtres et des choses. Pendentifs : des génies jouent de divers instruments de musique et chantent.
5^ coupole : la Poésie. — Un poète, renouvelant le mythe antique de Psyché et l'Amour, entraîne vers la lumière l'âme humaine éprise d'idéal. Pendentifs : des génies se couronnent de roses, effeuillent des marguerites, brandissent des glaives, jouent avec des masques de comédie.
6^ coupole: la Philosophie. — Une jeune femme, au visage fier et énergique, une torche à la main, pénètre dans une caverne profonde, pleine d'ombres. Les monstrueux habitants de la caverne s'efforcent de la repousser. Pendentifs : des génies méditent sur les mystères de la nature.
7" coupole : 1889. — Dans un ciel éclatant passent trois figures, comme un vol d'aigles; une brandit une épée, une autre agite une branche de laurier, et la troisième chante, en faisant flotter autour d'elle une écharpe aux couleurs de la Ville de Paris. Pendentifs : des génies soufflent dans des trompettes guerrières.
8^ coupole : l'Histoire. — Assise devant la mer immense, une jeune femme pensive interroge l'horizon, lointain et brumeux; un génie, étoile au front, soulève doucement le voile qui couvre les épaules de la femme. Pendentifs : des génies lisent des manuscrits et des livres.
9" coupole : 1789. — Une jeune femme radieuse de joie et de fierté, la Liberté victorieuse, s'avance vers trois autres femmes, symbolisant les Trois Ordres, qui l'accueillent avec enthousiasme. Pendentifs : des génies jouent entre eux.
10" coupole : la Science. — Dans la lumière blanche d'une nuit d'été, accoudée sur un rocher, la Science, au visage empreint de douce gravité, contemple et étudie le firmament. Pendentifs : des génies observent les étoiles.
Il" coupole: l'Art. — ■ Au-dessus de nuées roses, planent des figures souriantes et fières de leur grâce et de leur beauté, qui inspireront les poètes et les artistes. Pendentifs : des génies jouent avec des pinceaux, des palettes, des ciseaux, des compas, et des équerres.
12'' coupole : l'Industrie. — Des femmes sont couchées sur les nuées blanches que forme la vapeur s'échappant des cheminées d'usines. Pendentifs : des génies portent les attributs divers de l'industrie dans ses manifestations variées.
13° coupole : la Paix. — ■ Des jeunes filles et des enfants s'ébattent à travers les treilles, et cueillent les grappes de raisin. Pendentifs : des génies maraudent dans les vignes.
iq*" coupole : la Bienfaisance. — Avant d'entrer au bal, souriantes, vêtues de leurs toilettes blanches, bleues, et roses, des jeunes femmes et des jeunes filles visitent de pauvres mères de famille, et leur apportent de l'argent, des fruits, et des fieurs, pour mettre dans leurs intérieurs un peu de joie. Pendentifs : des génies mangent les fruits et jouent avec les fleurs.
Dans les coupoles, plus petites, des deux travées correspondant aux Salons d'introduction, le peintre a figuré « la Nuit » et « le Réveil » : points extrêmes de l'évolution sociale et philosophique, allégorisée dans les quatorze grandes coupoles. « La Nuit » : c'est une femme, enveloppée de voiles noirs, qui descend du ciel sur la terre, laissant derrière elle une traînée d'ombres.
« Le Réveil » : c'est une jeune fille qui joue avec des enfants dans les branches d'un pommier en fleur. Ce symbolisme se continue sur les retombées de la voûte en berceau de loggia, par une ronde d'enfants dans les fleurs, par la mort de Psyché et par la mort d'Orphée.
M. Georges Picard a consacré huit années, de 1891 à 1898, à l'exécution de la décoration de la galerie.
« L'idée qui m'a guidé dans mon travail et qui s'imposait presque dans le Palais municipal de Paris — ville Lumière — , écrit le décorateur, est celle-ci : les étapes successives parcourues par l'Esprit humain dans sa marche vers le mieux.
« Noyée dans la Nuit des invasions barbares, la Civilisation antique a succombé. Orphée est mort. Psyché a perdu de vue son idéal; mais l'Esprit veille toujours. Ce n'est pas la Mort, c'est un Sommeil. Une nouvelle lumière s'est allumée, toute faible encore : c'est Paris qui naît. Béni par les fées, il grandira, luttera, vaincra, et illuminé par les Muses antiques lui dévoilant le Passé (Renaissance), soutenu par l'Amour éternel (Poésie), il continuera à travers les obstacles sa marche vers le Beau (Art), le Vrai (Science), l'Amour (Bienfaisance). La petite lumière est devenue un soleil : c'est le Jour et la Joie.
a J'ai tâché de donner à chaque coupole une coloration caractéristique : bleue, verte, rouge, or, etc. Pour les relier et en faire un tout, je tes ai encadrées d'une tonalité neutre, un peu sourde, sur laquelle se détachent les figurines des écoinçons, complétant l'idée dominante de chaque coupole. »
Aux extrémités de la galerie, les piédroits des murs des portiques et de la voûte correspondante forment quatre panneaux en vis-à-vis, deux grands et deux petits. Sur un des panneaux, du côté du nord, M. G. Clairin a peint une « Fête champêtre aux environs de Paris » : quatre jeunes femmes, dans un parc, près de la Seine, attendent sous les arbres et au milieu
des fleurs, les invités. Sur l'autre, a été représenté par M. H. Berteaux un « Souvenir de Fête nationale « : à la tombée de la nuit, une bande denfants parcourt les rues avec des drapeaux français et russes, et avec des lanternes vénitiennes. Les compositions des panneaux sur le côté sud sont de MM. Blanchon et Paul Baudouin. La première a pour sujet les « Travaux d'établissement d'un parc » : aux Buttes Chaumont, des ouvriers hissent sur la terrasse du Temple de la Sibylle le chapiteau de pierre d'une des colonnes de ce temple; près de la balustrade, l'architecte explique le plan de la construction au conducteur des travaux; dans le fond, vaste panorama d'ateliers et d'usines aux cheminées fumantes. La seconde est : « le Soir à Paris ^\ que le peintre décrit lui-même ainsi : « le Soir. — L'heure où les bruits s'apaisent. Sur le quai, (quai de la Mégisserie), hommes, femmes, enfants se hâtent, se parlent, se rencontrent, s'attendent. Les bateaux tilent silencieux et rapides. En face, le Pont-Neuf : voitures, omnibus, piétons s'y pressent. Le soleil est disparu Le ciel est incandescent, rouge vers l'horizon des brumes parisiennes. La Seine, le paysage, les personnages sont enveloppés par la lumière diffuse et chaude de cette heure tranquille. « Cette décoration a coûté la somme de 40.000 francs.
C A L 1; KIE LOBAI'.