LES ENTRÉES
Pénétrons maintenant dans l'intérieur de l'édifice, en passant successivement par les différentes entrées.
Du côté de la façade, après avoir monté les dix marches du perron, franchi les grilles qui ferment les grandes baies et dépassé les doubles portes formant tambour, on se trouve dans un grand vestibule éclairé par quatre groupes de lanternes reposant sur des gaines de marbre Beyrède et ornés des quatre statues assises de Lully, Rameau, Gluck et Haendel, dont les sculpteurs sont MM. Schoënwerke, Masseur, Cavelier et Salmson. Au-dessus de ces grands musiciens qui personnifient la musique italienne, la musique française, la musique allemande et la musique anglaise, sont placées les armes de leur ville natale.
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Ce grand vestibule, accompagné de deux autres vestibules de forme octogonale très-remarquables par la coupe nouvelle et ingénieuse de leurs voûtes, est d'un aspect très-simple et très-grandiose, et chacun s'arré-
C'tmlelabt'e Un i^rand vesliijjle.
tera avec grand plaisir devant les motifs de sculpture qui décorent les piliers et devant les lampadaires ou appliques d'un goût parfait qui servent à éclairer tout l'ensemble. M. Hurpin, qui a exécuté les modèles de
ces divers ornements, a interprété avec talent les dessins de Garnier, ce guide attentif de ses collaborateurs.
Dix marches en marbre vert de Suède donnent accès
Guichet pour la distribution des billets.
à un second vestibule, destiné au service du contrôle et orné de gracieux candélabres et de huit panneaux sculptés par MM. Kneth et Chabaud et complétés par
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de belles plaques en marbre de Sarrancolin. Là on voit ei1 face de soi le grand escalier, et, de chaque côte, les escaliers secondaires conduisant à tous les étages de la salle; nous reviendrons bientôt sur la description de cette partie, Tune des plus remarquables de l'édifice.
Les personnes qui sont entrées par le pavillon servant à la descente à couvert des voitures, trouvent d'abord il leur gauche une galerie close et chauffée l'hiver, où l'on fail queue en attendant l'ouverture des bureaux ; les spectateurs qui sont abonnés ou qui ont loué leurs places d'avance prennent un autre chemin. Ils trouvent en face d'eux et traversent successivement une double série déportes à tambour destinées A arrêter les courants d'air et ils pénètrent dans un vaste vestibule circulaire, situé juste au-dessous de la salle; la voûte de ce vestibule est supportée par seize colonnes cannelées en pierre du Jura, ornées de chapiteaux en marbre blanc d'Italie, qui forment tout autour de la salle un portique garni de bancs. C'est dans ce vestibule que les domestiques attendront leurs maîtres et que ceux-ci attendront leur voilure. Cette salle d'attente est ornée d'appliques et de suspensions en bronze d'un bel#aspect ainsi que de vases exécutés à Sèvres sur les dessins de l'architecte. Au milieu de cette salle est placé un pouf entouré d'une belle mosaïque à l'italienne. Au-dessus de ce pouf, dans le centre de la voûte et entourée par les quatre points cardinaux et le zodiaque de M. Chabaud, est une
inscription d'aspect arabe; c'est là que Garnier a signé et daté son œuvre.
A* gauche, trois galeries conduisent au grand escalier : celle du milieu aboutit au-dessous de la voûte du palier central, où un bassin garni de fleurs est orné de la pythonisse en bronze de Marcello ; de chaque côté se présentent les rampes du grand escalier, conduisant par vingt marches à la hauteur du vestibule du contrôle, où nous nous sommes arrêtés tout à l'heure.
La troisième entrée, complètement distincte des autres, était réservée au chef de l'État. Conformément aux exigences du programme, elle n'a d'autres communications avec le reste de la salle que celles qui sont nécessaires pour la surveillance des locaux. Nous avons déjà dit comment la voiture du souverain arrivait dans le vestibule placé à la hauteur du rez-dechaussée et dont la dimension devait être suffisante pour recevoir en outre deux voitures de la cour et l'escorte. |
Sept marches donnent accès à un palier d'où un escalier droit de vingt marches conduit à la loge et à ses dépendances.
D'après le programme, ces dépendances devaient comprendre une antichambre ou salle des gardes, un salon pour les aides de camp, un grand salon occupant toute l'étendue et toute la hauteur du pavillon, orné de huit colonnes en marbre campan ; le petit salon de l'impératrice, des vestiaires, cabinets de toilette, etc. :
la décoration de ces divers salons et galeries devait être des plus riches. Les événements ont interrompu les travaux de cette partie du bâtiment, à l'égard de 'laquelle il sera statué plus tard. Le programme demandait en outre, à proximité de l'entrée impériale, une remise pour trois voitures attelées et une écurie pour les chevaux des piqueurs; un poste avec écurie pour le piquet d'escorte (vingt cavaliers et un officier); un poste pour un piquet d'infanterie (trente hommes et un officier) ; un poste pour les cent-gardes (dix cavaliers) et une écurie pour leurs chevaux; une salle pour les gens de livrée (quinze à vingt personnes).
C'était, comme on le voit, une centaine de personnes, une cinquantaine de chevaux et plusieurs voitures dont I nstallation a dû être réservée dans cette partie de l'édifice.
Depuis l'ajournement de ces travaux spéciaux on a disposé, pour agrandir les dépendances du théâtre, de la remise et de quelques postes; mais ce qui reste encore suffirait très-largement aux besoins de tous les services qu'il pourrait paraître convenable d'installer près de la loge du chef de l'État.
Enfin, du côté de la rue des Mathurins, au fond de la cour de l'administration, dans laquelle on pénètre par trois grandes portes et deux petites, une galerie ouverte donne accès du côté droit aux bureaux de la direction, au secrétariat, à la caisse, etc.; du côté gauche aux diverses dépendances du théâtre : c'est Ventrée des articles.