‹ Le nouvel Hôtel de ville de Paris, 1872-1900Chapitre 55 sur 78 · SA A · texte numérisé non relu

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LE SALON LOBAU. 169

dormir. Sur tous les semblants de paix planait une image de la guerre, claire et significative, les lambeaux déchirés du drapeau delà Bastille... Le roi descend et Bailly lui présente la nouvelle cocarde, aux couleurs de la ville, qui devint celle de la France. Il le pria d'accepter a ce signe distinctif des Français ». Le roi la mit à son chapeau, et, séparé de sa suite par la foule, il monta la sombre voûte de FHôtel de Ville ; sur sa tête, les épées croisées formaient un berceau d'acier ; honneur bizarre, emprunté aux usages maçonniques, qui semblait à double sens, et qui pouvait faire croire que le roi passait sous les fourches caudines. » Au cours des études préliminaires, cette composition a subi des modifications importantes. M. J.-P. Laurens avait eu, tout d'abord, l'idée de situer la scène dans la cour de l'Hôtel de Ville, au pied de l'escalier. La Commission de décoration, sur le vu de l'esquisse, émit le vœu que l'artiste représentât l'événement tel qu'il avait eu lieu, sur les marches du perron du Palais municipal. En conséquence, M. J.-P. Laurens a fait se profiler en perspective fuyante sur la rue des Coquilles, aujourd'hui disparue, la façade de THôtel de Ville, tout en conservant la disposition primitive de la scène qui mettait, dans toute sa valeur, l'épisode symbolique de la Voûte d'acier.

La décoration du Salon Lobau sera complétée par les portraits en pied de Pache, qui fut maire de Paris en 1793, et de Turgot, le contrôleur général des finances de Louis XVI, qui fit rendre les édits abolissant la corvée et les jurandes, portraits que l'on placera aux deux angles de la paroi de la façade du quai ; et par des figures dressées sur des pilastres, entre les croisées, qui allégoriseront les diverses époques historiques représentées dans les grandes compositions. M. J.-P. Laurens a reçu pour ces six peintures la somme de 80.000 francs.

L'ornementation du Salon Lobau a été exécutée par M. Gui-

fard. Elle comprend un plafond, formé de séries de panneaux, les grands en forme de croix, les petits en carré. Les grands panneaux portent des arabesques en ton jaune clair et grisaille avec ombres verdàtres, et quelques parties d'or sur fond rouge ; les petits panneaux ont des rosaces sculptées peintes en grisaille avec la partie centrale dorée, sur fond vert. Des champs gris soutenu et des moulures peintes en ton de grisaille encadrent les panneaux, dont la silhouette s'accuse par un large plat en or. La frise est fond gros bleu, avec motifs de monogramme R. F., surmontée d'une couronne murale, le corps des lettres en ton blanc, le reste en or. Les peintures de M. J.-P. Laurens sont encadrées d'une bordure d'entrelacs peints en grisaille soutenue, redessinés et niellés d"or, avec rosaces blanches posées de distance en distance, sur fond gros bleu, et portant aux angles une couronne murale en argent avec branche d'olivier en or. Cette bordure est accompagnée d'une bande d'or unie à l'extérieur et d'une bande d'or ornée de piastres à l'intérieur.

,'^ALON LOBAU.

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